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La grande synagogue et la ville basse de Tbilissi

Pourquoi visiter la grande synagogue et la ville basse de Tbilissi ?

Visiter la grande synagogue et la ville basse de Tbilissi, c’est explorer deux visages distincts mais intimement liés de l’histoire complexe de la capitale géorgienne. La grande synagogue, souvent appelée la synagogue des Juifs géorgiens, se dresse discrètement dans la rue Leselidze. Elle témoigne de la présence ancienne et continue d’une communauté juive en Géorgie, dont les racines remonteraient à plus de 2 500 ans. Son architecture, à la fois sobre et colorée, reflète l’intégration de cette communauté dans le tissu urbain. L’intérieur, avec ses lustres et ses ornements, offre un havre de tranquillité et rappelle la contribution culturelle et économique des Juifs géorgiens à l’histoire de la ville, une communauté qui a coexisté pacifiquement avec ses voisins chrétiens et musulmans à travers les siècles.

La ville basse

La ville basse, qui s’étend au pied de la forteresse de Narikala le long de la rivière Mtkvari, constitue le berceau historique de Tbilissi. C’est ici que le roi Vakhtang Gorgasali aurait fondé la ville au Ve siècle, attiré par ses sources chaudes. Se perdre dans ses ruelles étroites et pavées, c’est découvrir l’âme même de la vieille ville. L’architecture traditionnelle, avec ses maisons à balcons de bois ouvragés et ses cours intérieures cachées, raconte un mode de vie communautaire. Les célèbres bains sulfureux d’Abanotubani, reconnaissables à leurs dômes de brique, sont un héritage direct de la fondation légendaire de la ville et offrent une expérience de bain public unique, pratiquée depuis des siècles.

La connexion entre ces deux sites

La valeur de cette visite combinée réside dans le contraste et la connexion entre ces deux sites. La grande synagogue, nichée dans ce dédale, illustre la diversité religieuse et ethnique qui a toujours défini Tbilissi. En parcourant la ville basse, on passe naturellement des églises orthodoxes aux mosquées, des caravansérails aux synagogues, créant un tableau vivant de coexistence. Cette proximité physique raconte une histoire de tolérance relative et d’échanges culturels qui a permis à différentes communautés de prospérer côte à côte, formant l’identité multiculturelle unique de la ville.

Une immersion dans le cœur historique de Tbilissi

Enfin, explorer ce quartier, c’est s’engager dans une expérience sensorielle et historique complète. On y goûte à la fois au Tbilissi médiéval, ottoman et impérial russe. Après avoir contemplé la spiritualité recueillie de la synagogue et l’animation des rues commerçantes comme la rue Shardeni, on peut déguster la riche cuisine géorgienne dans un restaurant traditionnel. Cette immersion dans le cœur historique de Tbilissi, avec ses strates de civilisations et ses récits entrelacés, est essentielle pour comprendre que la ville n’est pas un patrimoine figé, mais une tapisserie continue, toujours en cours de tissage.

Comment visiter la grande synagogue et la ville basse de Tbilissi ?

Accès et planification

La grande synagogue et la ville basse sont situées dans le vieux Tbilissi, une zone entièrement piétonne ou accessible par de rares transports. Le moyen de visite obligatoire est la marche. Pour vous y rendre, vous pouvez marcher depuis la place de la Liberté en descendant la rue piétonne Leselidze, ou prendre le funiculaire jusqu’à la station supérieure de Narikala et descendre à pied vers les bains sulfureux. La grande synagogue se trouve au 45-47 rue Leselidze, une artère commerçante animée. Elle est ouverte aux visiteurs aux heures de prière et en dehors des offices, mais il est essentiel de vérifier les horaires à l’avance et de respecter le caractère sacré du lieu. La ville basse, quant à elle, n’a pas d’horaire et se visite librement de jour comme de soirée.

Visite de la grande synagogue

En arrivant à la synagogue, discrète depuis la rue, soyez attentif à son entrée. Une tenue vestimentaire respectueuse est exigée ; les hommes doivent se couvrir la tête (une kippa est généralement fournie à l’entrée) et les femmes doivent avoir les épaules et les genoux couverts. L’intérieur, de style oriental avec ses lustres et ses décorations bleues et dorées, contraste avec la façade simple. Prenez le temps de lire le panneau historique à l’extérieur, qui retrace l’histoire de la communauté juive géorgienne, vieille de 26 siècles. La visite est rapide, silencieuse et contemplative. Il est d’usage de laisser un petit don pour l’entretien du lieu.

Exploration de la ville basse

Depuis la synagogue, engagez-vous dans le labyrinthe de ruelles pavées qui constituent la ville basse. L’exploration se fait sans carte précise, en se laissant guider par la pente et la curiosité. Les points d’intérêt majeurs sont les bains sulfureux d’Abanotubani, reconnaissables à leurs dômes de brique, la cathédrale Sioni et l’église métropolitaine d’Anchiskhati. Traversez le pont de la Paix, une structure moderne qui offre un contraste saisissant avec le vieux quartier, pour accéder au parc Riké et avoir une vue d’ensemble sur la forteresse de Narikala qui surplombe le tout. La rue Shardeni, bordée de restaurants et de galeries, est un bon point de repère animé.

