Pourquoi visiter la laguna Quilotoa ?
Un joyau géologique d’une beauté à couper le souffle
La lagune Quilotoa est un cratère volcanique rempli d’une eau turquoise et émeraude, dont la couleur intense et changeante contraste violemment avec les parois arides et les tonalités ocres du paysage andin. Formée par une éruption catastrophique il y a environ 800 ans, cette caldeira de 3 kilomètres de diamètre offre un spectacle naturel d’une puissance esthétique rare, souvent considéré comme l’un des plus beaux paysages d’Équateur.
Une randonnée accessible
Le site propose plusieurs niveaux d’exploration, permettant aux visiteurs de vivre une expérience physique unique au cœur des Andes. La descente jusqu’au lac (environ 280 mètres de dénivelé) est un parcours mémorable, offrant des perspectives changeantes sur les eaux minérales. Pour les plus aventureux, le trek de plusieurs jours autour du cratère (la boucle de Quilotoa) révèle des vues panoramiques et des communautés isolées, tandis que la simple vue depuis le mirador suffit à saisir l’immensité du lieu.
Une immersion dans la culture andine
Visiter Quilotoa, c’est aussi entrer en contact avec les communautés Kichwa qui habitent les alentours du cratère et entretiennent un lien ancestral avec ce territoire. Leurs villages, comme celui de Quilotoa même, offrent un aperçu de la vie rurale andine, avec ses traditions, son artisanat et son agriculture en terrasses. Cette dimension humaine enrichit considérablement l’expérience, transformant une visite panoramique en une rencontre culturelle.
Un symbole de la résilience des écosystèmes
Le lac, dont la couleur est due à des minéraux dissous, est un écosystème extrêmement sensible. Sa visite invite à une réflexion sur la force des phénomènes géologiques et la fragilité des environnements de haute altitude. En y accédant souvent par des routes de terre et après un voyage à travers les páramos, le visiteur prend pleinement conscience de l’isolement et de la préservation relative de ce site, en faisant un lieu à la fois magique et poignant.
Comment visiter la laguna Quilotoa ?
Localisation et accès depuis Quito ou Latacunga
La lagune Quilotoa est située dans la province de Cotopaxi, au cœur des Andes équatoriennes. Le point de départ logistique principal est la ville de Latacunga, elle-même accessible depuis Quito par bus (environ 2 heures). Depuis Latacunga, des bus locaux directs ou via le village de Zumbahua effectuent le trajet jusqu’au mirador principal de Quilotoa en environ 2 heures pour un coût modique de 3 à 4 dollars. En voiture privée ou taxi, comptez environ 1h30 depuis Latacunga sur une route principalement goudronnée, avec les derniers kilomètres en terre.
Horaires d’accès et tarifs d’entrée
Le site est accessible tous les jours de l’année, généralement de l’aube au coucher du soleil (6h00 à 18h00 environ). Il est recommandé d’arriver tôt le matin pour éviter les nuages et profiter de la meilleure lumière. L’accès à la lagune est payant pour les visiteurs étrangers, avec un droit d’entrée d’environ 2 dollars US par personne, payable à l’entrée de la communauté de Quilotoa. Ce tarif contribue à la maintenance et à la conservation du site.
Activités et services sur place
Depuis le mirador principal, un sentier de descente mène au lac en 40 minutes à 1 heure (descente raide). La remontée, plus exigeante, peut se faire à pied, à cheval ou à mulet (location sur place, environ 10 dollars). Des kayaks sont disponibles pour une navigation sur le lac (petit supplément). De petits restaurants et stands locaux offrent des plats simples et du café près du mirador. Des hébergements basiques (auberges communautaires) existent à Quilotoa pour ceux qui souhaitent passer la nuit.
Conseils pratiques :
Prévoyez des vêtements chauds et couches (le temps change vite à 3 900 m d’altitude), de l’eau. Pour l’acclimatation, passez au moins une nuit à Latacunga (2 800 m) avant de monter. Respectez l’environnement en ne laissant aucun déchet. Si vous avez le temps, envisagez le trek de la boucle de Quilotoa (3 à 4 jours).
Le cratère volcanique de la laguna Quilotoa
Samedi 23 juin. Après deux heures de route, nous voici donc arrivés au hameau communautaire où se trouvent les restos et les hostales. Car, c’est d’abord d’en haut que l’on découvre la laguna Quilotoa.
Et pour cette grande première, Clinton, notre guide, nous la joue grand seigneur. Pour les cinq derniers mètres avant d’atteindre le panorama qui surplombe la laguna, il nous invite à fermer les yeux et nous conduit jusqu’à la passerelle… À trois, on ouvre enfin les yeux. En un instant, la laguna apparaît sous nos yeux ébahis. En un mot, exceptionnelle !
Alors certes, le temps n’est pas au rendez-vous et la lagune, d’ordinaire d’un bleu turquoise, épouse la grisaille du ciel… Mais qu’importe, quelle beauté, quelle majesté.
En observant de plus près, on comprend que Clinton nous a emmenés jusqu’à un mirador perché sur le rebord du cratère, à quelque 3.920 m d’altitude.
C’est donc depuis ce mirador que l’on admire ce cratère circulaire gigantesque, une couronne parfaite dessinée par les falaises environnantes, qui tombent brutalement dans les eaux du lac, quelque 400 m plus bas.
D’un diamètre d’environ 3 km, ce lac est né d’une éruption survenue il y a plusieurs siècles, qui provoqua l’effondrement du cratère sur lui-même… Pour faire plus simple, depuis le sommet de la lagune, on se retrouve exactement au bord du cratère qui abrite aujourd’hui le lac.
Pour célébrer ce moment de grâce, on cède à une séance improvisée de photos-souvenirs. Je profite du fait que Léa veuille bien se laisser prendre en photo.
