Pourquoi visiter Parme ?
Parme incarne une quintessence de la culture italienne où l’art, la gastronomie et la musique se mêlent avec un raffinement rare. La ville révèle d’abord son patrimoine musical through le théâtre Regio, temple de l’opéra verdién où la acoustique fut perfectionnée pour les compositions du maître natif de la région. Non loin, la maison natale de Verdi à Roncole et le teatro Farnese reconstitué après-guerre témoignent de cette tradition lyrique.
Le palazzo della Pilotta et le duomo :
L’héritage des ducs de Parme se lit dans le palazzo della Pilotta, complexe monumental abritant la galerie nationale avec des œuvres du Corrège et du Parmesan, ainsi que le théâtre Farnèse en bois de sapin. Le duomo romanique conserve la coupole peinte par le Corrège, dont la fresque de l’Assomption révolutionna la perspective en plongée.
Sa gastronomie :
La gastronomie locale forme un triangle d’or : le parmesan affiné pendant 36 mois dans les caves humides, le jambon de Parme séché sur les collines ventilées, et le vin lambrusco aux bulles pourpres. Les caseifici (fromageries) et salumifici (prosciuttifici) se visitent sur réservation, dévoilant des savoir-faire millésimés.
Un urbanisme harmonieux :
L’urbanisme harmonieux mêle places médiévales (piazza Duomo) et jardins ducaux à la française. L’université fondée en 1117 maintient une vie intellectuelle vibrante, tandis que les ateliers de restauration de livres anciens perpétuent des techniques uniques.
Une densité culturelle :
Parme offre ainsi une densité culturelle hors des flux touristiques massifs, où chaque rue respire l’excellence artisanale et artistique qui en fit un duché rayonnant. Sa désignation comme “Créative de la gastronomie” par l’UNESCO couronne cette symbiose entre patrimoine vivant et innovation.
Comment visiter Parme ?
Pour visiter Parme, prévoyez deux jours pour explorer la ville et ses alentours. La ville se parcourt facilement à pied depuis la gare centrale, reliée à Milan par des trains directs (1h15, 15-25€).
Monuments et musées :
Le complexe de la Pilotta (12€) inclut le théâtre Farnèse, la galerie nationale et le musée archéologique. Horaires : 9h00-19h00 (fermé lundi). Le duomo (gratuit) et son baptistère (8€) ouvrent de 10h00 à 18h30. La camera di San Paolo (4€) révèle les fresques du Corrège dans l’ancien couvent.
Expériences gastronomiques :
Fromageries comme le Caseificio Ugolotti (visite à 15€ sur réservation) ou Salumificio La Perla pour le jambon (10€). Cours de cuisine chez Anna Maria Monici (70€/4h). Marché alimentaire via Farini le matin.
Transport local :
Bus urbains (1,50€ le ticket) desservent la périphérie. Vélos en location (10€/jour) près de la gare. Pour Roncole Verdi (maison natale), bus 2100 jusqu’à Busseto (45 minutes).
Billets combinés :
La Carte Parme (20€/48h) donne accès à 5 musées et réductions chez des producteurs. Réservation conseillée pour les visites de fromageries en semaine.
Logistique :
Évitez août (fermetures annuelles des artisans). Printemps et automne idéaux pour les festivals gastronomiques. Hébergement : centre historique pour le charme, zone gare pour les budgets.
Durée de la visite :
Une journée supplémentaire permet d’explorer les châteaux de la région (Fontanellato, Torrechiara) via les lignes de bus 2100/2200. Les offices du tourisme proposent des cartes des sentiers cyclables le long du Pô.
Du duomo au centre historique, les trésors cachés de Parme
Mardi 2 juillet. Chouette alors ! Toute une matinée rien que pour moi tout seul pour profiter de la ville de Parme ! Une vraie bouffée d’oxygène après le sketch de la veille où Machin Chose a tapé son caprice parce qu’il ne mangeait pas à la terrasse du restaurant que le Routard m’avait recommandé. Les meilleures pizzas de la ville dans une salle en forme de navire… Un vrai régal !
Allez zou, on oublie tout ça, et on part à la découverte des trésors cachés de Parme. Passé le superbe quartier de l’université, je file droit vers la place du Dôme.
Pas une seconde d’hésitation, direction le Battistero. Commencé en 1196 et achevé en 1307, il reste l’un des plus importants baptistères du monde chrétien… et fonctionne toujours ! Bâti sur un plan octogonal parfait, construit en marbre rose, il marque la transition entre l’art roman et le gothique.
Une fois à l’intérieur, quelle claque ! Les niches et les coupoles sont décorées de fresques du XIIIe, XIVe et XVe siècle, représentant des scènes de la vie du Christ et de ses apôtres. La représentation des mois et des saisons est aussi de toute beauté. À l’extérieur, les sculptures d’Antelami au-dessus des trois portails sont à couper le souffle.
À peine sorti de baptistère, je file droit vers le duomo. Là encore, quelle beauté ! Dommage que le campanile soit hérissé d’échafaudages… Grrrrrrrr… Consacrée en 1106, la cathédrale de Parme est de style roman. Deux magnifiques lions gardent son portail du XIIIe s. Au-dessus, une frise raconte les mois de l’année… En novembre, on tuait déjà le cochon pour faire le jambon de Parme ! Une fois à l’intérieur, le festival continue. L’Assomption de la Vierge du Corrège décore la coupole. Des bas-reliefs recouvrent tous les murs. La Descente de croix d’Antelami, dans le transept droit, est saisissante.
Une petite balade en ville permet de mieux apprécier le centre historique. Quel pied de pouvoir se promener librement dans la ville sans la pression de mes deux ados ! Du coup, je comprends mieux la richesse du passé de cette ville, capitale des Farnese pendant deux siècles qui y attirèrent les plus grands artistes. Le Parmesan et le Corrège y décorèrent de nombreux monuments. Parme est la ville la plus raffinée d’Emilie-Romagne.
Cent petits mètres à pied, et me voilà face au célèbre Palazzo della Pilota, imposant palais du XVe siècle qui regroupe aujourd’hui la Galerie Nationale de Parme, le théâtre Farnese et le musée archéologique.
Le Palazzo della Pilota abrite un joyau du XVIIe siècle : le théâtre Farnese. Inauguré en 1628 à l’occasion de l’union entre les Farnese et les Medicis. Sa capacité d’accueil s’élève à 5.000 places assises, soit le plus grand théâtre privé d’Europe pendant de longues années. Deux séries de loges surplombent les gradins. Des niches encadrent la scène. L’ensemble fait de bois et de stuc forme une harmonie parfaite. Depuis la scène, la profondeur de la salle ovoïdale apparaît nettement. Quel spectacle ce devait être lorsque les trois coups étaient donnés.
Dernière étape de cette belle matinée de découverte : la Galerie nationale de Parme. Fondée par les ducs de Parme, et enrichie par l’impératrice Marie-Louise d’Autriche, c’est une des galeries de peinture les plus importantes d’Italie. Salles aérées, modernes, voire futuristes accueillent quelques-uns des plus grands trésors de la peinture italienne et flamande.
À voir pour les Fra Angelico (Florence n’est pas très loin…), La Scapigliata de Léonard de Vinci, le Greco, Le Tintoret, Van Dyck, Bruegel, ou Canaletto. Mais à voir surtout pour les œuvres du Parmesan et du Corrège, les deux peintres de la région. Sans oublier L’Esclave turque du Parmesan, jeune femme coiffée d’un ruban turc orné d’un motif de Pégase, pour son regard bleu divinement coquin.