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Bhaktapur, Durbar Square et ses temples

Pourquoi visiter Durbar Square à Bhaktapur ?

Un patrimoine mondial au cœur de l’histoire Malla

La place Durbar de Bhaktapur est l’un des trois ensembles royaux de la vallée de Katmandou classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Construit à partir du XIIIe siècle par la dynastie Malla, ce complexe abritait le palais des rois qui régnèrent sur le royaume de Bhaktapur jusqu’en 1769. Considéré comme le mieux préservé des trois palais royaux de la vallée, il témoigne de la puissance et du raffinement de la civilisation newar, ce peuple originel de la vallée réputé pour ses contributions exceptionnelles à l’art, la littérature et le commerce.

Un écrin de chefs-d’œuvre architecturaux newar

La place rassemble une concentration exceptionnelle de trésors architecturaux. Le célèbre Palais aux cinquante-cinq fenêtres, construit en 1754, déploie sa façade de bois finement ciselé où chaque fenêtre témoigne du génie des sculpteurs newar. La Porte Dorée qui y conduit est considérée comme l’une des plus belles pièces d’orfèvrerie d’Asie du Sud, un chef-d’œuvre de repoussé datant de 1754. Les statues jumelles d’Ugrachandi et Ugrabhairava, érigées en 1706, sont décrites par les autorités locales comme des “chefs-d’œuvre de la période médiévale”.

Un patrimoine imprégné de spiritualité

Ce qui rend la place véritablement unique, c’est qu’elle n’est pas un simple musée figé mais un espace sacré toujours habité par les pratiques religieuses des habitants. Les Newars, en particulier la caste des agriculteurs Jyapu qui constitue la majorité de la population, continuent d’y offrir prières, fleurs et nourriture aux divinités nichées dans les sanctuaires. Chaque recoin accessible du temple de Taleju Bhawani est utilisé pour le culte, transformant la place en une scène où se joue quotidiennement la vie dévotionnelle de la cité.

Une expérience immersive dans l’âme du Népal

Au-delà des monuments, flâner sur la place Durbar, c’est pénétrer dans l’atmosphère envoûtante du Bhaktapur médiéval. Le dédale des ruelles pavées bordées de maisons de briques rouges, les passerelles voûtées et les petites places annexes invitent à la déambulation et à la découverte. Les étals d’artisanat, les échoppes de Thangka et les vendeurs de rue animent les lieux tandis que le célèbre yaourt juju dhau, spécialité locale, attend les visiteurs dans leurs pots d’argile traditionnels. Cette immersion sensible offre une connexion profonde avec l’histoire vivante du Népal.

Comment visiter Durbar Square à Bhaktapur ?

Localisation et accès depuis Katmandou

La place Durbar de Bhaktapur se trouve au cœur de la ville de Bhaktapur, à environ 13 kilomètres à l’est de Katmandou. Pour vous y rendre, plusieurs options sont possibles. Des bus publics et minibus partent régulièrement des stations Ratna Park et Bagbazar à Katmandou, avec un trajet d’environ 45 minutes à une heure . Les taxis sont également abondants et offrent un trajet plus confortable d’environ 30 à 45 minutes, pour un coût approximatif de 800 à 1.000 NPR selon la négociation. Si vous séjournez dans le quartier de Thamel, des excursions organisées à la journée avec prise en charge à l’hôtel sont aussi proposées par les agences locales.

Tarifs d’entrée

Le droit d’entrée pour les visiteurs étrangers est fixé à 1500 roupies népalaises (environ 15 USD) par personne. Les ressortissants des pays membres de l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (SAARC) bénéficient d’un tarif réduit à 500 NPR. Une information particulièrement avantageuse concerne les détenteurs d’un passeport chinois, qui bénéficient d’un tarif préférentiel de 500 NPR, soit environ 35 roupies après conversion. Ce billet d’entrée est généralement valable plusieurs jours, permettant de revenir explorer la place à différents moments sans avoir à le racheter. Il est conseillé de mentionner à la billetterie la durée souhaitée pour que cette mention soit apposée sur votre ticket.

