Cambodge

Les temples d’Angkor

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Se rendre à Angkor, c’est pénétrer au cœur de l’un des ensembles monumentaux les plus impressionnants de la planète, s’étendant sur plus de 400 kilomètres carrés au nord-ouest du Cambodge, près de la ville de Siem Reap. Ancienne capitale de l’Empire khmer du IXe au XVe siècle, ce site est bien plus qu’un simple temple : c’est un témoignage exceptionnel d’une civilisation qui a rayonné sur toute l’Asie du Sud-Est, mêlant architecture monumentale, maîtrise de l’hydraulique et riche héritage artistique. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992, Angkor est un voyage dans le temps, une plongée au cœur d’une histoire qui a vu se succéder rois bâtisseurs, dieux hindous et bouddhistes, et une population qui aurait atteint jusqu’à un million d’habitants à son apogée.

Contrairement à Angkor Wat qui a été largement restauré, ce temple a été laissé dans l’état où il a été découvert, avec d’immenses arbres fromagers ou figuiers étrangleurs dont les racines massives épousent les galeries et les tours de pierre. Ce spectacle fascinant de la nature qui reprend ses droits est ce qui attire des visiteurs du monde entier. Les racines serpentines qui s’enroulent autour des blocs de grès créent des compositions photographiques  inoubliables. Fondé en 1186 par le roi Jayavarman VII, il était à l’origine un monastère et une université bouddhiste Mahayana connue sous le nom de Rajavihara, “le monastère royal”. La divinité centrale du temple représentait la mère du roi, une statue de Prajnaparamita, la personnification de la sagesse.  À son apogée, plus de 12 500 personnes y vivaient ou y travaillaient.

Ta Keo est un monument exceptionnel dans le parc d’Angkor, car il s’agit du seul temple entièrement construit en grès, sans aucune décoration sculptée. Commencé à la fin du Xe siècle sous le roi Jayavarman V, sa construction fut interrompue brutalement, peut-être par la foudre qui aurait frappé l’édifice. Ce “temple-montagne” à cinq tours, dédié à Shiva, offre ainsi un aperçu unique des techniques de construction khmères à leur état brut, là où les pierres parfaitement ajustées n’ont jamais reçu leurs sculptures finies. Pour atteindre la plateforme supérieure de Ta Keo, il faut gravir un escalier aux marches particulièrement hautes et raides. Cet effort est largement récompensé par une vue exceptionnelle sur les autres temples du petit circuit. On peut observer les toits d’Angkor Wat et profiter d’une perspective sur l’organisation de l’ancienne capitale.

Situé juste en face du temple Thommanon, de l’autre côté de la Voie de la Victoire, Chau Say Tevoda forme avec lui un ensemble unique dans le parc d’Angkor. Les deux sanctuaires datent du milieu du XIIe siècle, sous le règne du roi Suryavarman II, et partagent le même plan architectural. Ce qui rend Chau Say Tevoda intéressant, c’est qu’il a été restauré plus tardivement que son voisin, ce qui permet aux visiteurs d’observer les techniques de conservation modernes à l’œuvre. Construit dans le style d’Angkor Wat, ce temple hindou était dédié à la fois à Shiva et à Vishnu, ce qui témoigne du syncrétisme religieux de l’époque khmère. Les sculptures qui ornent ses frontons et ses linteaux représentent des scènes de la mythologie hindoue, notamment un remarquable bas-relief de Sita recevant l’anneau de Rama de la part d’Hanuman.

Construit au milieu du XIIe siècle sous le règne de Suryavarman II, le temple Thommanon partage son plan et son esthétique avec son voisin Chau Say Tevoda, situé de l’autre côté de la Voie de la Victoire. Dédié aux divinités hindoues Shiva et Vishnu, ce petit sanctuaire est un exemple parfait de l’architecture khmère classique de la période d’Angkor Wat. L’attrait de Thommanon réside dans la qualité de ses sculptures, en particulier celles de ses devatas. Ces divinités féminines, qui ornent les piliers et les murs du temple, sont représentées avec une élégance et une vitalité remarquables : leurs corps sont légèrement arqués dans une posture élégante, leurs vêtements et parures sont rendus avec un grand naturalisme. Les linteaux sculptés des portes sont remarquables, avec des scènes tirées de la mythologie hindoue comme le combat de Krishna  Kâliya.

