Izmir
Autour de la mer Egée
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L’ancienne agora de Smyrne est l’un des rares exemples bien préservés d’une place publique romaine en Anatolie, datant principalement du IIe siècle après J.-C., reconstruite après un séisme sous le règne de Marc Aurèle. Ses ruines imposantes, dont la basilique et les colonnades, illustrent l’importance de Smyrne en tant que centre commercial, politique et social majeur de l’Asie Mineure romaine. Ce site offre une fenêtre tangible sur l’urbanisme et l’architecture civique de l’Empire. Située au cœur de la ville moderne, l’agora symbolise la continuité historique d’Izmir, depuis la Smyrne antique jusqu’à la métropole actuelle. Elle témoigne des diverses couches culturelles – grecque, romaine, byzantine et ottomane – qui ont façonné la région. Les découvertes faites sur place, comme des inscriptions et des sculptures, aident à retracer les évolutions sociales et religieuses à travers les siècles.
Contrairement à de nombreux sites archéologiques turcs isolés, l’agora de Smyrne est intégrée au tissu urbain, offrant un contraste saisissant entre les colonnes antiques et les immeubles environnants. Sa visite, qui nécessite une à deux heures, est à la fois une pause culturelle et un voyage dans le temps. Les visiteurs peuvent y voir des éléments remarquables comme les tunnels souterrains et les restes de la stoa, évoquant l’animation passée de ce lieu. La visite de l’agora complète parfaitement la découverte d’autres sites antiques majeurs de la région, tels qu’Éphèse ou Pergame, en illustrant la vie urbaine quotidienne plutôt que les grands sanctuaires ou théâtres. Elle met en lumière le rôle de carrefour de Smyrne dans les réseaux commerciaux antiques. Pour tout visiteur intéressé par l’histoire ancienne, c’est une étape essentielle pour saisir la richesse et la complexité du patrimoine anatolien.
Le bazar de Kemeraltı s’est développé depuis le XVIIe siècle autour du port historique d’Izmir, formant un dédale de ruelles couvertes et de cours. Contrairement aux bazars ultra-touristiques d’Istanbul, il conserve une atmosphère largement authentique, fréquenté quotidiennement par les habitants. On y trouve des traces des communautés grecque, juive et arménienne qui ont façonné la ville, comme la Synagogue Beth Israël ou l’église Saint-Polycarpe. Le bazar est une explosion de couleurs, d’odeurs et de sons : des montagnes d’épices (piment d’Alep, sumac, herbes), des étals d’olives et de fromages locaux, des pâtisseries turques fraîches et le célèbre café de Mırra. C’est le lieu idéal pour déguster des spécialités de rue comme le boyoz (pâtisserie sépharade) ou les şambali (gâteaux au sirop), et pour s’asseoir dans un vieux café pour un thé ou une partie de tavla (backgammon).
La tour de l’horloge (İzmir Saat Kulesi) est l’emblème iconique de la ville, située sur la place Konak. Offerte par le sultan ottoman Abdülhamid II en 1901, elle célèbre le 25ème anniversaire de son accession au trône. Son architecture élancée, ornée de motifs ottomans et mêlant marbre et pierre, représente un chef-d’œuvre de la fin de l’Empire. Elle symbolise la fierté historique d’Izmir et sert de point de rendez-vous central pour ses habitants. Le Kordon est une longue promenade de plusieurs kilomètres bordant le golfe d’Izmir. Divisée en Kordon Alsancak et Kordon Konak, elle est le lieu de respiration et de socialisation par excellence. Les Izmiriotes viennent s’y promener, faire du vélo, siroter un thé en regardant les ferries et les voiliers, ou simplement profiter du coucher de soleil. C’est l’endroit idéal pour observer la vie locale dans toute son authenticité et sa diversité.
