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Izmir, au cœur du musée d’Art et d’Histoire

Pourquoi visiter le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir ?

Un panorama archéologique de l’ancienne Smyrne

Le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir (İzmir Arkeoloji ve Etnoğrafya Müzesi) offre une synthèse précieuse des civilisations qui se sont succédé dans la région égéenne, de la préhistoire à l’époque ottomane. Ses collections, issues des fouilles de sites majeurs comme Éphèse, Pergame ou Smyrne elle-même, permettent de retracer l’histoire complexe de l’Anatolie occidentale. Les pièces exposées, allant des figurines cycladiques aux statues romaines, témoignent du rôle de carrefour culturel et commercial de cette zone.

Des chefs-d’œuvre sculpturaux :

Le musée abrite des œuvres exceptionnelles qui justifient à elles seules la visite, notamment les statues en marbre de Déméter et de Poséidon découvertes sur l’agora de Smyrne, ainsi que le Socrates à la faucille provenant de l’ancienne bibliothèque d’Éphèse. La qualité artistique de ces sculptures et leur état de conservation remarquable offrent un contact direct avec le génie des ateliers antiques de la région, à l’apogée de leur production.

Une immersion  à travers les âges

Au-delà des pièces monumentales, le musée présente une riche collection d’objets de la vie courante, d’armes, de bijoux et de monnaies anciennes qui éclairent les pratiques sociales, religieuses et économiques des habitants de l’ancienne Smyrne. Les salles ethnographiques complètent ce tableau en présentant des artefacts de la période ottomane et des traditions locales, créant ainsi un dialogue entre l’antiquité et l’héritage plus récent.

Une muséographie pédagogique

Installé dans un bâtament moderne et bien conçu à Bahribaba Park, le musée propose une muséographie claire avec des notices explicatives en turc et en anglais. La visite, à la fois instructive et agréable, s’effectue dans des espaces lumineux qui mettent en valeur les collections. Elle constitue ainsi un complément essentiel à la découverte des sites archéologiques environnants, offrant les clés pour en comprendre pleinement l’importance historique et culturelle.

Comment visiter le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir ?

Localisation et accès au musée

Le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir (İzmir Arkeoloji ve Etnoğrafya Müzesi) est situé dans le parc Bahribaba, à Konak, entre le front de mer (Kordon) et le quartier de Basmane. Il est facilement accessible par les transports en commun, notamment la ligne de métro M1 (station « Konak »), suivie d’une courte marche, ou par de nombreuses lignes de bus desservant l’arrêt « Konak ». La proximité du centre-ville et du quartier historique en fait une visite facile à intégrer dans une journée de découverte.

Horaires d’ouverture et tarifs d’entrée

Le musée est généralement ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 17h30, avec une dernière entrée une heure avant la fermeture. Il est fermé le lundi et les jours fériés officiels. Le prix d’entrée est très abordable, environ 50 livres turques (moins de 2 euros), avec souvent des réductions pour les étudiants et les groupes. Il est recommandé de vérifier les horaires et tarifs à jour sur le site officiel du ministère de la Culture et du Tourisme avant la visite.

Organisation de la visite et points d’intérêt

Une visite complète nécessite environ deux heures. Le parcours, chronologique et thématique, guide le visiteur à travers les salles d’archéologie, présentant des artefacts de l’âge du bronze, des périodes grecque, romaine et byzantine, puis les salles d’ethnographie consacrées à la période ottomane. Les incontournables incluent les statues de Déméter et Poséidon, les sculptures de l’agora de Smyrne et les collections de verrerie ancienne. Des panneaux explicatifs en turc et en anglais accompagnent les œuvres.

Conseils pratiques :

Pour éviter l’affluence, privilégiez une visite en matinée en milieu de semaine. La photographie sans flash est généralement autorisée. Le musée étant situé dans un parc, une promenade avant ou après la visite permet de profiter des espaces verts et de la vue sur la baie. Enfin, combinez cette visite avec la découverte de l’Agora antique de Smyrne, située à environ quinze minutes à pied, pour une immersion complète dans l’histoire de la ville.

Izmir, au cœur du musée d'Art et d'Histoire

Jeudi 17 mai. Niché au cœur du Kulturpark, le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir est incontournable. Autant le dire tout de suite, il est un des plus beaux musées archéologiques du monde qui m’ait été donné de voir. Une muséographie parfaite, des salles aérées et une collection à couper le souffle qui reflète bien évidemment de la richesse et de l’importance de Smyrne dans l’Antiquité grecque et romaine.

Plusieurs thèmes sont abordés à travers les multiples salles du musée. Et il ne faut surtout pas manquer l’extraordinaire collection liée au thème des gladiateurs, preuve de l’importance de la cité sous la domination romaine. Les combats y étaient non seulement fréquents, mais de nombreux gladiateurs choisirent de se faire inhumer ici, près des arènes (aujourd’hui détruites ou englouties sous terre), ou près des écoles de gladiateurs. De nombreuses sculptures et bas-reliefs témoignent de l’importance des combats, et donc de la richesse de Smyrne.