Mieux, elle joue les stars et les grands gourous avec son poncho rouge pour amuser la galerie.
Pour ma part, je me contenterai d’une simple photo-souvenir. Je ne pensais vraiment pas que la laguna serait si belle à voir.
Situé au sud de la Cordillère Occidentale, ce volcan serait rentré en éruption le 28 novembre 1660. Une autre éruption se serait produite en 1859.
On commence enfin la descente. Une quarantaine de minutes de marche nous sépare de la petite plage qui borde la lagune. Une dernière petite photo-souvenir et on dévale le chemin.
Le chemin qui mène jusqu’en bas est vraiment très facile d’accès. Rien de périlleux. Bien au contraire. Depuis le sommet, on aperçoit les lacets qu’il forme au pied de la lagune.
Ici et là, un muret pierré facilite encore plus l’accès et sécurise le parcours des ânes qui remontent les touristes depuis le bas de la lagune.
Au loin, les sommets recouverts de neige de l’Illiniza et du Cotopoxi se perdent dans le brouillard, contribuant à donner une atmosphère magique à cet endroit.
Les pentes du cratère sont elles-mêmes couvertes d’une terre sablonneuse et friable, où se dressent çà et là quelques buissons épineux et épars.
La lagune aux eaux bleu turquoise, hélas aujourd’hui gris métallique, contraste avec les couleurs sombres des roches qui l’entourent.
Tout au long du chemin, de multiples points de vue sont aménagés pour permettre à la fois de se reposer et d’admirer le paysage. C’est en descendant dans le cratère que je commence à comprendre le tournant que le pays a pris en s’engageant dans l’écotourisme, suivant la même voie de son voisin lointain du Costa Rica. En espérant que les prix, déjà hauts pour l’Amérique du Sud, ne continueront pas à grimper.
En attendant, je poursuis ma descente. Seul. Léa est restée en arrière à faire quelques croquis des lieux. Je profite pour moi seul de la vue exceptionnelle sur la lagune. Ce chemin qui semble avoir été taillé dans la craie tranche par sa blancheur immaculée avec les pentes verdoyantes du cratère.
Ce petit morceau de terre du bout du monde est un vrai petit paradis, traversé par les mules des paysans du coin qui viennent vendre leurs services aux touristes qui souhaitent remonter sur le dos de leurs ânes, ce chemin sinueux et crayeux taillé en lacet dans la montagne, et au loin, la lagune et ses eaux d’un gris métallique entouré des falaises escarpées.
Un petit promontoire enherbé et fleuri de jolis pétales jaune et mauve permet de faire une halte et de dominer la lagune. C’est ici que je vais me poster pour attendre Clinton, mon guide, et Léa qui ferme la marche.
Je profite de ce moment pour profiter de la magnifique vue à 180 degrés qu’offre ce petit surplomb. Sous ce ciel lourd et chargé, les eaux de la lagune prennent des allures de plomb.
Tout autour de la lagune, en observant bien, on peut distinguer tous les chemins de randonnée qui zèbrent les falaises du volcan. Et pour cause, on peut faire le tour du lac par les crêtes en plus ou moins 4 à 5 heures de marche, et parfois en bien pus longtemps quand le vent se lève et menace l’équilibre des marcheurs le long du précipice.
Pas de grande randonnée aujourd’hui. Non seulement, nous n’avons guère le temps, mais avec Léa, difficile de prévoir son humeur et sa propension à marcher pendant des heures. Et puis marcher cinq heures pour voir toujours le même paysage, la lagune coincée dans le fond du cratère, ça ne m’enchante guère.
Mon seul regret est surtout de ne pas rester plus longtemps dans la région pour marcher le long des multiples chemins aménagés par les Indiens pour relier les villages entre eux.
Pour les moins courageux, on peut même louer les services d’une mule pour parcourir ces mêmes chemins à dos d’âne. Via Zumbahua, le canyon de Toachi ou Chugchilan.
Enfin, nous voici sur la petite plage de la lagune. Rien à voir avec une station balnéaire. De toute façon, la baignade dans des eaux à moins de 10 °C, ça n’a rien de vraiment très amusant.
Une fois sur le rivage, on profite surtout du paysage. Depuis la plage, on se rend vraiment compte de flancs abrupts des falaises du cratère.
On imagine sans mal comment cette lagune a su capter toutes les eaux de pluie environnantes, sans compter la fonte des neiges dès que les températures augmentent… Et pour cause, on est ici à plus de 3.900 mètres d’altitude… Du coup, je commence même à avoir un petit peu mal à la tête.
Une fois sur le rivage, impossible de résister à l’envie de pagayer un peu sur les eaux du lac. Du coup, on grimpe avec Léa à bord d’un des nombreux kayaks mis à la location (2 $ le quart d’heure) pour découvrir la lagune d’une tout autre manière. Un moment de calme, de paix et de sérénité. Inoubliable.
Après une petite heure passée au fond du cratère, il est grand temps de remonter. Le mal de tête est de plus en plus présent. Du coup, je n’hésite pas une seconde et demande à Clinton de nous commander une mule pour remonter sans effort. Ici, on est quand même loin des chemins escarpés du canyon de Colca, au Pérou, du coup, la remontée se fera sans aucun risque de chute. Vamos !
Petite photo-souvenir au sommet de la laguna. La remontée a pris une vingtaine de minutes. Un vrai régal. D’autant que les mules sont vraiment bien entretenues et nourries. Pas de peine donc.
Avant de quitter les lieux, je ne peux résister à l’envie d’admirer une dernière fois la magnifique lagune du Quilotoa. J’espère pouvoir y revenir un jour, par temps clair et beau, et randonner un peu dans les environs.