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Cité de Patan, les grands temples autour de Durbar Square

Cité de Patan, les grands temples autour de Durbar Square

Lundi 20 novembre. Mon retour mouvementé à Katmandou me permettra au moins de prendre le temps de visiter la vallée de Katmandou. Du coup, ce matin, j’ai mis un point d’honneur à commander une excursion à Ram et à toute son équipe. Direction Patan et ses alentours. C’est dans cette ancienne cité royale, consacrée entièrement au culte du bouddha que je vais vraiment me rendre compte de la violence et de l’impact du tremblement de terre qui a touché en avril 2015 l’ensemble de la vallée.
Temples à moitié démolis, maisons en passe de s’effondrer, tas de pierres et de gravats, rues défoncées, chantiers de reconstruction… Où qu’on porte le regard à Patan, on comprend ici quelle a été l’ampleur du séisme qui a frappé la région.

Dieu merci, la merveilleuse fontaine qui ouvre la place est quant à elle parfaitement conservée. À la différence de Katmandou, à la fois hindouiste et bouddhiste, et de Bhaktapur, essentiellement hindouiste, Patan est une ville bouddhiste… Même si les rois Malla vénéraient principalement… Les dieux hindous ! Bref, selon la légende, la cité fut fondée par l’empereur bouddhiste Ashoka (250 av. J.-C.) qui fit élevé un stupa au centre et aux quatre coins de la cité.

Mais ce n’est qu’à partir de 1620 que Patan devint la capitale d’un royaume indépendant gouverné par les rois Malla. Elle connut son apogée au début du XVIIIe siècle dont témoignent les grands temples et le palais royal. Les séismes de 1934 et 2015 couplés au pillage de la ville au XVIIIe siècle par le roi Narayan Shah ont englouti des trésors artistiques.

Le caractère bouddhiste de la cité est mis en valeur par la présence de plus de 150 anciens monastères disséminés à travers la ville… Ironie du sort, c’est pourtant la partie la plus hindoue de la ville, Durbar Square, qui demeure l’emblème touristique de la ville, le palais royal oblige et les grands temples hindous qui lui sont associés sur la place.

Durbar Square est aujourd’hui un enchevêtrement d’échafaudages et de pierres afin de restaurer au plus vite les temples qui ont été frappés de plein fouet par le tremblement de terre.

La plupart des temples sont également soutenus par des étais afin qu’ils ne s’effondrent pas en attendant leur renforcement et leur restauration… Ce qui prendra sans doute des années.

À deux pas de là, de l’autre côté de la rue principale à l’entrée de laquelle se dresse le guichet (le prix a doublé depuis le séisme pour faire face à l’ampleur du chantier), la vie continue.

Une foule compacte d’habitants et de touristes s’entremêle en se promenant au milieu des rues encombrées par les étals des commerçants, les marchandises entreposées à même le trottoir et le ballet incessant des motocyclettes.

Et parfois, ce sont des femmes d’une même communauté que l’on croise, habillées tout de rouge.

Bon, faisons abstraction des démolitions engendrées par le séisme de 2015 et faisons un petit tour par le palais royal gardé par deux extraordinaires statues de lion, et sur la façade, cette magnifique peinture de roi malla.

Car ce sont bien les rois Malla qui ont donné ses lettres de noblesse à la cité de Patan, d’abord sous le roi Siddhinarasimha (1620-1661), puis sous le règne de Shrinivasa Malla (1661-1684) et enfin de Yoganarendra Malla (1684-1705). La cité connut alors son apogée dont témoignent les grands temples votifs et surtout le palais royal.

Allez zou, le temps de présenter mon billet et je pénètre dans le palais en traversant Manikeshava et Sundari chowk, deux jolies cours que je présenterai plus loin. Mais pour l’instant, direction le joyau du palais royal, la cour du Mul Chowk.

Au centre de Mul Chowk, on trouve le Tusha Hiti, un bassin qui servait aux bains rituels de la famille royale, lequel est considérée comme un chef-d’œuvre de l’architecture de pierre.

