Pourquoi visiter Pompéi ?
Une fenêtre exceptionnelle sur la vie quotidienne des Romains
Visiter Pompéi, c’est faire un bond de près de deux mille ans en arrière et déambuler dans les rues d’une cité romaine figée dans l’instant. Le site archéologique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est le seul au monde à offrir une vision aussi complète d’une ville antique avec ses maisons, ses commerces, ses temples et ses édifices publics incroyablement bien conservés. Les thermopolia, ces sortes de fast-foods antiques, ont livré leurs comptoirs et leurs amphores, tandis que les boulangeries ont conservé jusqu’aux miches de pain dans leurs fours, témoignant de l’effervescence de cette cité prospère d’environ dix mille âmes.
Le drame humain saisi dans l’éternité
L’émotion la plus poignante de la visite réside dans la confrontation avec les habitants de Pompéi, saisis dans leurs derniers instants. La technique des moulages, inventée au dix-neuvième siècle, a permis de restituer les formes des corps qui s’étaient décomposés dans la cendre, laissant des cavités que les archéologues ont remplies de plâtre. Ces silhouettes, dans leurs positions de fuite désespérée ou recroquevillées en position fœtale comme la célèbre “femme aux bijoux” récemment découverte, racontent avec une acuité rare la tragédie de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. et offrent une connexion humaine bouleversante avec le passé.
Un chantier archéologique toujours vivant
Pompéi n’est pas un musée figé mais un lieu de recherche actif où chaque campagne de fouilles peut révéler de nouveaux secrets. Depuis quelques années, une nouvelle ère de recherches menée sous l’égide du directeur du site s’attaque à des zones encore enfouies, mettant au jour des fresques spectaculaires, des inscriptions électorales et des trésors d’ingénierie antique comme les conduites en plomb des bains privés. Cette vitalité scientifique fait de chaque visite une expérience unique, car le site se transforme et se révèle au fil des découvertes, renouvelant sans cesse notre compréhension de la civilisation romaine.
Un témoignage unique sur une catastrophe naturelle
L’éruption du Vésuve, décrite avec précision par Pline le Jeune, fut un événement d’une puissance rare qui a façonné le paysage et l’histoire de la région. En parcourant les ruines, on mesure l’ampleur du cataclysme qui a enseveli la ville sous plusieurs mètres de cendres et de lapilli, mais on comprend aussi comment cette destruction a paradoxalement préservé pour l’éternité des quartiers entiers que les pillages et les outrages du temps ont épargnés. Le contraste entre la prospérité de la ville, avec ses rues pavées, ses trottoirs surélevés et ses luxueuses villas ornées de fresques, et la soudaineté de sa disparition confère à la visite une dimension à la fois historique et philosophique inoubliable.
Comment visiter Pompéi ?
Localisation et accès au site archéologique
Le parc archéologique de Pompéi est situé à environ 25 kilomètres au sud-est de Naples, au pied du Vésuve, à l’adresse suivante : Porta Marina Superiore, 80045 Pompei, Italie. Pour vous y rendre, le train est l’option la plus pratique depuis Naples. Trois possibilités s’offrent à vous : la ligne Circumvesuviana, la plus économique à environ 3,30 euros l’aller simple, avec des départs toutes les 20 à 30 minutes depuis la gare de Naples Piazza Garibaldi pour un trajet d’environ 35 minutes jusqu’à l’arrêt Pompei Scavi-Villa dei Misteri, situé à proximité immédiate de l’entrée. Le Campania Express, plus confortable avec climatisation et places réservées, coûte 15 euros l’aller simple mais ne propose que 4 départs quotidiens . Enfin, les trains régionaux Trenitalia partent également de Naples Centrale pour environ 3,40 euros, mais la gare de Pompei se trouve à 15-20 minutes de marche des ruines.
Horaires d’ouverture selon la saison
Les horaires du site varient en fonction de la période de l’année pour s’adapter à la luminosité. Du 16 mars au 14 octobre, le parc est ouvert de 9h00 à 19h30, avec une dernière admission à 18h00. Du 15 octobre au 15 mars, les horaires sont réduits de 9h00 à 17h00, le dernier accès étant autorisé à 15h30. Il est important de noter que le site est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre. Prévoyez entre 3 et 5 heures pour une visite confortable des principales attractions, sachant que le site s’étend sur environ 66 hectares et qu’une exploration complète peut nécessiter jusqu’à 6 heures.
Tarifs d’entrée pour 2026
Le billet standard pour les fouilles de Pompéi est fixé entre 20 et 25 euros selon la saison, avec un tarif réduit d’environ 2 euros pour les citoyens de l’Union européenne âgés de 18 à 25 ans. La location d’un audioguide coûte environ 9 euros supplémentaires . Il est fortement recommandé d’acheter vos billets en ligne à l’avance pour éviter les longues files d’attente aux caisses, particulièrement pendant la haute saison touristique où l’affluence peut être considérable. La première dimanche de chaque mois, l’entrée est gratuite pour tous, mais l’affluence est alors particulièrement importante. Notez que seuls les petits sacs de dimensions maximales 30x30x15 centimètres sont autorisés à l’intérieur du site.
Recommandations pratiques
Pour profiter pleinement de votre visite, partez tôt le matin, idéalement avant 9h00, pour éviter la chaleur et l’affluence. Portez des chaussures de marche confortables et adaptées aux pavés antiques très irréguliers, et prévoyez de l’eau en quantité suffisante, un chapeau et une protection solaire, car le site offre très peu d’ombre. Les toilettes sont disponibles près de l’entrée mais limitées à l’intérieur du site, alors profitez-en avant de commencer votre exploration.
