Pourquoi faire promenade le long de la rivière Koura ?
Faire cette promenade le long de la rivière Koura, au pied de la forteresse Narikala, jusqu’à la cascade, constitue une expérience unique qui résume en un seul itinéraire l’essence de Tbilissi. Ce parcours allie plusieurs dimensions de la ville, offrant bien plus qu’une simple balade.
Une perspective historique et stratégique
Marcher au pied des imposants murs de la forteresse Narikala, édifiée à partir du IVe siècle, permet de saisir l’importance défensive de ce site. Le sentier suit le tracé naturel que devaient emprunter les marchands et les habitants, entre la rivière, artère vitale, et la citadelle, protectrice de la ville. Cette perspective par le bas donne une idée authentique de la topographie historique de Tbilissi et de la raison d’être de son emplacement. Vous cheminez littéralement dans les pas de l’histoire, sur un chemin qui a vu passer des siècles de civilisations.
Un contraste entre le minéral et le végétal
Cette promenade offre un contraste saisissant entre l’architecture minérale, brute et défensive de la forteresse et la douceur du parc riverain et de la végétation qui mène à la cascade. Après avoir longé les anciennes fondations, le paysage s’adoucit, devenant une coulée verte en plein centre-ville. La cascade, souvent artificielle ou aménagée, apporte une fraîcheur et une sensation de surprise, créant un microclimat agréable, surtout aux heures chaudes de la journée. C’est une transition naturelle entre le Tbilissi médiéval et un havre de paix contemporain.
Une expérience sensorielle complète
Contrairement à une visite uniquement visuelle, ce parcours sollicite tous les sens. Le bruit de la rivière Koura et de la cascade couvre progressivement le grondement de la ville, créant une bande-son naturelle et apaisante. L’air est souvent chargé de l’humidité des embruns et des senteurs de la végétation. La vue alterne entre les panoramas grandioses sur la forteresse qui se dresse au-dessus de vous et les détails intimistes des jardins et du cours d’eau. C’est une immersion à la fois urbaine et naturelle.
Une liaison fluide entre les sites majeurs
Sur le plan pratique, cet itinéraire fonctionne comme une colonne vertébrale reliant plusieurs sites incontournables. Il permet de passer des bains sulfureux d’Abanotubani et de la statue de Mère Géorgie au jardin botanique et au quartier de Metekhi, de l’autre côté de la rivière.
Comment faire promenade le long de la rivière Koura ?
Accès et point de départ
Le point de départ le plus logique se situe près des bains sulfureux d’Abanotubani. Depuis la place de l’Europe ou le parc Riké, traversez le pont piétonnier en métal qui enjambe la rivière Koura et dirigez-vous vers la statue de Mère Géorgie (Kartlis Deda). Juste en dessous de cette statue, en longeant la rivière en direction du pont de la Paix, vous trouverez le début du sentier piétonnier aménagé qui serpente au pied des falaises et des murs de la forteresse Narikala. Ce chemin est clairement identifiable et bien entretenu.
Déroulement de la promenade
Le sentier, principalement plat et pavé, suit fidèlement le cours de la rivière. Il vous mènera d’abord sous les murailles impressionnantes de Narikala, offrant des angles de vue spectaculaires sur la forteresse depuis le bas. Continuez tout droit en suivant le chemin ; celui-ci s’enfonce progressivement dans une zone plus verdoyante. Vous passerez devant des grottes artificielles et des vestiges de anciennes habitations troglodytiques. Le bruit de la circulation s’estompe peu à peu pour être remplacé par le son de la rivière et, bientôt, par le grondement de la cascade qui signale que vous approchez du but.
Arrivée à la cascade et retour
La cascade, souvent appelée “la cascade de Tbilissi”, marque la fin naturelle de cette promenade. Il s’agit d’un aménagement paysager créant une chute d’eau agréable, surtout après les pluies. Un petit pont permet de la traverser et des bancs sont disposés alentour pour une pause. À ce stade, vous avez plusieurs options pour votre retour. Vous pouvez rebrousser chemin par le même sentier pour profiter d’une perspective différente. Vous pouvez également monter les escaliers qui longent la cascade pour rejoindre les ruelles du jardin botanique national et redescendre vers le centre-ville par un autre itinéraire.
Conseils pratiques :
Prévoyez entre 45 minutes et 1 heure 30 pour l’aller-retour, en fonction de votre rythme et du temps passé à la cascade. Le sentier est praticable en toute saison, mais il peut être glissant par temps de pluie. Emportez une bouteille d’eau, surtout en été. Pour les photographes, la lumière de fin d’après-midi est idéale pour illuminer la forteresse. Enfin, cette balade est particulièrement agréable en semaine ou tôt le matin pour éviter la foule qui se concentre davantage sur les ruelles du vieux Tbilissi.
