Pourquoi visiter le temple montagne d’Angkot Vat ?
Une représentation terrestre du mont Meru
L’architecture d’Angkor Wat, souvent qualifiée de “temple-montagne”, est une représentation terrestre du mont Meru, la demeure mythique des dieux dans la cosmologie hindoue. Les cinq tours centrales, disposées en quinconce, symbolisent les cinq pics de cette montagne sacrée, tandis que les douves qui entourent le temple représentent les océans qui bordent le monde. Ce plan architectural n’est pas un hasard : il transforme l’édifice en un univers en miniature, un lieu où le ciel et la terre se rejoignent.
Un chef-d’œuvre de l’architecture khmère
Construit au début du XIIe siècle par le roi Suryavarman II, ce temple était à la fois un temple d’État et le mausolée personnel du souverain, destiné à abriter ses restes . Avec une superficie de plus de 160 hectares, c’est le plus grand monument religieux du monde. Sa construction, qui a duré une trentaine d’années, mobilisa des centaines de milliers d’ouvriers, témoignant de la puissance et de la sophistication de l’Empire khmer à son apogée.
Un livre d’histoire gravé dans la pierre
Au-delà de sa dimension cosmique, Angkor Wat est célèbre pour ses bas-reliefs, qui s’étendent sur près de 600 mètres de galeries sculptées. Ces fresques en pierre illustrent des épisodes des grandes épopées hindoues, comme le Ramayana ou le Mahabharata, mais aussi des scènes de la vie quotidienne de l’empire, offrant un témoignage inestimable sur l’histoire, les croyances et l’art de la civilisation khmère . La galerie sud, par exemple, dépeint la procession militaire du roi Suryavarman II lui-même.
Un lieu de culte vivant et un symbole national
Contrairement à la plupart des autres temples d’Angkor, Angkor Wat n’a jamais été totalement abandonné. D’abord sanctuaire hindou dédié à Vishnou, il est progressivement devenu un lieu de pèlerinage bouddhiste, rôle qu’il continue d’assumer aujourd’hui. Cette continuité spirituelle en fait un site religieux toujours vivant, où les moines se recueillent et où les fidèles viennent en offrande. Sa silhouette emblématique, représentée sur le drapeau du Cambodge, en fait un puissant symbole d’identité nationale.
Comment visiter les différents temples d’Angkor ?
Trois circuits pour s’adapter à tous les rythmes
L’immensité du parc d’Angkor (plus de 400 km²) peut être déroutante. Pour la parcourir, tout est pensé autour de deux itinéraires de visite. Le Petit Circuit, le plus classique, concentre les temples les plus célèbres en une boucle d’environ 20 kilomètres : Angkor Wat, le Bayon aux visages de pierre et Ta Prohm enlacé par les racines des fromagers en sont les étapes phares. Pour ceux qui disposent de plus de temps, le Grand Circuit s’éloigne davantage vers le nord-est et mène à des sites plus préservés comme Preah Khan, Neak Pean ou le Pre Rup, célèbre pour son coucher de soleil. Le choix du circuit déterminera l’organisation de votre journée, mais il est tout à fait possible de combiner les deux sur plusieurs jours.
Les horaires d’ouverture précis pour chaque site
Les horaires des temples sont désormais bien établis en 2026 et varient pour s’adapter aux levers et couchers de soleil. Le temple d’Angkor Wat ouvre plus tôt que les autres, à 5h00, pour permettre d’admirer le lever du soleil, et ferme à 18h00 . La majorité des temples du Petit et du Grand Circuit (Bayon, Ta Prohm, etc.) sont accessibles de 6h00 à 18h30. Enfin, quatre sites sont officiellement dédiés à l’observation du coucher (Pre Rup, Phnom Krom, Sras Srang et la porte Tonle Om) ; ils ouvrent à 5h00 et ferment à 19h00. Une règle de grâce de 30 minutes est appliquée partout : si vous êtes déjà à l’intérieur d’un temple à l’heure de fermeture, vous avez une demi-heure supplémentaire pour en sortir tranquillement.
Les tarifs des billets et où les acheter
L’accès au parc est réglementé par un pass (Angkor Pass) disponible en trois formules. Le billet d’une journée coûte 37 dollars, le pass de trois jours (valable une semaine) est à 62 dollars et le pass de sept jours (valable un mois) à 72 dollars. Le pass de trois jours est le plus populaire car il offre le meilleur rapport qualité-prix pour une visite complète. L’achat se fait en ligne sur le site officiel d’Angkor Enterprise, ou directement au bureau des billets (Angkor Ticket Office) qui ouvre à 4h30 pour les premiers visiteurs. Une photo d’identité vous sera prise sur place pour imprimer votre ticket, qu’il est indispensable de conserver précieusement.
