Pourquoi visiter la cathédrale de Séville ?
Un monument unique
La cathédrale de Séville est la plus grande cathédrale gothique du monde et la troisième plus grande église chrétienne, un titre qui en fait un site exceptionnel. Construite à partir du XVe siècle sur l’emplacement d’une grande mosquée almohade, elle incarne la puissance de la Séville post-Reconquista et la superposition des cultures qui a façonné l’Andalousie. Ses dimensions colossales et son volume intérieur inspirent une impression immédiate de grandeur et d’humilité.
La Giralda, symbole éternel de la ville
Le clocher de la cathédrale, la Giralda, est l’ancien minaret de la mosquée, préservé et transformé en campanile. Cette structure de 104 mètres de haut, chef-d’œuvre de l’architecture almohade et Renaissance, est devenue l’emblème universel de Séville. Son ascension par des rampes intérieures offre une vue panoramique unique sur la ville et ses toits, récompensant l’effort par une perspective inégalée.
Un sanctuaire de trésors artistiques
L’intérieur abrite des œuvres d’art et des monuments d’une valeur inestimable. Le retable principal, considéré comme le plus grand retable du monde chrétien, est une œuvre exubérante de sculpture gothique sur bois doré. La chapelle royale renferme les tombeaux des rois de Castille, dont celui du roi Ferdinand III, et le monument funéraire dédié à Christophe Colomb. Les salles capitulaires et la sacristie renferment des peintures de maîtres comme Murillo, Goya et Zurbarán.
Un lieu de spiritualité vivante
Au-delà de sa dimension muséale, la cathédrale reste un lieu de culte actif et le siège de l’archidiocèse de Séville. Elle est le cœur des célébrations les plus importantes de la ville, notamment les fastueuses processions de la Semaine Sainte. Cette vitalité religieuse et culturelle en fait un espace où le patrimoine n’est pas figé, mais perpétué, offrant aux visiteurs une immersion dans la ferveur et les traditions sévillanes.
Comment visiter la cathédrale de Séville ?
Accès et localisation
La cathédrale de Séville est située en plein cœur historique de la ville, à l’adresse Avenida de la Constitución, s’élevant entre le quartier de Santa Cruz et les Archives générales des Indes. Elle est facilement accessible à pied depuis la plupart des points centraux. Les lignes de bus urbains ainsi que le tramway (arrêt « Archivo de Indias ») desservent également ses abords. Pour les visiteurs, l’entrée principale se trouve sur la Puerta del Príncipe, face à la place de la Virgen de los Reyes.
Horaires d’ouverture et conditions tarifaires
Les horaires de visite varient selon la période de l’année. Généralement, la cathédrale est ouverte du lundi au samedi de 10h45 à 18h00, et le dimanche de 14h30 à 18h30, avec une dernière entrée une heure avant la fermeture. L’accès est payant, avec un tarif plein avoisinant les 12 euros, incluant la visite de la cathédrale, de la Giralda et du Patio de los Naranjos. Des réductions sont prévues pour les étudiants, les retraités et les groupes, tandis que l’entrée est gratuite pour les résidents de Séville et les enfants de moins de 14 ans accompagnés.
Organisation de la visite :
Une visite complète demande au moins deux heures. Il est recommandé de commencer par la nef principale et le chœur, de s’attarder devant le retable majeur et le tombeau de Christophe Colomb, puis de parcourir les chapelles latérales et la sacristie. La montée à la Giralda, accessible par des rampes, est essentielle pour la vue panoramique. Enfin, la traversée du Patio de los Naranjos offre un moment de repos. L’achat de billets en ligne à l’avance est fortement conseillé pour éviter les longues files d’attente.
Conseils pratiques :
Pour éviter l’affluence, privilégiez une visite en début de matinée ou en fin d’après-midi. La cathédrale étant un lieu de culte actif, des messes peuvent avoir lieu et certaines parties peuvent être temporairement fermées ; il est utile de consulter le site officiel pour les éventuelles modifications d’horaires.
Cathédrale de Séville, un chef-d'œuvre d'architecture gothique
Dimanche 23 novembre. 16 heures bien tassées. Il est grand temps de retourner voir enfin la cathédrale. Avec un peu de chance, le roi ou l’infante d’Espagne a dû plier bagage avec ses gardes du corps. Bingo. Les festivités de ce matin ont disparu. Un beau ciel bleu a remplacé la grisaille du petit matin. Elle est pas belle, la vie ?
Du coup, le temps est idéal pour faire quelques clichés de cette cathédrale bâtie sur l’emplacement de la mosquée des Almohades, édifiée au XIIe s… et dont il ne reste plus que la célèbre Giralda. Le retentissement de la reconquête de Séville par Ferdinand II de Castille fut tel qu’il fallut bien construire une cathédrale monumentale pour faire oublier cinq siècles de domination musulmane ! Du coup, la cathédrale de Séville est la troisième du monde par sa taille après Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres.
