Pourquoi visiter la citadelle de Kadifekale à Izmir ?
Un point de vue exceptionnel sur la ville et la baie
Perchée à 186 mètres d’altitude sur le mont Pagos, la citadelle de Kadifekale (« le château de velours ») offre l’un des panoramas les plus complets et spectaculaires sur l’ensemble de la métropole d’Izmir, sa vaste baie et les montagnes environnantes. Cette vue permet de saisir l’étendue et la géographie de la ville, du centre moderne jusqu’aux quartiers historiques, et constitue un lieu privilégié pour le coucher du soleil.
Un témoin des fondations antiques de Smyrne
Le site fut le cœur de la Smyrne refondée par Alexandre le Grand au IVe siècle avant J.-C., selon les conseils de l’oracle. Les vestiges des murailles visibles aujourd’hui datent principalement de l’époque byzantine et ottomane, mais elles reposent sur les fondations hellénistiques et romaines. Visiter Kadifekale, c’est donc marcher sur l’acropole de l’antique Smyrne et toucher aux origines de la ville moderne.
Un lien tangible avec les époques byzantine et ottomane
La forteresse a été continuellement renforcée et utilisée, notamment par les Byzantins face aux raids arabes, puis par les Ottomans après la conquête de 1424. Ses murs massifs, ses tours et ses portes témoignent de son importance stratégique défensive pendant des siècles. Elle rappelle le rôle militaire de la colline, qui offrait un contrôle visuel sur l’arrière-pays et la mer.
Un lieu de de promenade
Contrairement à de nombreux sites historiques ultra-aménagés, Kadifekale conserve une atmosphère rustique et paisible. Le quartier alentour est populaire et authentique. La montée à pied depuis le bas de la colline (comme depuis le quartier d’Agora) est une promenade raide mais gratifiante, traversant des rues animées et offrant des vues progressives. C’est une escapade hors des sentiers touristiques battus, permettant de ressentir une autre facette d’Izmir.
Comment visiter la citadelle de Kadifekale à Izmir ?
Localisation et accès au site
La citadelle de Kadifekale est située sur la colline du même nom, dominant le centre-ville d’Izmir, dans le quartier de Namazgah. L’accès le plus direct pour les visiteurs se fait par la route qui monte depuis le quartier d’Agora ou depuis le bazar de Kemeraltı. On peut y accéder en voiture (parking limité au sommet), en taxi (solution pratique), ou à pied par des escaliers et des rues pentues depuis le bas de la colline, ce qui demande une bonne condition physique. Les transports publics directs sont rares, mais des bus et dolmuş desservent les arrêts proches de la base de la colline.
Horaires d’ouverture et tarifs d’entrée
La citadelle est un site en plein air, accessible gratuitement et généralement ouvert 24 heures sur 24. Cependant, il est fortement déconseillé de s’y rendre après la tombée de la nuit pour des raisons de sécurité et en raison de l’absence d’éclairage. La visite des ruines intérieures et des remparts se fait librement en journée. Aucun billet ni horaire officiel de fermeture n’est appliqué, mais la prudence recommande une visite en matinée ou en milieu d’après-midi.
Organisation de la visite et points d’intérêt
Une visite complète dure environ une heure. Le site consiste principalement en des remparts byzantins et ottomans bien conservés, des tours, et une vaste esplanade intérieure offrant le panorama. Il reste peu de structures internes. Il est recommandé de faire le tour des remparts pour admirer les différents points de vue sur la baie et la ville. Des panneaux explicatifs sommaires sont présents, mais il est utile de se renseigner sur l’histoire du lieu au préalable.
Conseils pratiques :
Pour des raisons de sécurité, visitez de préférence en weekend ou en journée lorsque d’autres visiteurs sont présents, et évitez les zones isolées. Le quartier immédiat est populaire ; soyez discret avec vos objets de valeur.
Izmir, au sommet de la citadelle romaine
Samedi 19 mai. Grosse déception aujourd’hui. Jusqu’au dernier moment, j’aurais espéré que je puisse participer à une excursion jusqu’à la cité antique de Pergame… Mais c’était sans compter sur la baisse de fréquentation touristique sur l’ensemble de la Turquie à la suite des événements de l’été 2017.