Conseils pratiques :

Prévoyez au moins une demi-journée pour explorer cette zone à un rythme tranquille. Dans la ville basse, soyez vigilant en traversant les ruelles, car certaines sont étroites et empruntées par des voitures. Pour une expérience complète, prévoyez de tester les bains sulfureux (réservation recommandée le soir) et de goûter aux churchkhela (saucisses de noix) vendues par des marchands ambulants. Enfin, gardez un œil sur les détails architecturaux : les balcons de bois délabrés, les cours intérieures et les anciennes portes sculptées sont souvent plus parlants que les monuments eux-mêmes.

La grande synagogue et la ville basse de Tbilissi

Jeudi 7 juillet. Visiter Tbilissi n’est pas de tout repos, ce sont sans cesse des allers et retour entre la ville haute et la ville basse. Notre prochaine visite se trouve entre les deux : la grande synagogue de Tbilissi.
Voici tout le miracle de Tbilissi ! Le mélange des genres. Car non seulement tous les styles architecturaux se côtoient et s’entremêlent, mais il en va de même des religions et des habitants ! Une merveille. Je crois que Tbilissi reste une des dernières villes du monde à abriter autant de communautés différentes dans un bouillonnement culturel et intellectuel insensé.
À bien des égards, elle ressemble à ces anciennes villes de l’Est de l’Europe qui existaient autrefois avant que le nazisme n’y mette un terme. Et c’est en constatant de près et de visu tout ce mélange que l’on comprend enfin toute la richesse de ce foisonnement de cultures et de religions différentes. Un havre d’humanité.

Entrons donc dans cette grande synagogue de Tbilissi. Et quelle chance encore ! Car celle-ci est aujourd’hui fermée au public, mais à force d’insister, un petit homme bienveillant accepte de nous faire entrer à l’intérieur en toute discrétion. Quelle gentillesse !
Le bâtiment, également appelé la synagogue géorgienne, est construit de 1895 à 1903 dans une architecture du style éclectique. Ses bâtisseurs sont des Juifs géorgiens de Akhaltsikhé ayant migré vers Tbilissi à la fin du XIXe siècle, c’est pourquoi la synagogue est aussi appelée « synagogue des gens de Akhaltsikhe ».
Il existe également une autre synagogue dans la capitale, construite par les Juifs de Tshinvali, rue Kozhevennyi Tupik. La grande synagogue de Tbilissi est un imposant édifice en briques d’inspiration mauresque, aux façades intérieures décorées de belles fresques or et bleu récemment rénovées.
Si vous vous trouvez à Tbilissi pendant Shabbat ou durant une fête juive, ne manquez pas d’assister aux offices de la grande synagogue, menés selon le rite juif géorgien et accueillant généralement un nombre assez important de fidèles.

Profitez de votre passage à la synagogue pour aller faire un tour au restaurant David, attenant à cette dernière et dans lequel vous pourrez déguster, dans les règles les plus strictes de la casheroute, de succulents plats géorgiens comme les khinkali, sorte de gros raviolis fourrés, ou encore les katachpuri, grands pains farçis. Toujours dans ce registre gastronomique, vous trouverez à proximité de la grande synagogue, au 2/5 de la rue Jérusalem un autre restaurant kasher, le restaurant Jérusalem, ouvert par des Juifs géorgiens revenus d’Israël dans les années 2000.
En reprenant la rue Kote Afhazi qui se prolonge en rue Leselidze, vous verrez au numéro 28 de cette dernière la petite synagogue de Tbilissi, dite synagogue ashkénaze, située dans une cour formée d’un ensemble de maisons traditionnelles, et signalée par un panneau en hébreu depuis la rue. Initialement construite au début du vingtième siècle pour la communauté juive ashkénaze de Géorgie, cette synagogue, également nommée Beit Rachel, a été reconstruite en 2009, l’édifice original ayant été fortement endommagé à la suite du tremblement de terre de 1991.
Remontez la rue Kote Afkhazi jusqu’au croisement avec la rue Anton Katalikosi, que vous emprunterez jusqu’au numéro 3 où se trouve le musée juif de Tbilissi. Nommé en l’honneur de David Baazov, rabbin géorgien qui joua un rôle conséquent dans le développement du mouvement sioniste local, le musée juif de Tbilissi a été inauguré en 1932, puis fermé en 1951, dans un contexte marqué une montée d’antisémitisme au sein des autorités soviétiques : c’est effectivement l’époque de la lutte contre le « cosmopolitisme » et du soi-disant « complot des blouses blanches ». Ses portes ont été rouvertes en 1992, après l’indépendance, et il est aujourd’hui situé dans un bel immeuble de briques construit au début du vingtième siècle et faisant précédemment office de synagogue. De taille modeste, le musée juif de Tbilissi abrite un certain nombre d’objets de la vie du quotidien et religieuse des Juifs géorgiens et offre ainsi un précieux panorama sur cette communauté à l’histoire souvent méconnue.
Le musée national de Géorgie, situé non loin de la place de la Liberté sur l’avenue Shota Rustaveli, dispose également d’un fond juif conséquent, qui a fait ces dernières années l’objet d’un admirable travail de valorisation. Vous pourrez ainsi préparer votre visite en amont en consultant le site internet Jewish Cultural Heritage, qui recense de manière exhaustive l’ensemble des collections, particulièrement riches, d’histoire et d’art juifs du musée.

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