Pourquoi visiter le parc Calderon et la cathédrale de l’Immaculée Conception ?
Le cœur historique et social de Cuenca
Le parc Calderón est bien plus qu’une simple place publique ; il constitue le centre géographique et symbolique de Cuenca. Depuis l’époque coloniale, il a été le témoin des événements majeurs de la ville et reste aujourd’hui le lieu de rendez-vous privilégié des habitants. Son agencement ombragé, entouré d’édifices historiques, offre un cadre idéal pour observer la vie quotidienne et ressentir le rythme paisible de la cité, en faisant le point de départ incontournable de toute exploration.
Une œuvre architecturale audacieuse et majestueuse
La cathédrale de l’Immaculée Conception, ou cathédrale Nouvelle, domine le parc de ses imposantes coupoles bleues inspirées de la basilique Saint-Pierre de Rome. Sa construction, qui s’étendit sur plus d’un siècle, a abouti à un édifice éclectique où se mêlent des styles allant du néo-gothique au roman. L’intérieur, sobre et vaste, contraste avec la richesse des marbres et des vitraux, offrant un témoignage unique de la foi et des ambitions de la société cuencaine à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Un symbole de l’identité culturelle et religieuse
La cathédrale et le parc forment un ensemble insérable qui incarne l’âme de Cuenca. La cathédrale n’est pas seulement un monument ; elle est le siège de l’archidiocèse et le cadre des célébrations religieuses les plus importantes. Le parc, quant à lui, est un lieu de sociabilité, de manifestations culturelles et de recueillement. Visiter cet ensemble, c’est comprendre comment le religieux, le politique et le social s’entremêlent dans l’histoire et le présent de la ville.
Une expérience sensorielle
La visite offre une expérience multi-sensorielle : la fraîcheur ombragée du parc, le son des cloches de la cathédrale, la vue sur les façades blanches du centre historique et la lumière filtrant par les rosaces. Monter aux tours de la cathédrale (lorsque c’est possible) récompense par une vue panoramique unique sur les toits de tuiles et les montagnes environnantes. Cet ensemble constitue ainsi une introduction parfaite à l’harmonie architecturale et à l’atmosphère sereine qui valent à Cuenca son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Comment visiter le parc Calderon et la cathédrale de l’Immaculée Conception ?
Localisation et accès au cœur historique
Le parc Calderón et la cathédrale de l’Immaculée Conception sont situés au centre historique de Cuenca, à l’intersection des rues Simón Bolívar et Mariscal Sucre. Ce secteur est entièrement piétonnier, ce qui rend l’accès en voiture impossible. Les visiteurs peuvent facilement y arriver à pied depuis la plupart des hôtels du centre, ou en utilisant les taxis urbains (de couleur orange) qui déposent à proximité. Le système de bus électrique “tranvía” comprend un arrêt à quelques mètres de la place, offrant une connexion pratique avec d’autres quartiers.
Horaires d’ouverture et conditions de visite
Le parc Calderón est un espace public ouvert en permanence, bien qu’il soit plus animé et sûr en journée. La cathédrale de l’Immaculée Conception a des horaires variables pour les visiteurs, généralement ouverte du lundi au samedi de 9h00 à 17h00, et le dimanche pour les offices religieux uniquement. L’entrée dans la nef principale est gratuite, mais l’accès aux tours et au musée diocésain peut nécessiter un droit d’entrée symbolique de quelques dollars. Il est essentiel de vérifier les horaires précis avant votre visite, car ils peuvent changer lors de cérémonies religieuses.
Déroulement de la visite et points d’intérêt
La visite commence naturellement par le parc, où vous pourrez vous imprégner de l’ambiance locale avant d’entrer dans la cathédrale. À l’intérieur de cette dernière, admirez l’architecture néo-gothique, les vitraux et l’autel principal. Si l’accès est autorisé, la montée aux tours offre une vue panoramique exceptionnelle sur la ville et les toits de tuiles du centre historique. Prévoyez environ une heure à une heure trente pour explorer l’ensemble avec attention, en incluant un moment de contemplation dans le parc.
Conseils pratiques :
Pour profiter pleinement de votre visite, choisissez le matin en semaine pour éviter la foule du week-end. Une tenue respectueuse est exigée pour entrer dans la cathédrale (épaules et genoux couverts). Gardez vos effets personnels en sécurité dans le parc, comme dans tout espace public fréquenté.
Cuenca, le parc Calderon et la cathédrale de l'Immaculée Conception
Mardi 26 juin. Au bout de la calle Simon Bolivar se dresse la place principale de Cuenca, le Parque Calderon, jolie petite plazoleta au centre de laquelle ont été plantés une trentaine d’arbres et arbustes, parmi lesquels huit arbres gigantesques (des araucaria exelcea) rapportés du Chili en 1865 sur les genoux du président Cordero.