La Porte de la Victoire n’est pas une simple entrée, c’est le chemin emprunté par les souverains khmers pour rejoindre leur palais. Située sur le côté est d’Angkor Thom, elle est directement alignée sur la place royale, la terrasse des Éléphants et le Palais Royal. Son nom évoque l’image des armées victorieuses du roi Jayavarman VII défilant par cette porte triomphale. Aujourd’hui encore, elle offre une perspective unique sur l’organisation spatiale de l’ancienne capitale, bien plus intime que l’entrée sud.

La Terrasse du Roi Lépreux est une plateforme de sept mètres de haut, qui s’étend sur 25 mètres de long, est célèbre pour ses magnifiques sculptures en bas-relief. Ses murs sont entièrement couverts de plus de 350 figures sculptées, représentant des divinités, des rois, des asuras (démons) et des créatures mythologiques, dont un ensemble de cinq rangs de devatas (divinités féminines) particulièrement remarquables. Ce sont ces sculptures, d’une qualité exceptionnelle, qui en font un lieu incontournable pour les amateurs d’art et d’histoire khmère. Située sur la Place Royale, cette plateforme était très probablement utilisée pour des cérémonies et des spectacles de la cour, en lien avec la Terrasse des Éléphants voisine. Elle servait de scène pour des événements importants, d’où le roi pouvait regarder ses troupes, des chasses ou des exécutions.

Phimeanakas est une impressionnante pyramide à trois étages, construite en latérite et en grès, qui s’élève en une structure pyramidale symbolisant le mont Meru, la demeure sacrée des dieux hindous. Sa plateforme supérieure offrait autrefois une vue dégagée sur les environs et la jungle alentour. La tour qui coiffait l’édifice était, selon les récits du diplomate chinois Zhou Daguan, couronnée d’un pinacle doré, ce qui lui valut le surnom de “Tour d’Or”. Ce qui rend Phimeanakas unique, c’est sa situation privilégiée au sein d’Angkor Thom, une configuration rare dans le parc archéologique. Construit à la fin du Xe siècle sous le règne de Rajendravarman puis achevé par Suryavarman Ier, ce temple était la résidence spirituelle du roi, un lieu de culte privé où le souverain venait vénérer les dieux qui lui confère à Phimeanakas une atmosphère mystérieuse.

Le Baphuon est l’un des temples les plus fascinants d’Angkor. Construit au milieu du XIe siècle sous le règne du roi Suryavarman Ier, il est le prototype du “temple-montagne”, une représentation symbolique du mont Meru. Sa structure à trois niveaux, mesurant 120 mètres d’est en ouest et 100 mètres du nord au sud, s’élevait à près de 50 mètres de hauteur, ce qui en faisait le deuxième plus grand temple d’Angkor après Angkor Wat. L’ambassadeur chinois Zhou Daguan, qui visita la région à la fin du XIIIe siècle, fut ébloui par sa splendeur, qu’il décrivit comme “la Tour de Bronze… un spectacle vraiment étonnant”. À l’origine dédié au dieu hindou Shiva, il fut transformé en temple bouddhiste à la fin du XVe siècle. C’est à cette époque que fut construite une statue monumentale de Bouddha couché de 9 mètres de haut et de 70 mètres de long.

