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Everest Base Camp, la montée vers Namche Bazar

Everest Base Camp, la montée vers Namche Bazar

Dimanche 12 novembre. Lever à 8 heures, petit-déjeuner à 8 h 30, départ à 9 heures, tel va être notre rythme de vie pendant toute la durée du trek et la montée vers le camp de base de l’Everest. Pour l’ascension, Sashee sera notre guide. Oui, oui, c’est lui avec sa casquette rouge et son cache-poussière.

Aujourd’hui, six heures de marche nous attendent. Toute la première partie du trek, jusqu’au déjeuner, doit nous conduire jusqu’à Jorsale (2.850 m), dernier village avant Namche Bazar.

On quitte donc Phakding de bon matin tout en prenant soin de passer à gauche des rochers de prières censés nous protéger de toutes les misères du monde.

Dès la sortie du village, on passe emprunte de nouveau le pont suspendu, puis on longe un bon moment la rivière de lait, on grimpe et on redescend vers la rivière pour passer de l’autre côté. Là, on regrimpe encore plus haut, on marche de nouveau le long du cours d’eau et on replonge une nouvelle fois vers la rivière.

Nous ne le ferons pas moins de cinq fois aujourd’hui. Éprouvant pour le corps, mais surtout pour les têtes. Je commence à comprendre que grimper jusqu’à l’Everest base camp nécessite plus de volonté et de mental que de réelles capacités physiques.

Cette fois, nous pénétrons au cœur du Parc national de Sagarmatha. L’entrée officielle passe au nord de Monjo. Là, tous les tickets d’entrée pour le parc sont contrôlés, les permis de trek sont délivrés. Sashee les gardera pour nous pendant toute la durée du trek. Pas question de les perdre en chemin.

En chemin, on croise de nombreuses maisons de thé et des lodges. Et moi qui pensais que les conditions allaient être spartiates et que nous allions être privilégiés en dormant dans des tea-houses. Allez zou, on tourne le moulin à prières et on continue notre route.

Dans tous les villages que nous croisons, les enfants nous saluent. Ici, un jeune Népalais qui se destine à devenir moine.

Sur la route de Namche Bazar, on traverse le village de Monjo. Toujours des tea-houses et des lodges. Et plus encore, le sourire de tous les habitants. Des enfants se rendant à l’école se laissent prendre en photo. La plus petite me fait quelques grimaces. Trop mignon.

La route se poursuit en direction de Jorsale. Des habitations de sherpas poussent tout au long du parcours. Des murets de pierre encadrent le chemin.

À la sortie de Monjo, après vérification de nos permis de trek à l’entrée du parc national de Sagarmatha, on passe sous une imposante porte dressée là en l’honneur du Bouddha. Décorations sublimes, mandalas peints au plafond et moulins à prières à faire tourner au passage.

Puis le chemin longe une fois encore la Dudh Kosi. Ici, la rivière de lait se rétrécit un peu, mais ce n’est que pour grossir un peu plus haut dans la vallée.

On traverse de nouveau un pont suspendu au-dessus de la Dudh Kosi. Au loin, dressé sur l’horizon, on aperçoit la pointe blanche de l’Everest. Magique.

Après le pont, on regrimpe encore tout ce qu’on vient de descendre de l’autre côté de la rive. Le chemin est épuisant pour les nerfs et pour le moral. Monter, descendre, remonter, on ne fera que ça aujourd’hui.

Et de nouveau, nous retraversons un pont suspendu au-dessus de la rivière de lait.

Cette fois, le flot de la rivière de lait semble plus fort. On s’approche de son point culminant.

Au loin, un nouveau pont suspendu nous attend. Mais avant ça, il faut encore monter.

Enfin, nous arrivons au double-pont suspendu. Nous empruntons le plus haut. L’autre est désormais hors-service. Des drapeaux de prières sont attachés aux filins en acier.

Après un solide déjeuner dans une tea-house de Jorsale (ouf ! Ça fait du bien de s’arrêter !), on reprend notre chemin vers Namche Bazar. Et du coup, pour commencer, nous reprenons un pont ! Tiens, comme c’est bizarre.

