Ascension vers Deboche, à flanc de montagne
Mardi 14 novembre. Ce mardi me réserve l’une des plus belles journées d’ascension de tout le trek. Et pour cause, la première partie de la montée va emprunter un magnifique chemin de crête qui permettra d’admirer sans trop de difficulté la majesté des sommets himalayens.
Et une fois encore, le soleil est bien au rendez-vous. C’est bien simple, pendant toute la durée du trek, il ne nous quittera pas.
Sur le chemin, on croise la silhouette de cinq à six stupas qui permettent parfois de faire quelques haltes. Posés à flanc de montagne et hérissés de drapeaux de prières, leur blanc immaculé éclate sous les lumières du soleil matinal.
Là-bas, tout au bout de l’horizon, se dressent les silhouettes de l’Everest et d’Ama Dablam.
On continue à suivre le chemin de crête sablonneux qui rappellent qu’il y a des milliers d’années, quand l’Inde n’était pas encore venue percuter la plaque asiatique, cette partie du monde se trouvait alors sous la mer… Du coup, Pierre cherche en vain quelques fossiles à ramener en France.
Plus loin, ce sont des troupeaux de yaks qui remontent le chemin, destination Namche Bazar où ils seront chargés de nouvelles marchandises à apporter à tous les villages isolés de la montagne.
Enfin, après un peu plus d’une heure trente de marche, nous voici arrivés à la fin du chemin de crête qui se termine par une forêt enchanteresse qui semble tout droit sortie d’un conte ou d’un épisode de Game of Thrones !
Après le chemin de crête, on s’enfonce dans une magnifique forêt de genévriers, de rhododendrons et de sapins himalayens. Autant le dire tout de suite… Une pure merveille !
Le temps de retrouver un instant le chemin de crête, puis de descendre dans la vallée, et nous retrouvons bientôt la rivière de nos débuts.
De ce côté-ci de la vallée, la rivière himalayenne a pris le nom de Imja Khola. On l’enjambe de nouveau grâce à un joli pont suspendu.
Son débit est bien plus important ici que plus bas. Il suffit juste de voir les flancs de la montagne qu’elle a réussi à percer pour comprendre l’intensité de son débit.
Une fois de l’autre côté, il nous faut remonter tout ce que l’on a descendu pour parvenir au pied de la rivière. Très éprouvant à cette altitude.
De l’autre côté de la montagne, le chemin de crête est à peu près identique au premier, sauf que cette fois-ci, nous nous trouvons à droite de ses flancs.
Et bientôt, nous retrouvons les mêmes forêts de sapins himalayens et les mêmes bouquets de genévriers.
Le temps de s’écarter pour laisser passer un troupeau de yaks chargés de bidons d’eau, et on s’approche du petit village de Deboche, dernière étape avant Pangboche (4.300m) où nous nous arrêterons pour passer la nuit. En attendant, on file tout droit à travers cette merveilleuse forêt de sapins pour rejoindre le village de Deboche (4.200 m).
Après une longue marche le long du chemin de crête, nous voici arrivés aux abords de Deboche.
Ce lieu est d’une beauté sans nom. C’est ici que des moines tibétains en exil ont fondé leur principal monastère au Népal. Incendié il y a dix ans de ça, le couvent a retrouvé toute sa splendeur.
Ce lieu est vraiment magique. Depuis ici, on a une vue fantastique sur la silhouette si particulière du sommet Ama Dablam qui semble se détacher littéralement de la montagne. Il est vrai qu’il nous suffirait de bifurquer vers la droite, de grimper jusqu’à Sanu Taboche (5.300 m) pour atteindre le camp de base d’Ama Dablam.
Le couvent de Deboche semble littéralement posé entre les différentes routes des sommets himalayens. Il semble tellement proche qu’on pourrait croire pouvoir les toucher du doigt.
À l’entrée du monastère, on retire nos chaussures et on pénètre dans ce lieu sans faire de bruit. Quelques moines vaquent à leurs occupations. Une statue de bouddha dorée est cernée d’offrandes. Interdiction de faire des photos. Pas de soucis. De toute façon, je suis trop fatigué pour en avoir réellement en vie. À la sortie, je profite du soleil pour me reposer un peu et me nourrir du paysage.
Puis on reprend notre route vers Pangboche où nous irons dormir ce soir. On laisse sur notre droite le village de Dengboche et on remonte une vaste plaine taillée au milieu des sommets. À l’approche du village, on croise quelques chevaux sauvages qui profitent des herbages.
Une forêt de genévriers escalade le tertre qui longe le chemin.
Enfin, nous voici arrivés à Pangboche. Pas vraiment un village, mais une succession de petits lodges à taille humaine. Il est encore tôt et on profite du beau soleil pour lire, prendre un thé au citron et se détendre. Je vais même en profiter pour faire un petit brin de toilette en plein air. Pour ça, il faut d’abord casser la glace près du robinet ! Mais bon, à la guerre comme à la guerre ! Pangboche : 3.900 m. On grimpe, on grimpe.