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Naples, les trésors incroyables du musée archéologique

Pourquoi visiter le musée archéologique de Naples ?

Le sanctuaire des trésors de Pompéi et d’Herculanum

Le Musée Archéologique National de Naples, souvent désigné par son acronyme MANN, est bien plus qu’un simple musée : il constitue le prolongement indispensable de toute visite des sites antiques de la région. C’est ici que sont conservés et exposés la majeure partie des fresques, mosaïques, statues et objets du quotidien mis au jour lors des fouilles de Pompéi, Herculanum et Stabies. En déambulant dans ses salles, vous pourrez admirer de près des chefs-d’œuvre universels comme la mosaïque d’Alexandre, représentant la bataille d’Issos, ou la Vénus Callipyge, et comprendre la vie quotidienne des Romains à travers des objets aussi divers que des instruments de chirurgie ou des pains carbonisés.

Un écrin pour les collections Farnèse

Le musée abrite également l’impressionnante collection Farnèse, héritée de l’illustre famille de la Renaissance, qui constitue l’un des plus importants ensembles de sculptures antiques au monde. Vous y serez confronté à la puissance et à la démesure de l’art romain avec des œuvres colossales telles que le Taureau Farnèse, considéré comme le plus grand groupe sculpté jamais retrouvé de l’antiquité, l’Hercule Farnèse, qui a fixé l’image du héros dans l’imaginaire européen, ou encore l’Atlas Farnèse, la plus ancienne représentation connue de la voûte céleste . Ces marbres, pour la plupart des copies romaines de chefs-d’œuvre grecs perdus, offrent un aperçu inestimable de l’art classique.

Des collections spécialisées d’une richesse inouïe

Au-delà des trésors de Pompéi et des Farnèse, le MANN surprend par la diversité et la rareté de ses collections. La section égyptienne, forte de 2.500 pièces, est l’une des plus importantes d’Italie et retrace des millénaires d’histoire sur les bords du Nil . Le Cabinet Secret, ou “Gabinetto Segreto”, est un espace unique au monde qui rassemble une collection d’art érotique romain, provenant principalement des fouilles de Pompéi, et dont l’accès fut longtemps strictement contrôlé. Enfin, la collection de bronzes de la Villa des Papyrus, avec ses statues d’une facture exceptionnelle, vous transportera dans l’atmosphère raffinée d’une bibliothèque de l’élite romaine.

Un voyage dans l’histoire de l’archéologie

Visiter le MANN, c’est aussi marcher sur les traces des premiers archéologues et des souverains éclairés qui, au XVIIIe siècle, posèrent les fondations de ce qui allait devenir l’un des plus anciens et importants musées d’Europe. Installé dans un bâtiment historique ayant successivement servi de caserne et d’université, le musée dégage une atmosphère unique. Enfin, sachez que le MANN est en constante évolution : un nouveau vaste espace d’exposition, le “MANN2”, dédié à Pompéi, devrait ouvrir ses portes prochainement, promettant de renouveler encore l’expérience de la visite.

Comment visiter le musée archéologique de Naples ?

Localisation et accès au musée

Le Musée Archéologique National de Naples est situé en plein cœur de la ville, à l’adresse suivante : Piazza Museo. Pour vous y rendre, les transports en commun sont particulièrement efficaces. La solution la plus pratique est d’emprunter la ligne 1 du métro et de descendre à la station Museo, qui se trouve à quelques pas seulement de l’entrée . Vous pouvez également utiliser la ligne 2 et descendre à la station Piazza Cavour, d’où une courte marche vous mènera au musée. De nombreuses lignes de bus desservent également le quartier, et si vous préférez le taxi, les conducteurs connaissent parfaitement ce lieu emblématique.

Horaires d’ouverture généraux

Le MANN est ouvert tous les jours de 9 heures à 19h30, avec une dernière admission autorisée à 18h30. Il est important de noter que le musée est fermé le mardi, sauf lorsque ce jour est férié, auquel cas la fermeture est reportée au mercredi. Des horaires exceptionnels peuvent s’appliquer pendant les périodes de fêtes, comme par exemple des ouvertures à 10h00 avec fermeture à 18h00 pour certains jours entre Noël et le Nouvel An.

