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Une excursion au parc archéologique Agua Blanca

Une excursion au parc archéologique Agua Blanca

Dimanche 1er juillet. Pour cette visite, je suis pris en charge par Fernando, un des guides locaux chargé de conduire les touristes sur le sentier qui mène au site archéologique. Car sans un guide, impossible de visiter les lieux.

Pour accéder au site, il faut d’abord traverser une rivière, heureusement au plus bas aujourd’hui, mais qui j’imagine peut rapidement grossir en cas de fortes pluies.

Puis on s’enfonce un peu plus profondément dans un sentier, non sans croiser en chemin quelques chevaux sauvages.

Puis on traverse une forêt de bananiers. Pas de pesticides ici. Tout est cultivé naturellement, m’assure Fernando. En relevant la tête, on peut distinguer les régimes de bananes qui ne demandent qu’à être récoltés.

Ça peut paraître étrange avec tous les pays que j’ai déjà visités, mais c’est la première fois que je traverse à pied une bananeraie. La lumière filtrée par les feuilles larges des bananiers crée une incroyable atmosphère.

Après la bananeraie, place à la forêt de bambous. Mon guide m’explique en espagnol que ces bois sont utilisés pour construire la plupart des cabanes de la région.

Très gentiment, Fernando accepte de poser pour moi. C’est fou comme les regards en disent plus long que les mots, parfois.

Enfin, après une petite demi-heure de marche à travers toutes ces forêts, on atteint enfin le site archéologique d’Agua Blanca.

Le site abrite des ruines précolombiennes de la culture manteña (du VIIe au XVIe siècle), une des dernières à avoir peuplé la côte Pacifique avant l’arrivée des conquistadors espagnols.

De la cité de la communauté manteña, il ne subsiste quasiment rien, tout juste quelques fondations de maisons anciennes et quelques pans de murs matérialisés par des amas de pierres.

Toutefois, les archéologues et les conservateurs du site ont cru bon de reconstituer une ancienne maison commune sur l’emplacement même de la plus importante d’entre elles. Une charpente de bois soutient désormais un toit fait de feuilles de palmiers et de bananiers.

Passé cette habitation, Fernando m’emmène au cœur des ruines d’Agua Blanca. En relevant la tête j’aperçois une superbe termitière ayant colonisé la branche d’un arbre.

Au-delà des maigres ruines que le site abrite encore de cette civilisation très méconnue, les vraies stars du site sont assurément ces superbes ceibos à l’aspect si reconnaissable dont j’avais déjà pu admirer quelques-uns d’entre eux au Guatemala, à proximité du site de Tikal. Ceux-ci sont beaucoup moins imposants, mais leur allure, l’entrelacs de leurs branches, leur harmonie, en font des arbres stupéfiants.

Au sommet du site où demeurait alors le chef du clan, la colline est entourée de ceibos au tronc vert si prononcé. Depuis le sommet de la colline, des guetteurs surveillaient ainsi la communauté, m’explique encore Fernando.

Depuis le début des fouilles en 1979, plus de 500 maisons ont été découvertes sur le site. S’il ne reste aujourd’hui qu’environ 300 habitants, c’était alors le village principal de la seigneurie de Salangome (nom précolombien d’Agua Blanca).

Le territoire des manteñas s’étendait alors de l’actuelle Machalilla, au nord, jusqu’à Salango, au sud.

Autre espèce spécifique du parc, ces magnifiques cactus tropicaux qui poussent au milieu des ceibos et des autres essences d’arbres.

Après la visite du site archéologique, on retourne tranquillement sur nos pas et repassons la rivière et la forêt tropicale.

Au final, on arrive à la fameuse piscine de soufre de quatre mètres de profondeur, où la combinaison de 70 % de minéraux naturels et de boue thérapeutique équivaut à un traitement de spa.

Ce matin, elle part en expédition pour aller plonger au large de l’île de Salango. Pas vraiment exceptionnel, me dira-t-elle plus tard. De mon côté, je choisis de ne pas plonger et d’aller visiter le site archéologique d’Agua Blanca, intégré au Parque nacional de Machalilla. Pour m’y rendre, j’attrape un taxi qui me conduira sur place pour une poignée de dollars.

Étape préalable à la visite (en compagnie d’un guide, quasiment obligatoire pour ne pas se perdre dans le parc !), un passage par le petit musée du site qui rassemble quelques-unes des plus belles pièces retrouvées lors des différentes fouilles archéologiques.

De nombreux ustensiles de la vie quotidienne sont ainsi retrouvés, ainsi que de nombreuses petites statuettes votives toutes plus étonnantes les unes que les autres.

À ne pas manquer non plus l’hommage que le musée rend au fameux « spondylus », une huître géante que l’on ne pêche que dans les eaux de la région (et actuellement en voie de disparition, hélas), que l’on retrouva partout dans l’ancien empire inca, et plus loin encore, jusqu’aux confins de l’empire de Téotihuacan, au Mexique.

Cette coquille d’huîtres avait alors aux yeux des civilisations amérindiennes une valeur inestimable, et on comprend ainsi pourquoi les empereurs incas s’étaient mis en tête de conquérir au plus tôt la région tenue autrefois par les cités-états du peuple Cañari.

On prêtait alors au fameux « spondylus » des vertus spirituelles et aphrodisiaques.

Voilà, après cette courte visite au musée, on se rend maintenant à l’entrée du site où sont entreposées des tombes de la civilisation manteña. Une maquette permet de mieux apprendre le site dont les ruines se limitent pratiquement aux seules fondations des anciens édifices.

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