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A la découverte du jardin botanique de Tbilissi et de la forteresse Narikala

Pourquoi visiter le jardin botanique et la forteresse Narikala ?

Visiter le jardin botanique national de Tbilissi et la forteresse Narikala, deux sites voisins mais radicalement différents, offre une expérience complète qui résume le caractère unique de la ville. Cette combinaison permet d’appréhender à la fois la relation de Tbilissi avec son environnement naturel et son épaisseur historique stratégique.

La forteresse Narikala

La forteresse Narikala, datant du IVe siècle, domine la skyline de la vieille ville et incarne la longue et tumultueuse histoire de Tbilissi. Se rendre jusqu’à ses remparts, que ce soit à pied par les ruelles escarpées ou en empruntant le téléphérique depuis le parc Riké, revient à marcher dans les pas des soldats, des marchands et des rois qui ont contrôlé cette citadelle pendant des millénaires. La vue panoramique depuis le sommet est tout simplement essentielle pour comprendre la topographie de la ville : on y voit clairement le lien entre la rivière Mtkvari, les anciens quartiers et les montagnes environnantes. La forteresse voisine, l’église Saint-Nicolas du XIIIe siècle, restaurée, ajoute une touche de spiritualité à ce lieu avant tout militaire. Narikala ne se contente pas d’être un monument, elle est le point d’ancrage à partir duquel l’histoire de Tbilissi prend tout son sens.

Le jardin botanique

En contrebas direct de la forteresse, accessible depuis ses murailles ou par une entrée indépendante, le jardin botanique national offre une retraite inattendue et luxuriante. Ce n’est pas un simple parc, mais un vaste territoire de 161 hectares qui s’enfonce dans la vallée de la rivière Tsavkisis-Tskali, caché du tumulte urbain. Fondé au XIXe siècle, il abrite une collection impressionnante de plantes locales et exotiques, des serres et, surtout, la célèbre cascade de Tbilissi et les ruines de anciens bains forts. Se promener sur ses sentiers sinueux, le long de la rivière et sous la canopée d’arbres centenaires, c’est découvrir un écosystème entier en plein cœur de la capitale. Le jardin révèle la face douce et botanique de la ville, contrastant délibérément avec la rudesse minérale de la forteresse qui le surplombe.

Un lien étroit

La complémentarité de ces deux sites est frappante. En une seule visite, vous passez des pierres anciennes et des vues stratégiques à la quiétude d’une nature domestiquée et foisonnante. Narikala raconte l’histoire des conquêtes et du pouvoir, tandis que le jardin botanique raconte celle de la curiosité scientifique, de la beauté naturelle et du loisir. Cette juxtaposition illustre parfaitement le double visage de Tbilissi : une ville à la fois rude, forgée par les conflits, et profondément attachée à la poésie, aux jardins secrets et aux cours intérieures verdoyantes.

Comment visiter le jardin botanique et la forteresse Narikala ?

Accès et planification

Le jardin botanique national et la forteresse Narikala sont situés côte à côte dans le vieux Tbilissi, au-dessus des bains sulfureux. Pour la forteresse, l’accès le plus spectaculaire se fait par le téléphérique depuis le parc Riké, qui fonctionne généralement de 11h à 23h. On peut aussi y monter à pied par les ruelles escarpées depuis le quartier d’Abanotubani. Le jardin botanique possède une entrée principale près de l’église Sourp Gevork et une autre directement accessible depuis le bas de la forteresse, avec des horaires typiques de 9h à 19h (18h en hiver). Il est payant, contrairement à la forteresse. La visite des deux sites se fait idéalement dans la même demi-journée, en commençant tôt le matin pour éviter la chaleur et les foules.

Visite de la forteresse Narikala

Depuis le téléphérique, la station supérieure dépose directement sur les hauteurs de la forteresse. Explorez d’abord les remparts offrant des vues panoramiques sur toute la ville, puis descendez vers l’église Saint-Nicolas du XIIIe siècle nichée au cœur de la citadelle. La visite se fait librement, mais des guides sur place peuvent proposer leurs services. Prévoyez environ 45 minutes pour parcourir les parties accessibles des fortifications et profiter des points de vue photographiques sur la vieille ville, la rivière Mtkvari et la statue de Mère Géorgie.

Exploration du jardin botanique

Depuis la forteresse, descendez par les sentiers fléchés vers l’entrée du jardin botanique. Ce vaste espace de 161 hectares se découvre via un réseau de sentiers bien aménagés le long de la rivière Tsavkisis-Tskali. Les incontournables incluent la cascade de Tbilissi (particulièrement impressionnante au printemps), le pont japonais, les serres historiques et la zone des plantes médicinales. Des bancs permettent de se reposer dans ce cadre paisible. Comptez au moins 1h30 pour une visite complète, davantage si vous souhaitez vous perdre dans les sentiers secondaires qui remontent vers les falaises.

Conseils pratiques :

Emportez de l’eau, particulièrement en été où l’humidité du jardin peut être accablante. La meilleure période pour visiter est le printemps lorsque les floraisons sont maximales au jardin et que les températures sont clémentes pour l’ascension de la forteresse. Évitez les heures chaudes de l’après-midi en été. Pour les photographes, la lumière du début de matinée ou de fin d’après-midi est idéale depuis la forteresse. Enfin, vous trouverez des vendeurs de boissons et de snacks près des entrées des deux sites, mais peu à l’intérieur.

