Comment se passe l’ascension vers Namche Bazar ?
Une montée exigeante récompensée par des paysages grandioses
L’ascension de Phakding (2 652 m) à Namche Bazaar (3 440 m) constitue l’une des journées les plus mémorables du trek, mais aussi l’une des plus exigeantes physiquement. Le sentier longe la rivière Dudh Koshi, franchissant de nombreux ponts suspendus chargés de drapeaux de prières, avant d’entamer une montée sérieuse et continue à travers une forêt de pins et de rhododendrons. Cette montée, qui dure entre trois et quatre heures pour les marcheurs les plus rapides, est réputée pour sa rudesse et procure une sensation d’accomplissement certaine lorsque l’on aperçoit enfin les premières maisons de Namche accrochées à flanc de montagne.
La traversée de Monjo et l’entrée dans le parc national
Environ deux heures après le départ de Phakding, les trekkeurs atteignent le village de Monjo, qui abrite le poste de contrôle du parc national de Sagarmatha. C’est à cet endroit que les permis sont vérifiés et que l’on pénètre véritablement dans la zone protégée. Au-delà de Monjo, le sentier devient plus spectaculaire, offrant les premières vues dégagées sur les sommets environnants. Le passage du dernier grand pont suspendu, juste avant l’ascension finale vers Namche, est particulièrement impressionnant, avec la rivière qui gronde plusieurs dizaines de mètres plus bas.
L’arrivée progressive dans la capitale sherpa
Namche Bazaar se révèle progressivement au détour du sentier, étagé en forme de fer à cheval sur les pentes de la montagne. L’entrée dans le village se fait par sa partie basse, où l’on découvre immédiatement une animation surprenante à cette altitude : banques, cybercafés, boutiques d’équipement, boulangeries et nombreux lodges. Le village est réputé pour ses établissements chaleureux, certains proposant des douches chaudes, des couvertures chauffantes et une cuisine de qualité qui surprend agréablement après l’effort de la journée.
Un lieu pour l’acclimatation et la découverte
Namche Bazaar n’est pas qu’une simple étape : c’est un passage obligé pour l’acclimatation, et il est vivement recommandé d’y passer deux nuits. La journée de repos permet d’explorer les richesses du village, notamment le musée Sherpa qui retrace l’histoire de ce peuple d’exception, ou le centre des visiteurs du parc national offrant des vues imprenables sur l’Everest et l’Ama Dablam. Les plus énergiques peuvent entreprendre une randonnée d’acclimatation vers le point de vue de Syangboche ou jusqu’à l’hôtel Everest View, perché à près de 4.000 mètres d’altitude, pour un panorama à couper le souffle.
Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?
Accès et point de départ du trek
Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.
Budget global et coûts détaillés
Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.
Permis obligatoires et formalités administratives
Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.
Hébergement et organisation quotidienne
Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.
Everest Base Camp, la montée vers Namche Bazar
Dimanche 12 novembre. Lever à 8 heures, petit-déjeuner à 8 h 30, départ à 9 heures, tel va être notre rythme de vie pendant toute la durée du trek et la montée vers le camp de base de l’Everest. Pour l’ascension, Sashee sera notre guide. Oui, oui, c’est lui avec sa casquette rouge et son cache-poussière.
Aujourd’hui, six heures de marche nous attendent. Toute la première partie du trek, jusqu’au déjeuner, doit nous conduire jusqu’à Jorsale (2.850 m), dernier village avant Namche Bazar.
On quitte donc Phakding de bon matin tout en prenant soin de passer à gauche des rochers de prières censés nous protéger de toutes les misères du monde.
Dès la sortie du village, on passe emprunte de nouveau le pont suspendu, puis on longe un bon moment la rivière de lait, on grimpe et on redescend vers la rivière pour passer de l’autre côté. Là, on regrimpe encore plus haut, on marche de nouveau le long du cours d’eau et on replonge une nouvelle fois vers la rivière.
Nous ne le ferons pas moins de cinq fois aujourd’hui. Éprouvant pour le corps, mais surtout pour les têtes. Je commence à comprendre que grimper jusqu’à l’Everest base camp nécessite plus de volonté et de mental que de réelles capacités physiques.
Cette fois, nous pénétrons au cœur du Parc national de Sagarmatha. L’entrée officielle passe au nord de Monjo. Là, tous les tickets d’entrée pour le parc sont contrôlés, les permis de trek sont délivrés. Sashee les gardera pour nous pendant toute la durée du trek. Pas question de les perdre en chemin.
En chemin, on croise de nombreuses maisons de thé et des lodges. Et moi qui pensais que les conditions allaient être spartiates et que nous allions être privilégiés en dormant dans des tea-houses. Allez zou, on tourne le moulin à prières et on continue notre route.
Dans tous les villages que nous croisons, les enfants nous saluent. Ici, un jeune Népalais qui se destine à devenir moine.
Sur la route de Namche Bazar, on traverse le village de Monjo. Toujours des tea-houses et des lodges. Et plus encore, le sourire de tous les habitants. Des enfants se rendant à l’école se laissent prendre en photo. La plus petite me fait quelques grimaces. Trop mignon.
La route se poursuit en direction de Jorsale. Des habitations de sherpas poussent tout au long du parcours. Des murets de pierre encadrent le chemin.
À la sortie de Monjo, après vérification de nos permis de trek à l’entrée du parc national de Sagarmatha, on passe sous une imposante porte dressée là en l’honneur du Bouddha. Décorations sublimes, mandalas peints au plafond et moulins à prières à faire tourner au passage.
