Pourquoi visiter le quartier de l’Albaicín à Grenade ?
Un héritage vivant de la Grenade nasride
Le quartier de l’Albaicín est le berceau historique de Grenade, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son tracé urbain labyrinthique, ses maisons blanches (cármenes) avec leurs jardins secrets, et ses vestiges de murailles témoignent de son passé en tant que centre majeur de la Grenade musulmane, antérieur même à l’Alhambra. C’est ici que s’est développée la cité ziride puis nasride, créant un urbanisme organique et une atmosphère unique qui a survécu aux siècles.
Des points de vue spectaculaires sur l’Alhambra
Depuis ses nombreuses miradores (points de vue), comme le mirador de San Nicolás, l’Albaicín offre les vues les plus célèbres et émouvantes sur la forteresse de l’Alhambra, avec la Sierra Nevada en arrière-plan. Ce panorama, surtout au coucher du soleil, est un spectacle à couper le souffle et constitue à lui seul une raison majeure de la visite. C’est une perspective qui permet de saisir la relation géographique et symbolique entre le palais nasride et la ville ancienne à ses pieds.
Un tissu dense de monuments
Le quartier est un palimpseste d’architectures successives. On y découvre d’anciens bains arabes (El Bañuelo), des églises mudéjares construites sur d’anciennes mosquées (comme l’église de San Salvador), et le monastère de Santa Isabel la Real. La médersa royale et les nombreux aljibes (citernes) publiques rappellent la vie quotidienne à l’époque médiévale. Chaque rue et chaque placette recèle un détail historique.
Une ambiance authentique
Contrairement à un musée à ciel ouvert, l’Albaicín est un quartier vivant, habité par une communauté soudée qui perpétue un art de vivre particulier. Ses ruelles étroites et pentues, ses petits ateliers d’artisans, ses teterías (salons de thé) et ses bars à tapas authentiques créent une atmosphère à la fois paisible et vibrante. Se perdre dans son dédale est une expérience sensorielle et humaine, une immersion dans la Grenade la plus vraie, loin de la seule fréquentation touristique de l’Alhambra.
Comment visiter le quartier de l’Albaicín à Grenade ?
Localisation et accès au quartier
Le quartier de l’Albaicín est situé sur une colline face à l’Alhambra, au nord-est du centre-ville de Grenade. Il est délimité par la rue Elvira, la Carrera del Darro et le Sacromonte. L’accès principal se fait à pied depuis la Plaza Nueva ou par la Cuesta de Gomérez. Pour les visiteurs qui ne souhaitent pas monter à pied, les minibus urbains de la ligne C1 (Albaicín) et C2 (Sacromonte) circulent en boucle depuis le centre, avec des arrêts fréquents dans le quartier. La voiture est déconseillée en raison des ruelles étroites et du stationnement impossible.
Horaires et tarifs des sites principaux
L’Albaicín est un quartier résidentiel, accessible gratuitement et à toute heure. En revanche, les monuments qu’il abrite ont des horaires et tarifs spécifiques. Les bains arabes de El Bañuelo sont ouverts du mardi au samedi, généralement de 9h à 19h, avec une entrée gratuite pour les citoyens de l’UE. L’église de San Salvador a des horaires de messe et de visite variables, souvent le matin et en fin d’après-midi. Il est recommandé de vérifier les horaires précis avant la visite.
Organisation de la visite et points d’intérêt
Une visite complète nécessite au moins une demi-journée. Le parcours classique commence à la Plaza Nueva, monte par la Cuesta de San Gregorio vers le mirador de San Nicolás (point de vue sur l’Alhambra), puis serpente vers l’église de San Salvador et les bains arabes. Il est essentiel de se perdre dans les ruelles secondaires comme la Calle Calderería Nueva (rue des boutiques et teterías) et de découvrir les placettes tranquilles et les cármenes (maisons traditionnelles). Une carte ou une application de navigation est utile pour s’orienter.
Conseils pratiques :
Pour éviter la foule et la chaleur, visitez le quartier tôt le matin ou en fin d’après-midi, ce dernier moment offrant le coucher de soleil depuis le mirador de San Nicolás. Prévoyez des pièces de monnaie pour les petits achats (eau, tapas) et respectez le calme de ce quartier résidentiel.
L'Albaicín, le quartier arabe de Grenade
Mercredi 26 novembre. Seulement quatre trains dans la journée entre Cordoue et Grenade. Départ tardif donc en cette fin de matinée. Petite marche tranquille pour rejoindre la gare de Cordoue et monter dans l’express de Grenade. Enfin l’Express… Plus de trois heures de train avant de descendre à la gare de Grenade.
Première vision des sommets enneigés de la Sierra Nevada. Des images me trottent dans la tête. Ou plutôt des souvenirs, des images des westerns de Sergio Leone dont un grand nombre fut tourné là.
