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Au cœur de la Plaza de la Independencia, la cathédrale Primada

Au cœur de la Plaza de la Independencia, la cathédrale Primada

Jeudi 21 juin. Réveil plutôt agréable. Rincon familiar Hostal. Hôtel un peu plus proche du centre que celui que j’avais prévu au départ. Parfois, on se fait des idées quand on ne connaît pas. Appréhension dépassée. « Oui, Léa, on est bien en Amérique du Sud. Ici, c’est bien simple, soit tu n’aimeras jamais, soit tu aimeras pour la vie. C’est le sentiment que j’ai toujours eu sur ce continent… Et j’en suis tombé amoureux ».
Ok, on finit de se préparer et on file à travers les rues de Quito. On se perd, on se retrouve, il suffit de bien orienter la carte. Ok, direction la plaza de la Independencia et sa catedral Primada. Merde, on est à Quito ! Équateur. Amérique du Sud.

Catedral Primada. Impossible de passer à côté. Massive. Tout de blanc vêtue. Trapue. Son corps de conquête occupe tout le sud de la place. Une volée de marches basses organisée en arc de cercle conduit jusqu’au portail. Pas de grandes fioritures sur sa façade. Ici, on construit massif… Les tremblements de terre sont fréquents. Et puis, tous ces volcans alentour.

À l’intérieur de la cathédrale. Toujours cette même impression de force. Robuste. Capable d’encaisser les secousses. Rangées de piliers et voûtes resserrées.
Je relève la tête. Plafond sublime de style Mudéjar. L’Andalousie est pourtant loin.

Le reste est d’une sobriété étonnante pour une église du Nouveau monde qui a su utiliser l’or des Incas et de tous les autres peuples indigènes soumis… En se retournant, on voit une belle chapelle churrigueresque à l’autel doré greffé d’angelots.

À droite, la chaire dorée est assez impressionnante et le grand maître-autel turquoise est scintillant d’or. L’or. Toujours l’or.

Les peintures appartiennent à l’école quiteña. Au-dessus de l’autel, on peut ainsi admirer la toile de Caspicara, La Descente de la Croix. À droite de l’autel, une des chapelles abrite le mausolée du Maréchal Sucre (1795-1830), grand libérateur du pays et père de l’Indépendance. Une des toiles qui l’accompagnent représente la bataille décisive de la Pinchincha.

Retour sur le parvis de l’église. Le temps de respirer l’air de Quito perchée à 2.850 m d’altitude, ce qui en fait la deuxième capitale la plus haute du monde après La Paz, en Bolivie. La lumière andine embrase le ciel.
Quito s’élance dans le monde comme une belle femme allongée, étirée dans le sens nord-sud, dans une vallée entourée de collines verdoyantes et dominée, à l’ouest, par les volcans Rucu et Guagua Pichincha, qui culminent à 4.627 et 4.776 m. C’est bien simple, Quito semble s’accrocher désespérément aux flancs des montagnes qui l’entourent.

Au pied de la volée de marche qui conduit au portail de la cathédrale. Quito la blanche. Son centre historique n’a pas changé depuis cinq siècles. Le Quito colonial, longtemps délaissé, et aujourd’hui joyau de la ville, est un des plus grands d’Amérique du Sud, et un des mieux préservé. Il a même conservé son tracé original.

En sortant de la cathédrale, on se retrouve directement au cœur de la Plaza Independencia, une magnifique place arborée au centre de laquelle se dresse le monument aux héros du 10 août 1809, premier groupe à se battre pour l’indépendance du pays. Le lion blessé symbolise l’armée ibérique en déroute. Derrière lui, le drapeau espagnol, avec armes, canons et croix de l’évangélisation. Au-dessus, un condor brise ses chaînes. Symbole de la résistance et de la lutte.

À deux pas de là, une petite fontaine coule librement. Il fait bon vivre par ici. Difficile à croire que pendant plus de trente années, le quartier a été complètement abandonné, laissé à une pluie de marchands de rues, où la sécurité n’était pas vraiment de mise. Aujourd’hui, tout a changé. La police patrouille régulièrement et le quartier renaît littéralement de ses cendres.

Une grande quiétude règne au milieu de cette place. Mais il ne faut pas s’y tromper. Si aujourd’hui, le centre historique de Quito est apaisé, il cache pourtant derrière lui une histoire riche de rebondissements…
Car cette ville, longtemps avant l’arrivée des conquistadors espagnols, et encore avant la domination des Incas, fut autrefois le territoire du peuple des Quitu. Puis les Incas s’en emparèrent et y imposèrent leur culture et leur religion. L’Inca Atahualpa résidait d’ailleurs plus souvent à Quito qu’à Cuzco. Son palais se trouvait à l’emplacement de l’actuel palacio del Gobierno, qui se dresse à l’ouest de la Plaza de la Independencia.

À l’ombre des arcades du Palacio Municipal, à l’Est de la place, les marchands de rues côtoient les cireurs de chaussures. De petites boutiques ambulantes proposent des cigarettes et des petits en-cas.

Dans un coin de la place, des chanteurs et des accordéonistes psalmodient de vieilles chansons d’amour. Mélancolie. Qui se soucie encore de l’histoire tragique du centre historique quand les Conquistadors espagnols pénétrèrent dans Quito l’Inca ? Car à l’arrivée des Espagnols, le général Ruminahui, conscient de son infériorité, préféra détruire la ville plutôt que de la livrer aux envahisseurs.

Le premier conquistador, le général Sebastian de Benalcazar, fonda alors la nouvelle ville de Quito, le 6 décembre 1534. Les Espagnols détruisirent ce qu’il restait encore des temples Incas et utilisèrent les pierres pour construire sur les ruines de l’ancienne capitale inca.

Pas de trace, donc de la civilisation Inca dans Quito, au contraire de Cuzco. Les seuls vestiges historiques datent donc de l’époque coloniale. Et surtout ses innombrables églises et couvents des ordres franciscains, dominicains, jésuites et augustins.

En attendant de les découvrir, on se laisse happer par les danses et les musiques indiennes initiées sur la place. Dépaysement garanti.

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