Pourquoi visiter le bazar à Izmir ?
Un labyrinthe historique
Le bazar de Kemeraltı s’est développé depuis le XVIIe siècle autour du port historique d’Izmir, formant un dédale de ruelles couvertes et de cours. Contrairement aux bazars ultra-touristiques d’Istanbul, il conserve une atmosphère largement authentique, fréquenté quotidiennement par les habitants. On y trouve des traces des communautés grecque, juive et arménienne qui ont façonné la ville, comme la Synagogue Beth Israël ou l’église Saint-Polycarpe.
Une expérience culinaire
Le bazar est une explosion de couleurs, d’odeurs et de sons : des montagnes d’épices (piment d’Alep, sumac, herbes), des étals d’olives et de fromages locaux, des pâtisseries turques fraîches et le célèbre café de Mırra. C’est le lieu idéal pour déguster des spécialités de rue comme le boyoz (pâtisserie sépharade) ou les şambali (gâteaux au sirop), et pour s’asseoir dans un vieux café pour un thé ou une partie de tavla (backgammon).
L’artisanat traditionnel
On y trouve encore des artisans spécialisés : fabricants de savons naturels (laurier, olive), tisserands de kilims, joailliers travaillant l’or, et potiers. C’est aussi le meilleur endroit pour acheter des figues séchées et des raisins de Smyrne (origine géographique protégée), ainsi que des produits régionaux comme l’huile d’olive de l’Égée ou le fromage de berger (tulum peyniri).
Un lieu de vie et d’échanges
Le bazar reste un espace social vital pour les Izmiriotes, où l’on négocie poliment, où les commerçants partagent volontiers un thé et des histoires. L’ambiance y est chaleureuse et moins pressante qu’à Istanbul. C’est un excellent observatoire de la vie quotidienne en Turquie, entre tradition et modernité.
Comment visiter le bazar à Izmir ?
Localisation et accès :
Le bazar d’Izmir, connu sous le nom de Kemeraltı, est situé dans le district de Konak, entre la place du même nom (avec sa tour horloge) et le port historique. Il est facilement accessible par les transports en commun, notamment par la ligne de métro M1 (station Çankaya) et de nombreuses lignes de bus qui desservent l’arrêt Konak. Pour les visiteurs séjournant dans le quartier d’Alsancak ou le long du front de mer (Kordon), une agréable marche d’environ quinze à vingt minutes permet de rejoindre l’entrée principale près de la mosquée Hisar.
Horaires d’ouverture :
Le bazar est principalement actif du lundi au samedi, généralement de 9h00 à 19h00. La plupart des échoppes ferment le dimanche, à l’exception de quelques restaurants et cafés. Pour profiter pleinement de l’ambiance et éviter la foule dense ainsi que la chaleur estivale, il est conseillé de s’y rendre en matinée, entre 10h00 et 13h00. L’heure du déjeuner (13h-14h) peut voir certains commerces temporairement fermés.
Les incontournables
Une visite complète nécessite au moins deux à trois heures. Il est recommandé de se laisser guider par la curiosité dans le labyrinthe de ruelles couvertes, tout en veillant à ne pas manquer quelques points centraux : le marché aux épices (Baharatçılar Çarşısı), le caravansérail historique de Kızlarağası et les ruelles des artisans spécialisés (joailliers, fabricants de savon). La dégustation de spécialités locales comme le boyoz ou le şambali fait partie intégrante de l’expérience.
Conseils pratiques :
Prévoir des liquidités en livres turques est essentiel, les cartes bancaires n’étant pas systématiquement acceptées par les petits commerçants.
Izmir, à la découverte du vieux bazar
Jeudi 17 mai. Après l’Agora, je traverse une partie de la vielle ville (merci mon google maps !) pour prendre la direction de la mer et du vieux port de la ville. En chemin, mes pas me font traverser une grande partie du bazar de la ville. J’arrive sur une magnifique petite place ombragée peuplée de cafés et de restaurants. Un endroit hyper paisible et enchanteur.
Ici, on est très loin de la cohue des bazars d’Afrique du Nord. On est loin des labyrinthes de Marrakech. Les rues sont assez larges pour faire passer des voitures et les commerces particulièrement bien achalandés. Un peu trop propres à mon goût !
Restent les couleurs des produits présentés, les parfums des épices et les odeurs des cuisines des nombreux restaurants qui peuplent les rues. Le charme à l’oriental.
Toutefois, on est très loin des grands bazars d’Istanbul. Et pour cause, le quartier commerçant de la ville a été entièrement détruit par le grand incendie de 1923… qui se déclara 4 jours à peine la prise de la ville par les Turcs aux mains des Grecs depuis le traité de Sèvres.
Côté boutiques, rien d’extraordinaire non plus. La vérité, c’est que les boutiques finissent par toutes se ressembler et proposent à peu près toute la même camelote. Hyper décevant ! Quel dommage car l’emplacement du bazar est plus que millénaire, au carrefour de trois quartiers principaux de la ville : celui des Grecs et des Levantins au nord, celui des Juifs au sud, et celui des Turs qui escaladait les pentes du mont Pagos.
Certes les épices sont toujours là pour donner sa couleur orientale à ce grand bazar, mais il manque une véritable âme à ce quartier… très fréquenté des touristes qui viennent là acheter des souvenirs (l’embarras du choix !) et se restaurer.
À l’ombre de quelques places ombragées qui abritaient autrefois un caravansérail, on peut aussi s’attabler et commander un thé. Un moment hors du temps.