Coup de chance, la file d’attente n’est pas bien longue. Ah oui, j’oubliais… En Espagne, il faut payer pour visiter une église. Non, mais je t’assure, moi. Ils sont fous ces Espingouins ! Ok, après, dix petites minutes d’attente, me voici dans la cour de l’entrée, puerta San Cristobal, au milieu de laquelle trône la copie de la fameuse girouette perchée au sommet de la Giralda. Impressionnant portail.
Une fois à l’intérieur, on comprend mieux la grandeur des lieux. Sensation de vertige. Claustrophobie. Cette cathédrale est gigantesque : 130 m de long pour 76 m de large. Des voûtes qui culminent à 56 m de hauteur ! Il y a tellement de choses à voir qu’on passe souvent à côté de l’essentiel. Les chapelles sont innombrables. L’or regorge dans chaque coin de l’édifice. Un miroir permet même d’explorer la voûte en détail.
Bon, pas le temps de traîner. Direction le Mausoleo de Colon, autrement dit le Mausolée de Christophe Colomb. Oui, oui… Ses restes sont paraît-il entreposés ici, transférés de Saint-Domingue, via Cuba, au XIXe s., première terre américaine qu’il découvrit… Même si Saint-Domingue (qui a également son tombeau !) soutient que ces fameux restes n’étaient pas ceux de Colomb.
Bon, ok, j’abrège. Juste pour dire que son tombeau est vraiment magnifique, porté par quatre chevaliers représentant les quatre grands royaumes d’Espagne : Léon tient une croix symbolisant la victoire du christianisme sur l’Islam (la grenade dans laquelle elle est plantée !), la Castille porte une rame, emblème de la découverte de l’Amérique ; Aragon est symbolisé par des chauves-souris, tandis que Navarre porte chaîne et fleurs de Lys.
À gauche du tombeau se trouve la Sacristie des Calices qui renferme une œuvre de Goya représentant Sainte Rufine et Sainte Juste, potières martyres du IIIe s, qui, selon la légende, descendirent de terre lors d’un tremblement de terre au XVIIe s pour soutenir la Giralda et l’empêcher de s’écrouler… Ouf, merci le Routard !
À côté encore, on passe dans la Sacristia Mayor qui renferme le trésor de la cathédrale. Style picaresque époque Renaissance décoré de beaux stucs ouvragés. Statuettes, bronzes, crucifix, ostensoirs, vierges, saints, reines et rois peuplent cette sacristie de toute beauté.
Enfin, on passe dans la pièce la plus éblouissante de la cathédrale, la salle capitulaire, à la perspective incroyable, achevée en 1592 et dont la coupole, en ovale, est ornée de huit saints peints par Murillo. La lumière filtrée par les panneaux de verre peints à la main, ciselés à l’or fin, est tout simplement éblouissante. Un véritable chef-d’œuvre. Sans conteste, la chapelle sixtine de la cathédrale de Séville.
Retour dans l’antichambre de la salle capitulaire, tout aussi finement ciselée, pour admirer le reste de la collection du trésor. Insensé !
Demi-tour gauche et je file droit vers le chœur de la cathédrale, la Capilla Mayor où se dresse un maître-autel dégoulinant d’ors et de sculptures. 220 m² de figurines sculptées ! 1.500 figures ciselées dans le bois de cèdre ! 1.200 kg d’or fin pour recouvrir tous ces visages bibliques. C’est bien simple, il s’agit là du plus grand retable du monde, commencé en 1482 et achevé en 1564. Il illustre 45 scènes de la vie du Christ et de la Vierge. Au centre, le tableau de la Nativité. La perspective est tellement bien réalisée qu’on ne se doute pas que la taille des personnages varie selon qu’ils s’élèvent vers le ciel.
En tournant le dos à la Capilla Mayor, on fait face au chœur de la cathédrale. C’est ici que les prêtres se réunissent, au milieu des stalles gothiques et sous l’immense orgue en acajou de Cuba du XVIIIe s. C’est d’ici que sort chaque année la patronne de Séville lors de la Semaine sainte, Notre-Dame des Rois. Au-dessus, les voûtes sculptées sont de toute beauté.
En retournant aux abords de la Capilla Real, hélas fermée au public, qui renferme le tombeau de Ferdinand III, le patron de la ville, il ne faut surtout pas oublier de jeter un coup d’œil sur ses bas-reliefs et sur les imposants vitraux qui filtrent la lumière du jour.
Enfin, avant d’aller grimper au sommet de la Giralda, passage obligé par la célèbre cour des orangers, dernier vestige de la grande mosquée de Séville. C’est ici que les musulmans faisaient leurs ablutions avant d’aller prier. On aperçoit encore les rigoles des canaux d’irrigation creusés par les Arabes. Inscriptions coufiques autour des portes… et fontaine datant de l’époque romaine !