Balade bucolique le long de la Koura et de la forteresse Narikala
Jeudi 7 juillet. Après toutes ces visites, on revient vers le quartier des bains pour une petite pause-café et pour prendre une crêpe. Un vrai délice. Ici, on se trouve le long de l’enfilade des bains turcs, reconnaissables à leurs antiques murs de briques. C’est ici que commence le chemin piétonnier aménagé récemment par les autorités pour suivre la rivière, les anciens remparts de la ville et conduire jusqu’au pied de la forteresse.
Au début du parcours, des terrasses de café profitent de leur positionnement privilégié pour permettre aux touristes et aux habitants de siroter des boissons sur des errasses aménagées. La rivière court tout le long de la promenade, entre les assises des remparts et de la forteresse médiévale et, de l’autre côté, les flancs de la montagne sur laquelle s’appuie la capitale de la Géorgie.
La configuration des lieux est tout à fait incroyable. J’avoue que c’est la première fois que je vois un tel aménagement, une telle audace architecturale, réalisée en plus avec le souci de s’intégrer pleinement à la vieille ville. Le chemin se poursuit, jalonné de petits ponts de bois qui enjambent la rivière et ponctués de petits kiosques qui donnent un cachet unique à cette promenade. Vraiment très réussi. En enjambant la première passerelle, je ne résiste pas à l’envie de me retourner vers le chemin déjà parcouru pour admirer le paysage.
Mais déjà, voici une nouvelle passerelle de bois et ses petits kiosques dressés à chacun de ses extrémités. Il semble que la balade soit vraiment populaire, car beaucoup de couples et de familles viennent ici profiter de la vue unique sur l’arrière de la ville et sur sa forteresse. On poursuit donc la balade en admirant les vieilles bâtisses de Tbilissi perchées au sommet des falaises. Un magnifique petit pont en colimaçon surgit de nulle part pour remonter vers la ville haute. La balade est vraiment très chouette, complètement inattendue… et jamais indiquée par les guides ! La succession des ponts et des passerelles, confondus avec l’architecture de la ville, est vraiment pittoresque.
De chaque côté des passerelles, des petits marchands ambulants proposent des boissons fraîches et même des cafés que l’on prend sur le pouce, ou sur les rives enherbées de la rivière. C’est fou comment les architectes ont pensé cette promenade pour qu’elle s’intègre parfaitement dans le paysage.
Ah au fait ! Je m’aperçois que je ne vous ai même pas donné le nom de cette rivière ! Il s’agit de la Koura qu’on appelle aussi la « Tsavkisistskali », littéralement « l’eau de Tsavkisi ». On y trouve une gorge appelée «Leghvtakhevi » ou « gorge des figues », car on la trouve au niveau du Jardin National de Botanique, localisée dans le quartier « Abanotubani » du vieux centre de Tbilissi.
Et tout au bout du chemin surgit une cascade ! Incroyable ! Une cascade en plein centre-ville. J’avoue que je n’avais jamais vu ça. Bien sûr, l’endroit est devenu touristique. Et du coup, des petits malins ont trouvé le filon en mettant dans les mains (c’est le cas de le dire !) des animaux dans les bras des touristes.
Ma fille va avoir la totale : un magnifique perroquet bariolé et un petit singe joueur. Bien évidemment, pour se faire photographier avec les animaux, il faut donner une petite pièce aux dresseurs. Mais bon, cela fait un bon petit souvenir pour ma fille.
Pour la petite histoire, il faut savoir qu’avant 2012, il n’y avait presque rien à Leghvtakhevi. Depuis, des ponts ont été construits sur la rivière, des arbres ont été plantés ainsi que des cafés ouverts. Le lieu est devenu assez intéressant et très beau en comparaison à avant.
Leghvtakhevi (ou Dabakhana) était une des régions historiques et géographiques de Tbilissi. Localisée autrefois dans la partie sud de la vieille ville, on y trouve maintenant le quartier appelé « Krtsanisi ». Son nom (Leghvtakhevi) vient des figuiers qui étaient nombreux dans cette région, et que l’on peut attester grâce à des sources historiques de 1429. Leghvtakhevi séparait la vieille ville de Kala, de Tbilissi. On trouve plusieurs noms pour Leghvtakhevi comme Tsavkisiskhevi, Salalakiskhevi ou Dabakhana (où l’on travaillait autrefois le cuir dans les eaux qui contenaient du soufre).