Comment se passe l’ascension vers Deboche ?
Le départ de Namche et la montée vers Tengboche
L’ascension vers Deboche débute par une sortie matinale de Namche Bazaar, après un petit-déjeuner copieux qui prépare à l’effort à venir. Le sentier s’élève immédiatement et de manière soutenue, offrant très vite des vues spectaculaires sur la vallée du Khumbu. Les marcheurs traversent des forêts de rhododendrons et de pins, croisant parfois la faune locale comme des chèvres de montagne. Après plusieurs heures de montée exigeante, on atteint le monastère de Tengboche, perché à 3.865 mètres d’altitude et considéré comme le centre culturel et religieux de la région.
La découverte du monastère de Tengboche et la descente vers Deboche
L’arrivée au monastère de Tengboche constitue un moment fort de cette journée. Les visiteurs peuvent y admirer des panoramas à couper le souffle sur les sommets environnants, notamment l’Everest, le Lhotse, le Nuptse et l’extraordinaire Ama Dablam . Le monastère, l’un des plus célèbres au monde, offre la possibilité d’assister aux cérémonies et rituels bouddhistes, avec parfois la chance d’apercevoir les moines pratiquant leurs danses rituelles . Une pause bien méritée dans la boulangerie locale permet de reprendre des forces avec café et pâtisseries avant d’entamer la descente . Le chemin redescend ensuite doucement pendant environ trente minutes à travers une forêt de cèdres jusqu’au paisible village de Deboche.
Un havre de paix au cœur de la forêt himalayenne
Deboche, niché à 3.820 mètres d’altitude entre Tengboche et Pangboche, offre une alternative paisible à l’agitation touristique parfois présente à Tengboche . Ce petit village est entouré de magnifiques forêts de rhododendrons, de conifères et de bouleaux, qui lui confèrent un charme chaleureux malgré l’altitude. Deboche abrite un couvent bouddhiste fondé en 1913, où les visiteurs peuvent découvrir la vie monastique traditionnelle et assister aux prières matinales . La région est ponctuée de moulins à prières, avec des mantras inscrits, créant une atmosphère spirituelle unique. Depuis le village, on peut apercevoir un aperçu du sommet de l’Everest au loin .
L’hébergement et les préparatifs pour l’étape suivante
Les lodges de Deboche, comme le réputé Riverdell Lodge, offrent un accueil chaleureux dans un cadre basique mais confortable . Les espaces communs sont généralement chauffés par un feu, créant une ambiance conviviale, mais les chambres peuvent être froides, il est donc conseillé de prévoir des vêtements chauds supplémentaires. La nourriture est simple mais satisfaisante, et certains hôtes comme Choing sont réputés pour leur excellent service et leurs recommandations culinaires. Il est recommandé de réserver à l’avance, car les places sont limitées selon l’affluence des trekkeurs. Cette étape marque la dernière occasion de voir des arbres avant de s’élever vers les paysages plus arides de Dingboche le lendemain.
Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?
Accès et point de départ du trek
Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.
Budget global et coûts détaillés
Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.
Permis obligatoires et formalités administratives
Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.
Hébergement et organisation quotidienne
Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.
Ascension vers Deboche, à flanc de montagne
Mardi 14 novembre. Ce mardi me réserve l’une des plus belles journées d’ascension de tout le trek. Et pour cause, la première partie de la montée va emprunter un magnifique chemin de crête qui permettra d’admirer sans trop de difficulté la majesté des sommets himalayens.
Et une fois encore, le soleil est bien au rendez-vous. C’est bien simple, pendant toute la durée du trek, il ne nous quittera pas.
Sur le chemin, on croise la silhouette de cinq à six stupas qui permettent parfois de faire quelques haltes. Posés à flanc de montagne et hérissés de drapeaux de prières, leur blanc immaculé éclate sous les lumières du soleil matinal.
Là-bas, tout au bout de l’horizon, se dressent les silhouettes de l’Everest et d’Ama Dablam.
