Pourquoi visiter le temple Pre Rup ?
Un temple-montagne emblématique du Xe siècle
Construit en 961 par le roi Rajendravarman, le Pre Rup est un temple-montagne typique de l’architecture khmère, dédié au dieu Shiva. Sa structure pyramidale à trois niveaux, surmontée de cinq tours en forme de lotus disposées en quiconce, symbolise le mont Meru, la demeure sacrée des dieux dans la cosmologie hindoue. Contrairement à de nombreux temples en grès, le Pre Rup est majoritairement construit en brique et en latérite, ce qui lui confère une teinte rougeâtre unique, particulièrement mise en valeur par la lumière du soleil levant ou couchant.
La légende du “tour du corps” et son mystère funéraire
Le nom “Pre Rup” signifie “tourner le corps” en khmer, une appellation qui alimente une légende fascinante sur la fonction première du temple. La croyance populaire veut que ce lieu ait servi de crématorium royal, où le corps du défunt était rituellement tourné dans différentes directions lors des cérémonies funéraires, permettant à l’âme du roi de se “transformer” et de s’élever vers le divin. Cette dimension spirituelle, liée au cycle de la mort et de la renaissance, confère au site une aura mystérieuse qui captive l’imagination des visiteurs, même si les archéologues contemporains estiment que ces bassins de pierre étaient probablement des socles pour des statues du dieu Nandi.
Un point de vue privilégié pour le coucher du soleil
Le Pre Rup est réputé pour être l’un des meilleurs spots du parc archéologique pour admirer le coucher du soleil. Depuis la plateforme supérieure, accessible par des escaliers raides, la vue panoramique s’étend sur la campagne environnante, les rizières et les vestiges de l’ancienne baray orientale. La lumière déclinante du jour embrase les briques de la structure, les teintant de nuances dorées et rougeoyantes qui subliment la beauté du lieu. Contrairement aux sites plus fréquentés comme Angkor Wat ou Phnom Bakheng, l’atmosphère y est souvent plus paisible, ce qui en fait un moment de contemplation privilégié.
Des sculptures et un charme authentique
Malgré son état de conservation imparfait, le Pre Rup conserve des trésors architecturaux remarquables, comme des bas-reliefs finement sculptés représentant des divinités hindoues, dont une représentation de la déesse Lakshmi, des gardiens à la porte du sanctuaire central, et des fragments de plâtre d’origine sur la tour sud-ouest. On peut également admirer les longues galeries, caractéristiques de l’architecture du Xe siècle, qui sont les précurseurs des galeries continues des temples postérieurs. La beauté du lieu, renforcée par son atmosphère plus intime et sa moindre affluence, en fait une destination appréciée des voyageurs en quête d’authenticité et de photographie.
Comment visiter les différents temples d’Angkor ?
Trois circuits pour s’adapter à tous les rythmes
L’immensité du parc d’Angkor (plus de 400 km²) peut être déroutante. Pour la parcourir, tout est pensé autour de deux itinéraires de visite. Le Petit Circuit, le plus classique, concentre les temples les plus célèbres en une boucle d’environ 20 kilomètres : Angkor Wat, le Bayon aux visages de pierre et Ta Prohm enlacé par les racines des fromagers en sont les étapes phares. Pour ceux qui disposent de plus de temps, le Grand Circuit s’éloigne davantage vers le nord-est et mène à des sites plus préservés comme Preah Khan, Neak Pean ou le Pre Rup, célèbre pour son coucher de soleil. Le choix du circuit déterminera l’organisation de votre journée, mais il est tout à fait possible de combiner les deux sur plusieurs jours.
Les horaires d’ouverture précis pour chaque site
Les horaires des temples sont désormais bien établis en 2026 et varient pour s’adapter aux levers et couchers de soleil. Le temple d’Angkor Wat ouvre plus tôt que les autres, à 5h00, pour permettre d’admirer le lever du soleil, et ferme à 18h00 . La majorité des temples du Petit et du Grand Circuit (Bayon, Ta Prohm, etc.) sont accessibles de 6h00 à 18h30. Enfin, quatre sites sont officiellement dédiés à l’observation du coucher (Pre Rup, Phnom Krom, Sras Srang et la porte Tonle Om) ; ils ouvrent à 5h00 et ferment à 19h00. Une règle de grâce de 30 minutes est appliquée partout : si vous êtes déjà à l’intérieur d’un temple à l’heure de fermeture, vous avez une demi-heure supplémentaire pour en sortir tranquillement.
Les tarifs des billets et où les acheter
L’accès au parc est réglementé par un pass (Angkor Pass) disponible en trois formules. Le billet d’une journée coûte 37 dollars, le pass de trois jours (valable une semaine) est à 62 dollars et le pass de sept jours (valable un mois) à 72 dollars. Le pass de trois jours est le plus populaire car il offre le meilleur rapport qualité-prix pour une visite complète. L’achat se fait en ligne sur le site officiel d’Angkor Enterprise, ou directement au bureau des billets (Angkor Ticket Office) qui ouvre à 4h30 pour les premiers visiteurs. Une photo d’identité vous sera prise sur place pour imprimer votre ticket, qu’il est indispensable de conserver précieusement.