Horaires d’ouverture et meilleurs moments de visite

Les informations concernant les horaires d’ouverture mentionnent une ouverture de 7 heures à 19 heures. La place étant un espace en plein air, il est probable qu’elle soit accessible bien au-delà de ces plages horaires, mais les temples et musées spécifiques peuvent avoir des horaires plus restrictifs. Le temps de visite recommandé est de 3 à 5 heures pour apprécier pleinement la richesse du site. Pour profiter d’une lumière idéale pour les photographies et d’une ambiance plus paisible, les premières heures du matin ou la fin d’après-midi sont à privilégier.

Recommandations pratiques

Une fois à Bhaktapur, la marche reste le meilleur moyen de découvrir la place Durbar et ses ruelles pavées environnantes. Des pousse-pousse (rickshaws) sont également disponibles pour des trajets courts au sein de la vieille ville ; le prix se négocie avant la course, généralement entre 50 et 150 NPR selon la distance. Pour ceux qui préfèrent plus d’autonomie, la location de vélo est possible pour 200 à 400 NPR par jour.

Bhaktapur, Durbar Square et ses temples

Vendredi 10 novembre. Nous voici enfin parvenus à Durbar Square, la place la plus étendue de l’ancienne Bhaktapur. Bonne nouvelle, malgré l’écroulement de quelques temples, elle semble en bien meilleur état que Katmandou et Patan. Au premier coup d’œil, on comprend pourquoi Bhaktapur fut longtemps la rivale des deux premières cités de la vallée avec ses temples, ses merveilleuses demeures et ses nombreux quartiers d’artisans.

Immédiatement sur la gauche, impossible de passer à côté des deux immenses stèles du XVIIIe siècle encadrant l’entrée d’une école. Ces statues représentent Durga et Bhairava avec des colliers de têtes de mort autour du cou… Pas glop ! Durga a 18 bras… et Bhairava n’en a que 12. Ces statues encadraient autrefois l’entrée du Basantapur Durbar, un palais magnifique aujourd’hui détruit. Pour la petite histoire, elles plurent tellement au monarque de l’époque qu’il fit couper les mains des deux artistes qui les réalisèrent pour éviter qu’ils n’en sculptent d’autres aussi belles… Pas glop du tout !

Dans le prolongement s’étendent sur toute la longueur le Royal Palace et ses incroyables décorations sculptées sur bois. Toute la mythologie hindoue y est représentée. Un vrai régal pour les yeux. Témoins de l’ancienne domination de Bhaktapur sur ses deux rivales jusqu’au XVIIIe siècle et la conquête ghorka en 1769. Depuis ce temps, Bhaktapur a toujours conservé son indépendance, une autarcie économique et culturelle, jusque dans la langue puisqu’ici on parle « newari » et très peu népalais.

Ici, plus que partout au Népal, tout est régi par les dieux. Il est vrai aussi que dès sa conception, au IXe siècle, Bhaktapur sut s’entourer d’un triangle magique formé par les trois temples de Ganesh élevés à l’extérieur de la ville qui sont censés la protéger.

À gauche, toujours dans le prolongement du palais royal, voici l’entrée du musée des peintures et des Thangpa. Mais j’y reviendrai plus tard.

Face au palais royal, les stigmates du tremblement de terre de 2015 sont encore vraiment visibles. Certains temples se sont littéralement écroulés et les pierres qui les constituaient rassemblées à leur pied pour les reconstruire à l’identique.

Toujours le long du palais royal, juste après le musée, il faut passer la porte d’or, chef-d’œuvre de l’orfèvrerie népalaise représentant une déesse à quatre têtes, pour accéder à la cour du temple de Taleju. Mais seulement à la cour, car il est formellement interdit de pénétrer à l’intérieur si nous ne sommes pas hindous… Ce qui est notre cas. Deux magnifiques statues gardent l’une des entrées du temple. Photos prises à l’arrache… Il est interdit de photographier à l’intérieur.

