You are currently viewing Angkor Wat, la Galerie des Cieux et des Enfers

Angkor Wat, la Galerie des Cieux et des Enfers

Pourquoi visiter la galerie des Cieux et des Enfers ?

Un jugement dernier universel et fascinant

Ce qui rend la galerie des Cieux et des Enfers véritablement unique, c’est son sujet. Elle représente une sorte de Jugement dernier hindou, où le dieu Yama, juge suprême des morts, trône au centre, monté sur un taureau et brandissant ses massues. À ses côtés se tiennent ses deux assesseurs, Dharma et Citragupta, qui l’assistent dans sa tâche. Devant eux défile une procession d’âmes venues se faire juger, tandis que des inscriptions, disséminées dans la pierre, énumèrent les fautes qui valent aux suppliciés les châtiments qu’ils subissent. Cette dimension théâtrale et presque judiciaire confère à la galerie une puissance narrative exceptionnelle.

Des félicités célestes… d’un certain ennui

Le registre supérieur du bas-relief dépeint la récompense des justes, admis dans les trente-sept cieux. Les élus y mènent une vie paisible dans des palais somptueux, se livrant à des divertissements simples. Comme le notent les observateurs, les artistes khmers ont fait preuve d’une imagination bien plus limitée pour figurer les joies célestes que pour inventer les supplices infernaux. Cette pauvreté d’invention contraste avec la richesse des tourments décrits dans le registre inférieur.

La richesse inventive des supplices infernaux

La représentation des enfers est, quant à elle, d’une inventivité saisissante. Le bas-relief dépeint trente-deux enfers différents où les damnés subissent des châtiments d’une grande variété et d’une grande cruauté. On y voit des condamnés percés de clous, sciés en deux, ou forcés d’avaler des charbons ardents. Ce qui rend la scène encore plus fascinante, c’est que les bourreaux sont eux-mêmes des damnés, condamnés à infliger des souffrances à d’autres réprouvés. Des animaux féroces comme des tigres, des serpents ou des rhinocéros interviennent également pour seconder les bourreaux et varier les supplices. Une différence fondamentale avec la tradition chrétienne est que, dans la cosmogonie hindoue, cette damnation n’est pas éternelle, mais a plutôt le caractère d’un purgatoire.

Une galerie au cœur de l’histoire d’Angkor

Cette galerie est également un témoin de l’histoire tourmentée de la conservation du site. Entre 1947 et 1950, sous la direction de l’archéologue français Henri Marchal, l’intégralité de la galerie sud, alors en ruine, a été reconstruite pierre par pierre. Pour masquer l’effondrement de la voûte, Marchal eut l’idée de reconstituer le plafond en carreaux de ciment moulés, copiant les décors de fragments anciens conservés. Ce travail colossal, mené dans des conditions difficiles (les Khmers Issarak contrôlaient alors une grande partie de la région d’Angkor), a permis de sauvegarder ce chef-d’œuvre pour les générations futures. Aujourd’hui encore, les visiteurs peuvent admirer la fraîcheur et la puissance évocatrice de ces sculptures, un témoignage exceptionnel de la pensée religieuse et de l’art khmer à son apogée.

Comment visiter les différents temples d’Angkor ?

Trois circuits pour s’adapter à tous les rythmes

L’immensité du parc d’Angkor (plus de 400 km²) peut être déroutante. Pour la parcourir, tout est pensé autour de deux itinéraires de visite. Le Petit Circuit, le plus classique, concentre les temples les plus célèbres en une boucle d’environ 20 kilomètres : Angkor Wat, le Bayon aux visages de pierre et Ta Prohm enlacé par les racines des fromagers en sont les étapes phares. Pour ceux qui disposent de plus de temps, le Grand Circuit s’éloigne davantage vers le nord-est et mène à des sites plus préservés comme Preah Khan, Neak Pean ou le Pre Rup, célèbre pour son coucher de soleil. Le choix du circuit déterminera l’organisation de votre journée, mais il est tout à fait possible de combiner les deux sur plusieurs jours.