Puis le chemin longe une fois encore la Dudh Kosi. Ici, la rivière de lait se rétrécit un peu, mais ce n’est que pour grossir un peu plus haut dans la vallée.
On traverse de nouveau un pont suspendu au-dessus de la Dudh Kosi. Au loin, dressé sur l’horizon, on aperçoit la pointe blanche de l’Everest. Magique.
Après le pont, on regrimpe encore tout ce qu’on vient de descendre de l’autre côté de la rive. Le chemin est épuisant pour les nerfs et pour le moral. Monter, descendre, remonter, on ne fera que ça aujourd’hui.
Et de nouveau, nous retraversons un pont suspendu au-dessus de la rivière de lait.
Cette fois, le flot de la rivière de lait semble plus fort. On s’approche de son point culminant.
Au loin, un nouveau pont suspendu nous attend. Mais avant ça, il faut encore monter.
Enfin, nous arrivons au double-pont suspendu. Nous empruntons le plus haut. L’autre est désormais hors-service. Des drapeaux de prières sont attachés aux filins en acier.
Après un solide déjeuner dans une tea-house de Jorsale (ouf ! Ça fait du bien de s’arrêter !), on reprend notre chemin vers Namche Bazar. Et du coup, pour commencer, nous reprenons un pont ! Tiens, comme c’est bizarre.
Bon, autant le dire tout de suite, l’ascension finale vers Namche Bazar n’est pas une partie de plaisir. Ça grimpe dur et le dénivelé entre Jorsale (2.850 m) et Namche Bazar (3.440 m) sera l’un des plus importants auquel nous aurons à faire face.
Entre les deux localités, nous allons traverser de nouveaux ponts suspendus. Et parmi eux, sans doute le plus célèbre : le Hillary Bridge. Ce pont, suspendu très haut au-dessus de la rivière de lait et orné de drapeaux à prières, fut financé par sir Edmund Hillary lui-même, le premier homme à avoir escaladé jusqu’au sommet de l’Everest.
La véritable ascension se fait quasiment en pleine forêt. On longe d’abord la rivière qui s’écoule au fond de la vallée, puis on s’enfonce au cœur d’une forêt de conifères.
L’agréable sentier de randonnée a laissé place à la caillasse et aux épais blocs de roches. C’est dur. Très dur, même.
Entre deux gros efforts, j’essaie de relever la tête pour admirer le paysage. La forêt grimpe les flancs de la montagne. Au fond, tout au fond, on aperçoit le pic blanc de l’Everest et des autres sommets himalayens.
Puis je prends la route. Le chemin est très dur, la montée ardue, et l’air commence à se raréfier. Je commence à comprendre que ce trek vers le plus haut sommet du monde ne va vraiment pas être une partie de plaisir. Sashee commence à la comprendre lui aussi et m’encourage. Je préfère le dire tout de suite : sans lui, jamais je ne serais parvenu jusqu’au sommet du Base Camp. Jamais.
Les derniers hectomètres de la montée sont vraiment très compliqués. Il faut s’accrocher. Le chemin grimpe de folie et serpente à travers les pins et les sapins. C’est dur. Je prends tout mon temps. Pas question de me griller dès le deuxième jour de la montée.
Enfin, au détour d’un virage, les habitations de Namche Bazar accrochées aux flancs de la montagne apparaissent. Il ne reste plus que quelques centaines de mètres à monter. L’espoir et la bonne humeur reviennent aussitôt. Pas question d’aller plus loin sans faire une photo avec Sashee. Sans lui et ses encouragements, je n’y serai jamais arrivé.
Namche Bazar est la capitale des Sherpas. Enfin, nous y sommes. Perchée à 3.440 m d’altitude, elle est le centre économique, touristique et administratif de toute la région. Ici, on trouve tout ce dont on a besoin : des lodges pour dormir, des cafés, des restaurants, des boutiques et des magasins de souvenirs. Et surtout, de quoi recharger gratuitement téléphones portables, appareils photo et autres ordinateurs… Car, je vais bientôt le découvrir. Tout est payant par ici : électricité comme wi-fi. Et plus on monte, plus c’est cher !
En attendant, je passe le joli stupa blanc qui marque l’entrée de la ville, et je pénètre dans ses ruelles abruptes et difficiles d’accès.
Le chemin vers le centre de la cité se fait par une rue bordée par des temples. Puis très vite, le sentier se raccourcit et mène à des rues aux escaliers abrupts et aux montées vertigineuses. Enfin, arrivé à l’hôtel, c’est la délivrance. On laisse nos affaires dans la chambre, on boit du thé au citron et on fait un petit tour dans la ville. Les épiceries sont légion. Dans l’une d’elles, je vais m’acheter un dentifrice à la pâte rouge et épicée ! Il faut vraiment avoir envie de se brosser les dents !
Pas question d’entreprendre une nouvelle randonnée aujourd’hui. L’idée, c’est de se reposer au maximum. On squatte donc un bar pour recharger les batteries (au propre comme au figuré !) et on discute avec un couple de Marseillais dont le fils vient tout juste d’être évacué après avoir été saisi par le Mal aigu des montagnes dans la montée de Lobuche.
Au-dessus de nos têtes tournent les hélicos de l’armée chargés des évacuations vers Katmandou. Et si on parlait d’autre chose, non ? À partir d’aujourd’hui, le sujet restera tabou. Personne ne souhaite échouer avant la montée finale vers le Base Camp. D’autant plus que Pierre et moi avons la tête qui tourne… La fameuse barre du MAM… Du coup, ce soir, on se couchera de bonne heure. Demain est une journée d’acclimatation. On a bien besoin de ça pour continuer l’aventure.