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Everest Base Camp, descente et retour vers Katmandou

Comment se passe la descente jusqu’à Lukla ?

Le début de la descente depuis Gorak Shep vers Pheriche

Le retour depuis le camp de base commence généralement par une redescente vers Gorak Shep pour une dernière nuit à haute altitude, ou directement vers Pheriche si les trekkeurs se sentent encore en forme. Le chemin emprunte le même itinéraire que la montée, traversant à nouveau le terrain morainique instable et longeant le glacier du Khumbu, mais cette fois dans un état d’esprit différent, mêlé de fierté et de nostalgie. La descente vers Pheriche, qui nécessite environ cinq à six heures de marche, se fait dans un paysage qui redevient progressivement plus accueillant à mesure que l’altitude diminue, avec les premiers signes de végétation qui réapparaissent timidement.

La redescente progressive vers Namche Bazaar en plusieurs étapes

Après Pheriche, la descente se poursuit vers Pangboche, puis Deboche, avant d’atteindre Namche Bazaar. Chaque étape, qui prend généralement trois à quatre heures de marche par jour, offre une perspective nouvelle sur des paysages désormais familiers, mais vus sous un angle différent, avec des lumières changeantes et une végétation qui s’épaissit. Les jambes, bien que fatiguées par l’effort des semaines passées, retrouvent progressivement leur vigueur à mesure que l’oxygène se fait plus abondant. Les arrêts dans les tea houses deviennent plus joyeux, l’atmosphère plus détendue, et les conversations avec les autres trekkeurs croisés en montée prennent une tonalité de retrouvailles chaleureuses.

L’arrivée à Namche et la dernière ligne droite vers Lukla

L’arrivée à Namche Bazaar marque un tournant psychologique important, car on retrouve les commodités de la “capitale sherpa”, avec ses boulangeries, ses cafés et ses boutiques. Après une nuit de repos bien méritée, la descente finale vers Lukla s’effectue en deux jours, avec une étape intermédiaire à Phakding. Le chemin, désormais bien connu, déroule ses ponts suspendus et ses sentiers forestiers dans une ambiance presque festive, ponctuée par les rencontres avec les trekkeurs qui montent vers le camp de base, pleins de doutes et d’espoir, à qui on adresse des sourires encourageants et des conseils avisés.

Les derniers kilomètres et le vol retour vers Katmandou

L’arrivée à Lukla après huit à dix jours de descente procure un sentiment d’accomplissement mêlé de nostalgie. Les jambes sont lourdes, les pieds endoloris, mais le regard brille de la satisfaction d’avoir accompli ce rêve himalayen. Une dernière nuit à Lukla permet de célébrer cette réussite avec les compagnons de route avant d’embarquer, tôt le matin suivant, dans le petit avion qui redécolle de la piste la plus spectaculaire du monde. Le vol de retour vers Katmandou offre une vue aérienne saisissante sur l’immensité himalayenne que l’on a parcourue pas à pas, un dernier cadeau avant de retrouver l’agitation de la capitale népalaise et, bientôt, le quotidien.

Comment faire le trek de l’Everest Base Camp ?

Accès et point de départ du trek

Le trek de l’Everest Base Camp débute par un vol intérieur depuis Katmandou jusqu’à l’aéroport de Lukla, considéré comme l’un des plus spectaculaires au monde en raison de sa piste courte en forte pente. Ce vol de trente-cinq minutes coûte entre 180 et 220 dollars l’aller simple, mais attention, pendant la haute saison, les départs se font souvent depuis Ramechhap, accessible par un trajet routier de cinq à six heures commençant aux alentours de minuit. Une fois à Lukla, le cheminement s’effectue à pied à travers la vallée du Khumbu, avec des journées de marche de quatre à six heures en moyenne, ponctuées de jours de repos indispensables pour l’acclimatation.

Budget global et coûts détaillés

Le coût total du trek varie considérablement selon que vous voyagez de manière indépendante ou par l’intermédiaire d’une agence. Pour un trek en autonomie, prévoyez entre 1.200 et 1.600 dollars, tandis qu’une formule accompagnée par une agence s’élève généralement entre 1.500 et 2.500 dollars par personne. Ce budget inclut les permis, l’hébergement en tea house, la nourriture et les transports locaux, mais exclut les vols internationaux et l’équipement personnel. En journée, comptez environ 40 à 45 dollars pour les repas et les boissons, avec des prix qui augmentent progressivement avec l’altitude.