Les horaires d’ouverture précis pour chaque site

Les horaires des temples sont désormais bien établis en 2026 et varient pour s’adapter aux levers et couchers de soleil. Le temple d’Angkor Wat ouvre plus tôt que les autres, à 5h00, pour permettre d’admirer le lever du soleil, et ferme à 18h00 . La majorité des temples du Petit et du Grand Circuit (Bayon, Ta Prohm, etc.) sont accessibles de 6h00 à 18h30. Enfin, quatre sites sont officiellement dédiés à l’observation du coucher (Pre Rup, Phnom Krom, Sras Srang et la porte Tonle Om) ; ils ouvrent à 5h00 et ferment à 19h00. Une règle de grâce de 30 minutes est appliquée partout : si vous êtes déjà à l’intérieur d’un temple à l’heure de fermeture, vous avez une demi-heure supplémentaire pour en sortir tranquillement.

Les tarifs des billets et où les acheter

L’accès au parc est réglementé par un pass (Angkor Pass) disponible en trois formules. Le billet d’une journée coûte 37 dollars, le pass de trois jours (valable une semaine) est à 62 dollars et le pass de sept jours (valable un mois) à 72 dollars. Le pass de trois jours est le plus populaire car il offre le meilleur rapport qualité-prix pour une visite complète. L’achat se fait en ligne sur le site officiel d’Angkor Enterprise, ou directement au bureau des billets (Angkor Ticket Office) qui ouvre à 4h30 pour les premiers visiteurs. Une photo d’identité vous sera prise sur place pour imprimer votre ticket, qu’il est indispensable de conserver précieusement.

Comment se déplacer et les précautions à prendre

Pour explorer le parc, le moyen le plus pratique et le plus populaire est le tuk-tuk. Il est facile de louer un chauffeur pour une journée complète (environ 15 à 20 dollars) qui vous emmènera de temple en temple et vous attendra sur place. Pour une expérience plus libre, la location de vélos (environ 2 dollars par jour) ou de scooters est également possible. Le code vestimentaire est strict et doit être respecté : les épaules et les genoux doivent être couverts avec un tissu opaque. Une attention particulière est à porter à la tour centrale d’Angkor Wat (Bakan) : elle est ouverte tous les jours, mais ferme les après-midis des 14 et 28 de chaque mois pour des travaux de conservation.

Angkor Wat, la Galerie des Cieux et des Enfers

Mercredi 31 janvier. J’achève ma visite de la galerie sud par la partie consacrée aux Cieux et aux Enfers, une sorte de panthéon des divinités hindoues.

Ce panneau, long de 63 m, débute par trois registres et se termine sur deux. Il représente l’attribution, à la mort, des récompenses ou des châtiments, en fonction des actes, bons ou mauvais, effectués au cours de la vie.

Dans le pavillon de gauche, au fond de la galerie sud, Râvana (reconnaissable à ses tris visages) cherche à ébranler la montagne où se trouve Shiva.

Au-dessus de l’entrée, Khrishna est attaché à un arbre par sa mère adoptive. À droite de cette scène, au-dessus d’une fenêtre, Râvana, déguisé en caméléon s’introduit dans le harem du dieu-roi Indra !

De l’autre côté, Râma doit faire face à l’armée de singes de Hunaman. Il tue le roi des singes en lui décochant des flèches.

Une fois encore, au-delà de la mythologie hindoue qui transparaît le long de cette galerie sud, je suis ébloui par la beauté de ces représentations, leur fraîcheur, leur puissance évocatrice.

Au final, je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir eu le temps de découvrir les bas-reliefs de la galerie nord et est. Mais bon, j’ai bien l’intention de revenir à l’occasion d’un prochain voyage qui me fera découvrir le Cambodge et le Laos.

Laisser un commentaire