Construit à la fin du XIIe siècle par le roi bouddhiste Jayavarman VII, le Bayon est le temple d’État de sa nouvelle capitale, Angkor Thom. Son architecture est comparée à un style “baroque”, en contraste avec le classicisme d’Angkor Wat. Ce qui le rend unique, c’est sa structure labyrinthique et l’atmosphère mystérieuse qui s’en dégage. Le Bayon est le cœur spirituel et politique de l’ancienne cité. Plus de 200 de ces visages géants, sereins et énigmatiques, ornent encore les tours du temple. Ils regardent vers les quatre points cardinaux, symbolisant peut-être la présence bienveillante du roi Jayavarman VII sous les traits du bodhisattva Avalokiteshvara, ou une forme de pouvoir universel. Cette profusion de visages crée une expérience visuelle unique, un spectacle de “forêt de pierre” qui fascine et interroge les visiteurs depuis des siècles.

La Porte Sud est l’entrée la mieux conservée d’Angkor Thom, la grandiose cité fortifiée construite à la fin du XIIe siècle par le roi Jayavarman VII. Haute de vingt-trois mètres, elle constitue le principal point d’accès pour les visiteurs venant du temple d’Angkor Wat, et offre un avant-goût de la splendeur de l’ancienne capitale khmère. En traversant ses portes, vous franchissez le seuil d’un espace sacré où l’architecture et la mythologie se rencontrent pour raconter la puissance et la spiritualité de l’empire khmer. Ce qui rend l’approche de la Porte Sud véritablement spectaculaire, c’est sa chaussée de pierre traversant les douves, bordée de deux rangées de 54 statues monumentales qui saisissent le visiteur dès les premiers instants. D’un côté, 54 devas (dieux) aux expressions paisibles, de l’autre, 54 asuras (démons) au regard féroce, tirent sur un serpent géant à sept têtes, le naga. Cette mise en scène grandiose illustre le mythe hindou du Barattage de la mer de lait, une histoire cosmique où dieux et démons s’unissent pour extraire l’élixir d’immortalité. 

Angkor Wat est bien plus qu’un simple temple : c’est le plus grand monument religieux jamais construit par l’homme, s’étendant sur plus de 400 acres au cœur de la jungle cambodgienne. Édifié au début du XIIe siècle par le roi Suryavarman II, ce chef-d’œuvre de l’architecture khmère incarne l’apogée d’une civilisation qui régna sur une grande partie de l’Asie du Sud-Est. Sa beauté et sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde, et son image orne fièrement le drapeau national du Cambodge. La conception d’Angkor Wat est un véritable diagramme cosmologique. Ses cinq tours centrales, disposées en quinconce comme un lotus, représentent les sommets du mont Meru, la demeure mythique des dieux dans l’hindouisme. Les vastes douves qui l’entourent symbolisent les océans qui bordent le monde, et le temple lui-même combine les deux styles fondamentaux de l’architecture khmère : le temple-montagne et le temple à galeries. Cette harmonie architecturale  fait d’Angkor Wat une œuvre d’art totale.

Le panneau le plus célèbre est celui du Barattage de la mer de lait, situé dans la galerie est. Il illustre un mythe cosmogonique hindou où 88 dieux (deva) et 92 démons (asura) tirent sur le serpent Vasuki pour faire tourner le mont Mandara, plongeant ainsi dans l’océan primordial afin d’en extraire l’élixir d’immortalité. Le visage du roi Suryavarman II, le commanditaire du temple, apparaît sous les traits du dieu Vishnou, créant une identité sacrée entre le souverain et la divinité. La scène est divisée en trois registres : le monde marin avec des poissons, tortues et crocodiles ; le monde terrestre où se déroule le barattage ; et le monde céleste avec des divinités volantes. Les autres galeries racontent les grandes épopées hindoues du Mahabharata et du Ramayana. La galerie ouest dépeint la bataille de Kurukshetra, tandis que la galerie nord est consacrée à la bataille de Lanka, l’affrontement final entre Rama et le roi démon Ravana. On y voit des marchés, des parties d’échecs, des combats de coqs ou des scènes de chasse à la sarbacane.