Tarifs d’entrée et gratuités

Le prix du billet plein tarif pour adultes est de 15 euros, tandis qu’un tarif réduit à 7,50 euros s’applique aux citoyens de l’Union européenne âgés de 18 à 24 ans . L’entrée est gratuite pour les visiteurs de moins de 18 ans, ainsi que pour tous les publics chaque premier dimanche du mois, dans le cadre de l’initiative “Domenica al Museo”. Il faut toutefois noter que lors de ces journées gratuites, certaines sections très fréquentées comme le Cabinet Secret, la collection égyptienne et la section de la Grande Grèce sont fermées au public pour des raisons de sécurité.

Spécificités de visite et collections en rotation

Le musée applique un plan d’ouverture rotatif pour certaines de ses collections jusqu’au 15 mars 2026, ce qui signifie que toutes les salles ne sont pas accessibles en permanence . Les sections toujours ouvertes comprennent les collections égyptienne, Farnèse, des gemmes, de la Campanie romaine, des mosaïques, le Cabinet Secret, les objets de la vie quotidienne de Pompéi, les fresques et le temple d’Isis. Les sections de Préhistoire, de l’île d’Ischia, de la Piana Campana et de la Grande Grèce sont accessibles selon un calendrier précis. Il est également important de savoir que certaines collections comme la Villa des Papyrus, l’épigraphie et la numismatique sont actuellement fermées pour des travaux de réaménagement, leurs œuvres les plus représentatives étant temporairement exposées ailleurs dans le musée. Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter la billetterie au +39 081 442 2149.

Naples, les trésors incroyables du musée archéologique

Dimanche 7 février. Ce matin, réveil en douceur… La nuit a été courte. La clé de la porte d’entrée a encore fait des siennes, et du coup on a failli passer encore la nuit dehors ! Ce matin, petit-déjeuner tranquille, puis on remonte les quartiers populaires autour du duomo, en direction du musée archéologique. C’est là que se noue le drame. Au hasard de la Via Tribunali, je tombe nez à nez avec Paul le poulpe. Ici, les poissonneries sont foisons. Mais quand même… Il me fait trop de la peine, ce gentil Poulpe.

Quelques hectomètres plus loin, nous voici devant le fameux musée archéologique de Naples. Incontournable pour celui qui veut comprendre l’histoire et le patrimoine de Naples. Un des plus grands musées d’Europe. Ici, près de 3.000 ans d’histoire de la ville sont passés au crible, de la cité fondée par les Grecs 800 ans av. J.-C à la libération de la ville par les Américains, en 1944.

Pour la petite histoire, Naples devint romaine en 336 av. J.-C à l’issue des guerres samnites. Elle devient alors un lieu de villégiature pour les Romains qui y établissent de belles villas. Thermes, temples et théâtres embellissent la cité dans les premiers siècles apr. J.-C. (30.000 habitants peuplent alors Néapolis), tandis que la baie de Baia où les empereurs ont établi leurs résidences d’été, devient la Riviera romaine.
C’est de cette période que provient l’essentiel de la collection Farnèse, principalement des statues, qui occupe une grande partie du rez-de-chaussée. Et pour cause, la famille Farnèse, une des plus puissantes d’Italie à la Renaissance, obtint au XVIe siècle, le droit exclusif de mener des fouilles afin de décorer sa résidence romaine. Ce musée Farnèse, aujourd’hui le plus grand musée archéologique du monde (140.000 pièces au bas mot !) fut même conçu par Michel-Ange en personne. Cavalier romain, armes, boucliers, discoboles, déesse aux multiples mamelles, la collection est éblouissante et révèle le niveau artistique de la puissante Rome.

Parmi les pièces majeures de la première salle, à ne pas manquer le groupe des Tyrannoctones (IIe s.), les deux Athéniens qui moururent après avoir assassiné le tyran Hipparque. Ils symbolisent depuis le combat pour la liberté.

