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Everest Base Camp, la montée vers Lobuche (4.980 m)

Comment se passe la montée vers Lobuche ?

Le départ matinal depuis Dingboche et la montée vers Thukla

L’ascension vers Lobuche commence généralement tôt le matin depuis Dingboche, après un petit-déjeuner copieux qui prépare à l’effort de la journée. Le sentier descend d’abord doucement pour traverser la rivière avant d’entamer une montée progressive à travers un paysage qui se transforme radicalement, laissant place à un environnement plus aride et minéral à mesure que l’on gagne en altitude. Après environ deux heures de marche, on atteint le village de Thukla, où se trouve un mémorial dédié aux sherpas et alpinistes disparus en montagne, un lieu de recueillement chargé d’émotion où l’on peut apercevoir les premières vues sur le glacier du Khumbu.

La montée raide vers Lobuche

Après Thukla, le sentier devient nettement plus exigeant avec une montée raide en lacets qui serpente à travers un terrain rocailleux et lunaire. Cette ascension, qui dure environ deux à trois heures supplémentaires, offre des panoramas spectaculaires sur les sommets environnants, notamment l’Ama Dablam qui s’éloigne progressivement derrière vous, tandis que les géants Nuptse, Lhotse et Everest commencent à se dévoiler au loin. La végétation disparaît complètement pour laisser place à un paysage de moraines et de pierres, annonçant l’entrée dans la haute altitude himalayenne où chaque pas demande un effort plus soutenu en raison de la raréfaction de l’oxygène.

L’arrivée au village de Lobuche, un havre perché à 4 940 mètres

L’arrivée à Lobuche, perché à 4 940 mètres d’altitude, procure un sentiment d’accomplissement certain après cette montée exigeante d’environ cinq à six heures de marche depuis Dingboche. Ce petit village de lodges en pierre, construit à flanc de montagne, offre un confort rudimentaire mais apprécié, avec des chambres simples équipées de lits et de couvertures épaisses, et une salle à manger commune chauffée par un poêle à bois où les trekkeurs se rassemblent pour partager leurs expériences autour d’un thé chaud. Les lodges comme l’Oxygen Lodge ou le Pyramid Lodge disposent de points de recharge pour appareils électroniques, de douches chaudes payantes et parfois d’un accès Wi-Fi limité. Une curiosité locale est la “Highest Bakery and Cafe”, perchée à 5.160 mètres, qui sert des pâtisseries fraîches dans un cadre chaleureux avec vue sur les géants himalayens.

Un avant-poste pour la suite de l’aventure

Lobuche constitue une étape cruciale dans le trek vers l’Everest Base Camp, servant de point de départ pour les dernières ascensions avant d’atteindre Gorakshep et le camp de base. Le village est également le camp de base pour ceux qui souhaitent gravir le Lobuche Peak, un sommet de 6.119 mètres très prisé des alpinistes en phase d’acclimatation pour l’Everest. Depuis Lobuche, on peut apercevoir le centre de recherche italien Pyramid, une structure pyramidale unique dédiée à l’étude du changement climatique et des glaciers himalayens, située à seulement vingt minutes de marche. La nuit à cette altitude est froide et peut être marquée par les premiers symptômes du mal d’altitude, rappelant l’importance d’une hydratation suffisante et d’une écoute attentive de son corps avant de poursuivre vers Gorakshep le lendemain.

Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?

Accès et point de départ du trek

Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.

Budget global et coûts détaillés

Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.

Permis obligatoires et formalités administratives

Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.

Hébergement et organisation quotidienne

Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.

Everest Base Camp, la montée vers Lobuche (4.980 m)

Vendredi 17 novembre. Aujourd’hui se joue la journée la plus difficile de notre trek. Elle doit d’abord nous conduire sur les traces des troupeaux de yaks à travers un grand plateau pour arriver à la teahouse de Tughla (4.620 m), puis on devra grimper la terrible moraine du glacier de Khumbu pour arriver au col de Tokhla à plus de 5.100 m pour finalement redescendre vers Lobuche. En attendant, nous quittons le petit village de Dingboche lové entre les flancs de l’Himalaya.

La montée est raide et difficile au petit matin avec si peu d’oxygène, mais tout là-haut, la vue est vraiment fantastique avec ce petit stupa qui marque le sommet.

Encore un petit moment de marche au milieu de la pierraille et nous arriverons bientôt sur le haut plateau.

Enfin nous y voici. Véritablement, le meilleur moment de la journée. Ce haut plateau qui doit nous mener au pied de la moraine du glacier de Khumbu est absolument magnifique, terrain de pâturage prisé par les troupeaux de yaks.

Ce gentil monstre de muscles et de laine ne se laisse finalement pas si facilement approcher pour la photo, et je dois jouer de patience et de ruse pour le prendre en photo, tandis que les autres s’éloignent tranquillement sur le chemin.