La galerie des Cieux et des Enfers représente une sorte de Jugement dernier hindou, où le dieu Yama, juge suprême des morts, trône au centre, monté sur un taureau et brandissant ses massues. À ses côtés se tiennent ses deux assesseurs, Dharma et Citragupta, qui l’assistent dans sa tâche. Devant eux défile une procession d’âmes venues se faire juger, tandis que des inscriptions, disséminées dans la pierre, énumèrent les fautes qui valent aux suppliciés les châtiments qu’ils subissent. Cette dimension théâtrale confère à la galerie une puissance narrative exceptionnelle. Le registre supérieur du bas-relief dépeint la récompense des justes, admis dans les trente-sept cieux. Les élus y mènent une vie paisible dans des palais somptueux, se livrant à des divertissements simples. Les artistes khmers ont fait preuve d’une imagination bien plus limitée pour figurer les joies célestes que pour inventer les supplices infernaux. Cette pauvreté d’invention contraste avec la richesse des tourments décrits dans le registre inférieur.

L’architecture d’Angkor Wat, souvent qualifiée de “temple-montagne”, est une représentation terrestre du mont Meru, la demeure mythique des dieux dans la cosmologie hindoue. Les cinq tours centrales, disposées en quinconce, symbolisent les cinq pics de cette montagne sacrée, tandis que les douves qui entourent le temple représentent les océans qui bordent le monde. Ce plan architectural n’est pas un hasard : il transforme l’édifice en un univers en miniature, un lieu où le ciel et la terre se rejoignent. Construit au début du XIIe siècle par le roi Suryavarman II, ce temple était à la fois un temple d’État et le mausolée personnel du souverain, destiné à abriter ses restes. Avec une superficie de plus de 160 hectares, c’est le plus grand monument religieux du monde. Sa construction, qui a duré une trentaine d’années, mobilisa des centaines de milliers d’ouvriers, témoignant de la puissance et de la sophistication de l’Empire khmer à son apogée.

Construit à la fin du XIIe siècle sous le règne de Jayavarman VII, Banteay Kdei est un temple bouddhiste de style Bayon, similaire en plan aux célèbres Ta Prohm et Preah Khan. Dédié à Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion, ce complexe monastique offre un témoignage précieux de l’architecture religieuse de la fin de l’Empire khmer, et son nom, “Citadelle des Chambres”, traduit parfaitement sa structure labyrinthique. Le temple est une invitation à la déambulation, avec ses deux enceintes concentriques et ses galeries qui forment un labyrinthe. Les visiteurs peuvent y admirer de nombreuses sculptures, dont des apsaras en bas-relief et des devatas, témoignant de la richesse ornementale du style Bayon. En 2001, une découverte archéologique majeure y a été faite : un dépôt de 274 fragments de statues bouddhistes en grès, aujourd’hui exposés au musée Preah Norodom Sihanouk d’Angkor.

Construit en 961 par le roi Rajendravarman, le Pre Rup est un temple-montagne dédié au dieu Shiva. Sa structure pyramidale à trois niveaux, surmontée de cinq tours en forme de lotus disposées en quiconce, symbolise le mont Meru, la demeure sacrée des dieux dans la cosmologie hindoue. Le Pre Rup est construit en brique et en latérite, ce qui lui confère une teinte rougeâtre unique, particulièrement mise en valeur par la lumière du soleil levant ou couchant. “Pre Rup” signifie “tourner le corps” en khmer, une appellation qui alimente une légende sur le temple. La croyance populaire veut que ce lieu ait servi de crématorium royal, où le corps du défunt était tourné dans différentes directions lors des cérémonies funéraires, permettant à l’âme du roi de se “transformer” et de s’élever vers le divin. Cette dimension spirituelle, liée au cycle de la mort et de la renaissance, confère au site une aura mystérieuse, même si les archéologues estiment que ces bassins étaient probablement des socles pour des statues du dieu Nandi.