Comment se déplacer et les précautions à prendre
Pour explorer le parc, le moyen le plus pratique et le plus populaire est le tuk-tuk. Il est facile de louer un chauffeur pour une journée complète (environ 15 à 20 dollars) qui vous emmènera de temple en temple et vous attendra sur place. Pour une expérience plus libre, la location de vélos (environ 2 dollars par jour) ou de scooters est également possible. Le code vestimentaire est strict et doit être respecté : les épaules et les genoux doivent être couverts avec un tissu opaque. Une attention particulière est à porter à la tour centrale d’Angkor Wat (Bakan) : elle est ouverte tous les jours, mais ferme les après-midis des 14 et 28 de chaque mois pour des travaux de conservation.
Angkor Wat, un tour du temple-montagne
Mercredi 31 janvier. Sorti des galeries. Je pénètre enfin dans la cour intérieure du temple-montagne. En cette fin d’après-midi, la lumière du soleil couchant sublime la majesté de ce lieu. Bonne pioche. Le seul inconvénient à cette visite tardive, c’est que je ne pourrai pas tout voir. Tant pis, je reviendrai.
Des escaliers abrupts aux marches usées mènent à l’intérieur du temple. Dans le sanctuaire, une succession de terrasses, d’escaliers, de cours et de petits autels. Un véritable labyrinthe sublimé par la belle couleur du couchant. Je joue avec la lumière entrante à travers les colonnes concentriques du temple…
Angkor Vat est un Temple, mais aussi un tombeau construit du vivant du roi, dans la première moitié du XIIe siècle. Un Temple où Suryavarman II, Dieu Roi, s’identifie à Vishnou.
Un tombeau où, à la mort de Suryavarman II, ses cendres furent déposées. Déifié, il sera vénéré sous le nom posthume du « Roi qui est allé au suprême séjour de Vishnou ».
Suivant la coutume brahmanique, on rend hommage au roi par le rite funéraire qui consiste à tourner autour du Temple dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre.
Construit avec des grès de différentes couleurs et de la latérite, Angkor Wat est le temple le mieux conservé du site archéologique d’Angkor. Il a préservé son architecture khmère d’origine. Symbole de Cambodge, cet archétype de ce style architectural apparaît au centre du drapeau national.
Édifiées au-dessus du troisième niveau, la tour centrale et les galeries sont les pièces maîtresses pour la culture bouddhiste dans la ville ancestrale d’Angkor. Elles témoignent de l’époque où le temple a été transformé en une institution bouddhiste.
Appuyé à la galerie Est, à l’intérieur de la cour, je profite du spectacle du couchant qui vient frapper les murs du temple. Près de moi, les sculptures hindoues flamboient sous les coups du soleil. La beauté de ces lieux est ahurissante.
Adossé au mur de la galerie Est, je vais rester un bon moment à profiter de l’atmosphère quasi divine qui règne à l’intérieur de l’enceinte du temple. Les colonies de touristes chinois ont depuis longtemps déserté les allées du temple et le site retrouve toute sa majesté.
Le soleil couchant pointe le bout de son nez et frappe les tours de l’enceinte centrale.
Les statues des murs de l’enceinte intérieures profitent du soleil pour décliner leurs formes sensuelles…
Les murs qui entourent la cour sont rythmés par une succession de fausses fenêtres. Des colonnes verticales, rondes et cannelées accompagnent ce décor.
Je passe de l’autre côté, sur le versant sud du temple, pour tenter de capter le coucher de soleil. Au-dessous de mois, une des quatre courettes aménagées au sein du temple principal de forme cruciforme.
Une fois encore, les danses des apsaras sont sublimées par la lumière du soleil couchant.
Les rangées de fenêtres à colonnettes cannelées se succèdent dans une grâce infinie.
Enfin, le soleil décline. Sa tête blonde pique le sommet du mur de la galerie sud.