A travers les rues de Pompéi, du Lupanare à l'amphithéâtre
Samedi 6 février. Difficile de quitter la Villa des Mystères*** tant elle nous a éblouis. Hélas, le temps passe. Il faut donc continuer et revenir vers le forum. Les rues pavées sont d’une incroyable beauté, les pavés gigantesques et les passages piétonniers surélevés rappellent qu’à l’antiquité une grande partie des Romains ne s’embarrassait pas des ordures ou des escréments et les jetait à même la rue. En attendant, on s’amuse toujours autant sur les fausses lattrines et les passage-piétons en mimant les Beatles.
Bon voilà, prochain objectif de notre visite, atteindre le lupanare***. Une excursion incontournable pour mieux connaître les moeurs libérés des Romains. Pour cela, on reprend la voie principale après avoir de nouveau traversé le forum, puis on prend à gauche. Le lupanare a été découvert dans un très bon état de conversation. Au-dessus de toutes les chambres de la maison, des fresques rappellent les positions sexuelles pratiquées par les prostituées. Marc Dorcel n’a qu’à bien se tenir !
Il y avait plusieurs sortes de filles : les louves (le plus souvent d’origine étrusque qui appelaient les clients par des cris), d’autres qui exerçaient près des monuments funèbres, et d’autres encore de très bonne famille, capables de divertir des clients fortunés et raffinés, des sortes de geishas en quelque sorte, sans oublier des femmes entretenues, des itinérantes et des esclaves. Bon, niveau confort, il restait encore fort à faire : des lits maçonnés, et le tout indiqué dans toute la ville par des sculptures phalliques. Au moment de sa destruction, Pompéi comptait pas moins de 25 bordels. Les représentations sexuelles permettaient tout à la fois de choisir la spécialité de la dame et d’inciter à la procréation.
Allez zou, après avoir testé les couches du lupanar, direction les thermes stabiane***, les mieux conservés de Pompéi. La cour est magnifique, cernée de colonnades et ouverte sur la rue. Une section pour les hommes et une pour les femmes, plus petite. A regarder de près les installations, les Turcs n’ont fait que répéter les thermes romains : un vestiaire avec niche pour déposer les vêtements, puis une salle froide (frigidarium), une salle tiède (tepidarium), puis le caldarium, la salle chaude. Je reste scotché au plafond du vestiaire décoré de stucs colorés. Magnifique.
En visitant les thermes, on comprend mieux comment ils fonctionnaient, avec les foyers qui chauffaient l’eau et les gaines de circulation. Sans oublier les pierres qui conservaient la chaleur de l’eau. A ne pas manquer non plus la fontaine qui était utilisée pour les ablutions du visage et des mains.
Plus bas dans la rue de l’Abondance, on tombe à droite sur la Casa di Casca longus** et ses belles peintures à dominante bleue, son pavement et sa salle principale occupée par une salle d’eau.
Plus loin encore, à ne pas manquer, Fullonica Stephani**, la blanchisserie de Stephanus. Son atelier de teinture et de nettoyage des tissus neufs semblent s’être figé dans le temps. Le bac à teinture est toujours là, au centre de la salle principale. Les foulons étaient les esclaves chargés du travail de la laverie collective. Ils lavaient puis foulaient au pieds les tissus déposés dans la cuve, remplie d’un mélange d’eau, de soude… ou d’urine. Le tout permettait de dégraisser les tissus. On importait même de l’urine de chameau, jugée très efficace !
On continue au pas de charge… Le site va bientôt fermer. Petit coup d’oeil à la boulangerie**. Elle est l’une des 34 boutiques retrouvées à Pompéi. On peut encore admirer la meule du grain.
Plus haut encore, rue de l’Abondance, par une trouée dans les murs des maisons, on peut apercevoir les vignes qui existaient déjà aux alentours de la cité.
Enfin, plus loin encore, on passe devant le grand palestre**, un immense gymnase avec en son centre les vestiges d’une piscine. Les arrivées d’eau, endommagées par un précédent tremblement de terre, ne fonctionnaient déjà plus au moment de l’éruption.
Passé le palestre, nous voici enfin devant les arcades du grand amphothéâtre** de la cité. Ouf ! C’était moins une ! On contourne ses travées, puis on se présente devant l’entrée. Un tunnel mène à l’arène qui, à l’époque, pouvait contenir jusqu’à 20.000 spectateurs. Bon, ce n’est pas la plus belle des arènes antiques que j’ai pu voir, mais elle correspond parfaitement aux canons de l’époque.
Il reste l’un des plus vieux amphithéâtres romains du monde. On voit bien la délimitation entre les différentes catégories de places : les sénateurs tout en bas, le peuple au milieu et les esclaves et prostituées tout en haut.
Il est plus de 17 heures et le site va fermer. C’est avec une tonne de regrets que l’on doit quitter les lieux. Sur le chemin du retour, impossible de ne pas jeter un dernier regard sur les vignes à travers les percées des murs.
Plus loin, on sourit à la vue des bornes phalliques qui indiquaient les lupanars de la ville. 25 au total ! D’autres temps, d’autres moeurs.
C’est à reculons que nous quittons Pompéi. La lumière du soleil rasant qui se couche sur les ruines donne une dimension incroyable au site. Le forum se couvre d’une belle lumière dorée. Les remparts de la ville s’enflamment. Magique.