Dans la grande salle du rez-de-chaussée, impossible de passer à côté de la statue d’Hercule. Il y est représenté reposant sur sa massue recouverte en partie de la peau du lion, et il tient à la main dans son dos les pommes du jardin des Hespérides, qu’il vient juste de cueillir.
C’est une copie du IIIe siècle apr. J.-C., signée par Glycon d’Athènes, découverte en 1546 dans les ruines des thermes de Caracalla qui est présentée dans la collection Farnèse.

Et c’est encore dans les thermes de Caracalla que fut exhumé en 1545 l’extraordinaire taureau Farnèse, pièce maîtresse du musée. Ce chef-d’œuvre évoque l’atroce supplice de Dircée, une légende de la mythologie grecque. Cette composition colossale du IIIe siècle réalisée d’après une œuvre grecque fut découverte à l’état fragmentaire, puis fut reconstituée. Si réputée qu’elle était déjà mentionnée à l’antiquité dans “L’Histoire naturelle” de Pline l’ancien. Réalisée dans un seul bloc, elle aurait été retouchée à la Renaissance par Michel Ange en personne… Pour la petite histoire, elle fut escortée par un navire de guerre lors de son transfert à Naples en 1788 !

Toujours au rez-de-chaussée, impossible de passer à côté des marbres qui décoraient autrefois la galeria Carracci du Palais Farnèse, à Rome. Dans la galerie des hommes célèbres, on peut ainsi reconnaître, outre César, Homère (aveugle et vieux) et d’illustres contemporains, comme Hippocrate.

La collection des mosaïques (salles 57-64) est une des plus belles du monde (moins spectaculaire quand même que celle du Bardo, à Tunis). La plupart proviennent des anciennes villas romaines des environs de Naples, de Pompéi et Herculanum principalement. Musiciens ambulants, théâtre, faune, flore… La diversité des sujets et leur parfait état de conservation en font des œuvres uniques. Le jeu des couleurs et la perspective en font parfois de vraies peintures !

C’est dans cette collection des mosaïques que l’on trouve une autre des pièces majeures du musée : la Bataille d’Alexandre, une des plus célèbres de l’Antiquité. Retrouvée en 1831 dans la Maison du Faune à Pompéi, elle est composée d’environ un million de pièces (tesselles), soit 15 à 30 pièces par centimètre carré ! Longue de 5 m pour 3 m de large, elle représente la phase décisive où Alexandre remporte la victoire sur Darius, en 333 av. J.-C., à Issos. Magique.

La salle la plus visitée du musée Farnèse est incontestablement le cabinet secret. Et pour cause, les œuvres exposées furent longtemps assimilées à « d’infâmes monuments de la licence aristocratique ». Traduisez au sexe. D’ailleurs, on l’appela aussi le « cabinet des objets obscènes ». Minuscule, le cabinet secret (il faut faire la queue pour y pénétrer) témoigne des habitudes et des mœurs des Romains au sujet de la symbolique très forte du phallus. 
Les œuvres exposées étaient utilisées à des fins initiatiques, mais également religieuses. On y voit même une sculpture du dieu Pan s’accouplant avec une chèvre en la tenant par la barbichette ! Découverte dans la villa des Papyrus, à Herculanum, elle fut la plus censurée de la collection, longtemps enfermée dans une armoire où, seul, le roi de Naples avait le droit de la voir !

Les salles 114 à 117 sont consacrées aux objets retrouvés dans la villa des Papyrus, à Herculanum. Les archéologues y retrouvèrent quelque 100 statues (65 sculptures en bronze et 26 en marbre). À ne pas manquer les « Filles de Danaos” », et les « Deux coureurs », deux éphèbes nus en bronze, s’élançant dans une course lors d’une compétition. Sans oublier un Sénèque au regard désabusé et inquiet.

Enfin on achève la visite par les salles consacrées aux peintures et fresques retrouvées à Pompéi : les portraits de Tarentius Neo et de son épouse. La femme tient un stylet et une tablette. À ne pas manquer non plus Sapho, dans une peinture en médaillon, représentée dans une pause songeuse et lascive.

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