Permis obligatoires et formalités administratives

Pour effectuer ce trek, vous devez obligatoirement être muni de trois documents officiels. Le TIMs card (Trekkers’ Information Management System) coûte environ 20 dollars, le permis d’entrée du parc national de Sagarmatha est fixé à 30 dollars, et la taxe locale du Khumbu s’élève à 15 dollars, soit un total d’environ 65 dollars par personne. Ces permis s’obtiennent principalement à Katmandou auprès du Nepal Tourism Board ou via une agence agréée, à l’exception de la taxe locale qui peut être réglée directement sur le chemin à Monjo. Un visa touristique de trente jours est également requis à l’arrivée pour environ 40 dollars.

Hébergement et organisation quotidienne

Tout au long du parcours, les tea houses, ces petits lodges familiaux, constituent l’hébergement typique. Le prix d’une nuit varie de 5 à 10 dollars dans les villages de basse altitude comme Phakding et Namche Bazaar, et atteint 10 à 15 dollars dans les étapes plus élevées comme Dingboche, Lobuche ou Gorak Shep. Il est important de prévoir un budget supplémentaire pour les services comme les douches chaudes (3 à 8 dollars), la recharge des appareils électroniques (2 à 5 dollars par heure) et l’accès à internet (environ 5 dollars par jour). Pour l’équipement, la location sur place à Katmandou est possible, avec des tarifs d’environ 2 dollars par jour pour un sac de couchage ou une doudoune.

Everest Base Camp, descente et retour vers Katmandou

Samedi 18, dimanche 19 et lundi 20 novembre. J’ai longtemps hésité à raconter ce qu’il s’est passé ce dimanche 19 novembre dans la descente de Gorak Shep, mais l’occulter serait ne pas rendre hommage à Sashee, mon guide, qui je crois ce jour-là, m’a peut-être sauvé la vie. Je ne sais pas. Et sans doute ne le saurai-je jamais.
Mais petit retour en arrière. Nous sommes encore samedi. Ou plutôt dans la nuit de samedi à dimanche. Nuit cauchemardesque. Ma tête prise comme dans un étau, difficulté à respirer avec la crève de la veille qui s’est accentuée et moral dans les chaussettes. Dans la journée, je vais pourtant tout faire pour passer la nuit dans de bonnes conditions en multipliant les siestes après mon ascension au camp de base. Par souci de sécurité, j’ai même évité de grimper jusqu’au Kala Patar (5.545 m). Pierre aura fait l’ascension tout seul avec Choukhran. À lui la belle vue sur l’Everest, le Lhotse, le Pumori et d’autres pics de 7.000 m.
En fin d’après-midi, Sashee ne le voyant pas revenir, s’engagera même dans l’ascension pour aller le chercher. À son retour, la nuit tombe. Dîner dans l’étroite salle du lodge. Derrière le comptoir, je vois afficher le caisson d’oxygène. Franchement, j’aurai dû en profiter. Qu’importe le prix… Mais bon, quand on n’a pas l’expérience.
Du coup, je vais passer une nuit épouvantable. Impossible de trouver le sommeil. Difficulté à respirer. Mes maux de tête s’accentuent. Puis en pleine nuit, je suis carrément victime d’hallucinations. J’ai chaud. Terriblement chaud. À tel point que je me déshabille et me retrouve bientôt en caleçon et tee-shirt alors que le thermomètre doit afficher les – 20 °C dans la chambre. Le coup classique pour un grand nombre de personnes atteintes du mal des montagnes. Le coup de chaleur. Longtemps je me souviendrai de mon aller-retour jusqu’aux toilettes. Dans le couloir, je croise un Chinois qui me regarde étonnamment, halluciné par ma petite tenue, du genre « celui-ci, il est complètement allumé ! » En vérité, il n’a pas vraiment tort. Dans les toilettes, glissade sur le sol gelé et brûlures aux pieds. Ok, je passe les détails, l’eau gelée dans le bac et la température arctique quand je crois qu’il fait au moins 30 degrés…
Retour dans la chambre. Je reste encore une heure le dos appuyé à la cloison de la chambre. Une seule pensée m’obsède. « Je veux redescendre ». Puis au bout d’un moment, je me dis que quelque chose cloche, il n’est pas normal d’avoir si chaud ! Du coup, je me rhabille. Je pense honnêtement que par ce geste, je me suis évité une bonne pneumonie. Au petit matin, je sors péniblement de mon sac de couchage. Faire mon sac est une épreuve. Je me traîne jusqu’à la salle à manger du lodge. Je donne encore le change en plaisantant avec lui. Pierre affiche lui aussi la mine des mauvais jours. Lui non plus n’a pas dormi cette nuit. Vient alors le petit-déjeuner. Et là, pour la première fois depuis le début du trek, je me force à manger et à boire. Appétit coupé. LE SYMPTÔME du mal des montagnes. Je fais comme si de rien n’était. Je prends même une petite photo du groupe autour du poêle.

