Pourquoi faire l’excursion jusqu’au volcan Cotopaxi ?
Affronter l’un des plus beaux volcans actifs du monde
Le Cotopaxi, avec sa forme conique quasi parfaite recouverte d’un glacier éternel, est considéré comme l’un des volcans les plus esthétiques de la planète. Son statut de volcan actif (en surveillance constante) ajoute une dimension de fascination et de respect. Faire l’excursion jusqu’à ses flancs, c’est se confronter à la puissance tellurique et à la beauté brute de la nature andine, dans un paysage qui marque durablement la mémoire.
Accéder à des écosystèmes andins emblématiques
L’ascension des pentes du Cotopaxi traverse successivement des prairies de páramo, des champs de lave pétrifiée et des étendues minérales enneigées. Cette progression verticale offre une leçon de géographie et d’écologie unique, permettant d’observer une faune adaptée (condors, renards, chevaux sauvages) et la flore résiliente du páramo, dont les célèbres frailejones. C’est une immersion complète dans l’environnement des hautes Andes.
Vivre une aventure physique accessible
L’excursion ne nécessite pas l’ascension du sommet (réservée aux alpinistes aguerris), mais propose des défis adaptés à tous. La randonnée jusqu’au refuge José Rivas à 4 864 mètres, ou la traversée du glacier avec un guide, représentent des objectifs physiques exigeants mais atteignables pour des personnes en bonne condition. L’effort est largement récompensé par la sensation d’accomplissement et les vues panoramiques sur l’Allée des Volcans.
Comprendre l’équilibre fragile entre nature et populations
Le Cotopaxi, menaçant en raison de son activité, est aussi une source de vie, alimentant en eau les vallées environnantes. Visiter ses pentes, c’est prendre conscience du risque volcanique que gèrent les communautés locales et des efforts de conservation dans le parc national. Cette excursion interroge ainsi notre relation aux forces naturelles et la résilience des sociétés qui vivent à leurs côtés.
Comment faire l’excursion jusqu’au volcan Cotopaxi ?
Accès et point de départ logistique
Le volcan Cotopaxi est situé au sein du Parc National Cotopaxi, à environ 60 km au sud de Quito. Le point de départ le plus pratique est généralement la ville de Quito ou, pour une approche plus courte, Latacunga. Depuis Quito, les visiteurs peuvent rejoindre l’entrée du parc (Control Caspi) en voiture de location, taxi privé (environ 1h30 de trajet) ou via une excursion organisée. Les transports en commun ne desservent pas l’intérieur du parc ; il faut donc prévoir un véhicule ou un tour.
Excursions et guides obligatoires
Pour toute activité au-delà des zones de visite basique (comme le centre d’interprétation ou la lagune de Limpiopungo), un guide agréé est obligatoire. La plupart des visiteurs optent pour une excursion d’une journée organisée depuis Quito, comprenant transport, guide et parfois le déjeuner, pour un coût entre 50 et 100 dollars US par personne. Les activités courantes incluent la randonnée jusqu’au refuge José Rivas (4 864 m) et l’exploration du páramo. L’ascension au sommet (5 897 m) est une expédition technique qui requiert une préparation alpine, un guide de haute montagne et un budget bien supérieur.
Conditions d’accès
Le parc est ouvert aux visiteurs généralement de 8h00 à 15h00, avec une arrivée matinale recommandée pour éviter les nuages. L’entrée au parc est gratuite. La météo est extrêmement changeante ; il faut impérativement prévoir des vêtements chauds et imperméables en couches, des chaussures de randonnée robustes, un bonnet et des gants, ainsi que de la crème solaire à indice élevé. L’acclimatation à l’altitude est cruciale : prévoyez au moins 48 heures à Quito (2 850 m) avant de tenter l’excursion.
Conseils de sécurité :
Une journée typique depuis Quito comprend le transport jusqu’au parc, des arrêts aux points de vue (comme la lagune de Limpiopungo), la visite du centre d’interprétation, et la randonnée jusqu’au refuge. La montée au refuge depuis le parking (à 4 500 m) prend environ 1h à 1h30. Écoutez votre corps, marchez lentement et hydratez-vous constamment.