Interdiction formelle de pénétrer à l’intérieur du bassin qui a été rénové par grands soins avant le terrible tremblement de terre de 2015. Dieu merci, celui-ci a été épargné par le séisme.

Enfin, tout autour du bassin, comme dans les deux autres cours du palais, on peut admirer d’extraordinaires sculptures de divinités hindoues. Un vrai régal pour les yeux.

Enfin, impossible de décrire le palais royal sans évoquer la présence incontournable du Degutale temple et ses trois étages commandés par le roi de Katmandou, Shivasimba Malla (1578-1619) qui avait demandé à un de ses fils d’emmener avec lui la divinité tutélaire de la famille, la déesse Degutale, et de lui faire ériger un temple sur le modèle de celui de Katmandou.

Mul Chowk, au sud du musée de Patan, est le plus grand et le plus ancien des trois principaux palais du vaste édifice royal. Les bâtiments d’origine ont été détruits par un incendie en 1662, mais reconstruits seulement trois ans plus tard par Srinivasa Malla.

Au centre de la place se trouve le petit temple central de Bidyapith, au toit doré. Tout à côté, on peut voir un petit poteau de bois qui servait autrefois à protéger les animaux destinés aux sacrifices. La divinité centrale est Yantaju, une forme de Durga, et une divinité personnelle pour les rois Malla.

Sur le côté sud de la place se trouve le temple Taleju Bhawani, flanqué de statues des déesses de la rivière Ganga, sur une tortue, et Jamuna, sur un makara.

Partout autour de la place, les toitures sont surmontées de statues de bois sculptées. Étourdissant de beauté.

Manikeshava chowk est le plus petit des trois palais de l’édifice royal. Autour de la place s’articule une cour intérieure surmontée d’arcades. Rien de comparable toutefois avec Mul Chowk ou Sundari Chowk.

Au centre de la cour est édifié un petit temple gardé par deux statues de lions.

Pour bien se rendre compte de la violence du tremblement de terre de 2015, il suffit de s’attarder devant les grilles du temple d’Harishankara, actuellement en reconstruction, qui s’est en grande partie effondré. De ce magnifique temple, seules les deux statues d’éléphant qui en gardent l’entrée semblent avoir été épargnées. Des trois étages du fameux temple d’Harishankara, il ne reste aujourd’hui que le premier. Les autres sont en reconstruction. Un travail de fourmi pour les ouvriers et les maîtres d’œuvre qui devront se plier aux exigences de l’Unesco.

Un peu plus au nord de la place, le temple de Krishna semble avoir été miraculeusement épargné par le tremblement de terre. Tant mieux. Celui-ci fut construit en 1637 par le roi Siddhinarasimha Malla en s’inspirant des modèles moghols et d’un temple situé à Mathura, dans le nord de l’Inde.

Sa tour est entourée sur trois niveaux de pavillons ornés de colonnes et de galeries en arcades. Ses bas-reliefs reproduisent des scènes tirées des grandes épopées du Mahabharata. Ce temple est le principal sanctuaire dédié au culte de Krishna, qui se développe de plus en plus.

Le côté sud-est de la place est occupé par le temple de Taleju, reconnaissable à sa forme octogonale. De l’autre côté de la rue, impossible de passer à côté de sa grosse cloche installée en 1737.

Tout près de là se dresse le Bhimsen temple, construit par Srinivasa Malla en 1680. Il est renommé pour ses trois fenêtres dorées interconnectées. Bhimsen est un grand héros au Mahabharata. Il était connu pour être très courageux et fort. Il est vénéré comme un dieu des affaires et du commerce.

Tout au bout de la place, également détruit en grande partie par le séisme de 2015, voici ce qu’il reste du Swotha Krishna Mandir, et face à lui, le Swotha Narayan Temple.

Plus petit que le précédent, le Swotha Narayan Temple semble faire l’objet d’une grande vénération par les fidèles.

Il est dédié au dieu Narayan avec une maison de prière à côté, une Chaitya joliment sculptée et un Jarhun (réservoir d’eau).

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