Angkor, le temple abandonné du Ta Som
Jeudi 1er février. Après le Mébon oriental, direction le Ta Som qui se trouve à quelques centaines de mètres de là. Il s’agit d’un petit temple du même style que le Ta Prohm, et édifié à la même époque.
Situé à l’extrémité Est du baray nord-oriental (Jayatatāka), au nord du baray oriental, cet ensemble de dimension modeste a été érigé par Jayavarman VII vers la fin du XIIe siècle.
À cette heure de la journée, je commence à profiter pleinement de la belle lumière du soleil qui vient blondir les façades sculptées du temple.
Le Ta Som comprend deux enceintes entourant le temple lui-même : l’enceinte extérieure, simple mur en latérite, est dotée uniquement de deux gopuras est et ouest surmontées de tours à quatre visages. Au Nord et au Sud se trouvent deux fausses portes simplement décorées. Ce mur délimite un espace rectangulaire d’environ 200 m sur 240 m, dans lequel seuls subsistent deux bassins, de part et d’autre de l’allée Est.
L’enceinte intérieure, précédée d’une douve et à laquelle on accède par deux terrasses cruciformes ornées de nāgas, est une galerie en latérite et grès.
Le temple lui-même possède une enceinte de 20 m par 30 m entourant la tour-sanctuaire centrale, un prasat de plan cruciforme à faux étages, et deux petites « bibliothèques » à l’Est.
Une des tours du temple est dévorée lentement par un immense ficus géant. Toutefois, la majeure partie de la riche décoration a été préservée.
Voilà pour le plan d’ensemble du temple… À moi maintenant de découvrir les magnifiques sculptures qui ornent les façades du temple et de ses gorupas.
Au-delà du temple lui-même, le véritable intérêt du Ta Som réside dans ses belles décorations qui viennent enrichir les façades des salles, les linteaux et les encadrements des fenêtres.
Il faut en effet ne pas hésiter à grimper sur les murs pour aller voir au plus près le riche inventaire sculptural que recèle ce temple, comme cette déesse à l’aspect véritablement humain, entourée de prêtres et de serviteurs.
Plus loin, ce sont les magnifiques apsaras et devatas qui viennent encore enrichir les façades du temple. Il faut se pencher au plus près pour saisir toute la délicatesse des traits, la multitude de détails dont fourmillent les vêtements, les drapés, mais également les coiffes et les bijoux portés par ces danseuses divines.
Les visages sont encore d’une infinie beauté, les corps d’une extrême sensualité.
Des travaux de conservation du temple ont commencé en 1998. Au cours de la dernière décennie, le travail sur le site a permis de former des travailleurs khmers. Quatre tours ont ainsi été stabilisés et les débris ont été enlevés.
Les devatas sculptées dans la pierre présentent toute une particularité qui leur est propre. Aucune ne ressemble à sa voisine. Toutes sont uniques par leur beauté et leur grâce.
La lumière blonde et douce du soleil hivernal vient patiner les sculptures sans jamais les écraser. Chaque détail en est ainsi révélé, rehaussé.