Cuenca, autour de la Iglesia El Sagrario
Mardi 26 juin. Bonne nouvelle, Léa se sent bien mieux et renaît à la vie… et à la paresse ! Je la laisse donc se reposer à l’hôtel Casa San Rafaël pour aller explorer seul la belle ville de Cuenca, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, et accessoirement, connue comme la ville de la fabrication du fameux chapeau Panama. Eh oui, celui-ci est bien fabriqué traditionnellement en Équateur ! Première étape de ma journée d’excursion de la ville, l’ancienne cathédrale de la ciudad, aujourd’hui appelée la iglesia El Sagrario.
Si cette église est moins connue que sa rivale, la nouvelle cathédrale du Cuenca élevée sur la place principale de la ciudad, elle n’en demeure pas moins importante, puisqu’elle fut la première cathédrale de la ville, seulement désacralisée en 1981. Pourquoi importante, parce que sa première tour, aujourd’hui disparue, fut utilisée par le cartographe Condamine pour déterminer l’arc du méridien de l’Équateur.
À l’intérieur de la iglesa El Sagrario, on est bien loin des ors des grandes églises de Quito ou du Pérou. La sobriété est de mise. Parmi les chapelles latérales, seule la chapelle G. Hernandez vaut le coup d’œil avec son imposant retable en bois sculpté.
Des concerts de musique classique ou religieuse sont souvent organisés dans cette église qui possède une excellente acoustique.
À la sortie de l’église, je suis cueilli par une pluie fine qui colle à la peau et aux vêtements. Ce qui ne m’empêche pas de jeter un regard admiratif vers ces belles demeures coloniales dressées le long de la Calle Simon Bolivar.
Sans oublier les magnifiques arcades enserrant le Parque Calderon, la plaza mayor de Cuenca.
Contrairement à d’autres villes musées, à l’instar de la ciudad d’Antigua, au Guatemala, Cuenca est une cité très vivante où de nombreux marchés se tiennent chaque jour de la semaine, à l’image du marché aux fleurs de la plaza San Francisco.
La ville s’étend des deux côtés de la rivière Tomebamba. Si les quartiers modernes se concentrent plus facilement vers le sud, le centre colonial, au nord offre une vue d’ensemble sur les centaines de demeures coloniales magnifiquement restaurées.
Hôtel (comme ici la Casa San Rafaël où nous résidons), restos, musées… Toute l’activité touristique de la ville est concentrée sur le quartier colonial.
J’allais oublier. C’est dans un petit café, à deux pas de la plaza Santo Domingo que ce matin-là, j’assisterai au troisième match de poule de la France en Coupe du Monde, contre le Pérou. 1-0 pour les Français. Quel bonheur d’être ici !
L’avantage de cette concentration est pouvoir tout faire et tout visiter à pied. Nul besoin de taxis pour se déplacer.
Dans tout le quartier historique, les maisons coloniales, très bien restaurées, dominent largement. Classé en 1999 au patrimoine mondial de l’humanité, son centre historique est un modèle de ville Renaissance, bâtie sur un plan orthogonal et les critères imposés par Charles Quint (30 ans avant la fondation de la ville).
Cuenca est la troisième ville du pays en nombre de population. Capitale de la province d’Azuay, elle est située à 2.500 m d’altitude, au fond d’une vallée arrosée par les rios Tomebamba, Tarqui, Yanuncay et Machangara.
Partout dans la ville, on peut remarquer des travaux gigantesques… Il s’agit de la construction d’un tramway moderne, le premier de l’Équateur, qui viendra désengorger la ville et son quartier historique du flot des voitures.
Le chantier, hélas, s’éternise, et a déjà pris beaucoup de retard… Ce qui a le don d’agacer pas mal d’habitants, de restaurateurs et d’hôteliers. Mais bon, c’est l’Amérique du Sud, et il faut parfois prendre son mal en patience.
Pour découvrir la ville, il faut parfois pousser des portes et s’aventurer à l’intérieur des hostals de la place pour admirer de jolis patios à colonnes, fleuris et paisibles. Sur les marchés, l’artisanat reste florissant. En témoigne le magnifique marché aux fleurs de la Plaza San Francisco.
Plus tranquille que Quito, plus paisible aussi, le centre de Cuenca est un véritable havre de paix. C’est d’ailleurs ici que je trouverai un petit salon de thé où prendre une petite collation et un café tout en regardant quelques matches de la Coupe du monde.