On continue à suivre le chemin de crête sablonneux qui rappellent qu’il y a des milliers d’années, quand l’Inde n’était pas encore venue percuter la plaque asiatique, cette partie du monde se trouvait alors sous la mer… Du coup, Pierre cherche en vain quelques fossiles à ramener en France.
Plus loin, ce sont des troupeaux de yaks qui remontent le chemin, destination Namche Bazar où ils seront chargés de nouvelles marchandises à apporter à tous les villages isolés de la montagne.
Enfin, après un peu plus d’une heure trente de marche, nous voici arrivés à la fin du chemin de crête qui se termine par une forêt enchanteresse qui semble tout droit sortie d’un conte ou d’un épisode de Game of Thrones !
Après le chemin de crête, on s’enfonce dans une magnifique forêt de genévriers, de rhododendrons et de sapins himalayens. Autant le dire tout de suite… Une pure merveille !
Le temps de retrouver un instant le chemin de crête, puis de descendre dans la vallée, et nous retrouvons bientôt la rivière de nos débuts.
De ce côté-ci de la vallée, la rivière himalayenne a pris le nom de Imja Khola. On l’enjambe de nouveau grâce à un joli pont suspendu.
Son débit est bien plus important ici que plus bas. Il suffit juste de voir les flancs de la montagne qu’elle a réussi à percer pour comprendre l’intensité de son débit.
Une fois de l’autre côté, il nous faut remonter tout ce que l’on a descendu pour parvenir au pied de la rivière. Très éprouvant à cette altitude.
De l’autre côté de la montagne, le chemin de crête est à peu près identique au premier, sauf que cette fois-ci, nous nous trouvons à droite de ses flancs.
Et bientôt, nous retrouvons les mêmes forêts de sapins himalayens et les mêmes bouquets de genévriers.
Le temps de s’écarter pour laisser passer un troupeau de yaks chargés de bidons d’eau, et on s’approche du petit village de Deboche, dernière étape avant Pangboche (4.300m) où nous nous arrêterons pour passer la nuit. En attendant, on file tout droit à travers cette merveilleuse forêt de sapins pour rejoindre le village de Deboche (4.200 m).
Après une longue marche le long du chemin de crête, nous voici arrivés aux abords de Deboche.
Ce lieu est d’une beauté sans nom. C’est ici que des moines tibétains en exil ont fondé leur principal monastère au Népal. Incendié il y a dix ans de ça, le couvent a retrouvé toute sa splendeur.
Ce lieu est vraiment magique. Depuis ici, on a une vue fantastique sur la silhouette si particulière du sommet Ama Dablam qui semble se détacher littéralement de la montagne. Il est vrai qu’il nous suffirait de bifurquer vers la droite, de grimper jusqu’à Sanu Taboche (5.300 m) pour atteindre le camp de base d’Ama Dablam.
Le couvent de Deboche semble littéralement posé entre les différentes routes des sommets himalayens. Il semble tellement proche qu’on pourrait croire pouvoir les toucher du doigt.
À l’entrée du monastère, on retire nos chaussures et on pénètre dans ce lieu sans faire de bruit. Quelques moines vaquent à leurs occupations. Une statue de bouddha dorée est cernée d’offrandes. Interdiction de faire des photos. Pas de soucis. De toute façon, je suis trop fatigué pour en avoir réellement en vie. À la sortie, je profite du soleil pour me reposer un peu et me nourrir du paysage.
Puis on reprend notre route vers Pangboche où nous irons dormir ce soir. On laisse sur notre droite le village de Dengboche et on remonte une vaste plaine taillée au milieu des sommets. À l’approche du village, on croise quelques chevaux sauvages qui profitent des herbages.
Une forêt de genévriers escalade le tertre qui longe le chemin.
Enfin, nous voici arrivés à Pangboche. Pas vraiment un village, mais une succession de petits lodges à taille humaine. Il est encore tôt et on profite du beau soleil pour lire, prendre un thé au citron et se détendre. Je vais même en profiter pour faire un petit brin de toilette en plein air. Pour ça, il faut d’abord casser la glace près du robinet ! Mais bon, à la guerre comme à la guerre ! Pangboche : 3.900 m. On grimpe, on grimpe.