A la découverte du jardin botanique de Tbilissi et de la forteresse Narikala

Jeudi 7 juillet. En retournant en arrière après cette agréable balade le long des flancs arrières de la vieille ville, on met le cap vers le jardin botanique, qui se trouve en contrebas direct de l’ancienne forteresse de ville. Pour moi, il est assez difficile d’ailleurs de dissocier le jardin botanique de l’ancienne forteresse, car le jardin offre justement la plus belle vue sur la citadelle. Depuis la forteresse, la vue des jardins botaniques en contrebas est superbe. Et la vue qu’il offre sur la ville et la plupart de ses églises est absolument étourdissante !

L’histoire de ce jardin botanique se déroule depuis quatre siècles environ. Le jardin impérial de Tiflis a été décrit par le voyageur français Jean Chardin en 1671 et par le botaniste Joseph Pitton de Tournefort en 1701. Il est cartographié à l’époque du prince Vakhoucht Bagration en 1735. Le jardin est renommé à la fin du XIXe siècle pour ses collections d’orchidées.
C’est le botaniste allemand, Heinrich Scharrer, qui lui donne son éclat entre 1861 et 1889 et qui l’agrandit. C’est lui qui fait construire des orangeries et des serres pour les plantes tropicales et subtropicales et fait construire un musée botanique en 1886. Son successeur, Adolf Christian Roloff, poursuit jusqu’en 1902 les recherches et les échanges de graines tant dans l’Empire russe qu’à l’étranger.

Le jardin est agrandi encore à plusieurs reprises vers l’ouest entre 1896 et 1904. Le botaniste Alexandre Fomine y travaille entre 1902 et 1914, ainsi que Youri Voronov. Il tombe en décrépitude après la Révolution d’Octobre, mais heureusement il est systématiquement réaménagé après 1945.
Le jardin rejoint l’ancien cimetière musulman entre 1932 et 1958 où est enterré le poète Mirza Akhoundov. Il regroupe 3 500 espèces végétales de Géorgie et d’autres parties du monde. Son arboretum est remarquable et abrite entre autres des espèces endémiques du Caucase, avec une pinède inaugurée en 1898. Environ 700 espèces de plantes présentes ici sont endémiques du Caucase dont 370 inscrites au livre rouge des espèces menacées. Elles sont systématiquement collectionnées et protégées depuis les années 1970.

Depuis les allées du jardin botanique, on a une vue absolument exceptionnelle sur l’ancienne forteresse Narikala qui domine la ville haute de Tbilissi. Elle se compose de deux enceintes fortifiées sur une colline escarpée entre les bains publics et les jardins botaniques de Tbilissi. Sur la partie inférieure, restaurée récemment, se trouve l’église Saint-Nicolas.

La forteresse a été créée au IVe siècle (Shuris-tsikhe). Elle a été considérablement agrandie par les Omeyyades au VIIe siècle et plus tard, par le roi David le Bâtisseur (1089-1125). Les Mongols l’ont rebaptisée Narin Qala (c’est-à-dire, « petite forteresse »). La plupart des fortifications existantes datent du XVIe siècle et XVIIe siècle.
Vue du centre-ville, on ne voit qu’elle, somptueuse le jour et encore plus la nuit, la forteresse Narikala est dotée de murailles crénelées dominant la falaise. À elle seule, elle pourrait refléter l’histoire de toute la Géorgie. Érigée au IVe siècle sous la dynastie perse des Sassanides, c’était le « fort invincible » (Shuhis-Tsikhe).

Pour prendre la ville, il fallait d’abord prendre la forteresse. Les armées d’invasion successives la prirent puis la restaurèrent, entre autres celles de la dynastie arabe des Omeyyades au VIIe siècle. Ceux-ci l’agrandirent et la forteresse abrita le palais royal jusqu’au règne de David le Constructeur (1089-1125) qui déménagea à l’emplacement actuel de Metekhi.
Les conquérants mongols nommèrent la forteresse Narin Qala, la « petite forteresse ». Son aspect actuel remonterait aux XVIe-XVIIe siècles. Vu d’en bas, le monument est plus imposant.
En effet, des tremblements de terre et l’explosion d’un entrepôt de munitions installé sur le site par les Russes au XIXe siècle n’en ont pas laissé grand-chose. Sur place, il ne reste rien à visiter, mais le panorama sur la ville en contrebas et le Caucase par temps très clair est exceptionnel.

De là, vous pouvez démarrer une promenade sur les crêtes jusqu’à la statue de Notre Mère de Géorgie. Puis explorer le quartier de Sololaki ou descendre vers les superbes jardins botaniques.
L’église Saint-Nicolas, en contrebas, édifiée en 1996, mérite une visite. Vous pourrez ensuite enchaîner la visite avec l’exploration du quartier des bains. En 1827, des parties de la forteresse ont été endommagées par un tremblement de terre et ont ensuite été démolies.

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