Ces huit grands arbres du Chili enserrent la statue érigée pour commémorer les heures glorieuses de l’indépendance du pays.
Autour de la place, outre la cathédrale, se dressent quelques édifices monumentaux dont la cour supérieure de justice en pierre de lave, précédée de monumentales colonnes.
Mais le meilleur moyen encore d’admirer le parque Calderon est de grimper au sommet de la tour de la cathédrale. De là, on a une vue plongeante sur le parc paysager et tous les arbres plantés au milieu de la place.
Bon, évidemment, on ne peut pas oublier de mentionner la présence de la cathédrale de la Immaculada Conception.
Sa façade massive, tout en brique, est surmontée par deux grosses tours trapues. Elle fut bâtie ici à partir de 1885 pour remplacer la « vieille cathédrale », dressée de l’autre côté de la place et devenue trop petite.
Chose rare en Amérique du Sud, l’entrée de l’église est surmontée par un immense portail en voussures dépourvu de toutes sculptures au contraire de ses aînés européens.
À l’intérieur de la cathédrale, c’est un festival de couleur pastel, de bleu, de rose, d’ocre et d’or qui se joue en permanence sous les effets de la lumière distillée par la coupole centrale et les appliques savamment placées de part et d’autre de la nef.
L’intérieur de la cathédrale, et notamment du chœur, est coiffé par des dômes aux céramiques blanches et bleues.
L’agencement des arcades qui soutiennent les chapelles est d’une rectitude quasi mathématique. Sous la nef, des dizaines de fidèles se rassemblent en permanence pour venir prier sous ce que les habitants appellent la « cathédrale neuve » qui ne fut achevée qu’en 1960, après 80 ans de construction.
L’intérieur est recouvert de marbre rose, le tout égayé par toute une série de vitraux dont un cône volcanique aux neiges éternelles.
Sous la coupole centrale qui abrite le chœur de l’église et l’autel, impossible de passer à côté du riche baldaquin en bronze doré perché sur des colonnes salomoniques torsadées.
Aux quatre coins de l’église (au sens propre du terme), des fidèles s’agenouillent pour prier sur le sol de marbre rose. D’autres encore comme moi préfèrent le confort des bancs de l’église.
En relevant les yeux, on peut apercevoir l’une des coupoles qui vient éclairer la nef centrale. Sa couleur bleu pastel est du plus bel effet.
À coup sûr, le clou de la visite de la cathédrale, et son seul véritable intérêt à vrai dire, est la vue panoramique qu’offre le sommet de la terrasse des coupoles. Étourdissant.
Pour accéder au sommet de l’édifice, il faut d’abord s’acquitter du droit d’entrée (1 $), puis grimper les 155 marches de la tour ouverte au public. Un petit effort loin d’être insurmontable, et qui offre la plus belle vue sur la ville.
Si à l’est, la vue n’offre qu’une perspective glaciale sur la ville moderne, ses quelques édifices monumentaux, et loin à l’horizon, les volcans qui entourent la ville, il en va tout autrement de l’ouest de la ville.
Devant moi, le Cuenca colonial, salué et mis en valeur par l’Unesco, s’étend jusqu’à perte de vue, jusqu’aux pentes des autres volcans qui cernent la ciudad. Magique.
Avec un peu d’imagination, on peut se faire une idée de la vallée qui existait là avant l’arrivée des conquistadors espagnols. Le site était alors habité par les indiens « Cañaris », lesquels avaient été soumis par l’encombrant voisin Inca qui s’était empressé de rebaptiser la ville « Tomebamba ». Sous la domination inca, la cité devint alors une importante ville régionale placée sur la route impériale qui reliait Cuzco à Quito.
Si aujourd’hui, entre les coupoles de la cathédrale, on n’aperçoit que la silhouette élégante des anciennes demeures coloniales, il faut imaginer que se dressaient ici, des temples fastueux recouverts d’or, élevés par les Incas. La volonté de l’empereur Tupac Yupanqui qui voulait faire de ce lieu une métropole grandiose : « Pumapungo », « La Porte du Puma ». Mais lorsque les conquistadors espagnols s’emparèrent de la cité inca, ces derniers avaient tout détruit pour ne rien laisser aux envahisseurs européens.
Quelque vingt ans plus tard, Mendoza, alors vice-roi du Pérou, né en 1535 dans la Cuenca castillane, décida de donner le nom de sa ville natale à l’ancienne cité cañari et inca… Cuenca fut donc fondée le 15 avril 1557, et se mua très rapidement en un important centre de production agricole.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la ville prospéra et devint une importante cité coloniale dotée de jolis monuments baroques. Puis dotée d’une université au XIXe siècle, Cuenca fut rapidement surnommée « l’Athènes de l’Équateur ! ». Rien que ça.
Dans l’après-midi, Léa se décide enfin à visiter la ville avec moi. Ce qui va me permettre de réaliser une série de clichés à l’intérieur de la nef de la cathédrale.