Le Kulturpark d’Izmir a été créé en 1936 sur l’emplacement d’un quartier détruit par le grand incendie de 1922, incarnant ainsi la reconstruction et la modernisation de la ville sous la jeune République turque. Conçu pour accueillir la prestigieuse Foire internationale d’Izmir, l’une des plus anciennes au monde, il représente l’ambition cosmopolite et le dynamisme économique de la métropole égéenne. Son architecture des années 1930, mêlant styles Bauhaus et Art déco, témoigne de cette période charnière. S’étendant sur plus de 420 000 mètres carrés, le parc est une vaste oasis de verdure comptant des milliers d’arbres, des jardins paysagers, des roseraies et des plans d’eau. Il offre aux habitants comme aux visiteurs un espace de respiration, de promenade et de détente loin de l’agitation urbaine. Ses allées ombragées et ses pelouses invitent au farniente, à la pratique sportive ou à un pique-nique en famille, constituant un lieu de vie sociale essentiel.
Le musée d’Art et d’Histoire d’Izmir (İzmir Arkeoloji ve Etnoğrafya Müzesi) offre une synthèse précieuse des civilisations qui se sont succédé dans la région égéenne, de la préhistoire à l’époque ottomane. Ses collections, issues des fouilles de sites majeurs comme Éphèse, Pergame ou Smyrne elle-même, permettent de retracer l’histoire complexe de l’Anatolie occidentale. Les pièces exposées, allant des figurines cycladiques aux statues romaines, témoignent du rôle de carrefour culturel et commercial de cette zone. Le musée abrite des œuvres exceptionnelles qui justifient à elles seules la visite, notamment les statues en marbre de Déméter et de Poséidon découvertes sur l’agora de Smyrne, ainsi que le Socrates à la faucille provenant de l’ancienne bibliothèque d’Éphèse. La qualité artistique de ces sculptures et leur état de conservation remarquable offrent un contact direct avec le génie des ateliers antiques de la région, à l’apogée de leur production.
Alsancak, autrefois nommé “Punta”, est le quartier emblématique de la Izmir moderne, né au XIXe siècle avec l’essor du commerce international et l’arrivée des communautés européennes. Ses larges rues, son architecture néo-classique et ses anciennes maisons de marchands (comme les maisons « sark ») témoignent de cette époque où Izmir était un port florissant et multiculturel. Il incarne l’identité ouverte et commerçante de la ville. La célèbre rue Kıbrıs Şehitleri (anciennement rue des Roses) et ses perpendiculaires constituent le centre névralgique du shopping, de la restauration et de la vie nocturne. On y trouve des boutiques de créateurs, des librairies historiques, des galeries d’art, des cafés branchés et des restaurants de tous horizons. C’est le lieu de rendez-vous et de promenade préféré des Izmiriotes, offrant une ambiance à la fois dynamique et élégante.
La maison de la Vierge Marie (Meryemana en turc) est un sanctuaire situé près d’Éphèse, où, selon une tradition chrétienne remontant au XIXe siècle, la mère de Jésus aurait passé ses dernières années. Cette croyance, bien que non attestée par les Écritures, a été validée par des pèlerinages papaux (Paul VI en 1967, Jean-Paul II en 1979, Benoît XVI en 2006 et François en 2014). Le site est également vénéré par des musulmans, qui respectent profondément Marie (Meryem), faisant de cet endroit un rare lieu de dévotion interreligieuse. Perchée sur le mont Koressos (Bülbül Dağı, « la Montagne du Rossignol »), la maison est entourée d’une forêt tranquille qui invite au recueillement. L’atmosphère y est empreinte de sérénité, contrastant avec l’agitation des sites archéologiques voisins. Les visiteurs peuvent y allumer un cierge, boire à la source d’eau considérée comme miraculeuse, et accrocher un vœu ou un message sur le « Mur des Souhaits », une pratique touchante qui transcende les appartenances religieuses.
Éphèse est l’une des cités gréco-romaines les mieux préservées au monde, offrant un panorama complet de l’architecture et de l’organisation urbaine d’une métropole antique. Ses rues, ses monuments publics et ses maisons privées illustrent avec une rare intensité le quotidien, la grandeur et la complexité sociale d’une ville qui fut l’un des principaux ports de la Méditerranée orientale pendant des siècles. Le site abrite des édifices mondialement célèbres, dont la bibliothèque de Celsus, façade emblématique soigneusement reconstruite, et le théâtre colossal pouvant accueillir 25 000 spectateurs. Les vestiges du temple d’Artémis (l’une des Sept Merveilles du monde), bien que moins imposants aujourd’hui, rappellent le statut religieux majeur de la cité. Les maisons en terrasse (Yamaç Evleri), avec leurs mosaïques et fresques luxueuses, témoignent du raffinement des élites.