La belle ascension du volcan Cotopaxi
Dimanche 24 juin. Nous voici enfin arrivés au grand parking aménagé au pied du volcan Cotopaxi. Enfin, quand je dis « au pied », on avoisine quand même les 4.600 mètres d’altitude. Un dénivelé de presque 300 mètres nous attend pour atteindre le refuge José F. Rivas (4.850 m).
Arrivé au parking, on commence à se préparer. Il fait un vent à décorner les bœufs et je me demande comment ma fille fait pour ne pas s’envoler. Pour commencer l’ascension, on multiplie les épaisseurs à mettre sur le dos pour ne pas avoir froid. Sans oublier le cache-col, indispensable à cette altitude et avec ce vent. Bref, au bout de 10 minutes de préparation, on est fin prêt.
Nous voilà partis. Clinton et Léa ouvrent la marche. Je ferme le défilé. Pour nous épargner la difficulté, Clinton nous fait monter par le versant ouest qui serpente à flanc de volcan, au milieu de la poussière et de la roche noire. Un peu plus long et moins direct que le long de la moraine principale, mais beaucoup moins éprouvant. Merci Clinton.
Bonne nouvelle. Les violents maux de tête de la veille se sont évanouis dans la nuit. Adios le mal de l’altitude et je suis en parfaite condition physique pour commencer l’ascension.
Au cours de l’effort, je vais relever plusieurs fois les yeux vers le sommet enneigé du Cotopaxi. C’est un véritable monstre dont la base ne fait pas moins de 20 km de diamètre. Il est à la fois un des plus gros et des plus dangereux volcans des Andes.
Léa fait une pause. Elle a raison. Grimper, c’est avant tout boire de l’eau et bien s’alimenter. J’en profite pour potasser mon Routard. En quechua, Cotopaxi veut dire « masse brillante » ou « mont clair ». Mais les habitants du coin le surnomment le « roi de la mort ». Tout un programme.
Petite photo-souvenir avec Clinton et Léa. De tout temps, les éruptions du Cotopaxi ont été dévastatrices pour la vallée des Chilos, et plus encore pour celle de Latacunga où penche le volcan. Outre les coulées de lave, les jets de pierres et de cendres, ses éruptions menacent de faire fondre glace et neiges accumulées sur le sommet, provoquant de terribles coulées de boue mortelles.
Les premiers à en avoir fait la cruelle expérience, sont les Conquistadors eux-mêmes, qui, en 1534, à peine débarqués sur place, sont repoussés par une violente éruption du Cotopaxi, alors même qu’ils livrent bataille contre les Incas. Près d’une cinquantaine d’éruptions se produiront au cours des cinq siècles suivants.
Parmi elles, la destruction de Latacunga en 1742 sous le regard sidéré de l’explorateur français La Condamine… Cinquante ans plus tard, en 1802, le célèbre géographe Humboldt tente l’ascension, mais échoue. Le sommet du Cotopaxi ne sera vaincu qu’en 1872 par deux géologues allemands.
Après plus d’une heure d’efforts, nous voici arrivés à quelques encâblures du refuge. Contre toute attente, Léa a tenu le choc. Elle est exténuée, mais elle a réussi l’ascension. 4.800 mètres. Je suis trop fier d’elle.
Tout cela vaut bien sûr de faire toute une série de photos-souvenirs pour immortaliser ce moment. Bravo, ma fille !
Je poursuis l’histoire des éruptions du Cotopaxi. Celle de 1877 fut une des plus violentes de l’histoire. Elle fut entendue à plus de 350 km à la ronde ! Le ciel s’assombrit soudain en plein jour et de nombreux villages furent détruits par une gigantesque coulée de boue qui fit des milliers de victimes. Plusieurs jours plus tard, la même coulée atteignit la plaine tropicale de Manabi, sur le littoral Pacifique, à près de 80 km de là !
L’éruption de 1903 fut mémorable elle aussi… Elle dura tout une année entière.
Enfin, la dernière grande éruption date d’août 2015. De nouveau réveillé, le Cotopaxi cracha un long panache de fumée haut de 8 km ! La ville de Quito fut touchée par une pluie de cendres. L’état d’exception fut instauré dans toute la région et des milliers de personnes durent être évacuées.
On finit tranquillement l’ascension pour atteindre enfin le refuge. Je me sens vraiment bien et j’ai la ferme intention de poursuivre un peu plus haut vers le glacier.
