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L’Alhambra, le trésor arabe de Grenade

Pourquoi visiter l’Alhambra à Grenade ?

Un chef-d’œuvre de l’art et de l’architecture islamiques

L’Alhambra est le joyau de la civilisation nasride, dernier royaume musulman d’Espagne (1238-1492). Ses palais (Palais Nasrides) atteignent une perfection esthétique unique, mêlant délicatement stucs finement sculptés, bois de cèdre ouvragé, azulejos et plafonds à muqarnas. Les inscriptions poétiques, les jeux d’eau et la lumière y créent une atmosphère de rêve et de réflexion philosophique, faisant de cet ensemble un sommet de l’art d’Al-Andalus et un témoignage précieux d’une culture disparue.

Un témoignage des époques successives à Grenade

Le site ne se limite pas aux palais nasrides. Il comprend également la forteresse militaire de l’Alcazaba, les jardins du Généralife (résidence d’été des sultans) et le palais de Charles Quint, imposante construction Renaissance. Cette superposition architecturale raconte l’histoire complète de Grenade, de son apogée islamique à sa reconquête chrétienne, puis à sa transformation sous la monarchie espagnole, offrant un récit en pierre et en végétation sur plusieurs siècles.

Une synthèse entre l’architecture, l’eau et les jardins

L’Alhambra est une célébration du jardin et de l’hydraulique. Les cours (comme le célèbre Patio de los Leones), les canaux, les fontaines et les bassins ne sont pas de simples éléments décoratifs ; ils symbolisent le paradis sur terre et démontrent un génie technique avancé pour maîtriser et magnifier l’eau. Les jardins du Généralife, avec leurs terrasses, leurs parterres et leurs perspectives, prolongent cette poétique de l’eau et de la verdure dans un cadre de sérénité absolue.

Un site classé au patrimoine mondial

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’Alhambra est bien plus qu’un monument espagnol ; c’est un bien universel qui attire des millions de visiteurs pour sa beauté intemporelle. Sa visite est une expérience sensorielle et émotionnelle forte, une immersion dans un lieu où l’art, l’histoire, la nature et la spiritualité se fondent en une harmonie exceptionnelle. C’est une étape incontournable pour quiconque cherche à comprendre la richesse et la complexité du patrimoine culturel de l’humanité.

Comment visiter l’Alhambra à Grenade ?

Localisation et accès au monument

L’Alhambra est située sur la colline de la Sabika, dominant la ville de Grenade. L’entrée principale pour les visiteurs se trouve à la Puerta de la Justicia. Le site est accessible à pied depuis le centre-ville (environ 20-25 minutes de montée par la Cuesta de Gomérez), en taxi, ou grâce aux minibus urbains de la ligne C30 et C32 qui partent de la Plaza Isabel la Católica et s’arrêtent près des entrées. La voiture est déconseillée en raison du stationnement très limité.

Horaires d’ouverture et tarification

Les horaires varient selon la saison : d’octobre à mars, ouvert de 8h30 à 18h00 ; d’avril à septembre, de 8h30 à 20h00. L’accès aux Palais Nasrides est strictement contrôlé par créneau horaire indiqué sur le billet. Le billet général (qui inclut les Palais Nasrides, l’Alcazaba, le Généralife et les jardins) coûte environ 19,09 €. Il existe des tarifs réduits pour les retraités, enfants et résidents européens, ainsi qu’un billet nocturne pour les palais ou les jardins.

Organisation de la visite et réservation impérative

La réservation en ligne sur le site officiel de l’Alhambra est absolument indispensable, souvent plusieurs semaines ou mois à l’avance en haute saison. Une visite complète demande au moins 3 à 4 heures. Le circuit est partiellement fléché : il faut commencer par l’Alcazaba, puis se rendre aux Palais Nasrides à l’heure exacte indiquée, avant de poursuivre vers le Palais de Charles Quint et les jardins du Généralife. Le port de chaussures confortables est essentiel.

Conseils pratiques :

Présentez-vous à l’entrée des Palais Nasrides 30 minutes avant votre créneau horaire. Munissez-vous d’un passeport ou d’une pièce d’identité (obligatoire pour les contrôles). L’audioguide (environ 6 €) est très recommandé pour comprendre la richesse des lieux. Respectez les interdictions (ne pas toucher les décors, pas de pieds dans les bassins). Prévoyez de l’eau et un chapeau en été. Enfin, la visite peut être combinée avec le quartier de l’Albayzín, situé en face, offrant les vues les plus célèbres sur l’Alhambra.

