You are currently viewing Le quartier d’Abanotubani, aux sources de l’histoire de Tbilissi

Le quartier d’Abanotubani, aux sources de l’histoire de Tbilissi

Pourquoi visiter le quartier Abanotubani à Tbilissi ?

Le quartier Abanotubani à Tbilissi représente le berceau historique de la ville, où selon la légende, le roi Vakhtang Gorgasali découvrit au Ve siècle des sources chaudes qui déterminèrent l’implantation de la capitale. Ses dômes de brique sphériques abritent des bains sulfureux alimentés par des sources thermales naturelles à 38-40°C, dont les propriétés thérapeutiques sont célébrées depuis des siècles.

Son architecture persane

L’architecture persane des bains, avec leurs salles voûtées et leurs iwans (portails monumentaux), témoigne de l’influence des Safavides qui firent de Tbilissi un centre administratif au XVIIe siècle. Le bain royal Orbeliani se distingue par sa façade bleue ornée de stalactites sculptées, tandis que le bain Gulo conserve le système originel d’alimentation en eau par des kanats (canaux souterrains).

Un site historique

Ces bains ont accueilli des figures historiques comme Pouchkine et Dumas, qui décrivirent leurs expériences dans leurs récits de voyage. Aujourd’hui, on peut encore y vivre le rituel du kisa (gommage au gant de crin) et du massage traditionnel pour environ 20-50 GEL (6-15 €).

Un quartier authentique

Le quartier forme un dédale de ruelles pavées menant à la forteresse de Narikala, où les vapeurs des bains se mêlent aux effluves des sulfur ponds (bassins d’eau sulfureuse) utilisés par les habitants pour laver les tapis. Cette zone incarne l’âme de Tbilissi : une fusion entre les cultures géorgienne, persane et ottomane, où le patrimoine architectural sert encore la vie quotidienne.

Comment visiter le quartier Abanotubani à Tbilissi ?

Comment y accéder et prix des bains :

La visite du quartier Abanotubani et de ses bains turcs à Tbilissi s’effectue librement et gratuitement pour l’exploration des ruelles et cours extérieures. Les bains thermaux historiques proposent différentes formules, avec un coût moyen de 25 laris géorgiens (environ 8 euros) pour une cabine privative d’une heure sans service, et jusqu’à 120 laris (38 euros) avec gommage et massage traditionnel inclus. Les horaires d’ouverture s’étendent généralement de 8h à 23h, avec une fréquentation moindre en matinée.

Les bains les plus emblématiques

Le quartier se situe au pied de la forteresse de Narikala, accessible depuis la station de métro Avlabari à dix minutes de marche, ou par le funiculaire depuis le parc Riké. Les bains les plus emblématiques incluent le bain royal Orbeliani reconnaissable à sa façade persane bleue et jaune, le bain de soufre Gulo aux bassins traditionnels, et le bain Chreli Abano avec son dôme historique.

Les lieux incontournables

Parmi les éléments à ne pas manquer, le pont de la Paix crée un contraste architectural saisissant avec les anciens bains, tandis que la chute d’eau artificielle de Leghvtakhevi offre un cadre naturel inattendu. Les petites échoppes vendant du thé géorgien et des churchkhela (friandises traditionnelles) complètent l’expérience sensorielle. Pour une visite optimale, prévoyez la baignade en fin d’après-midi et terminez par la montée à la forteresse pour le coucher de soleil sur les dômes sulfureux.

Le quartier d'Abanotubani, aux sources de l'histoire de Tbilissi

Jeudi 7 juillet. Pour ces premiers moments de découverte de la ville, je décide d’aller voir l’ancien quartier des bains turcs, mais la géographie de la ville est tellement étrange que je finis par me perdre. Au lieu d’aller directement vers le quartier des bains, on prend directement par la rue montante qui le précède. Bordée de hautes maisons à larges balcons, mêlant tous les styles à la fois, maisons de briques et maisons colorées, la rue pavée, laissée à l’exclusivité des piétons, est une des plus jolies artères de la ville.
Le “Vieux Tbilissi” déploie toujours ses ruelles escarpées bordées de maisonnettes traditionnelles colorées, parées de balcons en bois ciselé. Toutes ces maisons sont agrémentées de cours intérieures chaleureuses des berges du fleuve Mtkvari qui partage la ville et jusqu’aux pentes des collines verdoyantes qui la coiffent.
Et évidemment, arrivés au milieu de la rue (et de nos efforts), en tournant la tête vers la gauche, entre deux pans de murs, on aperçoit en contrebas le quartier des bains turcs. « Ok Léa, il faut retourner en arrière. On a fait fausse route… » Mais avant de rebrousser chemin, je veux pouvoir admirer à loisir la magnifique demeure aux balcons ciselés qui me fait face.
En face, c’est encore une tout autre demeure dont on ne sait s’il s’agit d’une église coiffée d’un clocher surmonté d’une toiture arabisante, ou simplement le minaret occidentalisé d’une mosquée. Étrange… et magnifique !
Plus loin encore, un autre balcon, en bois cette fois, travaillé à façon, émergeant de sa façade de briques comme dans un rêve. Enfin, tout au bout de la rue, surmontant la vieille ville, les remparts de la citadelle, massifs et protecteurs, comme un gardien invisible sur 2000 ans d’histoire qui s’entremêlent à ses pieds.

