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Cotopaxi, les prairies herbeuses du paramo autour du volcan

Pourquoi découvrir les prairies herbeuses du páramo en Equateur ?

Un écosystème unique des hautes Andes

Le páramo est un écosystème de haute altitude (au-dessus de 3 500 m) que l’on trouve presque exclusivement dans les Andes tropicales, et l’Équateur en possède des étendues parmi les plus vastes et les mieux préservées. Ces paysages de prairies herbeuses, parsemés de plantes en coussinets, de lacs glaciaires et souvent enveloppés de brume, offrent une atmosphère mystique et une beauté austère radicalement différente des forêts tropicales ou des volcans enneigés. C’est un environnement rare et fragile, abritant une biodiversité adaptée à des conditions extrêmes.

Un sanctuaire de biodiversité

Malgré son apparence parfois monotone, le páramo regorge d’une vie unique et spécialisée. Il abrite des espèces emblématiques comme le renard des Andes, le condor, l’ours à lunettes (très rarement observé) et une multitude d’oiseaux endémiques. Sa star botanique est la frailejón (Espeletia), une plante aux feuilles argentées qui peut vivre plus de cent ans et qui joue un rôle crucial dans la captation de l’eau. Découvrir le páramo, c’est plonger dans un laboratoire vivant d’adaptation au froid, aux UV intenses et aux sols pauvres.

Le château d’eau naturel de l’Équateur

Le páramo est bien plus qu’une curiosité écologique ; c’est une infrastructure naturelle vitale. Ses sols spongieux et sa végétation unique agissent comme une gigantesque éponge qui capte, filtre et stocke l’eau des brumes et des pluies, alimentant progressivement les rivières en contrebas. Il est la source d’une grande partie de l’eau potable et de l’irrigation pour les villes et les terres agricoles des régions andines. Le comprendre, c’est saisir un enjeu crucial de conservation lié à la survie même des populations.

Une randonnée contemplative et sensorielle

Marcher dans le páramo est une expérience profondément sensorielle et contemplative. Le silence est frappant, brisé seulement par le vent et les cris d’oiseaux. L’air est limpide et frais, les sentiers serpentent entre des lacs aux eaux sombres et des formations rocheuses érodées. Cette immersion dans une nature brute et préservée, souvent au sein de parcs nationaux comme le Cotopaxi ou le Cajas, offre une sensation d’isolement et de connexion primordiale avec les éléments, loin de l’agitation du monde moderne.

Comment découvrir les prairies herbeuses du páramo en Equateur ? 

Principaux parcs nationaux et accès

Les páramos les plus accessibles se trouvent dans les parcs nationaux équatoriens. Les plus visités sont le Parc National Cotopaxi (au sud de Quito), le Parc National Cajas (près de Cuenca), et le Parc National Antisana (réservé aux visites avec agence). L’accès depuis Quito est le plus courant : pour le Cotopaxi, compter 1h30 à 2h de route. Il est généralement nécessaire d’arriver par ses propres moyens (voiture de location, taxi) ou via une excursion organisée, car les transports publics s’arrêtent souvent aux entrées des parcs.

Visites guidées et autonomie

Pour la plupart des páramos, il est fortement recommandé de faire appel à un guide certifié, surtout dans des réserves comme l’Antisana où c’est obligatoire. Les agences à Quito, Latacunga ou Cuenca proposent des excursions à la journée (par exemple, trekking dans le páramo du Cotopaxi) pour des prix allant de 50 à 100 dollars US par personne, incluant transport, guide et parfois repas. Pour des randonnées autonomes dans des zones autorisées (comme certaines parties du Cajas), une bonne préparation et l’enregistrement auprès des autorités du parc sont nécessaires.

Conditions pratiques :

Les páramos se visitent toute l’année, mais la saison sèche (juin à septembre) offre des sentiers plus praticables et moins de brouillard. Les heures d’accès sont diurnes, généralement de l’aube au crépuscule. L’entrée dans les parcs nationaux est souvent gratuite ou peu coûteuse (2 à 10 dollars US). L’équipement est crucial : vêtements chauds et imperméables en coucheschaussures de randonnée imperméables, bâtons de marche, crème solaire à haut indice (l’altitude intensifie les UV), eau et nourriture énergétique. L’acclimatation à l’altitude (souvent au-dessus de 3 800 m) est primordiale.