Du coup, on se rabat vers le bassin royal entouré de cobras sacrés. Le canal qui l’alimentait, long de 10 km, desservait au passage 63 fontaines.

Au milieu du grand bassin et à son extrémité se dressent deux magnifiques cobras à tête de bronze.

À travers les portes entrouvertes du temple de Taleju, on peut distinguer la cour réservée à la Kumari, la déesse de Bhaktapur.

Dans le prolongement du palais royal et du temple de Taleju se dresse le fameux palais aux 55 fenêtres. Toutes finement sculptées et encastrées dans la brique. Au deuxième étage, une dentelle de bois forme une galerie de 55 fenêtres juxtaposées. Pas de verre ici… La vitre n’est apparue au Népal qu’au XXe siècle. Les treillis de bois qui ornent les fenêtres sont encore en usage dans de nombreuses maisons.

Devant le palais aux 55 fenêtres se dresse Chyasilym Mandap, un ancien temple construit au XVIIIe siècle et détruit par le tremblement de terre de 1934. Reconstruit grâce à l’intervention de l’ancien chancelier allemand Helmut Khol d’après une photo prise en 1866 par un photographe français, Gustave Le Bon, il a été plus ou moins épargné par le nouveau séisme d’avril 2015.

Deux garudas en gardent toujours l’entrée. Ironie du sort, si le séisme de 2015 l’a relativement épargné, sa reconstruction dans les années 90 n’y est sans doute pas étrangère… Du fer avait ainsi été utilisé pour sa consolidation, et ce, en opposition aux rites d’usage qui veulent que celui-ci soit interdit dans un temple.

Toujours est-il que le Chyasilym Mandap a été épargné par le séisme de 2015. On peut toujours s’y adosser à ses piliers (d’origine car retrouvés dans la maison du chef de la ville au moment du tremblement de terre de 1934 qui les avait dérobés…). Depuis la terrasse du temple, on a une vue d’ensemble sur tous les monuments de Durbar Square.

Au fond à gauche, dans la cour située dans le prolongement du palais royal s’élève le temple de Fasidega, facilement reconnaissable à la rangée d’animaux qui encadrent ses escaliers.

Posé sur un socle à six paliers, il permettait un point de vue magnifique sur la place royale et les toits… « Permettait ». Car le tremblement de terre est venu à bout de ses pagodes.

Aujourd’hui la terrasse du temple est inaccessible au public. Pour profiter de nouveau de la vue sur la place, il faudra attendre que le temple soit reconstruit.

A l’arrière du temple de Fasidega se dressait autrefois un autre temple dont les marches sont elles aussi encadrées d’animaux, de majestueux éléphants et de lions… « Se dressait autrefois… » Le tremblement de terre de 2015 n’a laissé qu’un vaste champ de ruines derrière lui. Les pierres du temple ont été triées et répertoriées. Il ne manque plus qu’à le reconstruire.

Bon allez, je me mouille… À première vue, il pourrait s’agir du temple de Tripurasundari. Mais à première vue.

À côté du temple de Batsala Durga (en ruines au premier plan), se dresse le Pashupatinath temple, une réplique du fameux temple hindou de Katmandou.

Le Pashupatinath temple est cependant le plus ancien monument de Durbar Square. Il est dédié à Shiva.

Sa double toiture abrite une belle collection de sculptures érotiques, postures amoureuses et exercices physiques particulièrement réalistes.

Et tandis que je grimpe sur sa terrasse, Pierre en profite pour sympathiser avec les écoliers du coin. « Eh les enfants ! Vous voulez faire une photo ? »

Bon, après ce petit intermède, je retourne à mes sculptures particulièrement sympathiques.

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