Du coup, aucune excursion n’est organisée et je dois me retourner vers Izmir… C’est donc un peu contrant et forcé que je m’en vais visiter les murailles de l’ancienne citadelle de la ville, également appelée Kadifekale.
Pour cela, je fais appel à un taxi que je vais prendre à deux pas de mon hôtel. Après moult détours (compteur kilométrique oblige !), me voici donc sur les hauteurs de l’ancienne Smyrne. Les murailles de la citadelle se dressent là.
Depuis la plus haute tour, on a une vue exceptionnelle sur l’ensemble de la ville, vision panoramique à 360 degrés sur l’ancienne cité antique devenue aujourd’hui la troisième ville de Turquie, après Ankara et Istanbul.
Depuis le sommet de la tour, on peut observer courir les anciennes murailles romaines et byzantines, vestiges d’une ville, qui, depuis, a cédé aux sirènes de la modernité.
Car Kadifekale présente un des plus beaux exemples de murailles romaines et byzantines dans ses parties supérieures. Mieux, dans son assise inférieure, la citadelle présente quelques blocs provenant de l’enceinte initiale de la construction ordonnée par Alexandre le Grand lui-même !
Le sommet de la colline offre un large panorama sur la ville et l’échancrure de sa baie avec au premier plan, tout le long de la pente qui descend jusque dans la mer Égée, le labyrinthe des ruelles des quartiers populaires d’Izmir.
Au pied de la citadelle s’étend un joli parc arboré… qui manque singulièrement d’infrastructures, occupé par endroits par des habitants qui se sont installés là en toute illégalité. Dommage, ce lieu est unique et chargé en référence historique.
On est désormais bien loin de l’ancienne cité grecque de Smyrne. Aujourd’hui, le drapeau turc flotte fièrement au-dessus des anciens remparts de la ville comme pour rappeler que la ville fut réintégrée au pays en 1923.
De retour dans le jardin de Kadifekale, je cherche à grimper de nouveau sur la muraille. Bonne pioche ! En m’enfonçant un peu plus dans le jardin, je trouve une volée de marches qui me permet de me hisse sur un nouveau pan de l’ancienne citadelle romaine.
De là, on peut voir les murailles courir tout le long de la colline qui protégeait la ville antique des envahisseurs, des barbares tout d’abord, des Goths notamment, puis plus tard, du conquérant arabe qui ne parvint à prendre la ville aux Byzantins qu’au début du XVe siècle.
Ici et là, des pans entiers de muraille se sont effondrés, mais cet aspect me semble beaucoup plus authentique que le morceau de citadelle accessible normalement au public, un tantinet trop bien restauré.
Cette visite de Kadifekale me permet d’aborder l’histoire de Smyrne après la période romaine. Car la ville, passée sous la domination byzantine, continua longtemps de prospérer, devenant le siège d’un important évêché à mesure que l’influence de sa voisine Éphèse déclinait.
La prospérité de la ville attira forcément les convoitises des premiers Arabes musulmans, qui, dès le VIIe siècle, vinrent faire le siège, sans succès, de la citadelle. Mais celle-ci résista. Si bien que ce n’est qu’en 1076 que la ville tomba entre les mains musulmanes, celle des Turcs seldjoukides.
Une courte parenthèse car dès 1097, la ville revint entre les mains de l’empire byzantin aidé en cela par les premiers Croisés francs. Tour à tour prise par les Byzantins, les Francs, les Génois, les Ottomans, les chevaliers de Rhodes et les armées du puissant Tamerlan, elle ne fut prise finalement qu’en 1415 par le sultan ottoman.
Pendant pus de 400 ans, la ville continua d’abriter de nombreux étrangers qu’on appela très vite les Levantins, citoyens non-ottomans qui dépendaient de leurs ambassades respectives, mais qui étaient acceptés pour développer commerces et échanges culturels. Beaucoup de Français y étaient alors installés.
Smyrne était alors le principal centre maritime de l’empire ottoman et une plaque tournante du commerce mondial, débouché de tous les produits de l’Anatolie, et concurrente d’Alep pour l’exportation des marchandises provenant de Perse.
La ville de Smyrne comptait alors quelque 90.000 habitants dont de très nombreux marchands non musulmans ou étrangers : Grecs, Juifs, Arméniens, Français, Italiens… Une population cosmopolite qui fit de Smyrne la ville la plus brillante et la plus occidentalisée de tout l’empire Ottoman.