Six heures du matin. Il fait un froid de canard autour de Gorak Shep. Je suis Sashee sur le sentier qui longe les hauteurs du village. Enfin, j’essaie. Très vite, dès la première montée pour rattraper le chemin, les effets du mal des montagnes se sont sentir. Impossible d’avancer. Je lutte. J’avance tant bien que mal, et au bout d’une demi-heure de marche, Sashee revient vers moi. Je lui fais comprendre que je peux continuer. Descendre. Il faut que je descende au plus vite. Sauf que j’ai du mal à mettre un pas devant l’autre.
Je continue encore. Je rejoins bientôt le chemin caillouteux de la moraine qui doit nous permettre de rejoindre Lobuche, ou Périche. Je ne sais plus. Mes pensées sont brouillées. Difficile de savoir où je vais… Une nouvelle fois, Sashee revient vers moi et me demande comment je vais. Et une nouvelle fois, j’essaie de donner le change. Mais cette fois-ci, je vois bien son regard peser sur moi, sa main passer nerveusement dans l’épaisseur de sa barbe. Il me propose de prendre mon sac. J’accepte sans rechigner. Je vais essayer de continuer.
Peut-être qu’avec la descente, ça ira mieux. Sauf que ça ne redescend toujours pas. Nous sommes sur le plateau et la moraine latérale du glacier. Il faut encore marcher. Cinq minutes plus tard, je m’écroule sur un rocher. Mon Nikon se fracasse contre une pierre… C’est le déclic. Je dois bien me rendre à l’évidence. Je ne pourrai pas aller plus loin. Pour moi, l’aventure s’achève ici.
Sashee me fait comprendre que c’est plus prudent. Il me demande le numéro de mon assurance. Je vais devoir encore marcher jusqu’au village le plus proche (Lobuche, Périche ? Sincèrement, je ne sais pas), et attendre mon rapatriement en hélicoptère jusqu’à Katmandou.

