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Cracovie, la colline Wawel et le château

Cracovie, la colline Wawel et le château

Jeudi 9 mars. De retour en début d’après-midi à Cracovie, le beau temps n’est pas vraiment au rendez-vous. Du coup, je suis face à des choix stratégiques. Faire un vrai tour de la ville et prendre des photos au ciel bas, ou bien filer droit vers le château de Wavel qui domine la ville, me calfeutrer à l’intérieur, et miser sur un lendemain ensoleillé. Bingo, je choisis pour la deuxième option.
Direction la colline qui domine la ville. Le temps d’avaler quelque chose dans la galerie marchande de la gare et je traverse au pas de course le centre-ville en essayant de ne pas me tordre le cou en regardant les monuments. C’est vrai que cette ville est sacrément belle. Un petit quart d’heure de marche plus tard et me voici au pied de la colline.

La colline Wawel. C’est ici que pendant près de cinq siècles a battu le cœur de la royauté de Pologne. Elle fut alors le centre politique et administratif du pays. Même après la décision du roi Sigismund III de transférer en 1596 la capitale à Varsovie, rois et princes continuèrent de se faire enterrer dans la cathédrale du château, de même que les plus grands poètes et héros de la nation.

Pour tous les Polonais, la colline Wawel est plus qu’un monument, elle est un livre d’histoire et le symbole de la fierté et de l’unité nationale. En grimpant la colline, on accède alors aux sources de la Pologne.

L’ensemble de la colline de Wawel est ceinturé par d’immenses remparts gardés par une porte principale à laquelle on accède par une rampe. Il faut imaginer le cortège royal qui pénétrait alors l’enceinte quand Cracovie était encore le centre névralgique du royaume polonais. Au nord, les remparts dominent la rivière qui coule en contrebas de la colline.

Pour mieux se rendre compte de l’importance stratégique de cette colline, il faut donc faire le tour de ces remparts.

C’est l’occasion d’admirer les nombreuses tours de garde et les imposants remparts qui ceinturent la colline. Belle vue sur la Vistule.

Retour vers le centre de la colline. C’est ici que s’étend l’immense place du château dominée par les flancs de la cathédrale, et au fond par les murs massifs de la forteresse.

Enfin me voilà devant la cathédrale du château de Wawel. Fondée par Boleslaw le Vaillant (966-1022), vers 1020, elle conserve encore des restes romans. Au XIIe siècle, l’édifice est agrandi…, mais est emporté par un gigantesque incendie, qui, en 1305, ravage presque tout. Sa forme gothique actuelle date de sa reconstruction au XIVe siècle, qui dura 44 ans (1320 – 1364).

La cathédrale Wawel représente aujourd’hui le plus grand sanctuaire de la nation polonaise. Sans doute une raison pour laquelle, le pape Jean-Paul II veille désormais sur elle.

Au cours des siècles, monarques, princes et archevêques lui ont adjoint chapelles et mausolées, ainsi qu’une petite muraille percée de trois portes. Étrange. Au XVIe siècle, la cathédrale est un fleuron de l’art chrétien en Europe. Elle est alors surnommée la « perle nord des Alpes » ou le « Taj Mahal » polonais !

Une fois à l’intérieur, l’ensemble reste quand même sombre. Une messe bat son chœur. Photos interdites… J’en fais une au péril de ma vie… Je plaisante ! Tout juste le temps d’apercevoir le mausolée de Saint Stanislas et son baldaquin baroque.

Pas de messe pour moi aujourd’hui, je préfère filer le long de la sacristie et grimper les marches de tour Sigismond qui date du XIVe siècle. Au bout de l’effort, on débouche sur le clocher qui abrite cinq cloches impressionnantes de taille : 13 t pour 2,60 m de diamètre. Pour actionner son marteau de 350 kg, il faut au moins huit hommes !

Mais le clou de la tour Sigismond reste bien sûr la vue incroyable que le clocher offre sur la ville des rois polonais.

Enfin, voici le château de Zamek. Autant de délicatesse, de raffinement renaissance en plein cœur de l’Europe de l’Est, c’est une très bonne surprise. C’est bien simple, on croirait un palais italien. Difficile d’imaginer qu’il fut pendant longtemps une solide forteresse gothique édifiée au XIVe siècle par Kazimierz le Grand, à la place d’un petit château roman du XIe siècle.

Passée cette bonne surprise, c’est une très mauvaise qui m’attend… Le palais est fermé aujourd’hui. Pour quelles raisons, je n’en sais rien du tout ! Dommage… Du coup, je lève la tête au ciel pour admirer les façades renaissance de ce palais. Tant pis pour ses trésors, ses tapisseries, ses peintures, et autres expositions. Je me contenterai donc de la cour.

Pour la petite histoire, la transformation de la forteresse médiévale en un magnifique palais tient au seul incendie de 1499 qui incita le roi Sigismond le Vieux à faire bâtir une nouvelle résidence, au début du XVe siècle. Les architectes italiens, Francesco Florantino et Bartolomeo Berrecci s’attelèrent à la tâche.

Tout comme la cathédrale, le château incarna jusqu’au début du XVIIe siècle l’identité nationale polonaise. Mais son rôle déclina quand le pouvoir royal se déplaça à Varsovie. Pillé successivement par les Prussiens et les Suédois, il tomba ensuite entre les mains des Autrichiens, qui le transformèrent en caserne.

Le château ne retrouva sa splendeur qu’à partir de 1903 lorsque les Polonais le rachetèrent aux Autrichiens. Hélas, sa restauration fut interrompue par les Nazis. Le gouverneur de Cracovie, le sinistre Hans Frank, s’y installa et y attribua les appartements royaux à ses hommes de main. Heureusement, dès le début de la guerre, les Polonais avaient eu la bonne idée d’évacuer les biens les plus précieux vers le Canada… Depuis, le château a retrouvé son faste d’antan.

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