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Ephèse, le long de la côte de la mer Egée

Pourquoi visiter la côte de la mer Egée entre Izmir et Ephèse ?

Un corridor historique peuplé de civilisations antiques

Cette portion de côte, correspondant approximativement à l’ancienne Ionie, est l’un des berceaux de la civilisation occidentale. Elle fut le cœur de grandes cités grecques comme ÉphèseSmyrne (Izmir) et Clazomènes, et plus tard une province romaine majeure. La région a vu naître des philosophes (Thalès, Héraclite), des scientifiques et les premières formes d’urbanisme démocratique. Chaque kilomètre carré recèle des vestiges archéologiques, des théâtres antiques aux sanctuaires, témoignant de son rôle central dans l’Antiquité.

Une diversité de sites archéologiques

Au-delà d’Éphèse, icône incontournable, la côte et son arrière-pays immédiat regorgent de sites moins fréquentés mais tout aussi fascinants. On y visite l’antique Clazomènes avec son île-artificielle, les temples de Notion et de Colophon, ou encore la cité thermale de Lébédos. Ces haltes permettent de comprendre la densité du peuplement antique et offrent une expérience archéologique plus intime, loin de la foule parfois dense d’Éphèse.

Des paysages côtiers où la montagne rencontre la mer Égée

La route côtière et les chemins de l’arrière-pays offrent des panoramas d’une grande beauté, mêlant les oliveraies, les pins, les vignobles et les criques rocheuses aux eaux turquoise. La proximité des montagnes de la région égéenne crée un arrière-plan spectaculaire et permet des excursions vers des villages traditionnels et des points de vue élevés. Cette nature méditerranéenne, encore préservée par endroits, est idéale pour des pauses balnéaires, des randonnées ou simplement pour admirer les couchers de soleil.

Une immersion dans la culture égéenne

Cette région n’est pas qu’un musée à ciel ouvert ; c’est une partie vibrante de la Turquie contemporaine. On y découvre la vie des villages de pêcheurs, les marchés locaux et la production d’huile d’olive et de raisins. La cuisine égéenne, réputée pour ses herbes fraîches, ses légumes, son poisson et son huile d’olive, se savoure dans des tavernes familiales. C’est l’occasion de goûter à un art de vivre raffiné, héritier de traditions millénaires, dans un cadre d’une authenticité préservée.

Comment visiter la côte de la mer Egée entre Izmir et Ephèse ?

Organisation logistique et moyens de transport

La découverte de cette côte nécessite une planification rigoureuse en raison de la dispersion des sites. La location d’une voiture est de loin la solution la plus flexible, permettant de s’arrêter librement. Des excursions organisées au départ d’Izmir ou de Kusadasi couvrent les principaux sites mais offrent moins de liberté. Les transports publics (bus et dolmuş) relient Izmir à Selçuk (pour Éphèse) de façon fréquente, mais l’accès aux sites secondaires est alors difficile, souvent limité à des taxis locaux onéreux.

Accès aux sites principaux

Éphèse, site central, est payant et très fréquenté ; il ouvre tôt (8h00) et ferme en fin d’après-midi, avec des horaires étendus en été. Son entrée coûte environ 700 TL (2024). Les sites secondaires comme Claros, Notion ou Lebedos ont des horaires plus restreints (souvent 9h-17h) et des droits d’entrée modiques, voire un accès libre. Il est crucial de vérifier les horaires officiels avant chaque visite, car ils peuvent varier selon la saison et les travaux.

Itinéraire type

Un itinéraire réaliste sur une ou deux journées pourrait inclure, depuis Izmir, une halte à Claros et Notion le matin, puis Éphèse l’après-midi (ou une journée entière pour Éphèse seul). Une seconde journée peut être consacrée à la côte vers Seferihisar et ses villages, ou à la découverte de la presqu’île d’Urla. Il est essentiel de débuter tôt pour éviter la chaleur et la foule à Éphèse, et de prévoir des pauses dans les villages côtiers pour le déjeuner.

Conseils pratiques :

Prévoyez de l’eau, un chapeau et de la crème solaire, l’ombre étant rare sur les sites archéologiques. Des chaussures de marche robustes sont indispensables. Pour la baignade, de nombreuses criques accessibles en voiture ponctuent le parcours (comme la plage d’Ilıca). Enfin, munissez-vous de liquidités en livres turques pour les petits sites, les restaurants de village et les péages routiers. Une carte détaillée ou une application de navigation hors-ligne est recommandée pour trouver les sites moins signalés.

Ephèse, le long de la côte de la mer Egée

Vendredi 18 mai 2018. Privilège de cette visite privée de la cité antique d’Éphèse, je peux demander à mon guide si au lieu de passer par l’autoroute pour regagner Izmir, on pouvait longer un peu la côte de la mer Égée. Quelle chance vraiment. Ce chemin du retour est pour moi l’occasion de me laisser envahir de nouveau par mes rêves d’enfant quand j’imaginais les soldats d’Alexandre le Grand débarquer les côtes égéennes pour reprendre à Darius les terres grecques prises par l’empereur Perse.

Chose étrange, le paysage ressemble en tout point à ce que je m’étais imaginé, monts érodés plongeant doucement dans la mer et côte semi-aride bousculées par les flots. Sous mes yeux, tous les héros de la mythologie reparaissent, Ulysse en tête et tous ses compagnons d’infortune.

Tout semble mythique ici. C’est aussi l’occasion pour moi de revenir sur la naissance même d’Éphèse, de sa légende, de son amour pour la déesse Artémis, éternelle vierge et grande mère aux innombrables mamelles. Ironie du sort, c’est encore dans cette ville que mourut la Sainte Vierge, un peu à l’écart de la ville romaine.

Plusieurs siècles auparavant, c’est le grand roi de Lydie, victorieux des Grecs, Crésus, qui épargna la ville après l’avoir conquise. Mieux, il dota richement le temple qui était consacré à la déesse Artémis. Et pour cause, celle-ci n’était pour lui qu’un avatar de Cybèle, la déesse-mère vénérée depuis des siècles par tous les peuples d’Asie.

La mer Égée, territoire de tant de promesses. En faisant un immense bond en avant dans l’histoire, on peut aussi imaginer l’arrivée de Saint-Paul débarquant ici pour la première fois depuis le port d’Éphèse. Il faut l’imaginer ici rester deux longues années dans la ville païenne, prêchant dans la synagogue, discourant sous les portiques, opérant des miracles par imposition des mains.

Mais Paul ne fait pas l’unanimité. Son prêche pour la nouvelle religion chrétienne fait de l’ombre aux commerçants romains qui finissent par le chasser. Il faut aussi imaginer saint Jean qui vécut lui aussi à Éphèse, qui y rédigea son évangile et y mourut à un âge très avancé. Au-dessus de sa tombe fut élevée une basilique, maintes fois remaniée, qui devint un des lieux de pèlerinage majeurs de l’Orient. Et que dire de Marie qui elle aussi vécut dans une petite cabane à l’écart de la ville, dans un total dénuement, loin de la pompe et du luxe de la ville qui vénérait Artémis.

C’est donc bercé de tous mes rêves d’enfants, de gloire et de légendes, que je fais ce chemin du retour vers Izmir. En cours de route, mon guide me fait visiter une coopérative où l’on fabrique encore les tapis à l’ancienne… Et à la main.

Le maître des lieux me déballe tous ses plus beaux tapis en espérant que je cède à l’envie de toutes ces couleurs si chatoyantes, mais il faut bien l’avouer, je n’ai guère les moyens de céder à la tentation.

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