Le temple d’Artémis à Éphèse était considéré dans l’Antiquité comme la plus grandiose réalisation architecturale de son temps, classé parmi les Sept Merveilles du monde. Bien que ses ruines soient aujourd’hui modestes, se tenir sur son site permet de mesurer l’ampleur du sanctuaire, qui fut plus grand que le Parthénon d’Athènes. Cette empreinte physique, même réduite, évoque la démesure d’un culte qui attirait des pèlerins de tout le monde méditerranéen. Le temple était dédié à Artémis d’Éphèse, une déesse mère aux multiples seins, bien différente de la vierge chasseresse grecque. Ce culte syncrétique, fusion de traditions anatoliennes et grecques, symbolisait la fertilité et la nature. Le sanctuaire était un centre religieux, économique et politique d’une puissance colossale, dont la prêtrise influençait la vie de la cité. Visiter ses vestiges, c’est toucher au cœur spirituel de l’Éphèse antique.
Cette portion de côte, correspondant approximativement à l’ancienne Ionie, est l’un des berceaux de la civilisation occidentale. Elle fut le cœur de grandes cités grecques comme Éphèse, Smyrne (Izmir) et Clazomènes, et plus tard une province romaine majeure. La région a vu naître des philosophes (Thalès, Héraclite), des scientifiques et les premières formes d’urbanisme démocratique. Chaque kilomètre carré recèle des vestiges archéologiques, des théâtres antiques aux sanctuaires, témoignant de son rôle central dans l’Antiquité. La route côtière et les chemins de l’arrière-pays offrent des panoramas d’une grande beauté, mêlant les oliveraies, les pins, les vignobles et les criques rocheuses aux eaux turquoise. La proximité des montagnes de la région égéenne crée un arrière-plan spectaculaire et permet des excursions vers des villages traditionnels et des points de vue élevés. Cette nature méditerranéenne, encore préservée par endroits, est idéale pour des pauses balnéaires, des randonnées ou simplement pour admirer les couchers de soleil.
Le coucher du soleil sur le golfe d’Izmir est renommé pour la puissance et la variété de ses couleurs. Le ciel et la mer se parent de teintes orangées, pourpres et dorées, offrant un panorama changeant et photogénique. Cette lumière rasante sublime également la silhouette de la ville, créant un contraste saisissant entre les reflets sur l’eau et l’éclairage urbain qui s’allume progressivement. Assister au coucher du soleil depuis le port, le long du Kordon (promenade), est une tradition locale profondément ancrée. C’est un moment de pause collective où les habitants se rassemblent pour se promener, s’asseoir sur un banc ou en terrasse, et partager ce spectacle quotidien. Cette expérience offre une immersion authentique dans le rythme de vie détendu et tourné vers la mer qui caractérise la culture égéenne de la ville.
Perchée à 186 mètres d’altitude sur le mont Pagos, la citadelle de Kadifekale (« le château de velours ») offre l’un des panoramas les plus complets et spectaculaires sur l’ensemble de la métropole d’Izmir, sa vaste baie et les montagnes environnantes. Cette vue permet de saisir l’étendue et la géographie de la ville, du centre moderne jusqu’aux quartiers historiques, et constitue un lieu privilégié pour le coucher du soleil. Le site fut le cœur de la Smyrne refondée par Alexandre le Grand au IVe siècle avant J.-C., selon les conseils de l’oracle. Les vestiges des murailles visibles aujourd’hui datent principalement de l’époque byzantine et ottomane, mais elles reposent sur les fondations hellénistiques et romaines. Visiter Kadifekale, c’est donc marcher sur l’acropole de l’antique Smyrne et toucher aux origines de la ville moderne.