L'Alhambra, le trésor arabe de Grenade

Jeudi 27 novembre. Presque midi quand j’arrive à l’entrée de l’Alhambra. Trop facile avec le bus direct qui part de la Plaza Isabel et qui grimpe jusqu’au sommet de la colline. Du coup, je suis largement en avance sur l’horaire prévu. Deux heures à tuer avant de pouvoir pénétrer dans le palais. Dommage, une courte éclaircie m’aurait permis de prendre quelques beaux clichés ensoleillés.
Petit-déjeuner pris sur le pouce à la cafétéria, puis je m’avance enfin dans la file. Un long chemin pierré amène à un croisement : à droite, le chemin du Généralife ; à gauche, celui qui mène à la Plaza de los Aljibes autour de laquelle s’articulent l’Alcazaba, la puerta de la Justicia, le palais de Charles Quint et les palais nasrides. J’opte naturellement pour le second et longe les remparts et l’église Santa Maria. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, si ce n’est l’exceptionnel état de conservation de l’ensemble du site et la vue imprenable qu’offre la forteresse sur Grenade.

Juste après l’église, le long des remparts, on peut encore jeter un coup d’œil sur l’ancienne médina de l’Alhambra. Les fondations des maisons arabes sont encore là et rappellent que la population, avant la reconquête, logeait ici, à l’abri de la forteresse, lorsque le premier roi nasride, en 1238, décida de construire son palais au sommet de l’Alhambra. Puis le palais ne cessa de s’agrandir jusqu’au XIVe siècle.
Toutes les constructions, hormis la Casa Real de Charles Quint, datent donc du Moyen Âge. Il est d’ailleurs aujourd’hui le seul palais arabe de cette époque encore conservé… À côté de la médina, on peut encore admirer les bains publics qui logent derrière le palais de Charles Quint.

Première grande étape de cet après-midi : la visite de l’Alcazaba, la gigantesque forteresse du XIe siècle qui surplombe toute la ville basse. Un tout petit quart d’heure pour en faire le tour si je ne veux pas laisser ma chance de visiter les palais nasrides. Ok, j’accélère le pas et je file directement à l’entrée.
Plusieurs tours permettent d’avoir une vue plongeante sur Grenade, mais la plus impressionnante reste la Torre de la Vela, autrement dit la « tour de la cloche », qui du haut de ses 27 mètres de hauteur offre un panorama à nul autre pareil sur l’ensemble de la ville. Tout simplement époustouflant ! Mon grand angle trouve là de quoi véritablement s’exprimer…
En se retournant, on voit encore l’agencement des fondations de la medina, et plus loin, les toits et les coupoles des palais nasrides. Retour sur le panorama. Face à moi, les collines de l’Albaicín et du Sacromonte surgissent d’un beau ciel d’orage. Magnifique. Le blanc des maisons andalouses tranche avec le violacé du ciel. Wouah !

Après la visite au grand galop de l’Alcazaba, je reprends mon souffle et je file visiter les palais Nasrides, qui sont en fait trois grands ensembles de salles, le Mexuar, le Comares et le Patio de los leones, autour desquels s’articulent des patios, des salons, corridors et alcôves. À la fois forteresse et résidence des émirs, ces salles ont été construites entre 1238 et 1391, puis remaniées et entretenues par plusieurs générations de souverains arabes.
La visite commence par le Mexuar, la salle du conseil, qui se trouve dans la partie la plus ancienne du palais. C’est dans cette salle relativement petite que siégeait le tribunal royal. Superbes arabesques et revêtements d’azulejos mauresques datant du XVIe siècle. Finesse des colonnes et richesse des chapiteaux. En levant la tête, on aperçoit encore la balustrade d’une chapelle installée à l’occasion d’une visite du roi Philippe IV. Depuis, le plancher de la mezzanine s’est écroulé, et il ne reste que la balustrade. Un mihrab indique la direction de La Mecque. Là, on a une vue géniale sur l’Albaicín.

Dans le prolongement de la salle du conseil, on passe dans le patio du Mexuar aux fines arabesques qui recouvrent tous les murs. Motifs délicats et arches soutenues par de fines colonnettes. Splendide.

On passe ensuite au Cuarto Dorado, la chambre dorée. Murs recouverts d’inscriptions coufiques, arabesques, plafond mudéjar et motifs gothiques. Mélange des styles. C’est ici que les visiteurs attendaient l’autorisation de pénétrer dans le patio de los Arrayanes au temps des Nasrides.

Le patio de los Arrayanes, justement le voici. Ou plutôt la Cour des Myrtes. Long bassin qui mène tout droit à la Sala de la barca. Ce patio est un savant équilibre entre la lumière, l’eau et l’espace qui donne au final une véritable impression d’harmonie, de pureté et de calme. À chaque extrémité du patio, d’extraordinaires arcades chargées d’arabesques ondulent sous les reflets du soleil. Au premier étage de la galerie sud, des fenêtres à jalousie permettaient aux femmes du sérail de jeter un œil sur les visiteurs sans jamais être vues.