Sur le bord du sentier, une colline s’élève tranquillement pour gagner les hauteurs et un autre plateau parallèle à celui que nous empruntons.

En jetant un coup d’œil en contrebas, on peut admirer tout le fond de la vallée encaissée au fond duquel s’écoule une partie des eaux du glacier.

Les températures négatives du petit matin ont gelé le mince filet d’eau.

Au fond de la vallée, l’action du gel est encore plus marquée. Elle a littéralement glacé le minuscule cours d’eau, qui, je l’imagine sans mal, doit être d’une tout autre envergure l’été venu.

Enfin, nous arrivons à l’extrémité du plateau où se dresse une ferme d’élevage, très basse et allongée, qui s’étale sur une bonne dizaine de mètres.

Arrivé à l’extrémité du haut plateau, on a une vue exceptionnelle sur la chaîne himalayenne : Cholaste, Nuptse, Pumo Ri et Ama Dablam.

Le paysage est tellement beau devant moi que j’ai peine à croire que je suis vraiment là. Je crois qu’il faudrait me pincer pour que je puisse croire à ce que je vois. Les pics enneigés, les glaciers, les plis des autres montagnes, le bleu étincelant et les rivières de glace dans la vallée… C’est tout simplement magique.

Enfin, voici la moraine du glacier de Khumbu. Nous allons devoir la traverser sur au moins trois kilomètres pour descendre sur Tughla où nous attend un bon repas de midi nécessaire si on veut entreprendre la montée du col de Tokhla.

Marcher à travers la pierraille, les rochers concassés par le glacier et laissé derrière lui au moment de sa fonte n’a rien de vraiment compliqué. Il faut juste faire attention à ne pas se tordre la cheville. Mais l’altitude et le manque d’oxygène combinés à la fatigue du trek rendent le passage plus difficile.

Il faut donc faire très attention, notamment au moment de passer d’une pierre à l’autre. Un moment d’inattention et on peut y laisser une cheville. Du coup, j’y vais encore à mon rythme sans me soucier de Pierre et de Sashee qui sont partis en éclaireurs.

Au milieu des rochers, un petit ruisseau de montagne se faufile emportant avec lui des tonnes de sédiments.

En me retournant, je prends la mesure de tout le chemin accompli pour venir jusqu’ici. Et dire qu’au retour, nous aurons à remonter tout ça !

Au fond de la vallée, j’aperçois la frêle silhouette des teahouses de Tughla. Allez, encore un petit effort et on va pouvoir se reposer un peu avant d’entamer la terrible montée vers Tokhla pass.

Une petite demi-heure plus tard, me voici enfin à Tughla. Pour moi, ce sera une bonne platée de pommes de terre et le maximum de calories pour venir à bout du col de Tokhla. En attendant, je profite à fond du soleil et de la vue fantastique qui s’offre à nous. Quel merveilleux moment !

Après le repas, difficile d’enchaîner. Chacun reprend son sac et le serre du mieux possible contre son dos. Pour effectuer la montée, il vaut mieux être dans les meilleures conditions possibles. Deux bouteilles d’eau dans le sac, on n’est jamais trop prudent. Barres de céréales dans les poches latérales en cas de coup de fringale. La montée vers le col de Tokhla peut commencer.

Redoutable. Pas de temps d’acclimatation. La montée commence au pied de Tughla. La moraine latérale du glacier s’élève sur près de 500 mètres sur deux ou trois kilomètres, pas plus. Un dénivelé de fou. Des rochers à franchir hauts comme le genou. Ça grimpe fort.

Devant moi, je vois passer les troupeaux de yaks qui comme moi tirent la langue. Un couple de Français fait la montée avec moi. Ils ont rentré le parcours de l’ascension dans leur gps, du coup je sais à peu près en temps réel ce qui mes reste à grimper.

Pas vraiment le goût à prendre des photos tellement j’en chie. C’est vraiment dur. Je repense encore à ce couple de Marseillais que nous avons croisés à Namche Bazar qui nous racontaient comment leur fils rugbyman est resté planté en plein milieu de l’ascension. Mal aigu des montagnes. Ils ont dû le redescendre comme ils pouvaient jusqu’à Lobuche.

En chemin, je croise trois ou quatre trekkeurs à l’agonie. Une Japonaise s’accroche désespérément à son guide pour pouvoir redescendre de toute urgence… Au-dessus tournent les hélicoptères. C’est fou comme c’est dans ces moments d’angoisse et de tension que tous ces moments nous reviennent aux oreilles.

Allez encore un petit effort et on y est. Bonne nouvelle, les derniers hectomètres de l’ascension se font sur un terrain aplani. Fini les cailloux et rochers concassés de la moraine du glacier.

Enfin, on arrive. L’ascension de la moraine nous aura au moins pris une heure. Autant dire une éternité avec le manque d’oxygène qui se fait cruellement ressentir. Mais ça va. Pas de mal de tête ni de vertiges. Je vais bien, dieu soit loué. Je crois que je n’ai jamais été aussi heureux de voir flotter les drapeaux de prières.

