Bangkok
Grand palais et Wat Pho
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A peine arrivés à Bangkok, laissez-vous happer par la vie trépidante de la capitale thaïlandaise, faufilez-vous entre deux groupes de touristes chinois et pénétrez à l’intérieur de l’enceinte du Grand Palais. Là, ouvrez grand vos yeux et laissez-vous éblouir par la beauté des lieux, les stupas dorés et les palais recouverts d’or et de pierres précieuses, arpentez les allées du palais et plongez-vous dans l’atmosphère unique de ce lieu à nul autre pareil.
Les fresques du Ramakien, ou Ramayana thaïlandais, qui ornent les arcades du Grand Palais, sont bien plus qu’une simple décoration : elles sont un trésor national. Cette épopée, qui retrace les aventures du prince Rama, est le récit fondateur de la culture thaïlandaise, une source inépuisable de valeurs et de symboles pour le royaume de Siam. Ces peintures murales, réalisées à l’époque du roi Rama Ier, sont un témoignage exceptionnel de l’âge d’or de la peinture thaïlandaise et sont considérées comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’art du Sud-Est asiatique.
Au cœur du Grand Palais se trouve le Wat Phra Kaew, le temple du Bouddha d’Émeraude, qui est bien plus qu’un simple lieu de culte. Il est considéré comme le sanctuaire bouddhiste le plus sacré de Thaïlande, un lieu où la royauté et la religion se rejoignent pour former l’âme même du royaume. Sa présence au sein du complexe royal depuis la fondation de Bangkok en 1782 en fait le cœur spirituel et politique de la nation. La statue du Bouddha d’Émeraude, qui donne son nom au temple, est une œuvre d’art vénérée d’une importance capitale. Bien que son nom évoque une pierre précieuse, elle est en réalité taillée dans un seul bloc de jadéite, une pierre de jade vert. Sa taille est relativement modeste, mais sa présence est si puissante que c’est le roi de Thaïlande en personne qui change ses vêtements trois fois par an, un rituel solennel pour marquer le début des saisons et apporter les bénédictions royales au pays.
Admirer le Bouddha couché du Wat Pho, c’est d’abord se confronter à une statue d’une dimension exceptionnelle. Avec ses 46 mètres de long et 15 mètres de haut, ce géant doré semble à peine tenir dans le bâtiment qui l’abrite. Réalisée en plâtre sur une âme de brique et recouverte de feuilles d’or, cette sculpture fut achevée en 1848 sous le règne du roi Rama III. Sa taille impressionnante et son aspect majestueux en font l’une des plus grandes représentations du Bouddha en Thaïlande, un spectacle qui ne laisse personne indifférent. La posture du Bouddha couché, appelée “sihasaiyas”, représente un moment clé de la foi bouddhique : l’entrée du Bouddha dans le Nirvana après sa mort. Contrairement à un simple sommeil, cette pose illustre la fin du cycle des réincarnations et l’éveil suprême. C’est une image d’une grande sérénité, où la majesté divine se mêle à l’apaisement. Pour les fidèles, c’est un lieu de recueillement où l’on peut prier pour la bonne fortune et la santé.
Les fresques que l’on admire aujourd’hui dans l’Ubosot (la salle d’ordination) sont principalement le fruit du règne de deux souverains éclairés. C’est sous le règne du roi Rama III que leur réalisation a été entreprise, puis son successeur, le roi Rama IV, les a achevées. Ces peintures rompent avec la tradition des décennies précédentes, qui se concentraient sur la vie du Bouddha. Elles introduisent des thèmes inédits, comme les récits des 41 principaux disciples du Bouddha et le Mahosot Jataka, une histoire mettant en avant la sagesse et l’ingéniosité. Ce changement de thème montre la volonté du roi Rama III de faire du Wat Pho un lieu d’éducation populaire, accessible à tous.
En vous promenant dans le cloître connu sous le nom de Phra Rabiang, vous découvrirez une collection impressionnante de quelque 400 statues de Bouddha. Ce cheminement forme une galerie à ciel ouvert qui ajoute une dimension contemplative à la visite, bien loin de l’agitation des salles principales. Le complexe abrite également les impressionnants Phra Maha Chedi Si Rajakarn, un groupe de quatre grands stupas hauts de 42 mètres. Chacun d’entre eux, recouvert de mosaïques aux couleurs différentes, est dédié aux quatre premiers rois de la dynastie Chakri. Leurs détails architecturaux raffinés et leurs tuiles colorées en font l’un des ensembles les plus photographiés du temple.
Au cœur du complexe se dressent les quatre grands chedis, hauts de 42 mètres, dédiés aux quatre premiers rois de la dynastie Chakri. Chacun est recouvert de mosaïques de porcelaine d’une couleur différente, symbolisant le règne du souverain qu’il honore. Le chedi vert, Phra Maha Chedi Sri Sanpetdayarn, fut érigé sous le règne de Rama Ier pour abriter une statue de Bouddha brisée provenant d’Ayutthaya. Le chedi blanc, Phra Maha Chedi Dilok Dhammakaroknitarn, fut construit par Rama III pour honorer la mémoire de son père, Rama II. Le chedi jaune, Phra Maha Chedi Muni Batborikharn, fut élevé par Rama II pour commémorer le Bouddha, et est considéré comme le chedi royal de Rama III. Enfin, le chedi bleu foncé fut ajouté par Rama IV, et selon la tradition, ce dernier aurait décidé qu’il n’y aurait pas de place pour d’autres grands chedis royaux dans l’enceinte du temple.