You are currently viewing Angkor Wat, les bas-reliefs des galeries ouest et sud

Angkor Wat, les bas-reliefs des galeries ouest et sud

Pourquoi admirer les bas-reliefs d’Angkor Wat ?

La mise en scène du Barattage de la mer de lait

Le panneau le plus célèbre est sans conteste celui du Barattage de la mer de lait, situé dans la galerie est. Il illustre un mythe cosmogonique hindou où 88 dieux (deva) et 92 démons (asura) tirent sur le serpent Vasuki pour faire tourner le mont Mandara, plongeant ainsi dans l’océan primordial afin d’en extraire l’élixir d’immortalité. Ce qui rend cette œuvre fascinante, c’est que le visage du roi Suryavarman II, le commanditaire du temple, apparaît ici et là sous les traits du dieu Vishnou, créant une identité sacrée entre le souverain et la divinité. La scène est divisée en trois registres : le monde marin avec des poissons, tortues et crocodiles ; le monde terrestre où se déroule le barattage ; et le monde céleste avec des divinités volantes.

Des épopées mythologiques et des scènes de vie quotidienne

Les autres galeries racontent les grandes épopées hindoues du Mahabharata et du Ramayana. La galerie ouest dépeint la bataille de Kurukshetra, tandis que la galerie nord est consacrée à la bataille de Lanka, l’affrontement final entre Rama et le roi démon Ravana. Mais ce qui distingue Angkor Wat des autres temples, c’est la présence de scènes de la vie quotidienne du peuple khmer. On y voit des marchés, des parties d’échecs, des combats de coqs ou des scènes de chasse à la sarbacane, des détails rares qui offrent un témoignage exceptionnel sur la société de l’époque.

Les devatas, gardiennes de pierre du temple

Plusieurs milliers de figures féminines, appelées devatas ou apsaras, ornent également les murs du temple. Ces divinités célestes sont représentées avec des coiffures complexes, des bijoux élaborés et des gestes gracieux. Elles tiennent souvent des fleurs, des éventails ou des miroirs, et leurs poses évoquent les danses de cour. Chaque devata est unique, les sculpteurs khmers ayant pris soin de varier les vêtements, les parures et les expressions, ce qui témoigne du raffinement exceptionnel de l’art khmer à son apogée.

Un trésor du patrimoine mondial à découvrir

Pour admirer ces chefs-d’œuvre, il est recommandé de suivre le parcours dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en partant du milieu de la galerie ouest. La lumière matinale est idéale pour apprécier la finesse des sculptures, et il est conseillé de prendre son temps pour détailler chaque panneau. Le projet de conservation mené par le World Monuments Fund protège notamment la galerie du Barattage, fragile et exposée aux intempéries. Les bas-reliefs d’Angkor Wat sont un véritable livre d’histoire et de mythologie en pierre, une œuvre d’art totale qui continue d’émerveiller les visiteurs du monde entier.

Comment visiter les différents temples d’Angkor ?

Trois circuits pour s’adapter à tous les rythmes

L’immensité du parc d’Angkor (plus de 400 km²) peut être déroutante. Pour la parcourir, tout est pensé autour de deux itinéraires de visite. Le Petit Circuit, le plus classique, concentre les temples les plus célèbres en une boucle d’environ 20 kilomètres : Angkor Wat, le Bayon aux visages de pierre et Ta Prohm enlacé par les racines des fromagers en sont les étapes phares. Pour ceux qui disposent de plus de temps, le Grand Circuit s’éloigne davantage vers le nord-est et mène à des sites plus préservés comme Preah Khan, Neak Pean ou le Pre Rup, célèbre pour son coucher de soleil. Le choix du circuit déterminera l’organisation de votre journée, mais il est tout à fait possible de combiner les deux sur plusieurs jours.

Les horaires d’ouverture précis pour chaque site

Les horaires des temples sont désormais bien établis en 2026 et varient pour s’adapter aux levers et couchers de soleil. Le temple d’Angkor Wat ouvre plus tôt que les autres, à 5h00, pour permettre d’admirer le lever du soleil, et ferme à 18h00 . La majorité des temples du Petit et du Grand Circuit (Bayon, Ta Prohm, etc.) sont accessibles de 6h00 à 18h30. Enfin, quatre sites sont officiellement dédiés à l’observation du coucher (Pre Rup, Phnom Krom, Sras Srang et la porte Tonle Om) ; ils ouvrent à 5h00 et ferment à 19h00. Une règle de grâce de 30 minutes est appliquée partout : si vous êtes déjà à l’intérieur d’un temple à l’heure de fermeture, vous avez une demi-heure supplémentaire pour en sortir tranquillement.

Les tarifs des billets et où les acheter

L’accès au parc est réglementé par un pass (Angkor Pass) disponible en trois formules. Le billet d’une journée coûte 37 dollars, le pass de trois jours (valable une semaine) est à 62 dollars et le pass de sept jours (valable un mois) à 72 dollars. Le pass de trois jours est le plus populaire car il offre le meilleur rapport qualité-prix pour une visite complète. L’achat se fait en ligne sur le site officiel d’Angkor Enterprise, ou directement au bureau des billets (Angkor Ticket Office) qui ouvre à 4h30 pour les premiers visiteurs. Une photo d’identité vous sera prise sur place pour imprimer votre ticket, qu’il est indispensable de conserver précieusement.

