Pourquoi visiter le Grand Palais de Bangkok ?
Le cœur spirituel de la Thaïlande
Le Grand Palais de Bangkok, ou Phra Borom Maha Ratchawang, est bien plus qu’un simple monument historique. Fondé en 1782 par le roi Rama Ier, fondateur de la dynastie Chakri, il a été le centre du pouvoir royal et le cœur spirituel du royaume de Siam pendant près de 150 ans . Aujourd’hui encore, bien que la famille royale n’y réside plus de façon permanente, il demeure le symbole de la monarchie et le cadre des grandes cérémonies d’État, un lieu où se joue encore le destin symbolique de la Thaïlande. En visitant ce complexe de plus de 218 000 mètres carrés, on touche du doigt l’âme d’une nation où la royauté et la religion sont intimement liées.
Le Wat Phra Kaeo et le Bouddha d’Émeraude
L’attrait principal du Grand Palais réside en son sein : le Wat Phra Kaeo, le temple du Bouddha d’Émeraude. Considéré comme le sanctuaire bouddhiste le plus sacré de Thaïlande, il abrite une statue de jade vénérée de 66 centimètres, le Bouddha d’Émeraude, véritable palladium du royaume. Trois fois par an, le roi en personne procède au rituel du changement de ses vêtements dorés, un geste propice pour la prospérité du pays. Les bâtiments qui l’entourent, avec leurs toits dorés, leurs chedis étincelants et leurs fresques murales retraçant le Ramakien, sont un chef-d’œuvre de l’architecture et de l’art siamois, où chaque détail raconte une légende.
Une architecture unique au monde
Le Grand Palais est aussi un livre d’architecture vivant, où les styles se mêlent et se répondent. Le bâtiment le plus emblématique est le Chakri Maha Prasat, un hall du trône dont la façade de marbre de la Renaissance italienne contraste avec ses toits thaïlandais superposés. Ce savant mélange, surnommé par les Thaïlandais “l’Occidental coiffé d’une couronne thaïe”, est le fruit d’un choix politique de Rama V pour affirmer la souveraineté culturelle du Siam face aux puissances coloniales. En opposition, le Dusit Maha Prasat, datant de Rama Ier, est un exemple pur de l’architecture Rattanakosin, la plus traditionnelle et la plus sacrée.
Une expérience incontournable
Visiter le Grand Palais est une expérience intense, mais qui nécessite une bonne préparation. Le code vestimentaire y est strict : les épaules et les genoux doivent être couverts . Le billet d’entrée, au prix de 500 bahts (environ 13 euros), donne accès à l’ensemble du complexe, incluant le Wat Phra Kaeo et les musées. Il est ouvert tous les jours de 8h30 à 15h30, et il est conseillé d’arriver tôt le matin pour éviter la chaleur et la foule. Enfin, méfiez-vous des arnaques aux abords : si quelqu’un vous affirme que le palais est fermé, ignorez-le, car c’est faux. Le Grand Palais est une porte d’entrée essentielle pour comprendre la Thaïlande d’hier et d’aujourd’hui.
Comment visiter le Grand Palais de Bangkok ?
Horaires d’ouverture :
Le Grand Palais de Bangkok est ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30, mais l’accès est strictement limité jusqu’à 15h30 pour la vente des billets. Il est vivement recommandé d’arriver dès l’ouverture, car le site se remplit rapidement et la chaleur devient vite accablante en fin de matinée. Comptez au moins deux à trois heures pour une visite complète du complexe, qui comprend le temple du Bouddha d’Émeraude et les différents bâtiments royaux.
Tarifs et billetterie : un billet unique
Le prix d’entrée pour les visiteurs étrangers est fixé à 500 bahts thaïlandais, soit environ 13 euros. Ce billet donne accès à l’ensemble du complexe, y compris le Wat Phra Kaew, le musée du textile et le musée des arts du royaume. Il est possible d’acheter son billet à l’entrée, où les files d’attente peuvent être longues, ou en ligne à l’avance pour gagner du temps. Les enfants mesurant moins de 120 centimètres bénéficient d’une entrée gratuite.