Le col de Tokhla s’élève à un peu plus de 5.100 mètres… Soit bien au-dessus que le Mont-Blanc. Je n’arrive même pas y croire. Mais j’y suis. La vue sur l’Everest et autres grands sommets du Népal est carrément fantastique. Merde, j’en ai les larmes aux yeux. Honnêtement, jamais je n’aurai pensé pouvoir réussir.

Au sommet du col de Tokhla se dressent de nombreux mémoriaux en pierre élevés pour les alpinistes qui ont laissé leur vie sur les pentes du Khumbu, sans doute avalés par une crevasse du glacier.

Ce lieu de mémoire et de paix entourés de sommets de plus de 7.000 mètres est tout simplement incroyable. On se regarde tous, et on se sent presque étonnés d’avoir réussi la montée. Sashee m’observe du coin de l’œil. Oui, je suis épuisé, mais je vais bien, ne t’en fais pas. Ce ne sont pas mes lèvres qui parlent, mais mon regard. Il opine du chef.
La montagne a de cela de magique qu’elle révèle les caractères. Jamais je n’aurai pensé être aussi tenace, et je sais désormais tout ce que je peux endurer. Non, ce voyage au Népal n’a rien à voir avec tous les autres voyages que j’ai pu faire. Ici, on se cherche et on finit par trouver un tout petit bout de soi-même.

Dernière photo du mémorial et je suis prêt à reprendre la route. Direction Lobuche.

Avant de repartir pour Lobuche, impossible de couper à une séance de photo-souvenir. Je n’arrive même pas à réaliser que j’ai pu monter jusqu’ici, alors ça mérite quand même bien une petite photo.

Après quoi, on se met en route pour atteindre Lobuche en milieu d’après-midi. Aujourd’hui, nous aurons marché près de six heures. Voire plus. Mais franchement, ça vaut vraiment le coup. Le paysage est fantastique. Maintenant que nous avons changé de vallée, on a une vue directe sur l’Everest, Nuptse, Lothse et Ama Dablam.

Le sentier est beaucoup moins pentu que le long de la moraine latérale du Khumbu. Il s’élève doucement entre la moraine et les alpages.

Sur le chemin, on croise des sherpas chargés de colis et de paquets qui font l’aller-retour entre les différents villages de la vallée. Quel courage ! Même chargés jusqu’à la gueule, ils vont encore plus vite que moi !

À l’approche de Lobuche, le terrain se fait plus caillouteux. Les alpages cèdent la place à la roche concassée par le retrait du glacier. De l’eau de fonte demeure prisonnière entre des blocs.

Plus loin, la rivière s’est libérée de sa coque de glace et dévale doucement entre les pierres. Pierre et Sashee avancent d’un bond pas… Quant à moi, je ferme la marche bien évidemment ! « I’m a turtle, Sashee ! »

Un peu plus haut, c’est encore un troupeau de yaks que nous croisons en chemin. Avec l’altitude et le manque d’oxygène, même ces grosses bestioles peinent et tirent la langue.

Enfin, nous voici arrivés. Au fond de la vallée, j’aperçois les premières silhouettes des lodges de Lobuche. La rivière grossit. Le soleil frappe les cimes enneigées des grands sommets himalayens. Époustouflant !

L’arrivée au village de Lobuche est grandiose. L’Everest domine le paysage. Les eaux de fonte du glacier Khumbu forment un étang naturel autour duquel se rassemblent quelques chevaux.

C’est beau à couper le souffle. Vraiment. Quasi surréaliste avec la présence des chevaux. Le village rassemble quelques lodges. Nous sommes encore en milieu d’après-midi, mais il fait déjà un froid de canard.

Le temps de déposer mon sac dans la chambre, d’avaler un thé au citron bien chaud et je ne peux résister à l’envie de retourner dehors faire des photos. Tant pis pour le froid et le vent glacial qui tourbillonne au milieu de cette cuvette naturelle. La blancheur des cimes enneigées se reflète dans les eaux de l’étang. Je ne voudrais pas manquer ça pour rien au monde. C’est un paysage grandiose et je ne veux pas en manquer une miette.

Du coup, je fais le tour de la cuvette à la recherche des meilleurs points de vue, passant d’une rive à l’autre de la rivière, franchissant les poches d’eau en équilibre sur des planches et me rapprochant au plus près des chevaux.

Le paysage est si beau, la vue si fantastique que je me fous de laisser apparaître ou non mon ombre projetée dans les eaux de la rivière. La cime de l’Everest, immaculée et grandiose, me fait tout oublier.

De l’autre côté de l’étang, je prends les chevaux à contre-jour, j’essaie d’apporter une touche expressive à mes photos. Avec mon plein format, c’est une chose que je peux désormais entreprendre. Avec succès, je ne sais pas, mais au moins j’aurais essayé.

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