Comment se déplacer et les précautions à prendre
Pour explorer le parc, le moyen le plus pratique et le plus populaire est le tuk-tuk. Il est facile de louer un chauffeur pour une journée complète (environ 15 à 20 dollars) qui vous emmènera de temple en temple et vous attendra sur place. Pour une expérience plus libre, la location de vélos (environ 2 dollars par jour) ou de scooters est également possible. Le code vestimentaire est strict et doit être respecté : les épaules et les genoux doivent être couverts avec un tissu opaque. Une attention particulière est à porter à la tour centrale d’Angkor Wat (Bakan) : elle est ouverte tous les jours, mais ferme les après-midis des 14 et 28 de chaque mois pour des travaux de conservation.
Pre Rup, au milieu des deux hindous
Jeudi 1er février. Nul besoin d’aller très loin pour me rendre au Sras Srang, sorte de bassin des ablutions commandé par le roi Jayavarman VII, en 953. Cette piscine royale se trouve en effet de l’autre côté de la route, face au temple Banteay Kdei.
Le roi fit aménager tout autour des escaliers et des terrasses de grès, décorés de lions et de nagas. Digne d’une piscine olympique, le Sras Srang mesure 800 m sur 400 !
Au milieu, une petite île toujours présente hébergeait autrefois un temple en bois dont on peut apercevoir la base en pierre encore aujourd’hui.
Avec le circuit court, c’est comme un retour en arrière dans l’histoire, et je suis comme projeté 200 ans avant le règne du grand Suryavarman II qui fit construire le Bayon… Me voici donc au pied du temple Pre Rup, ancien temple funéraire datant de 961.
Le temple Pre Rup est une importante pyramide de brique, dressée sur plusieurs niveaux, qui date de la même époque que le Mébon que je verrai dans la foulée. Ce temple est dédié à Shiva… Son nom « Pre Rup » signifie « retourne le corps » !
Ce temple a été édifié sous la volonté du roi Rajendravarman II. Pour la petite histoire, c’est lui qui installe à nouveau la capitale à Angkor en succédant en 944 à Jayavarman IV qui régnait depuis Koh Ker à partir de 928.
Le plan d’ensemble du Pre Rup rappelle un peu celui du Bayon, en moins complexe, et sans les galeries, mais il n’y a aucun rapport entre eux car le Bayon est d’inspiration bouddhique.
Le nom de Prè Rup est rapporté à un rite funéraire homonyme avec les cendres du défunt, qui signifie « changer la forme » en khmer. Le bassin rectangulaire en grès, situé au bas de l’escalier principal, aurait servi pour ces crémations.
Accéder au sommet du Pre Rup n’est pas une mince affaire. Il faut pour cela escalader l’immense et raide escalier qui conduit à la plateforme cultuelle.
Le plateau qui surmonte ce temple pyramide est hérissé de multiples tours. Tout comme son enceinte. Même si de nombreuses tours ne sont plus qu’une sorte de bouillie minérale, grignotées qu’elles sont par l’érosion.
De magnifiques lions assis gardent l’entrée de l’escalier principal. Il faut imaginer ici les processions royales qui devaient avoir lieu au moment de la crémation. Pré Rup, « retourner le corps » fait partie du rituel de crémation dans l’hindouisme.
Depuis le sommet de ce temple-montagne, dont la configuration rappelle vraiment celle du Bayon, on a une vision fantastique sur la nature qui entoure le site. On aperçoit en bas le grand bassin rituel où les corps étaient brûlés avant qu’on ne recueille les os pour les disposer dans des feuilles de bananiers.
Autrefois, un Linga se trouvait dans ce temple, preuve de sa dévotion au culte de Shiva.
Mais depuis le sommet du temple, on comprend surtout mieux son architecture. Celle-ci présente une série de murs percés par des gopuras amenant à une série de gradins en latérite et grès supportant 5 tours centrales.
Sur chacun des quatre angles du dernier gradin, se situe une tour-sanctuaire de brique de plan carré à redans, de 6 m de côté, posée sur un soubassement de grès, haut de la valeur de trois marches. Chaque tour abritait un dieu.
Au sommet de la structure centrale, je prends tout mon temps pour me promener dans le dédale de ces tours qui abritaient autrefois les figures du panthéon hindou.
Étrangement, ces tours-pyramides apparaissent beaucoup mieux conservées que les autres tours du temple qui se trouvent en contrebas. Impossible de pénétrer à l’intérieur.
Depuis le plateau cultuel, on voit bien la forêt de tours mangées par l’érosion du temps, les vents… et surtout la pluie.
Certaines tours-pyramides sont ouvertes au public. Mais les divinités qu’elles abritaient autrefois ont depuis longtemps disparu. Les pilleurs de temple sont depuis longtemps passés par là.
Les portails aux colonnes sculptées ont fait l’objet de belles restaurations et tranchent avec le reste de la tour. Hélas, certains linteaux qui supportent les portes sont très abîmés.
À bien y réfléchir, et en plongeant son regard dans les enceintes successives du temple, on se dit qu’il faudra des centaines d’années aux restaurateurs pour redonner tout l’éclat aux temples d’Angkor. Et même si une partie des pierres ont été volées, la plus grande partie est encore là. Il ne manque plus que le temps et l’argent pour tout remettre en état…
En attendant, je redescends les marches du temple pour regagner les premières galeries de la première enceinte qui étaient autrefois réservées aux pèlerins. La succession des portes et des linteaux est étourdissante.
Et toujours ces blocs de pierre laissés à l’abandon qui n’attendent qu’une hypothétique restauration future…