Localisation et transports : comment s’y rendre
Le Grand Palais est situé au cœur du quartier historique de Phra Nakhon, sur les rives du fleuve Chao Phraya. L’une des manières les plus agréables et pittoresques d’y accéder est d’emprunter le bateau express du Chao Phraya jusqu’à l’embarcadère Tha Chang (N°9), suivi d’une courte marche de dix minutes. Il est également possible de prendre le BTS Skytrain jusqu’à la station Saphan Taksin, puis de prendre un bateau ou un taxi pour les derniers kilomètres. Les taxis avec compteur et les applications comme Grab sont une alternative pratique, mais il faut éviter les heures de pointe où la circulation est saturée.
Code vestimentaire et conseils de visite
Le Grand Palais applique un code vestimentaire strict, car c’est un lieu sacré. Les épaules et les genoux doivent être impérativement couverts, et les vêtements moulants, transparents ou déchirés sont interdits . Si vous n’êtes pas correctement habillé, des sarongs et des chemises sont disponibles à la location près de l’entrée. Il est également conseillé de se méfier des personnes vous annonçant que le palais est fermé : il s’agit d’une arnaque courante. Enfin, l’utilisation de drones est strictement interdite dans l’enceinte du palais.
Sous les arcades du Ramakien, les fresques
Vendredi 2 février. Tout autour du Grand Palais, face au temple du Bouddha d’Émeraude, et dans l’angle, s’étendent les arcades du Ramakien. Souvent délaissé par les touristes, ou la plupart du temps survolé, ce lieu est pour moi ce qu’il y a de plus beau à voir au palais royal de Bangkok.
Et pour cause, sous plus de 100 mètres de long sont exposées quelque 178 panneaux retraçant la version thaïe du Ramayana, un des récits épiques fondamentaux de l’hindouisme. C’est ce même récit que j’ai pu admirer dans les galeries d’Angkor Wat.
Plus moderne, plus coloré, car plus récent, réalisées au XVIIIe siècle, ces fresques sont de toute beauté, même si elles n’ont pas la même finesse et puissance évocatrice des temples d’Angkor.
Pour en admirer le contenu, il faut donc partir de la gauche de la porte principale pour revenir ensuite le long du temple du Bouddha d’Émeraude.
À ne surtout pas manquer. Ces panneaux sont d’une beauté sans nom, largement inspirés des bas-reliefs d’Angkor.
D’ailleurs, pour la petite histoire, il faut savoir que le site d’Angkor était, avant l’arrivée des Français en Indochine, partie intégrante du royaume de Thaïlande… Ceci expliquant peut-être cela.
Mieux, le roi de Thaïlande, Rama IV, avait un temps conçu le projet de déplacer Angkor Wat pierre par pierre pour le ramener à Bangkok… mais il dut y renoncer devant l’ampleur de la tâche. Ouf !
Les murs de la galerie sont peints de peintures murales représentant des scènes du Ramakien, la version thaïlandaise de l’épopée indienne Ramayana, qui traite essentiellement du triomphe du bien sur le mal.
Il y a 178 panneaux en tout. Ils ont été peints lors de la construction du temple en 1783, mais l’exposition aux éléments nécessite un entretien constant.
Ces scènes sont d’une beauté absolue, innovante, inventive, souvent fabuleuse, et d’une grande naïveté, ce qui en fait toute leur force.
Toutes les figures oniriques et mythologiques de l’hindouisme sont représentées, comme ici le dragon surgissant des mers.
Sans oublier la poésie naïve, comme cette magnifique sirène échouée sur le bord de la plage.
Un œil averti remarquera que les éléments architecturaux des panneaux, tels que les palais et les temples, sont adaptés des vrais palais et des temples de la capitale.
Voici en un résumé rapide, l’histoire du Ramakien. Le personnage central du Ramakien est Rama, héritier du trône d’Ayodhaya. À travers les stratagèmes de sa belle-mère, il est envoyé en exil pendant 14 ans. Son épouse Sita et son frère Lakshman l’accompagnent. Ils trouvent un abri au fond de la forêt.
Tosakan, le roi démon de Longka, se passionne pour Sita et la kidnappe. Les frères partent à la recherche de Sita et sollicitent l’aide du dieu singe blanc Hanuman. Ensemble, ils forment une alliance avec deux rois de singe, Sukrip et Chompupan, qui commandent chacun d’énormes armées. Ils marchent vers le sud jusqu’à la côte et assiègent l’île de Longka.
Les armées de Rama sont victorieuses sur chacun des champions de Tosakan. Finalement, Rama combat Tosakan et le tue. Rama couronne le frère exilé de Toskaan, roi de Longka, et revient à Ayodhaya avec Sita pour prendre la couronne.