Dans son dos, il ne faut pas manquer la Sala de la barca, l’antichambre et l’ultime salle d’attente avant de rencontrer le sultan. Le plafond en cèdre rappelle la coque d’une barque renversée. Ceci expliquant cela.

Dernier élément du Comares, le Salon des ambassadeurs était destiné aux réceptions des rois arabes et des émissaires étrangers. Il symbolisait la magnificence et le pouvoir des Nasrides. Arabesques orientales mêlées aux versets du Coran. Plafond en cèdre du Liban composé de plus de 8.000 pièces ! Ce serait ici que le sultan Boabdil aurait remis les clés de la ville aux rois catholiques. Une merveille.

Enfin, on passe au bijou des palais nasrides : le patio de los Leones. Très certainement, une des plus belles places qui m’a été donnée de voir. Une vraie merveille architecturale réservée autrefois au sultan et à ses femmes. Une forêt de colonnes de marbre vient m’accueillir. Au-dessus de ma tête s’allongent une rangée d’arcades dont les stucs prennent des allures de dentelles !
Chaque arabesque des chapiteaux et des arcs est unique. Au centre du patio se dresse enfin la fontaine des douze lions, élevée au XIe siècle. De nombreuses interprétations courent sur la présence de ces lions, mais je préfère la plus poétique qui veut que cette fontaine serait la “fontaine de vie” de laquelle partent les quatre fleuves du paradis musulman.

Plusieurs salles s’articulent autour du salon, la salle des Abencérages tout d’abord. C’est ici qu’on peut voir le fameux plafond en voûte en stalactites en forme d’étoile. Impossible à reproduire, paraît-il… Pour la petite histoire, c’est dans cette salle que 36 chevaliers Abencérages ont perdu leur tête sur ordre du sultan. L’un d’entre eux aurait séduit sa femme.

Autre salle remarquable, la salle des Rois, divisée en plusieurs parties dont tous les plafonds sont couverts de stalactites. Peintures représentant les rois de la dynastie Nasrides et des scènes chevaleresques. Arabesques et successions d’arcades. Ils sont fous, ces Arabes !

Dernière grande pièce des palais Nasrides, la Sala de las dos Hermanas était la salle officielle des épouses du roi. Il avait généralement quatre épouses, mais la préférée, la sultane n’était autre que la première qui lui donnait un fils.

Dans le prolongement de la salle des épouses, on passe directement dans les appartements de Charles Quint. On accède ainsi au mirador de Lindaraja qui donne sur un magnifique patio fleuri. De là, on a une vue fantastique sur la colline de l’Albaicin. C’est ici que je décide de me reposer un peu. Dehors, la pluie bat son plein et je ne suis pas si pressé d’être trempé. Du coup, je profite de cet instant pour me remplir de souvenirs.

Voilà, la visite des Palais Nasrides est terminée. La pluie me guette à la sortie. Petit crochet par les jardins du Partal et ses belles allées fleuries avant de me diriger vers le palais de Charles Quint.

Mais que vient donc faire ce palais de Charles Quint dans un site aussi exceptionnel ? Une vaste cour de 30 mètres de diamètre abrite des bâtiments monumentaux aussi austères que les Palais Nasrides sont raffinés.
Ce palais chrétien, édifié par Charles Quint pour Isabelle la Catholique n’a jamais été habité. Les toits ont été ajoutés au XIXe siècle. Il abrite les musées des Beaux-Arts et le musée de l’Alhambra. Quelques jolies toiles, quelques belles sculptures, des bois sculptés et des azulejos, mais rien de vraiment exceptionnel… Par contre, je suis au sec !

Bon, il faut bien se résigner, la pluie ne cessera pas en cette fin d’après-midi. Il va me falloir visiter les jardins du Partal et du Generalife sous la pluie. En remontant ces derniers, on a une vue de rêve sur les murailles de l’Alhambra. Sur la ligne d’horizon, le soleil perce la croûte des nuages et colore de blond les pentes de l’Albaicin et du Sacramonte. Exceptionnel.
Du coup, j’hésite à poursuivre plus loin. Demi-tour droite ! C’est l’occasion ou jamais d’aller refaire des photos de l’Alhambra baigné par le soleil… En chemin, je me perds et finalement… regagne la sortie ! Pas de regret… Cette journée m’a mis KO. D’autant que mes maux de ventre se sont encore accentués. Si ça ne va pas, demain, je vais devoir annuler ma petite excursion sur les pentes de la Sierra Nevada. Du coup, j’évite de reprendre le bus et regagne mon hôtel en descendant à pied la colline de l’Alhambra.

Tant pis pour mes maux de ventre, ce soir, j’ai décidé d’aller manger quelques tapas au Mentidero, calle Piedra Santa. Un vrai régal !

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