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Sur la route du Quilotoa, au grand marché de Zumbahua

Pourquoi visiter Zumbahua ?

Une immersion authentique dans la culture Kichwa

Zumbahua est un bourg andin perché à plus de 3 800 mètres d’altitude, peuplé majoritairement par la communauté Kichwa. Loin des circuits touristiques standardisés, il offre un contact direct et non filtré avec le mode de vie, les traditions et la langue des habitants des hauts plateaux. C’est un lieu où l’on peut observer la persistance d’une organisation sociale communautaire et de rituels ancestraux, offrant une compréhension profonde de la réalité indigène contemporaine.

Son marché du samedi, un spectacle social et coloré

Le marché hebdomadaire du samedi matin est le cœur battant de Zumbahua. Bien plus qu’un lieu d’échange commercial, c’est une véritable institution sociale où les familles des communautés isolées convergent pour vendre leurs produits, acheter des provisions et échanger des nouvelles. L’authenticité y est préservée, avec peu de souvenirs touristiques, mais une abondance de produits agricoles, d’animaux, de tissus et d’objets du quotidien, le tout dans une atmosphère vibrante et colorée.

Un point de vue sur des paysages andins

La position géographique de Zumbahua, sur le plateau andin, offre des vues panoramiques époustouflantes sur la cordillère des Illinizas et les páramos environnants. C’est souvent une halte visuelle saisissante sur la route menant à la lagune de Quilotoa, permettant d’apprécier l’immensité et la rudesse sublime des paysages andins, modelés par l’activité agricole et l’élevage.

Un contraste avant la lagune de Quilotoa

Visiter Zumbahua avant d’atteindre la célèbre lagune de Quilotoa, toute proche, crée un contraste profond et nécessaire. Il rappelle que ce joyau touristique naturel est situé au sein d’un territoire vivant et souvent pauvre, habité par des communautés résilientes. Cette étape humanise le voyage, transformant une simple visite panoramique en une expérience plus riche, responsable et nuancée de la région de Cotopaxi.

Comment visiter Zumbahua ?

Localisation et accès sur la route de Quilotoa

Zumbahua est un village andin situé à environ 65 km au sud-ouest de Latacunga, sur la route qui mène à la lagune de Quilotoa. Il se trouve à une altitude d’environ 3 800 mètres. Depuis Latacunga, des bus locaux desservant Quilotoa s’arrêtent à Zumbahua ; le trajet dure environ 1h30 pour un coût de 2 à 3 dollars US. Depuis Quito, il faut d’abord rejoindre Latacunga (2h de bus), puis prendre la correspondance. En voiture privée ou taxi depuis Latacunga, comptez environ 1h15 de trajet sur une route panoramique mais parfois sinueuse.

Jour et horaire essentiel : le marché du samedi

L’attraction principale est son marché hebdomadaire du samedi, qui bat son plein entre 6h00 et 13h00 environ. C’est le seul moment de la semaine où le village est animé de façon intense. Hors de ce créneau, Zumbahua est un bourg très calme, avec peu d’infrastructures touristiques. Il est donc crucial de planifier votre visite pour un samedi matin si vous souhaitez vivre cette expérience sociale et culturelle unique.

Coûts et activités sur place

Il n’y a aucun droit d’entrée pour visiter le village ou son marché. Les coûts sont uniquement liés à vos dépenses personnelles : achats de produits locaux (textiles, nourriture), éventuellement un petit déjeuner sur place ou un pourboire si vous prenez des photos de personnes (toujours avec leur accord explicite). Aucun guide n’est nécessaire pour explorer le marché, mais un peu d’espagnol ou de Kichwa facilite les échanges.

Conseils pratiques :
Partez tôt de

Latacunga (vers 6h) pour arriver au marché à son heure la plus animée. Acclimatez-vous à l’altitude (prévoyez peut-être une nuit à Latacunga avant) et portez des vêtements chauds, même en journée. Soyez discret et respectueux avec votre appareil photo ; demandez toujours l’autorisation avant de photographier les gens. 

Sur la route du Quilotoa, au grand marché de Zumbahua

Samedi 23 juin. Pour aujourd’hui, nous choisissons le chemin le plus facile, l’excursion d’une journée vers la laguna du Quilotoa. Pour faire la boucle, version trekking (comme je le souhaitais au départ), il faut au moins prendre quatre jours… Mais avec ma fille, c’est tout à fait impossible. Léa n’est pas habituée aux longues marches ni encore moins aux treks de plusieurs jours. Nous voici donc embarqués dans la version courte du Quilotoa, avec descente au fond de la laguna et petite halte au grand marché de Zumbahua.

Pour le coup, on a vraiment de la chance, car le marché du samedi est certainement un des plus beaux du pays avec celui d’Otavalo, au nord de l’Équateur.

Ce matin, il y a donc foule. Et plus grande foule encore, car c’est la grande fête annuelle du village qui voit défiler tous les Indiens du canton en costumes traditionnels. Mais j’y reviendrai plus loin.

Au milieu des étals tenus majoritairement par les femmes, on trouve aussi des hommes… Qui s’attachent à la besogne de coudre ponchos et autres vêtements traditionnels. De moutons, de lama, d’alpaga… Il y en a pour tous les goûts ! Très beaux, très doux, et surtout très chauds et bien utiles dans la région des volcans, les vêtements de laine sont d’une exceptionnelle qualité. Bonnets, gants, écharpes, pulls, ponchos… On trouve de tout sur le marché de Zumbahua.

Penchés sur leur machine à coudre, les hommes restent concentrés sur leur travail et font peu de cas de ma présence à leur côté. Les marchés de la région du Quilotoa sont les meilleurs de tout le pays pour faire des affaires. Léa va très rapidement le comprendre.

Assises à même le sol, les femmes indiennes sont beaucoup plus méfiantes que les hommes… Et comme partout dans le monde, beaucoup plus rudes en affaires. Et pour les prendre en photo, c’est vraiment la croix et la bannière.

Pour réaliser quelques clichés du marché et des étals tenus par les Indiennes, je vais donc devoir prendre toutes mes précautions. Photos volées ici et là, je n’ai pas d’autres choix.

Quant à Léa, je la laisse marchander à sa guise avec un des seuls hommes de la place à vendre ses ponchos. Bon choix. Il faut toujours négocier avec les hommes. Jamais avec les femmes. J’attends patiemment le moment pour intervenir et remporter la mise. Je fais signe à Léa de s’en aller et lui explique en deux mots que si elle veut son poncho à bon prix, il faut qu’elle fasse semblant de s’en aller… Du coup, notre marchand accepte enfin de nous vendre son poncho au prix que nous voulions. « C’est ça, Léa, savoir faire des affaires. »

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