Le temple principal surmonté de sa tour phallique se dresse encore dans le ciel bleu. L’accès au temple est fermé. Dommage. Mais comme je reviendrai, je ne m’en fais pas trop…
Une chose est sûre, les escaliers sont raides. Mon guide ne s’était pas trompé…
Le Sanctuaire Central constitue le cœur du Temple. Il est en forme de croix avec une cella carrée de 5,50 m de côté, prolongée selon chacun de ses axes principaux par deux salles ajourées de surface inégale, ce qui donne au plan de base de la tour un empattement de près de 18 m. La tour du sanctuaire s’élève à 35 m au-dessus du sol de la galerie de la 1re enceinte, et 58 m par rapport au niveau du sol naturel de l’esplanade intérieure.
Coucher de soleil sur Angkor Wat. Souvenir éternel. Jamais je n’oublierai la lumière blonde frappant les colonnes cannelées du temple. Un moment empreint de magie et de majesté.
Le soleil déroule ses faisceaux sur la courette enherbée aménagée entre le temple et sa galerie extérieure.
Le sanctuaire central abrite ainsi quatre images du Bouddha placées sur les quatre points cardinaux. Chaque galerie héberge également des statues de bouddha.
Je m’amuse des jeux de lumière qui ondulent le long des parois du temple et des colonnes cannelées.
Orienté vers l’ouest face à Vishnou, ce site affiche en son milieu des tours disposées en quinconce. Son architecture se base sur le principe de temple-montagne qui affiche d’habitude une pyramide de trois niveaux rectangulaire. Au-dessus du troisième niveau, le temple est dominé par une tour principale qui est quant à elle entourée par cinq tours de lotus qui correspondent exactement aux cinq sommets de la montagne.
Comme toutes les autres structures sur le site d’Angkor, les tours sur ce temple sont également conçues sous la forme pyramidale. Appelée prasats, chaque tour de lotus se dresse à plus de 65 m de hauteur.
Je me pose un moment à l’angle sud-ouest du temple pour admirer le temple central.
À cette heure-ci, nous ne sommes plus très nombreux sur le site. Du coup, il se dégage une atmosphère incroyable, comme si nous ne faisions plus qu’un avec Angkor Wat.
Des enfants jouent au milieu de la cour. La face du temple central blondit sous le soleil couchant. Incroyable moment de sérénité.
Je reprends le chemin de l’ouest du temple pour aller voir la fameuse galerie aux mille bouddhas. En chemin, impossible de résister à l’envie d’immortaliser le coucher de soleil entre les colonnes du temple.
La nuit tombe sur Angkor Wat. Moment de grâce infini. Ambiance divine avec cette lumière blonde du couchant qui vient frapper les flancs du temple principal. Les gorupas allongent leur silhouette dans le couchant. Sublime.
Galerie des mille bouddhas. Ou plutôt ce qu’il en reste après que les Khmers rouges en aient décapité les têtes et dynamité quelques statues. Les stigmates de la guerre civile qui secoua le pays sont encore bien présents…
Depuis, la religion bouddhiste, alors jugée comme réactionnaire, a repris ses droits dans l’enceinte d’Angkor Wat. Mais combien de pillages ont connu les temples durant cette période trouble ? Ici, les paysans avouent qu’un kilo de pierre vaut un kilo d’or… À Bangkok ou Hong Kong, les figurines de l’époque angkoriennes se négocient à partir de 25.000 $.
Tout cela n’empêche pas la ferveur de se perpétuer. D’ailleurs, Angkor Wat est le seul temple d’Angkor à toujours avoir eu une activité religieuse, et ce, malgré l’abandon du site.
En m’approchant au plus près des moines, je finis par faire connaissance avec l’un d’entre eux qui me demande le but de mon voyage, ce que je suis censé faire en parcourant ainsi le monde. J’avoue que je n’en sais pas vraiment la raison. Les choses sont comme ça. Tout cela me dépasse. Et que faut-il y comprendre ? Les choses sont ainsi faites. J’aime découvrir.
Mon ami moine accepte gentiment que je le prenne en photo. Pour quoi faire ? Je n’en sais pas plus. Pour l’instant, sans doute. Pour laisser une trace dans un minuscule coin de mon cerveau.
Le crépuscule s’allonge et gagne les bassins de la deuxième enceinte. Je suis sur le chemin du retour.
En me retournant, je jette un dernier coup d’œil derrière moi, vers les tours et les gorupas qui surplombent le temple d’Angkor Wat. Un petit pincement au cœur. Quelque chose qui ressemble un peu à la mort.
Sur le côté, les silhouettes des bibliothèques qui se dressent sur les flancs des bassins peinent à s’extirper du crépuscule laiteux.