Bon, autant le dire tout de suite, l’ascension finale vers Namche Bazar n’est pas une partie de plaisir. Ça grimpe dur et le dénivelé entre Jorsale (2.850 m) et Namche Bazar (3.440 m) sera l’un des plus importants auquel nous aurons à faire face.

Entre les deux localités, nous allons traverser de nouveaux ponts suspendus. Et parmi eux, sans doute le plus célèbre : le Hillary Bridge. Ce pont, suspendu très haut au-dessus de la rivière de lait et orné de drapeaux à prières, fut financé par sir Edmund Hillary lui-même, le premier homme à avoir escaladé jusqu’au sommet de l’Everest.

La véritable ascension se fait quasiment en pleine forêt. On longe d’abord la rivière qui s’écoule au fond de la vallée, puis on s’enfonce au cœur d’une forêt de conifères.

L’agréable sentier de randonnée a laissé place à la caillasse et aux épais blocs de roches. C’est dur. Très dur, même.

Entre deux gros efforts, j’essaie de relever la tête pour admirer le paysage. La forêt grimpe les flancs de la montagne. Au fond, tout au fond, on aperçoit le pic blanc de l’Everest et des autres sommets himalayens.

Puis je prends la route. Le chemin est très dur, la montée ardue, et l’air commence à se raréfier. Je commence à comprendre que ce trek vers le plus haut sommet du monde ne va vraiment pas être une partie de plaisir. Sashee commence à la comprendre lui aussi et m’encourage. Je préfère le dire tout de suite : sans lui, jamais je ne serais parvenu jusqu’au sommet du Base Camp. Jamais.

Les derniers hectomètres de la montée sont vraiment très compliqués. Il faut s’accrocher. Le chemin grimpe de folie et serpente à travers les pins et les sapins. C’est dur. Je prends tout mon temps. Pas question de me griller dès le deuxième jour de la montée.

Enfin, au détour d’un virage, les habitations de Namche Bazar accrochées aux flancs de la montagne apparaissent. Il ne reste plus que quelques centaines de mètres à monter. L’espoir et la bonne humeur reviennent aussitôt. Pas question d’aller plus loin sans faire une photo avec Sashee. Sans lui et ses encouragements, je n’y serai jamais arrivé.

Namche Bazar est la capitale des Sherpas. Enfin, nous y sommes. Perchée à 3.440 m d’altitude, elle est le centre économique, touristique et administratif de toute la région. Ici, on trouve tout ce dont on a besoin : des lodges pour dormir, des cafés, des restaurants, des boutiques et des magasins de souvenirs. Et surtout, de quoi recharger gratuitement téléphones portables, appareils photo et autres ordinateurs… Car, je vais bientôt le découvrir. Tout est payant par ici : électricité comme wi-fi. Et plus on monte, plus c’est cher !

En attendant, je passe le joli stupa blanc qui marque l’entrée de la ville, et je pénètre dans ses ruelles abruptes et difficiles d’accès.

Le chemin vers le centre de la cité se fait par une rue bordée par des temples. Puis très vite, le sentier se raccourcit et mène à des rues aux escaliers abrupts et aux montées vertigineuses. Enfin, arrivé à l’hôtel, c’est la délivrance. On laisse nos affaires dans la chambre, on boit du thé au citron et on fait un petit tour dans la ville. Les épiceries sont légion. Dans l’une d’elles, je vais m’acheter un dentifrice à la pâte rouge et épicée ! Il faut vraiment avoir envie de se brosser les dents !

Pas question d’entreprendre une nouvelle randonnée aujourd’hui. L’idée, c’est de se reposer au maximum. On squatte donc un bar pour recharger les batteries (au propre comme au figuré !) et on discute avec un couple de Marseillais dont le fils vient tout juste d’être évacué après avoir été saisi par le Mal aigu des montagnes dans la montée de Lobuche.
Au-dessus de nos têtes tournent les hélicos de l’armée chargés des évacuations vers Katmandou. Et si on parlait d’autre chose, non ? À partir d’aujourd’hui, le sujet restera tabou. Personne ne souhaite échouer avant la montée finale vers le Base Camp. D’autant plus que Pierre et moi avons la tête qui tourne… La fameuse barre du MAM… Du coup, ce soir, on se couchera de bonne heure. Demain est une journée d’acclimatation. On a bien besoin de ça pour continuer l’aventure.

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