Comment se déplacer et les précautions à prendre

Pour explorer le parc, le moyen le plus pratique et le plus populaire est le tuk-tuk. Il est facile de louer un chauffeur pour une journée complète (environ 15 à 20 dollars) qui vous emmènera de temple en temple et vous attendra sur place. Pour une expérience plus libre, la location de vélos (environ 2 dollars par jour) ou de scooters est également possible. Le code vestimentaire est strict et doit être respecté : les épaules et les genoux doivent être couverts avec un tissu opaque. Une attention particulière est à porter à la tour centrale d’Angkor Wat (Bakan) : elle est ouverte tous les jours, mais ferme les après-midis des 14 et 28 de chaque mois pour des travaux de conservation.

Angkor Wat, les bas-reliefs des galeries ouest et sud

Mercredi 31 janvier. Les bas-reliefs de la galerie ouest sont tout à fait exceptionnels.

Dans la partie nord de cette galerie ouest, on peut ainsi y admirer une scène du fameux Ramayana (guerre entre Râma et Râvana, qui lui a volé son épouse, Sitâ). Les roues du char de Ravâna possèdent 16 rayons, nombre qu’on retrouve également dans la loi bouddhique.

Si on observe bien, on peut distinguer l’armée de singes emmenée par Hanuman, et alliés de Râma.

Dans la partie sud de cette même galerie ouest, les bas-reliefs racontent le Mahâbrârata, qui n’est autre qu’une histoire de crime et de jalousie amoureuse… Une fois encore !

À gauche de la scène, on distingue l’armée de Kaurava, et à droite, celle de Pandava, qui finira par l’emporter sur la première.

Les bas-reliefs sont sculptés dans le grès sur une hauteur de 2 m et l’ensemble des panneaux représente une surface d’environ 1 km². On remarque que certaines parties des bas-reliefs paraissent polis. Cet aspect luisant est dû au frottement des mains des pèlerins cambodgiens, venus honorer le Temple pendant des siècles.

La Bataille de Kuruksetra est représentée galerie ouest, aile sud. Le panneau de ce bas-relief se déroule sur une longueur de 48 m. Sa composition procède de deux grands mouvements convergents, qui viennent se mêler au centre du panneau pour en constituer le motif principal.

Il s’agit ici de raconter en images la bataille de Kuruksetra qui est un des épisodes de la lutte du clan des Kaurava contre celui des Pandava. Cet affrontement fait partie de la grande épopée indienne du Mahabharata.

L’art khmer prend ici toute sa dimension. Les scènes de bataille sont d’une beauté inouïes.

Autre thème abordé dans cette galerie ouest : La bataille de Lanka.

Sur plus de 50 m, on va suivre le déroulement d’un épisode de la bataille de Lanka qui fait partie du Ramayana, une des légendes du dieu Vishnou : par ses mauvaises actions, le géant Ravana, aux têtes multiples, démon qui règne sur l’île de Lanka (Sri Lanka), a indisposé les dieux.

Les dieux demandent à Vishnou d’intervenir. En s’incarnant en Rama, et en s’alliant au roi des singes, Vishnou-Rama va affronter Ravana qui lui a ravi son épouse et la tient prisonnière dans son île.

Je continue l’exploration des bas-reliefs d’Angkor Wat, en passant dans la galerie sud, sans doute la plus extraordinaire des quatre que compte le temple dédié à Vishnou.

La première partie de la galerie sud est appelée la galerie historique. Elle mesure 90 mètres de long. Elle illustre l’audience que Suryavarman II, le maître des lieux, seulement âgé de 20 ans, donne en 1124.

On le voit sur la montagne sacrée, entouré de ses ministres, de brahmanes et d’une armée d’éléphants, protégé par ses inséparables parasols.

Sur le côté gauche, au début du panneau présenté sur deux registres, on assiste, sur celui du bas, à un défilé de gens de cour, tandis que, sur celui du haut, une troupe armée, accroupie, en position d’attente, protège le roi qui, au faîte d’une montagne, est assis sur un trône, entouré de savants et de hauts dignitaires.

Puis, la troupe descend du sommet pour former avec les personnages du défilé, un nouveau cortège où se mêlent fantassins, cavaliers et éléphants de guerre, montés par les chefs de cohorte.

Au-delà du récit ou de la légende, voire de la mythologie, c’est l’exceptionnelle qualité artistique et sa densité qui font de ces bas-reliefs quelques-unes des plus belles œuvres de l’histoire de l’humanité.

Les scènes montrant ainsi Suryavarman II ouvrir le défilé militaire, civil et religieux en chevauchant son éléphant de guerre sont ainsi tout à fait saisissantes.

Le détail apporté aux chevaux et aux cavaliers est inouï.

Laisser un commentaire