Pourquoi visiter la place Taumadhi à Bhaktapur ?
Nyatapola, le temple le plus haut du Népal
La place Taumadhi est dominée par l’imposant temple Nyatapola, un chef-d’œuvre architectural de cinq étages s’élevant à trente mètres de hauteur, ce qui en fait le plus haut temple de style pagode du Népal. Construit en 1702 par le roi Bhupatindra Malla, cet édifice en brique et bois est dédié à Siddhi Lakshmi, une incarnation tantrique de la déesse Durga. Sa solidité légendaire lui a permis de résister sans dommage majeur aux tremblements de terre dévastateurs de 1934 et 2015.
Un escalier gardé par des créatures de plus en plus puissantes
L’accès au temple Nyatapola se fait par un majestueux escalier flanqué de cinq paires de statues disposées sur les différentes terrasses. Du bas vers le haut, on rencontre successivement les lutteurs légendaires Jayamel et Phattu, puis des éléphants, des lions, des griffons et enfin les déesses Baghini et Singhini. Selon la tradition, chaque paire d’animaux ou de divinités possède une puissance dix fois supérieure à celle qui se trouve en dessous, conférant au temple une protection mystique croissante.
Le temple Bhairavnath, équilibre des forces cosmiques
Juste à côté du Nyatapola se dresse le temple Bhairavnath, un édifice rectangulaire de trois étages dédié à Bhairava, la manifestation féroce du dieu Shiva. Cette proximité n’est pas anodine : la légende raconte que le puissant temple de Siddhi Lakshmi fut érigé pour contenir la force destructrice de Bhairava, créant ainsi un équilibre cosmique au cœur de la place. Une petite statue de trente centimètres de Bhairava est nichée dans une niche à un mètre du sol.
Un centre de festivités et de vie locale
Taumadhi Square constitue le cœur battant des célébrations à Bhaktapur, notamment lors du Bisket Jatra qui marque le Nouvel An népalais en avril. Pendant ce festival de neuf jours, un immense char de trois étages portant les statues de Bhairavnath et Betal est construit sur la place, puis tiré par deux groupes de fidèles qui s’affrontent dans un gigantesque jeu de traction rituel. Au quotidien, la place s’anime avec ses cafés, restaurants et boutiques de souvenirs, offrant aux visiteurs une immersion authentique dans la culture newar.
Comment visiter la place Taumadhi à Bhaktapur ?
Localisation et accès
Taumadhi Square est l’une des places les plus emblématiques de Bhaktapur, située au cœur de la cité médiévale, à seulement quelques minutes de marche à l’est de la place Durbar. Cette place centrale est facilement reconnaissable à ses deux temples majeurs qui dominent le paysage : l’imposant Nyatapola, le plus haut temple du Népal, et le temple Bhairabnath qui lui fait face. La zone étant piétonne et pavée de briques rouges, la marche est le meilleur moyen de s’y rendre une fois que l’on a pénétré dans la vieille ville.
Transports pour se rendre à Taumadhi Square
Depuis Katmandou, des bus et minibus locaux partent régulièrement du Ratna Park Bus Station en direction de Bhaktapur, pour un trajet d’environ 45 minutes à une heure et un coût modique d’environ 50 NPR. Les taxis constituent une alternative plus confortable, avec un trajet de 30 à 45 minutes depuis l’aéroport international de Katmandou ou le centre de la capitale. Une fois arrivé à Bhaktapur, les visiteurs débarquent généralement à Kamalbinayak ou au Bhaktapur Bus Park, d’où Taumadhi Square est accessible par une marche de 10 à 15 minutes à travers les ruelles pittoresques. Des pousse-pousse locaux sont également disponibles pour ceux qui préfèrent ne pas marcher.
Horaires et tarifs d’entrée
Taumadhi Square étant un espace public en plein air, il est accessible à toute heure, mais les temples et l’ambiance s’apprécient idéalement entre 6 heures et 19 heures, lorsque la lumière naturelle met en valeur les détails architecturaux. Il n’y a pas de droit d’entrée spécifique pour la place elle-même, mais l’accès est conditionné par l’achat du billet pour Bhaktapur Durbar Square, qui inclut l’ensemble du site patrimonial. Le tarif pour les visiteurs étrangers est de 1500 NPR (environ 15 USD), avec un tarif réduit à 500 NPR pour les ressortissants des pays de l’Association sud-asiatique pour la coopération régionale (SAARC) . Ce billet est généralement valable plusieurs jours, permettant de revenir sur la place à différents moments.
Recommandations pratiques
Pour profiter pleinement de l’atmosphère unique de Taumadhi Square, il est conseillé de s’y rendre tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière est la plus belle et que l’affluence touristique diminue. Les samedis et jours de fête, la place s’anime de manière particulière avec les dévotions locales.
Bhaktapur, la place Taumadhi et ses grands temples
Vendredi 10 novembre. Après une petite pause bien méritée dans notre petit café sympa, direction la place Taumadhi. Ma préférée à Bhaktapur. Mais avant de visiter les temples (ou plutôt de grimper à leur sommet !), on fait un petit tour dans les rues alentour pour prendre le pouls de la ville.
Ici, comme partout au Népal, il existe mille et un petits métiers. En général, les artisans d’un même corps de métiers sont rassemblés entre eux, comme ici, les sculpteurs sur bois.
Un peu plus loin, on se mêle à la foule. De jeunes lycéennes nous croisent en nous lançant des sourires. « Namaste ! Namaste ! » Un vrai bonheur.
Plus loin, ce sont des pères de famille qui sont rassemblés pour discuter ensemble et faire la lecture des journaux. On rit, on se charrie, et on se prête gentiment aux photos. Quels gens charmants.