En attendant, on profite d’un bon repas chaud, d’un café et d’un chocolat pour reprendre des forces. Léa n’a pas vraiment le temps d’apprécier l’ambiance « refuge ». Elle s’endort sur la table à peine arrivée.
Après un bon petit café bien chaud et de quoi reprendre un peu de force, et je reprends ma route vers le sommet du Cotopaxi. Ou plutôt vers le glacier du volcan qui culmine à 5.080 mètres. Youpi ! Ce sera mon deuxième 5.000 de mon expérience en trekking.
La bonne nouvelle, c’est que le temps s’est éclairci aux alentours du refuge. En relevant les yeux, je peux percevoir le manteau blanc du glacier et sommet du volcan. 200 mètres me séparent encore des premières pentes du glacier.
Pour ce début d’ascension idéal, je prends même quelques photos-souvenirs. Je me sens vraiment très bien pour grimper tout là-haut et je repense aux heures terribles passées face au camp de base de l’Everest, en novembre dernier. Si je m’étais senti aussi bien… Grrrrrrrr…
Bon, ce n’est pas tout ça, mais il va falloir grimper un peu. Pour ceux qui veulent faire la monter jusqu’au sommet, l’ascension doit être précédée d’une marche d’approche d’au moins deux ou trois jours. Obligatoire pour s’acclimater à l’altitude. Et je sais de quoi je parle.
L’accès jusqu’au glacier n’est pas vraiment difficile, un chemin serpente au milieu des roches volcaniques. Il faut juste faire attention à l’endroit où on pose ses pieds et à ne pas glisser. Une chute est si vite arrivée.
Il faut également veiller à ne pas s’écarter du chemin. Tous les chemins ne sont pas aussi accessibles que celui-ci, et certains peuvent même s’avérer très dangereux.
Comme je disais, pour ceux qui veulent faire l’ascension complète du Cotopaxi, celle-ci prend deux jours entiers. Elle se fait obligatoirement, via une agence et un guide spécialisé. Il faut compter environ 100 $ par personne et par jour pour la marche d’approche et entre 170 et 250 $ par personne pour l’ascension elle-même.
Pour ce prix (exorbitant pour l’Amérique du Sud !), tout l’équipement, la nourriture, le logement, le transport et le guide sont compris.
L’ascension n’est pas la plus dure qui soit, mais nécessite une excellente condition physique et un peu d’entraînement. Bien se préparer, bien dormir et ne pas boire d’alcool la veille.
Sur les pentes du Cotopaxi, le temps s’est vraiment gâté. Il fait un froid de canard et le vent souffle violemment en rafale. La calotte glaciaire apparaît à l’horizon. Nous y sommes presque. Je suis religieusement les pas assurés de Clinton.
Mais arrivés au sommet, c’est la tuile. Une violente tempête de neige nous cueille au pied du glacier. On n’y voit pas à trois mètres. Continuer de grimper sans un équipement adéquat serait suicidaire.
Je m’avance au plus près de ce que je peux aller sans un équipement, crampons et bâtons. La langue de glace grignote le volcan et remonte jusqu’à son sommet.
Autour de nous, il fait un froid sibérien. Des guides équatoriens partagent avec moi quelques gâteaux pour me réconforter. Assis sur un rocher, je profite quand même de ce paysage incroyable. Presque lunaire.
Clinton me fait signe qu’on peut entamer la descente, mais je veux encore rester un peu, malgré les conditions dantesques. J’imagine le frisson de ceux qui ce matin ont entamé la montée finale en pleine nuit, lampe frontale vissée autour de la tête et crampons bien accrochés aux chaussures de marche. Le thermomètre peut parfois atteindre les – 20 °C tout là-haut. Ça me rappelle de vilains souvenirs du Népal.
Ceux qui tentent la montée en pleine nuit partent sous les coups de minuit pour arriver vers 7 heures du matin au sommet du Cotopaxi. Le retour au refuge se fait en début d’après-midi.
Il est grand temps pour moi d’entamer la descente. Il faut vraiment faire attention à l’endroit où on pose les pieds. Encore plus que pour la montée. Les pierres volcaniques sont hyper glissantes et une chute est si vite arrivée.
Je marche dans les pas de ceux de Clinton. La neige et la glace m’accompagnent une bonne partie du chemin. Puis au bout de l’effort, le refuge réapparaît enfin. Léa dort encore.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.