Ce qui rend le Mébon oriental exceptionnel, c’est sa situation originelle au cœur d’un immense réservoir artificiel. Construit au Xe siècle sous le règne du roi Rajendravarman II, ce temple était érigé sur une île au centre du Baray oriental, un réservoir de 7,2 kilomètres sur 1,8 kilomètre capable de contenir plus de 50 millions de mètres cubes d’eau. Des embarcadères en pierre à sa base rappellent que l’accès ne se faisait autrefois que par bateau, une caractéristique unique parmi les temples d’Angkor. L’attrait majeur du Mébon réside dans ses statues monumentales d’éléphants. Aux angles des premier et deuxième niveaux, huit éléphants en pierre de deux mètres de haut montent la garde, sculptés avec un remarquable souci du détail. Ces gardiens de pierre, parmi les mieux conservés du parc, sont emblématiques du site et offrent des opportunités photographiques exceptionnelles, particulièrement mises en valeur par la lumière du coucher de soleil.

Ta Som est l’un des temples les plus charmants du parc archéologique d’Angkor, offrant une visite authentique. Construit à la fin du XIIe siècle par le roi bouddhiste Jayavarman VII, ce petit temple était dédié à son père, le roi Dharanindravarman II, et s’inscrit dans le style architectural du Bayon. Sa taille modeste et son atmosphère paisible en font une halte précieuse pour les voyageurs en quête de sérénité, loin de l’agitation des temples plus célèbres comme Angkor Wat ou Ta Prohm. Les murs du temple sont ornés de délicates sculptures représentant des devatas (divinités féminines) et des apsaras, dont la facture est particulièrement fine et expressive pour des œuvres de la fin du XIIe siècle. Les gopuras à quatre visages souriants, caractéristiques du style Bayon, veillent sur les quatre points cardinaux. Les linteaux sculptés, représentant des scènes de la vie du bodhisattva Lokeshvara et des épisodes de la mythologie hindoue, sont également remarquables.

Ce qui rend Neak Pean unique dans le parc d’Angkor, c’est son plan en croix grecque entouré par un bassin d’eau. Ce temple fut construit au XIIe siècle par le roi bouddhiste Jayavarman VII et n’était pas un lieu de culte ordinaire : il servait de “station thermale” où les pèlerins venaient se purifier. L’ensemble symbolise le lac mythique Anavatapta, situé au centre de l’univers dans la cosmologie bouddhique, qui serait à l’origine de tous les fleuves et rivières du monde. Au centre du bassin se dresse le temple principal, une petite tour ceinte d’un anneau de pierre. Quatre jets d’eau, représentant les têtes d’éléphant, de cheval, de lion et d’homme, sont disposés autour du sanctuaire central. Chaque jet symbolisait l’une des quatre grandes rivières du monde. L’eau, qui s’écoulait autrefois, était considérée comme capable de guérir les maladies, et chaque source était associée à un pouvoir curatif. Ces sculptures sont accompagnées de bas-reliefs qui représentent l’univers mythologique khmer.

Construit en 1191 par le grand roi bouddhiste Jayavarman VII, Preah Khan est bien plus qu’un simple temple : c’est un vaste complexe monastique et universitaire dédié à la mémoire de son père. Son nom, qui signifie “Épée Sacrée”, provient de son nom originel Nagara Jayasri, la “cité sainte de la victoire”, en référence au site même où le roi remporta une bataille décisive contre les Chams. À son apogée, cette institution combinait les fonctions de ville, de temple et d’université bouddhiste, employant près de 100.000 personnes, dont 1.000 danseuses et 1.000 enseignants, ce qui témoigne de son importance dans l’empire khmer. En déambulant dans ses longs couloirs voûtés et ses cours intérieures, on découvre des fromagers dont les racines épousent les murs de latérite. Cette atmosphère de “cité perdue”, bien que moins fréquentée que Ta Prohm, en fait un lieu de prédilection pour les photographes.

Au-delà des tours à visages, le Bayon est célèbre pour ses bas-reliefs d’une exceptionnelle variété. Contrairement à d’autres temples qui se concentrent sur des scènes mythologiques, les galeries extérieures du Bayon dépeignent aussi la vie quotidienne de l’empire khmer. On y voit des scènes de marché, des pêcheurs au travail, des banquets ou des soldats en campagne. Ces représentations offrent un témoignage inestimable sur la société de l’époque, mêlant histoire et légende, et constituent un véritable livre d’histoire en pierre.