Pourquoi visiter la cathédrale et la chapelle royale à Grenade ?
Un symbole de la Reconquête et du pouvoir chrétien
La cathédrale de Grenade fut édifiée par la volonté des Rois Catholiques après la prise de la ville en 1492, sur l’emplacement de la grande mosquée. Sa construction, qui s’étala sur plus de deux siècles, visait à affirmer la victoire du catholicisme et à établir Grenade comme une cité chrétienne majeure. Elle représente ainsi l’acte fondateur de la Grenade moderne et incarne la transition du pouvoir de la dynastie nasride à la monarchie espagnole.
Un chef-d’œuvre architectural
Conçue initialement dans un style gothique, la cathédrale fut principalement bâtie à la Renaissance sous la direction de Diego de Siloé, qui en fit l’une des œuvres les plus harmonieuses et audacieuses de ce mouvement en Espagne. Sa façade, ses hautes voûtes et sa lumineuse Capilla Mayor illustrent l’équilibre entre la tradition gothique et les nouveaux canons classiques. L’intérieur, à la fois grandiose et élégant, contraste avec la sobriété extérieure de nombreux édifices religieux de la ville.
La chapelle royale, sépulture des Rois Catholiques
Adjacente à la cathédrale, la chapelle royale (Capilla Real) fut spécifiquement construite pour abriter les tombeaux des Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, ainsi que de leurs successeurs Jeanne la Folle et Philippe le Beau. C’est un mausolée d’une richesse artistique exceptionnelle, mêlant le style gothique flamboyant à l’artisanat mudéjar. Elle conserve également un trésor d’objets personnels des souverains, offrant une proximité tangible avec ces figures historiques décisives.
Une double visite essentielle pour comprendre l’histoire de l’Espagne
Visiter ces deux monuments complémentaires permet de saisir le projet politique, religieux et culturel des Rois Catholiques, qui firent de Grenade le symbole de l’unité espagnole et le point de départ de l’empire. La cathédrale et la chapelle royale forment le cœur historique et spirituel de la Grenade chrétienne, offrant une plongée dans l’art, la piété et les ambitions d’une dynastie qui changea le destin du pays et du monde.
Comment visiter la cathédrale et la chapelle royale à Grenade ?
Localisation et accès aux monuments
La cathédrale de Grenade et la chapelle royale (Capilla Real) sont situées en plein cœur du centre historique, sur la Gran Vía de Colón et la rue Oficios, à deux pas de la Madraza et de l’Alcaicería. Elles sont facilement accessibles à pied depuis la plupart des points d’intérêt du centre. Les lignes de bus urbains desservant la Gran Vía et les taxis sont nombreux dans ce secteur. Les visiteurs arrivant en voiture devront se stationner dans les parkings souterrains payants des alentours, comme celui de la rue Ángel Ganivet.
Horaires d’ouverture et tarifs d’entrée
Les horaires varient selon la saison. La chapelle royale est généralement ouverte du lundi au samedi de 10h15 à 18h30, et le dimanche de 11h00 à 18h00. La cathédrale ouvre du lundi au samedi de 10h00 à 18h30 et le dimanche de 15h00 à 17h45. Les deux monuments peuvent fermer plus tôt les jours de fête religieuse. L’entrée à la chapelle royale est d’environ 5 euros, et celle de la cathédrale de 5 euros, avec des tarifs réduits pour les étudiants et seniors. Des billets combinés sont parfois proposés.
Organisation de la visite et points d’intérêt
Une visite complète des deux sites demande environ deux à trois heures. Il est recommandé de commencer par la chapelle royale pour se concentrer sur les tombeaux des Rois Catholiques, le retable, la sacristie-musée et son trésor. Ensuite, la cathédrale impressionne par ses dimensions, sa Capilla Mayor, le retable principal et les nombreuses chapelles latérales. Les deux sites proposent des audioguides informatifs, souvent inclus dans le prix d’entrée.
Conseils pratiques :
Pour éviter les longues files d’attente, fréquentes en haute saison, une réservation en ligne des billets est fortement conseillée. Une tenue vestimentaire respectueuse est exigée (épaules couvertes, pas de shorts courts). La photographie est généralement interdite à l’intérieur de la chapelle royale, mais souvent autorisée sans flash dans la cathédrale. Enfin, la visite peut aisément être combinée avec celle de l’Alcaicería (ancien marché de la soie) et de la Madraza voisines.
Grenade, la cathédrale et la chapelle royale
Jeudi 27 novembre. Temps de chien, aujourd’hui. La visite de l’Alhambra s’annonce mal. Mais pas le choix, impossible de changer la date de réservation. Ok, je prie encore le ciel pour qu’il s’ouvre et laisse enfin passer le soleil, puis je file en direction de la cathédrale.
Cathédrale de Grenade. Commencée au XVIe siècle en style gothique et achevée des décennies plus tard en style Renaissance. Depuis l’extérieur, ou plutôt l’étroit parvis qu’il faut chercher depuis Gran Via Colon, la façade n’est pas des plus flamboyante, mis à part ce superbe bas-relief qui surplombe le portail principal.
Une fois à l’intérieur de la cathédrale, la sensation de froid s’atténue un peu. Photos interdites. Aïe ! Photos volées, mon Loulou, pas grand monde à l’intérieur pour interdire mon Nikon. Passées les cinq nefs de la cathédrale, il faut se rendre directement à la Capilla Mayor, haute de 45 mètres, où se dressent statues d’apôtres et toiles de maîtres. À voir aussi les magnifiques orgues du XVIIe siècle. Pour le reste, on peut filer directement à l’étape suivante : la Capilla Real.
La Capilla Real, on y est justement. Enfin, après avoir compris qu’il fallait encore contourner la cathédrale dans le sens inverse de l’arrivée… Une fois devant le parvis, on comprend mieux la lutte des classes. La Capilla Real, c’est un peu comme le coin VIP de la religion, l’endroit où sont conservées les dépouilles des rois catholiques.
Une fois à l’intérieur, on comprend mieux le carré VIP des dépouilles des rois catholiques où reposent Isabel la Catholique et Ferdinand d’Aragon. À côté des cénotaphes en marbre de Carrare, ont été placées les dépouilles de Jeanne la Folle (fille d’Isabelle et mère de Charles Quint) et de Philippe Le Beau, son époux.
Les sarcophages se trouvent dans la crypte, sous les cénotaphes. Si on lève les yeux, on accroche immédiatement du regard l’immense retable qui couvre le mur. Il relate la prise de Grenade et la conversion massive des Maures. À droite enfin, se trouve le musée. Collection d’œuvres flamandes de la reine Isabelle : Descente de croix de Hans Meiling et de Roger Van der Weyden… Il y a même un Botticelli… Enfin, on peut voir sous une vitrine bien protégée l’épée de Ferdinand et le sceptre de la reine Isabel.