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Le cratère volcanique de la laguna Quilotoa

Le cratère volcanique de la laguna Quilotoa

Samedi 23 juin. Après deux heures de route, nous voici donc arrivés au hameau communautaire où se trouvent les restos et les hostales. Car, c’est d’abord d’en haut que l’on découvre la laguna Quilotoa.
Et pour cette grande première, Clinton, notre guide, nous la joue grand seigneur. Pour les cinq derniers mètres avant d’atteindre le panorama qui surplombe la laguna, il nous invite à fermer les yeux et nous conduit jusqu’à la passerelle… À trois, on ouvre enfin les yeux. En un instant, la laguna apparaît sous nos yeux ébahis. En un mot, exceptionnelle !

Alors certes, le temps n’est pas au rendez-vous et la lagune, d’ordinaire d’un bleu turquoise, épouse la grisaille du ciel… Mais qu’importe, quelle beauté, quelle majesté.

En observant de plus près, on comprend que Clinton nous a emmenés jusqu’à un mirador perché sur le rebord du cratère, à quelque 3.920 m d’altitude.

C’est donc depuis ce mirador que l’on admire ce cratère circulaire gigantesque, une couronne parfaite dessinée par les falaises environnantes, qui tombent brutalement dans les eaux du lac, quelque 400 m plus bas.

D’un diamètre d’environ 3 km, ce lac est né d’une éruption survenue il y a plusieurs siècles, qui provoqua l’effondrement du cratère sur lui-même… Pour faire plus simple, depuis le sommet de la lagune, on se retrouve exactement au bord du cratère qui abrite aujourd’hui le lac.

Pour célébrer ce moment de grâce, on cède à une séance improvisée de photos-souvenirs. Je profite du fait que Léa veuille bien se laisser prendre en photo.

Mieux, elle joue les stars et les grands gourous avec son poncho rouge pour amuser la galerie.

Pour ma part, je me contenterai d’une simple photo-souvenir. Je ne pensais vraiment pas que la laguna serait si belle à voir.

Situé au sud de la Cordillère Occidentale, ce volcan serait rentré en éruption le 28 novembre 1660. Une autre éruption se serait produite en 1859.

On commence enfin la descente. Une quarantaine de minutes de marche nous sépare de la petite plage qui borde la lagune. Une dernière petite photo-souvenir et on dévale le chemin.

Le chemin qui mène jusqu’en bas est vraiment très facile d’accès. Rien de périlleux. Bien au contraire. Depuis le sommet, on aperçoit les lacets qu’il forme au pied de la lagune.

Ici et là, un muret pierré facilite encore plus l’accès et sécurise le parcours des ânes qui remontent les touristes depuis le bas de la lagune.

Au loin, les sommets recouverts de neige de l’Illiniza et du Cotopoxi se perdent dans le brouillard, contribuant à donner une atmosphère magique à cet endroit.

Les pentes du cratère sont elles-mêmes couvertes d’une terre sablonneuse et friable, où se dressent çà et là quelques buissons épineux et épars.

La lagune aux eaux bleu turquoise, hélas aujourd’hui gris métallique, contraste avec les couleurs sombres des roches qui l’entourent.

Tout au long du chemin, de multiples points de vue sont aménagés pour permettre à la fois de se reposer et d’admirer le paysage. C’est en descendant dans le cratère que je commence à comprendre le tournant que le pays a pris en s’engageant dans l’écotourisme, suivant la même voie de son voisin lointain du Costa Rica. En espérant que les prix, déjà hauts pour l’Amérique du Sud, ne continueront pas à grimper.

En attendant, je poursuis ma descente. Seul. Léa est restée en arrière à faire quelques croquis des lieux. Je profite pour moi seul de la vue exceptionnelle sur la lagune. Ce chemin qui semble avoir été taillé dans la craie tranche par sa blancheur immaculée avec les pentes verdoyantes du cratère.

Ce petit morceau de terre du bout du monde est un vrai petit paradis, traversé par les mules des paysans du coin qui viennent vendre leurs services aux touristes qui souhaitent remonter sur le dos de leurs ânes, ce chemin sinueux et crayeux taillé en lacet dans la montagne, et au loin, la lagune et ses eaux d’un gris métallique entouré des falaises escarpées.

Un petit promontoire enherbé et fleuri de jolis pétales jaune et mauve permet de faire une halte et de dominer la lagune. C’est ici que je vais me poster pour attendre Clinton, mon guide, et Léa qui ferme la marche.

Je profite de ce moment pour profiter de la magnifique vue à 180 degrés qu’offre ce petit surplomb. Sous ce ciel lourd et chargé, les eaux de la lagune prennent des allures de plomb.

Tout autour de la lagune, en observant bien, on peut distinguer tous les chemins de randonnée qui zèbrent les falaises du volcan. Et pour cause, on peut faire le tour du lac par les crêtes en plus ou moins 4 à 5 heures de marche, et parfois en bien pus longtemps quand le vent se lève et menace l’équilibre des marcheurs le long du précipice.

Pas de grande randonnée aujourd’hui. Non seulement, nous n’avons guère le temps, mais avec Léa, difficile de prévoir son humeur et sa propension à marcher pendant des heures. Et puis marcher cinq heures pour voir toujours le même paysage, la lagune coincée dans le fond du cratère, ça ne m’enchante guère.

Mon seul regret est surtout de ne pas rester plus longtemps dans la région pour marcher le long des multiples chemins aménagés par les Indiens pour relier les villages entre eux.

Pour les moins courageux, on peut même louer les services d’une mule pour parcourir ces mêmes chemins à dos d’âne. Via Zumbahua, le canyon de Toachi ou Chugchilan.

Enfin, nous voici sur la petite plage de la lagune. Rien à voir avec une station balnéaire. De toute façon, la baignade dans des eaux à moins de 10 °C, ça n’a rien de vraiment très amusant.

Une fois sur le rivage, on profite surtout du paysage. Depuis la plage, on se rend vraiment compte de flancs abrupts des falaises du cratère.

On imagine sans mal comment cette lagune a su capter toutes les eaux de pluie environnantes, sans compter la fonte des neiges dès que les températures augmentent… Et pour cause, on est ici à plus de 3.900 mètres d’altitude… Du coup, je commence même à avoir un petit peu mal à la tête.

Une fois sur le rivage, impossible de résister à l’envie de pagayer un peu sur les eaux du lac. Du coup, on grimpe avec Léa à bord d’un des nombreux kayaks mis à la location (2 $ le quart d’heure) pour découvrir la lagune d’une tout autre manière. Un moment de calme, de paix et de sérénité. Inoubliable.

Après une petite heure passée au fond du cratère, il est grand temps de remonter. Le mal de tête est de plus en plus présent. Du coup, je n’hésite pas une seconde et demande à Clinton de nous commander une mule pour remonter sans effort. Ici, on est quand même loin des chemins escarpés du canyon de Colca, au Pérou, du coup, la remontée se fera sans aucun risque de chute. Vamos !

Petite photo-souvenir au sommet de la laguna. La remontée a pris une vingtaine de minutes. Un vrai régal. D’autant que les mules sont vraiment bien entretenues et nourries. Pas de peine donc.

Avant de quitter les lieux, je ne peux résister à l’envie d’admirer une dernière fois la magnifique lagune du Quilotoa. J’espère pouvoir y revenir un jour, par temps clair et beau, et randonner un peu dans les environs.

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