Pourquoi visiter Pujili sur la route du Quilotoa ?
Un marché artisanal authentique
Pujilí est réputé pour abriter l’un des marchés les plus authentiques et colorés de la région andine, loin de la commercialisation touristique excessive. Ses marchés, particulièrement animés le dimanche, sont une explosion de couleurs, d’odeurs et de sons où les communautés indigènes des alentours viennent échanger des produits agricoles, du bétail et surtout, des céramiques traditionnelles. C’est une immersion directe dans la vie rurale et les traditions vivantes du peuple Kichwa.
Le berceau ancestral de la céramique andine
La ville est célèbre pour sa production de céramique traditionnelle, un héritage précolombien qui a perduré à travers les siècles. Les ateliers familiaux, souvent ouverts aux visiteurs, permettent d’observer le processus de fabrication entièrement manuel, du modelage de l’argile à la cuisson dans des fours à bois. Acquérir une de ces pièces, qu’il s’agisse de cantaros (jarres) ou de figurines, c’est rapporter un objet chargé d’histoire et de savoir-faire.
Un avant-goût culturel
Situé à mi-chemin entre Latacunga et la lagune du Quilotoa, Pujilí offre une pause culturelle essentielle qui équilibre l’itinéraire souvent centré sur les paysages. Il rappelle que la région de Cotopaxi n’est pas seulement un décor volcanique spectaculaire, mais aussi un territoire habité où se perpétuent des modes de vie, des croyances et une créativité artisanale profondément enracinés.
Une expérience d’échange humain
Contrairement à des sites purement contemplatifs, Pujilí invite au contact. Les artisans partagent volontiers leur passion, les commerçants expliquent l’usage des produits locaux et le marché est un lieu de sociabilité intense. Cette interaction offre une compréhension plus nuancée et chaleureuse de la culture andine, faisant de l’étape bien plus qu’un simple arrêt pratique : une rencontre mémorable sur la route du Quilotoa.
Comment visiter Pujili sur la route du Quilotoa ?
Localisation et accès depuis Latacunga ou Quito
Pujilí est situé à environ 10 km à l’ouest de Latacunga, sur la route menant à la lagune de Quilotoa. Depuis le terminal terrestre de Latacunga, des bus locaux (compagnies “Pujilí” ou “Quevedo”) effectuent la liaison toutes les 15-20 minutes pour un trajet d’environ 25 minutes et un coût inférieur à 1 dollar US. Depuis Quito, il faut d’abord se rendre à Latacunga (environ 2h de bus), puis prendre la correspondance. En voiture privée ou taxi, comptez 15 minutes depuis Latacunga.
Horaires clés et jour de marché principal
Le marché artisanal et agricole de Pujilí est animé toute la semaine, mais il atteint son apogée le dimanche matin (jusqu’à midi environ), jour où convergent les communautés des villages alentours. Les échoppes et ateliers de céramique sont généralement ouverts en semaine aux heures de bureau (9h-17h). Il est recommandé d’arriver tôt le matin (vers 8h) le dimanche pour vivre l’ambiance la plus authentique et avoir le choix des produits.
Visite des ateliers
La visite des ateliers de céramique (talleres de cerámica) est souvent gratuite, les artisans accueillant volontiers les visiteurs curieux. Il est poli d’acheter une petite pièce en soutien à leur travail (les prix débutent à 5-10 dollars US pour une pièce simple). Aucun ticket d’entrée n’est requis pour le marché lui-même, hormis votre budget pour les éventuels achats de produits locaux, textiles ou poteries.
Conseils pratiques :
Prévoyez une demi-journée pour explorer Pujilí, idéalement un dimanche matin, avant de poursuivre vers Quilotoa (environ 1h30 de route). Pour le retour, les bus vers Latacunga passent régulièrement depuis la place centrale. Si vous êtes en voiture, le trajet jusqu’à Quilotoa offre des points de vue spectaculaires sur la cordillère des Andes.
Les géants de Pujili sur la route de Quilotoa
Samedi 22 juin. En route pour la laguna Quilotoa ! Ce matin, nous nous sommes réveillés de bonne heure et avons traversé les rues désertes de Latacunga pour attendre notre guide devant l’entrée de l’agence de voyages. Après un petit quart d’heure d’attente, notre guide arrive enfin. Bonne nouvelle, pour cette excursion à la laguna, nous ne serons que quatre, Léa, moi, et un couple venu du Pérou. En route pour l’aventure !
On fait quelques kilomètres sur la route de Zumbahua… Et brusquement, à l’entrée du village de Pujili, on se retrouve face à des géants mimant les fêtes traditionnelles de la région.
Ces géants sont en fait là pour évoquer les fêtes du Corpus Cristi qui ont lieu chaque année en juin et qui rassemblent des milliers de personnes venues parfois de très loin. Cette fête est une célébration religieuse chrétienne des cultures andines, qui permet d’exprimer sa gratitude pour les récoltes obtenues.
La fête dure plus d’une semaine. Des troupes folkloriques se succèdent. On y voit des danseurs traditionnels. Des hommes vêtus de tuniques à partir desquels ils pendent et accrochent des objets comme des miroirs et des décorations de toutes sortes.
Ces géants ont été construits à l’initiative du maire qui souhaitait ainsi faire de sa ville la capitale du folklore du canton de Pujili. Les danseurs dressés à l’entrée du village font environ 50 ou 60 mètres de haut, semblable à un bâtiment de 25 étages.
Passé le village de Pujili, on s’enfonce au cœur des Andes équatoriennes peuplées de monts, de montagnes, de volcans, de ravines, mais aussi de prairies herbeuses où paissent quelques troupeaux de vaches.
Pour autant, le sol de cette partie des Andes est assez aride. La végétation basse témoigne à la fois du manque de pluie et de l’altitude qui grimpe carrément. On atteint facilement les 3.000 mètres d’altitude et plus.
À cette altitude, les grandes forêts de pins ont déjà disparu laissant la place libre à une végétation diffuse typique de la région andine, buissons et herbes basses, laissant apparaître les reliefs andins jusqu’à perte de vue.
Au cœur de cet univers sauvage, il nous arrive de croiser un bon nombre de troupeaux de moutons qui achèvent de grignoter les herbes grasses du plateau andin.
Un terrain privilégié pour les ovins qui trouvent là de quoi se repaître. Les monts alentour découvrent d’agréables formes arrondies, pelées par le passage des troupeaux de moutons.