La salle principale du musée abrite bon nombre de sculptures, de statues, de groupes et, dans les salles latérales, de pierres tombales, de tombeaux, sarcophages et autres bas-reliefs.

Parmi tous les chefs-d’œuvre exposés, impossible de passer à côté du groupe monumental de Poséidon entouré de Demeter et d’Artemis, dont il ne subsiste, hélas, que la partie inférieure. Cette colossale réalisation, caractéristique de l’art impérial romain du IIe siècle, ornait l’Agora de Smyrne après sa reconstruction par l’empereur Marc-Aurèle, suite au séisme de 178.

Preuve encore de l’importance de la culture grecque dans l’histoire de la cité antique de Smyrne, cette exceptionnelle statue d’Athéna. Une des mieux conservées à ce jour de la grande déesse, symbole de la toute-puissance de la ville d’Athènes.

Dans la première salle latérale du hall principal d’exposition, il ne faut surtout pas manquer cet extraordinaire (et je pèse mes mots !) sarcophage romain d’une riche famille de Smyrne.

De fines sculptures et bas-reliefs ornent chaque face du sarcophage. Les sculptures sont d’une finesse incroyable, toutes ornées de guirlandes de feuilles de chêne rehaussant la beauté des visages. On ne peut rester que subjugué devant tant de délicatesse.

Bon, il n’y a pas à dire. Il existe quelques musées dans le monde qui permettent de réaliser des clichés hors du commun. À nul doute, le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir fait partie de ceux-là. En deux mots : je m’éclate ! Mon 35 mm fait feu de tout bois dans cet univers d’art et d’archéologie. Cette sublime sculpture d’Aphrodite par exemple.

Une série de statues de déesses décapitées ensuite.

Et plus loin, un autre des chefs-d’œuvre du musée : la statue monumentale de Kaitros, personnification de Caystre, le fleuve d’Éphèse, sous les traits d’un homme barbu, tenant une corne d’abondance dans sa main gauche.

Les boucles de sa chevelure et de sa barbe sont encore dégoutantes d’eau, ruisselantes, formant des paquets de poils et de cheveux. Sublime de beauté.

Et que dire de cet autre buste de divinité romaine qui semble regarder au loin, vers les allées du musée, en quête d’un hypothétique fidèle. Ma photo préférée.

Plus loin, dans d’autres salles adjacentes au hall principal, je retrouve d’autres séries de bas-reliefs romains appartenant à des tombes de riches familles de marchands.

Il faut admirer la finesse et la richesse des traits de ces sculptures réalisées à l’apogée de la cité antique, entre le Ier et le IIIe siècle apr. J.-C.

Un peu plus loin dans la galerie principale, on reste sans voix devant la finesse du drapé de cette autre statue antique, déesse grecque que les premiers Chrétiens n’ont pas hésité à décapiter pour mettre un terme aux anciennes divinités.

Je poursuis la visite de la galerie principale consacrée aux sculptures et bas-reliefs retrouvés lors des fouilles des principaux sites archéologiques autour de Smyrne, Éphèse, Cesme et Sardes inclus.

Une série de bustes, tous plus beaux les uns que les autres, sont exposés à la sortie du hall d’exposition principal.

Deux autres salles d’exposition complètent les collections. Dans l’une d’elles, on peut admirer toute une série de bas-reliefs trouvés lors des fouilles d’Éphèse. Et notamment des scènes de chasse d’animaux sauvages.
Du gibier moins tenace que les lions et les autres fauves d’Afrique. Mais aussi quelques angelots chevauchant des oiseaux. Et d’autres menant la chasse, guidant les chiens vers le gibier.

Sans oublier quelques scènes de guerre d’un réalisme cru.

Puis enfin un groupe de chevaux ailés encadrant une jarre sacrée qui devait sans doute orner un temple de la cité d’Éphèse.

Deux autres pavillons complètent la collection archéologique du musée d’Art et d’Histoire d’Izmir : l’un est consacré aux objets du quotidien (jarre, plats, vases, cruches, etc.) des Grecs et des Romains ; l’autre rassemble une collection de parures et de bijoux en or provenant de Phocée (IIIe siècle av. J.-C.). Photos interdites pour cette dernière.

Je me contenterai donc de photos prises lors de ma visite du pavillon consacré aux objets du quotidien dont le clou est sans nul doute ces extraordinaires pièces de vases grecs, minutieusement peints et relatant quelques épisodes de la mythologie.

Au rez-de-chaussée, à ne surtout pas manquer non plus cette magnifique reconstitution d’embarcation grecque du temps de l’apogée de l’empire d’Alexandre.

D’autres pièces de vases grecs, toujours décorés de scènes de la mythologie.

À l’entrée du pavillon, impossible de manquer les immenses jarres grecques utilisées dans l’Antiquité pour conserver farine et autres récoltes de blé.

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