À peine sorti de la gare, je plonge mon nez dans mon plan et retrouve le chemin du centre-ville. Un bon petit quart d’heure de marche avant de rejoindre le centre-ville. En chemin, je m’achète quelques pâtisseries andalouses. L’hôtel Juan Miguel se trouve aux portes du quartier historique. Impeccable pour explorer au mieux Grenade, perle de l’Andalousie musulmane. À une centaine de mètres de là, la statue de la reine Isabel marque l’entrée du quartier historique, au pied des collines de l’Alhambra et de l’Albaicin.
La visite de l’Albaicín commence le long de la minuscule rivière encaissée entre les deux collines de Grenade. C’est ici que coule le Darro. Pour visiter le quartier, il faut donc d’abord longer le cours d’eau surplombé par de petits ponts de pierre très pittoresques qui mènent à l’autre rive hérissée de maisons blanches.
Au milieu de la rivière, des îlots de verdure brillent sous le soleil. Plus haut, le long du Paseo de los Tristes, il faut lever la tête pour observer les façades des églises baroques, mais surtout pour admirer les premiers contreforts de l’Alhambra.
Plus haut encore, une place tout en longueur permet de profiter d’une vue magnifique sur la colline de l’Alhambra. Puis en se retournant, je ne peux qu’admirer les couleurs automnales des arbres qui viennent rehausser le jaune des boiseries des maisons environnantes. Quel spectacle !
Au bout du Paseo de los Tristes, il faut prendre à gauche et grimper la Cuesta del Chapiz. De là, on se retrouve rapidement au cœur du quartier de l’Albaicin. Puis on atteint la Piazza San Salvador et son ancienne mosquée transformée en église, puis la Plaza Aliatar et la Plaza Larga. Bon, là on comprend tout de suite que l’Albaicin a conservé l’aspect de médina qu’il avait au temps de la domination arabe.
Du XIe au XIVe siècle, Grenade était une ville riche, comptant 26 mosquées et 600.000 habitants ! Au milieu du XIIIe siècle, le quartier se gonfla de l’exode des musulmans fuyant Cordoue reconquise par les Chrétiens. C’est encore là que les Maures se réfugièrent après la reconquête de la ville par les rois catholiques, et là où ils furent pour une grande part massacrés durant la nuit de Noël 1568, puis finalement chassés en 1609.
À force de tourner en rond, je finis enfin par trouver le mirador de la Plaza San Nicolas. C’est ici que se masse la foule des touristes… et des paumés de la ville. Cohabitation pacifique. On s’en fout, je suis là pour admirer la vue sur la colline de l’Alhambra.
Les couleurs violentes de cette journée orageuse sont époustouflantes, allant de l’or sur les flancs de la colline, au blanc des cimes enneigées de la Sierra Navada au rouge vif des nuages transpercés de soleil. Paysage magique. Les murailles de l’Alhambra se dressent à l’horizon.
Au pied d’elles, la ville basse rampe et allonge ses cohortes de maisons blanches. Mais le plus beau reste à venir. Il faut gravir les marches du clocher de l’église Saint-Nicolas qui domine la place. Chouette alors, je suis le seul à y avoir pensé ! De là-haut, la vue est tout simplement époustouflante. Le soleil de cette fin d’après-midi accroche les collines blanches du Sacromonte. On dirait qu’un feu immense court sur les façades des maisons peintes à la chaux. La vue sur la ville est exceptionnelle.
Les superlatifs me manquent pour décrire le spectacle. Car ce n’est pas fini, je descends le Camino Nuevo de San Nicolas, puis au bout de la rue, débouche sur le Mirador del Carril. De là, on a une vision extraordinaire sur toute la ville ouest. Les bâtiments historiques flamboient sous le soleil. Les toitures s’embrasent. Les façades blanches absorbent les rayons du soleil. Des figuiers de barbarie dressent leurs épines au-dessus de l’enchevêtrement des maisons. Magique !
Le soleil décroît de plus en plus. Il est grand temps de redescendre l’Albaicín. Après une courte pause à la terrasse ensoleillée d’un café, j’emprunte de nouveau les ruelles étroites du quartier. Quel bonheur d’aller au hasard de ces ruelles étroites, de ces passages, de ces escaliers ou même de ces culs-de-sac ! Un vrai petit Montmartre maure ! Jamais descente ne m’a paru aussi agréable. Du coup, j’essaie de passer par un maximum de rues avant de retrouver San Gregorio et son amoncellement de boutiques et de salons de thé. Un vrai délice.
La journée tire à sa fin. Après une bonne petite pause à mon hôtel, je file à deux pas de là, manger un bout à la Posada del Duende, réputée pour sa cuisine traditionnelle andalouse. Un vrai régal. Le décor (un peu chargé) rappelle combien l’Andalousie reste attachée à la tauromachie… Patron très sympa. À ne pas manquer le vinho de la casa.