Pour commencer notre exploration de Tbilissi, nous allons commencer par le quartier des bains turcs. Pour se repérer, rien de plus simple… En fait, il faut redescendre la rue montante, et prendre immédiatement à droite. Les bains turcs sont ici. On ne peut pas les manquer. 
C’est tout à coup une forêt de coupoles et de bulbes en pierre qui semblent surgir du sol ! De petites cheminées sont placées ici et là pour évacuer les vapeurs des bains. Quelques entrées d’établissements de bains valent quand même le détour. Celle-ci ressemble étrangement à l’entrée d’une bouche de métro parisien !
Par contre, pour savoir ce qu’il y a d’écrit sur la façade, c’est tout à fait impossible ! Pour cela, il faut connaître le géorgien. L’autre chose plutôt rigolote à faire, c’est de marcher sur les toits et les coupoles. Nul risque de passer au travers. Les toits sont suffisamment bien maçonnés pour ne pas risquer de se retrouver au milieu des baigneurs !

L’intérêt de se promener dans le quartier des bains turcs, c’est aussi d’accéder à la plus belle vue que l’on peut avoir sur Tbilissi. Depuis un petit pont, on a une vue dégagée, absolument magnifique, sur cet ancien quartier de la ville, un des plus vieux de la ville, depuis lequel on peut voir le lit de la rivière (asséché hélas), les piles des ponts, les fondations des maisons pluri-centenaires, et au fond, l’iwan d’une ancienne mosquée turque.

À gauche, toujours depuis ce petit pont, on peut apercevoir tous les établissements de bain en enfilade courir le long des berges de la rivière. De l’autre côté, ce sont des maisons plus modernes, à balcons la plupart du temps, qui tranchent avec le paysage.
Tout cet enchevêtrement d’architectures, de styles et d’établissements amène à penser que la ville fut longtemps placée à la croisée des chemins de multiples conquêtes. Et c’est bien évidemment le cas. Connaître l’histoire de Tbilissi est tout simplement indispensable si l’on veut comprendre la manière dont elle est aujourd’hui agencée. Mais j’y reviendrai plus tard.

En attendant, Léa et moi, on file sur la promenade aménagée le long des flancs des établissements de bains, quasiment en surplomb du lit de la rivière. Le temps de se retourner un instant et on comprend d’un seul regard tout ce mélange de styles et d’époque qui s’entremêlent joyeusement. Au fond se dresse le petit pont romain sur lequel je me tenais pour faire les premières photos du quartier.

À droite, la ville antique et byzantine, à gauche, la ville ottomane, russe et de cent autres zones d’influence. Ici, l’unité, c’est l’anarchie architecturale ! J’adore. La Géorgie a une très longue histoire, enrichie de bien de civilisations, celles de l’Orient et de l’Occident, du nord et du sud, du christianisme et de l’islam…
D’étranges structures sphériques, un splendide édifice qui n’a que l’apparence d’une mosquée : nous sommes dans le quartier d’Abanotubani, la « zone des bains », le quartier le plus ancien de Tbilissi. Au fil de l’histoire, les invasions et les tremblements de terre successifs n’ont rien laissé des bâtiments originels ailleurs en ville. On les construisait en bois ou en torchis. Ici, la plupart des structures actuelles datent des XVIIe et XVIIIe siècles.

Abano, la rue des bains, conduit à l’insolite et splendide façade des bains Orbeliani-Tchreli (bariolé). Datée du XVIIIe siècle, elle évoque la splendeur des mosquées d’Ispahan de Chiraz, en Iran, de Kerbala, en Irak, ou encore de Samarkand. Ces thermes traditionnels sont alimentés par les sources d’eau chaude sulfureuse qui, selon la légende, seraient à l’origine de la fondation de Tbilissi. Elles furent célébrées par le géographe arabe Ibn Awqal au Xe siècle, Marco Polo, Alexandre Dumas et Pouchkine.