Sur un mur d’un temple, j’en profite pour admirer quelques scènes mythologiques. Hommes à tête de cheval et d’éléphant jouent de la flûte.
Plus loin, c’est un couturier qui travaille à la confection d’une chemise. Machine à couture d’un autre temps… Qui trône chez nous, européens, en mode décoration intérieure.
Dans les rues autour de la place, c’est un ballet continu de gens, d’enfants et de familles, le tout dans un décor de carte postale : puits ancestraux, temples, pagodes, stupas, statues… Sans oublier les commerçants de rue qui nous sourient si gentiment.
À force de tourner autour du pot, on finit par enfin arriver sur la place Taumadhi. Pour moi, la plus belle que j’ai pu voir au Népal. Deux temples se dressent là : Bhairav et le Nyatapola. C’est celui-ci que nous allons grimper.
Un escalier massif d’une blancheur immaculée, encadré par deux immenses lutteurs malla, permet d’accéder à la terrasse du temple.
Au sommet du temple, un petit garçon insiste pour que je le prenne en photo, ce que je m’empresse de faire ! Du coup, le petit me suivra partout en me réclamant quelques roupies. Ici comme en Inde, il ne faut surtout pas donner d’argent aux enfants… C’est le meilleur moyen de faire d’eux des mendiants jusqu’à la fin de leurs jours.
Le temple de Nyatapola est connu pour être le plus haut de tout le Népal. Depuis son sommet, on a une vue panoramique sur toute la place Taumadhi. En observant les façades, on distingue clairement les étais qui soutiennent toutes les maisons de la place. Le tremblement de terre de 2015 est encore dans toutes les têtes.
Une petite photo-souvenir et je fais le tour de la terrasse centrale.
Construit en 1708, le temple de Nyatapola offre vraiment une vue exceptionnelle sur toute la place cernée de vieilles maisons newar, du nom des premiers peuples s’étant installé dans le pays. À gauche, le temple de Bhairava se dresse sur trois étages.
Griffons au premier plan. La vue depuis le sommet offre des perspectives fantastiques. Le temple de Nyatapola repose sur un socle à cinq niveaux flanqué à chacun de ses coins par quatre sanctuaires de Ganesh, le dieu éléphant.
Sa pagode à cinq toits superposés culmine à plus de 30 m de haut et dépasse tous les autres édifices de la ville. Selon la légende, ce serait pour faire concurrence au temple de Talaju, à Katmandou, que le roi malla le fit construire en 1703.
On a bien le droit de monter jusqu’à la terrasse du temple, mais nul ne peut y pénétrer, à l’exception du prêtre qui célèbre le culte en son honneur… Et selon les rites tantriques.
Les deux lutteurs malla qui gardent l’entrée du temple sont réputés pour être forts comme dix hommes ordinaires.
D’immenses statues d’une beauté insolente encadrent chaque volée de marches. Éléphants, lions, griffons mystiques à pattes de lion, guerriers et divinités tantriques gardiennes du temple.
L’autre grand monument de la place est le temple de Bhairava, très vénéré et gardé par deux lions à l’allure féroce. Et bien entendu, le temple est dédié à Bhairav, une forme terrible de Shiva. Selon la légende, de grandes épidémies suivirent son édification. Du coup, après consultation de prêtres et de sages, le conseil décida pour apaiser la colère divine de placer à ses côtés la déesse tantrique Siddhi Laksmi. Un autre temple fut alors reconstruit par le roi Malla et Bhairav ne manifesta plus jamais sa colère.
Le temple de Bhairav avec ses cinq étages a ceci comme particularité que sa base est carrée, et non rectangulaire comme pour toutes les autres constructions. À chaque extrémité des toits se dressent des oiseaux prêts à prendre leur envol. Encore une idée du roi Yoga Malla. Il fit savoir à ses sujets que tant que les oiseaux resteraient là, il demeurerait auprès de son peuple… Autant dire jusqu’à l’éternité !
En attendant de voir les oiseaux s’envoler je me pose sur la place et admire la place Taumadhi. Une jolie Népalaise attend patiemment devant l’entrée du temple. L’effigie cultuelle est gardée dans une pièce à l’abri du regard des profanes… Toutefois on peut apercevoir un masque de Bhairav à une fenêtre située entre le premier et le deuxième toit.
C’est d’ailleurs ce masque que l’on promène sur un char à travers tout Bhaktapur lors de la procession du Nouvel An. Les chars partent de la place Taumadhi qui marque la frontière entre la ville basse et la ville haute… Occasionnant parfois des rixes entre les hommes des deux quartiers.
Au sud-ouest de la place, un édifice historique original avec une terrasse héberge le café Nyatapola. Mais c’était certainement à l’origine une maison d’habitation abritant une divinité locale.
En prenant la direction de Durbar Square, la place historique de Bhaktapur, impossible de rester insensible au spectacle de la rue, et notamment aux femmes qui tamisent la récolte de millet.
À deux pas de là, juste au nord de Durbar Square se dresse Potter’s square, le quartier des potiers. Tout autour de la place, de jeunes femmes travaillent aux décorations des poteries et les alignent sur la terre battue.
Un travail minutieux qui s’effectue toujours à la main. Ici, c’est bien simple, on se retrouve en plein Moyen Âge ! Les techniques n’ont guère changé depuis des siècles.
Pour faire sécher les poteries, les femmes s’activent dès le matin à exposer la production du jour au soleil.
Les tours de pierre tournent encore à plein régime… Et à la force des bras. Un travail dont s’acquittent les hommes.