Une demi-heure de marche me sépare encore du village. Je suis comme un zombie qui ne sait où aller. Mes pas me portent mécaniquement, et je mets difficilement un pas devant l’autre pour continuer d’avancer. Je trébuche plusieurs fois. Sashee me soutient dans cette épreuve. Sans lui, je resterai là, à attendre je ne sais quoi. Peut-être l’embolie, je ne sais pas non plus.
Du coup, je dois absolument avancer pour rejoindre le village. Je rassemble toutes mes forces. Je pense fort à ma fille restée à Paris. Je l’aime comme elle ne peut pas imaginer. « Pas question de rester là, je ne veux pas crever ici… » Mes pensées me dépassent et sortent de ma bouche sans que je le veuille. J’avance.
Enfin, j’aperçois le village. L’aire d’atterrissage réservée à l’hélicoptère. On se réfugie dans un des lodges, je pose mon sac et je m’allonge sur un banc. Sashee s’éloigne avec les papiers de mon assurance et passe des coups de fil. Puis arrivent Pierre et Choukran qui ont dû rebrousser chemin pour me rejoindre. Je comprends qu’eux aussi viendront avec moi dans l’hélicoptère de secours. Pour eux aussi, l’aventure se termine aussi. J’en suis tellement désolé.
Mais Pierre a l’air plutôt content d’échapper aux trois jours de descente. C’est autant de temps supplémentaire de pris pour visiter le reste de la vallée de Katmandou. C’est pas faux. D’autant que le chemin du retour empruntait exactement le même sentier qu’à l’aller. On attend encore une bonne demi-heure à l’intérieur, puis on se poste à l’extérieur, tout près de l’héliport. Je ramasse une pierre. Pas question de partir sans elle.
Je regarde Sashee. « You save my life, Sashee. You know that ». Il sourit. Merde, sans lui peut-être serai-je resté tout là-haut. Comment savoir ?
L’hélicoptère arrive enfin. On monte tous les quatre à bord. Le pilote appartient à l’armée. Il se tourne vers nous et louche sur nos sacs à dos. « S’ils sont trop lourds, on les balance par-dessus bord, c’est compris ? » Parfaitement compris. Cinq sur cinq. On décolle. L’hélicoptère s’envole et se fraie un chemin à travers le dédale des cimes himalayennes.
Le paysage est grandiose, mais je ne suis pas apte à en profiter. Ma tête est prête à exploser. Sashee et Pierre tapent quelques photos. L’Himalaya est d’une beauté sans nom. Un quart d’heure plus tard, l’hélicoptère atterrit à Lukla. Un autre prend le relais. On grimpe à bord sans sourciller. Cette fois-ci, direction Katmandou et l’hôpital international. J’en suis presque étonné. Pas de vol retour en avion depuis la piste la plus dangereuse du monde. Dommage. Ça avait l’air excitant.
Dans l’hélico du retour, je me sens presque revivre. On se fraie encore un chemin entre la vallée, mais cette fois-ci, l’altitude est beaucoup moins importante. L’effet est quasiment immédiat. Je me sens beaucoup mieux avec un peu plus d’oxygène. C’est là que je regrette de ne pas avoir profité du caisson à Gorak Shep. Mais bon, on ne refera pas l’histoire.
On arrive enfin à Katmandou. Je suis accueilli par une infirmière, aussi charmante que gentille. Je rentre dans l’ambulance. Sashee et Pierre m’accompagnent. Choukran nous dit adieu. Son périple s’arrête ici. Je lui glisse de l’argent dans la main et le prends dans mes bras. Merci pour tout. Un quart d’heure d’ambulance pour arriver jusqu’à l’hôpital.
L’infirmière prend mes mesures et mon pouls. Tout a l’air d’être bien. Je respire. Au propre comme au figuré. Et tant pis pour la pollution de Katmandou ! Hôpital international de Katmandou. Je suis accueilli par l’équipe médicale de l’hôpital qui est aux petits soins avec moi.
Nouvelle auscultation. Tout va bien. On me donne des comprimés, on me prend mon passeport, puis on me conduit dans une chambre à l’étage. Je dis au revoir à Pierre et Sashee. On se reverra plus tard.
Une fois dans la chambre, le médecin de garde me fait comprendre que j’ai bien été victime du mal des montagnes, mais que j’ai été pris en charge à temps. Ouf ! C’est le soulagement. Je ne sais même pas comment remercier Sashee… Avec du recul, je me dis aujourd’hui qu’il m’a sauvé vraiment la vie. C’est con quand même d’être pris du MAM dans la descente. Mais je crois que ma nuit épouvantable passée à Gorak Shep n’y est pas étrangère.
À l’hôpital, tout le monde est aux petits oignons avec moi. On me sert les repas et je peux enfin prendre une douche. Plus d’une semaine que je ne m’étais pas lavé. C’est le bonheur absolu. Par mesure de sécurité, je dois rester une nuit en observation. Enfin, je vais bien dormir. L’aventure s’achève ici dans cette chambre d’hôpital avec un petit goût amer… Mais au final, je l’ai fait ! Je suis allé jusqu’au bout de mon rêve. J’ai grimpé jusqu’au camp de base de l’Everest. Il n’existe pas de trek plus haut que celui-ci.
Du coup, je suis prêt à recommencer ! Mais pas maintenant. Au petit matin, je me prépare, récupère mon passeport auprès de l’infirmière, puis attends Sashee et Ram qui viennent me chercher pour me ramener jusqu’à mon hôtel, à Katmandou. Trop gentils. À mon étage, je croise la route de quatre autres naufragés de l’Everest. Des jeunes pour la plupart. Australiens, Américains et Néerlandais. Le mal des montagnes ne connaît ni l’âge ni la nationalité…
Je remercie encore Sashee, mon sauveur. J’en ai les larmes aux yeux. Allez zou, on s’engouffre dans un taxi et on prend la direction de Katmandou. Je suis vivant, j’ai réussi à grimper tout là-haut, et j’ai encore trois jours pour visiter les autres trésors de la vallée de Katmandou. La vie est belle. Vraiment belle.

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