You are currently viewing Everest base camp, l’ascension du mont Chhukung

Everest base camp, l’ascension du mont Chhukung

Comment se passe l’ascension du mont Chhukung ?

L’ascension vers Chhukung, un village perché dans la haute vallée de l’Imja

L’ascension vers Chhukung se fait généralement depuis Dingboche, après une étape d’acclimatation cruciale. Le sentier remonte doucement la vallée de l’Imja Khola, offrant des vues spectaculaires sur l’Ama Dablam qui domine l’horizon. Cette marche d’environ deux heures trente à trois heures est relativement facile comparée aux étapes précédentes, avec un dénivelé modéré qui permet de s’adapter progressivement à l’altitude. Les randonneurs laissent leurs sacs principaux à Dingboche et ne portent qu’un sac léger pour la journée, ce qui rend la progression beaucoup plus agréable et préserve l’énergie pour la suite.

L’arrivée à Chhukung et l’acclimatation

Chhukung est un petit hameau perché à 4.730 mètres d’altitude, niché au cœur d’un amphithéâtre naturel grandiose entouré de géants himalayens. Ce village, autrefois simple pâturage pour les yaks, est devenu un lieu incontournable pour l’acclimatation avant les ascensions techniques comme l’Island Peak. Les lodges y offrent un confort basique mais apprécié, avec des espaces communs chauffés où les trekkeurs partagent leurs expériences autour d’un thé chaud. La nuit à cette altitude est souvent plus froide, et il est conseillé de bien se couvrir.

L’ascension de Chhukung Ri, un défi d’altitude

Pour les plus motivés, l’ascension de Chhukung Ri, qui culmine à 5.550 mètres, représente un défi exaltant. Cette montée raide de quatre à cinq heures depuis le village est une randonnée exigeante qui ne requiert pas de compétences techniques particulières, mais une bonne endurance et une acclimatation sérieuse. Le sentier serpente à travers un terrain rocailleux et, par endroits, enneigé, offrant des panoramas à couper le souffle à mesure que l’on gagne en altitude. L’effort est intense, l’air se raréfie, mais la récompense est immense.

Les panoramas exceptionnels depuis le sommet

Du sommet de Chhukung Ri, le spectacle est tout simplement époustouflant. On découvre une vue à 360 degrés sur les géants de l’Himalaya : l’imposant Ama Dablam si proche qu’on pourrait le toucher, le Lhotse, le Nuptse, et l’Island Peak qui se dresse fièrement plus bas. Les glaciers de l’Imja, de l’Ama Dablam et de Chhukung s’étendent à perte de vue, dessinant un paysage lunaire d’une beauté saisissante. Bien que l’on n’aperçoive pas l’Everest depuis ce sommet, la vue sur la vallée de Chhukung et les sommets environnants est considérée par beaucoup comme l’une des plus belles de toute la région.

Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?

Accès et point de départ du trek

Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.

Budget global et coûts détaillés

Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.

Permis obligatoires et formalités administratives

Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.

Hébergement et organisation quotidienne

Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.

Everest base camp, l'ascension du mont Chhukung

Jeudi 16 novembre. L’aventure continue. Aujourd’hui, c’est une belle journée d’acclimatation qui nous attend. Pour préparer notre ascension vers Lobuche, nous allons grimper aujourd’hui vers le petit village de Chhukung.

Pour cette journée, nous nous séparons en deux, Pierre ayant préféré se rendre avec Choukram vers le camp de base d’Ama Dablam. Trop haut pour moi. Je pars donc en excursion vers Chhukung et ses 4.710 m d’altitude.

Autant le dire tout de suite, une montée qui n’a vraiment rien d’insurmontable puisqu’elle s’effectue sur un haut plateau qui monte graduellement jusqu’au pied du mont Chhukung.

La montée va donc s’effectuer doucement… et à mon rythme. Soit celui d’un escargot ! Qu’importe, il n’y a pas meilleur moyen pour profiter du paysage, avec en toile de fond, devant moi, les cimes enneigées de Lhotse et de l’Everest.

Marcher dans de telles conditions ne présente aucune difficulté. Pour parvenir jusqu’au pied du mont, on prend un chemin légèrement caillouteux qui laisse rapidement la place aux sentiers empruntés par les caravanes de yaks.

Il y a même quelques chemins pierrés !

Plus haut, on croise le lit d’une rivière à moitié figée par le gel à cette heure encore très matinale.

Allez zou, une petite photo-souvenir !

La montée vers Chhukung se poursuit. Nous traversons désormais un vaste plateau coupé en deux par une rivière à moitié gelée dont le lit est encombré d’un champ de pierres.

L’envie de se pencher et de goûter à cette eau turquoise est tempérée par la présence quasi certaine de parasites. Ce chemin est emprunté régulièrement par les troupeaux de yaks qui urinent et défèquent dans la rivière. Pas très appétissant tout ça.

L’autre raison est que l’eau est véritablement chargée de sédiments que rien ne vient filtrer. On peut imaginer que dans des milliers d’années, les rivières et l’érosion due au vent auront fini par ronger les géants himalayens.

En attendant, nous progressons toujours. Vraiment aucune difficulté particulière. Une montée progressive et super agréable, avec en point de mire le pic du Lothse.

Pour la petite histoire, le Lhotse a rarement été vaincu. Parmi ceux qui l’ont tenté, on retiendra Nicolas Jaeger disparu à jamais vers 8.200 m lorsqu’il tenta l’ascension.

Un Slovène affirma avoir gravi le sommet en 1990, mais un sérieux doute demeure quant à la véracité de ses dires.

Pour moi qui ne suis pas alpiniste, je me contenterai de ces 4.700 mètres, soit à peu près la hauteur du Mont-Blanc tout de même. Et sans peiner, sans aucune difficulté respiratoire. Elle est pas belle, la vie !

Sur le chemin du retour, on emprunte exactement le même plateau, avec sur notre gauche, la face nord d’Ama Dablam. Moins spectaculaire sans doute que sa silhouette habituelle, mais avec cette succession de plis et d’arêtes effilées aux flancs enneigés. Magnifique.

Plus loin, on croise de nouveaux troupeaux de yaks. Ceux-ci ne portent pas de charges et on peut imaginer qu’ils appartiennent à un des nombreux éleveurs de la région.

Après cette belle rencontre, on redescend le plateau doucement. Impossible de détacher son regard des flancs d’Ama Dablam.

Puis en se retournant (et en chaussant mon 35 mm), je profite à plein de la vision du Lhotse. Tout simplement fantastique. Une fine pellicule de glace recouvre encore les pierres qui encombrent le lit de la rivière.

Enfin, on retrouve le plateau qui nous ramène directement vers Dingboche. Quelle magnifique balade aujourd’hui. J’espère qu’avec ce jour et cette montée d’acclimatation, je pourrais aborder la terrible ascension de Lobuche, la principale difficulté du trek.

De retour à Dingboche, je profite au maximum du soleil qui pénètre à l’intérieur de la vaste salle du lodge pour lire et jouer au rami avec Pierre et Sashee. Dans la salle, la seule télévision du lodge diffuse le film Everest. J’imagine qu’il en est ainsi tous les jours de l’année. Une consolation. Les gérants de ce lodge sont les plus désagréables de tout le trek.

Laisser un commentaire