Partir à la découverte de Tbilissi, c’est comme remonter le cours du temps à bord d’une machine qui se serait complètement déréglée. On ne sait plus d’où l’on vient, où on va, à quelle époque, tellement les styles architecturaux s’entrechoquent. La rue montante qui longe le quartier d’Abanotubani en est le plus bel exemple : d’un côté les vieilles maisons en briques crues, de l’autre des façades plus européanisantes.
Et dans la fraîcheur des arbres du quartier, découvrir le quartier d’Abanotubani avec son long cortège de bains, surmontés de coupoles, comme une myriade de petits mausolées dans une ville d’Asie centrale… Étonnant.
Ici, à l’ombre de ces petits jardins rafraîchissant, la jeunesse géorgienne aime à venir flâner, flirter pour les plus jeunes, ou tout simplement prendre l’air pour les plus âgés en se remémorant les fantômes du passé… Ici, on vient s’asseoir à même les coupoles, à l’ombre des cyprès, et on laisse son regard flirter avec l’infini, les collines arides qui supportent les contreforts de la ville comme un épais manteau la protégeant des mauvais vents du nord…
Et au loin, comme un jeu de légo, la succession des maisons, des façades, des terrasses alanguies de soleil, qui grimpent ardemment les contreforts de la colline. Comme la vie semble douce, ici, à l’abri de des trépidations de l’autre ville plus moderne qui étend ses quartiers par-delà le fleuve, en direction des steppes nordiques…
À l’abri des coupoles des établissements de bain, la vie semble s’être bel et bien arrêtée. On entendrait presque le murmure étouffé des rires des hommes dans le bain, les manigances politiques et les affaires commerciales, qui, des millénaires durant, se sont jouées dans l’Orient.
Car ces bains étaient bien plus qu’un simple endroit où l’on se rendait pour se laver : c’étaient les derniers salons où s’échanger les nouvelles, des cafés ou des points de rendez-vous. Ces architectures sont persanes. Autrefois, il existait plus d’une soixantaine de bains, de nos jours il en existe une trentaine.

Abanotubani est « le quartier des bains » de Tbilissi. Il abrite aujourd’hui divers établissements dédiés à la relaxation, comme des hammams, des bains turcs et des saunas. Et pour cause, Tbilissi fut construite à la suite de la découverte par le roi d’Ibérie, Vakhtang 1 er Gorgassali, de ces sources thermales à Abanotunabi. Construits dans un style oriental, ces bains thermaux sont d’architecture iranienne (Perse).
Leurs somptueux décors sont admirablement conservés. Ils sont pratiquement aménagés sous terre et couronnés de coupoles semi-sphériques. À la nuit tombée, les bains sont illuminés par des lanternes. Ces bains, dont la température oscille entre 35 et 37°C, sont appréciés tant pour leurs nombreux bienfaits thérapeutiques que pour leurs effets relaxants.
Le Balneological Resort est un autre lieu de détente se trouvant dans le quartier d’Ortachala, toujours dans le Vieux Tbilissi. C’est un édifice à l’architecture perse, doté d’infrastructures modernes : des lits de massage, des douches au soufre, une piscine chauffée au soufre, un sauna, des chambres privatisées avec salles de bains et vestiaires, entre autres. Vous pouvez y prendre un bain de soufre ou simplement opter pour une séance de physiothérapie, un massage ou un soin à base de boue médicinale volcanique.

La Géorgie a l’avantage de posséder un paysage naturel diversifié, constitué de monts enneigés, de lacs, de glaciers, de rivières… et des sources d’eau minérale. Celles-ci sont réputées pour leurs précieuses vertus curatives, et permettent aussi de se reposer dans des bains thermaux.
Voici donc une sélection des célèbres stations thermales géorgiennes. Selon la légende, le roi Vakhtang Ier Gorgassali chassait au faucon dans la forêt. Celui-ci attrapa un faisan mais les deux oiseaux tombèrent dans une source d’eau chaude.
En découvrant cette source d’eau chaude le roi décida d’y fonder une ville qu’il nomma Tpili, ce qui veut dire « chaud » en Géorgien. Ainsi naquît Tbilissi (« endroit chaud ») en raison de la présence de nombreuses sources d’eau chaude. Plus tard, on a construit de nombreux bains publics auprès de la rivière. Ils ont été construits par les Géorgiens, les Perses et les Turcs.

Laisser un commentaire