Conseils pour une expérience respectueuse

Partez toujours avec un plan détaillé et informez quelqu’un de votre itinéraire. Restez sur les sentiers balisés pour protéger la végétation fragile et éviter de vous perdre dans le brouillard. Emportez tous vos déchets. Soyez préparé à des changements météorologiques brutaux (soleil, pluie, vent glacial). Pour une première expérience, le páramo autour de la Lagune de Limpiopungo (Cotopaxi) ou les sentiers bien marqués du Parc Cajas sont d’excellentes options.

Cotopaxi, les prairies herbeuses du paramo autour du volcan

Dimanche 24 juin. Aujourd’hui est un grand jour. Nous partons faire l’ascension du volcan Cotopaxi, la plus célèbre montagne (qui n’en est pas une !) de l’Équateur. Mieux, l’emblème du pays, avec sa silhouette parfaite coiffée de sa calotte blanche enneigée.

Pas vraiment une ascension en fait, plutôt une demie puisque nous commencerons à monter depuis le grand parking du volcan qui se situe à environ 4.200 mètres d’altitude, puis nous avons à grimper 600 mètres de dénivelé pour atteindre le refuge à 4.864 m, avant d’entreprendre la montée vers le glacier qui commence à 5.100 m environ… Quant à son sommet, où nous n’irons pas (nous se sommes ni entraînés ni équipés pour), il culmine à 5.897 m.

En attendant, nous découvrons le volcan pour la toute première fois. Son sommet enneigé émerge de la brume qui l’entoure. Dommage que le ciel ne soit pas tout à fait dégagé. Mais qu’importe, la vue sur ce volcan est fantastique.

C’est le moment de prendre quelques photos-souvenirs. C’est dingue comme ce volcan me fait penser au mont Fuji Yama, au Japon… Mais en beaucoup plus haut. Presque 2.000 mètres de plus à grimper.

Joyau de « l’avenue des volcans » comme l’appelait le géographe allemand Humboldt, le Cotopaxi est le deuxième plus haut sommet d’Équateur, après le Chimborazo. C’est le plus haut volcan encore en activité du pays.

Cotopaxi signifierait « cou de la lune » en langue cayapa. La lune donnant parfois l’impression de se poser à son sommet par temps clair. Pas comme aujourd’hui en somme.

On ne dirait pas, mais il nous reste encore une bonne petite heure de route avant de rejoindre le grand parking du Cotopaxi où commencera l’ascension. Je suis vraiment impressionné par ce monstre d’une beauté majestueuse, avec son magnifique cône enneigé, presque parfait.

Au pied du Cotopaxi s’étend jusqu’à perte de vue le Paramo, une prairie d’altitude froide et herbeuse, situé entre 3.500 et 4.200 mètres d’altitude. C’est ce très haut plateau andin que nous allons traverser pour nous rendre jusqu’au volcan.

Autant le dire tout de suite, un endroit magique et sauvage, quasi irréel où galopent des troupeaux de chevaux en semi-liberté, quelques cervidés et autres lapins.

Pour me rendre au plus près de ces animaux, je demande à Clinton de m’arrêter sur le bord de la route et je m’approche en toute discrétion des chevaux. Si certains se méfient de moi, d’autres au contraire m’observent avec curiosité. Ce sont ceux-là que je vais pouvoir prendre en photo.

Quel incroyable paysage que cette partie du monde hérissée de volcans, cette « avenida de los volcanes », traversant le pays du nord au sud, grosso-modo, de Quito à Cuenca. Sur ce tronçon se dresse une dizaine des plus hauts volcans du monde, donnant ainsi toute sa force et sa beauté à l’Équateur.

Plusieurs de ces volcans sont actifs et certains sont même fréquemment en irruption. C’est à leurs pieds que le Paramo étend ses prairies herbeuses, ses pâturages où vaches et moutons paissent à deux pas des haciendas.

Hormis quelques cités, parmi lesquelles Cuenca, Riobamba et Latacunga, peu de cités ont pris racine dans cette région fréquemment secouée par des secousses sismiques. Mais tout autour, il existe de nombreux petits villages indiens qui conservent une forte tradition agricole. Ce sont ces mêmes Indiens que nous avons pu croiser hier sur le marché de Zumbahua.

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