You are currently viewing Cracovie, autour de la halle aux draps, un décor de carte postale

Cracovie, autour de la halle aux draps, un décor de carte postale

Cracovie, autour de la halle aux draps, un décor de carte postale

Vendredi 10 mars. Tous ces petits détours pris pour arriver enfin au cœur du centre historique de Cracovie : le Rynek, la grande place du Marché. Il fut pendant des siècles le centre de la vie religieuse, économique, culturelle et politique du Cracovie médiéval… Il en est aujourd’hui le poumon touristique.

C’est sans doute la raison pour laquelle le sculpteur polonais, Igor Mitoraj, choisit ce lieu pour ériger sa fameuse grosse tête, Eros Bandato. Aujourd’hui tous les touristes de passage à Cracovie veulent se faire photographier près d’elle. Mais de si bon matin, nous ne sommes heureusement qu’une poignée et du coup je peux prendre en photo ce petit bijou d’art moderne sans qu’une colonie de Chinois ne vienne polluer mon champ de vision. Vita bella.

Le Rynek reste encore aujourd’hui la plus grande place médiévale du monde. Avec ses 200 mètres de côté et ses 4 hectares, elle dépasse même la place de la Vieille Ville de Prague. Elle demeure un des rares exemples préservés d’aménagement urbain médiéval original.

La création du Rynek date de 1257 lorsqu’une charte municipale fut accordée par le roi de Pologne. Seule exception au plan établi à cette époque : la petite église Saint-Adalbert et la basilique Notre-Dame qui existaient déjà avant. Mais également la rue Grodzka, la plus vieille de la ville, qui rompt un peu avec ce quadrilatère presque parfait.

Au centre de cette place gigantesque, impossible de passer à côté de la célèbre Halle aux draps et de la tour de l’Hôtel de Ville qui sont les deux plus grands monuments implantés sur la place.

Gros coup de chance. En quelques minutes, le ciel laiteux et gris disparaît pour laisser apparaître un joli ciel bleu propice à de meilleures conditions photographiques. J’en profite pour immortaliser ce moment.

Depuis les arcades de la halle aux draps, la vue sur la basilique Notre-Dame est tout simplement époustouflante. Une véritable merveille d’architecture médiévale.

Derrière les façades des 47 maisons qui encadrent la place se dissimule une grande partie de l’histoire de Cracovie. Construite au XIVe et XVe siècle, la plupart de ces maisons a été remaniée, et le néoclassicisme vient allégrement côtoyer les façades baroques.

Enfin, le Rynek demeure le point de départ de toute balade romantique à bord des calèches touristiques. Un moment à part qui prend ici tout son sens, au même titre qu’à Prague ou Budapest.

Autour du Rynek, impossible de passer à côté de l’imposante basilique Mariacki. Dédiée à l’Assomption de la Vierge, elle est la troisième du nom à avoir été bâtie sur cet emplacement. Sa dernière version date donc de 1335 (achevée en 1408), dans le plus pur style gothique. Elle incarne la toute puissance de la bourgeoisie qui finança sa construction.

Bon, autant le dire tout de suite, on n’est pas devant l’un des plus beaux fleurons de la chrétienté. On est même bien loin des grandes églises italiennes. Sa façade, même encadrée de deux tours asymétriques, s’avère plutôt sévère avec son porche de style baroque. Les portes latérales sont ornées de têtes d’apôtres en bronze et la porte principale des saints polonais.
Pour la petite histoire, c’est au rez-de-chaussée de la tour de la Fanfare, dans la petite chapelle Saint-Antoine, que les criminels passaient leur dernière nuit avant leur exécution sur la place.

À l’intérieur, la lumière n’est pas très présente, malgré la rangée de vitraux gothiques qui décorent le chœur. Du coup, la nef est plutôt sombre et il est difficile de bien admirer sa voûte d’un beau bleu profond au sommet de laquelle un Jésus en croix nous regarde, et les voussures des arches colorées de jaune et d’ocre.
L’ensemble a été remanié au milieu du XVIIIe siècle, puis un siècle plus tard pour tenter de restituer l’aspect gothique primitif. Dommage qu’il manque tant de lumière pour véritablement tout apprécier à sa juste valeur.

À l’intérieur encore, se cache le trésor de la basilique : un incroyable retable de Veit Stoss, dont les panneaux sont ouverts chaque jour, à 11 h 50. Encore fallait-il le savoir au préalable ! Du coup, je passerai à côté de ce petit bijou réalisé entre 1477 et 1489. Un retable de 13 m de haut pour 11 de large, orné de plus de 200 personnages qui représente un cycle consacré à la vie de la Vierge. Au centre, la scène représente l’Assomption de la Vierge, où, chancelante, elle est soutenue par saint Jacques et entourée des apôtres.

Mais le véritable intérêt de la basilique reste à mes yeux ses deux grandes tours dissymétriques, celle de gauche (81 m) dominant celle de droite (69 m). Selon la légende, on doit cette différence à la lutte à mort entre deux frères architectes qui rivalisèrent pour la construction des deux tours jusqu’à ce que l’un n’assassinât l’autre et finisse par être exécuté sur la grand place.
Après ça, aucun architecte n’aurait osé achever la construction des deux tours et la municipalité décida alors de les coiffer toutes deux d’une coupole. Pour l’anecdote, ce serait à cause de cette légende qu’un vieux couteau à la lame oxydée pend toujours sous l’une des arcades de la halle aux draps pour rappeler au tout-venant que le crime ne paie jamais.

Depuis la plus haute des deux tours, la vue est en tous les cas fantastique. La Halle aux Draps prend ici toute sa dimension dressée qu’elle est en plein centre de la place médiévale.

La tour de gauche, celle-là même où je suis monté pour prendre ces photos de la ville, est surmontée d’une coupole gothique composée de seize clochetons entourant une haute flèche centrale. Celle-ci est enchâssée par une couronne dorée de 350 kg et terminée par une boule dorée.
C’est ici que chaque jour, à midi précise, qu’un trompettiste vient jouer le hejnal, une petite mélodie jouée sur cinq notes (retransmise chaque jour par la radio polonaise !). Cette tradition date du XIVe siècle quand un guetteur, perché au dernier étage de la tour, soufflait dans sa trompette pour annoncer l’ouverture et la fermeture des portes de la ville. Quant à la mélodie tronquée, l’histoire raconte que ce même guetteur, lors de l’invasion tatare du XVIe siècle, fut interrompu dans sa musique par une flèche tirée par l’ennemi.

Quant à la tour de droite, la tour des Cloches, celle-ci a toujours fait office de beffroi municipal. Reste enfin la vue que le sommet de ces deux tours offre aux visiteurs. Tout simplement fantastique. Depuis là-haut, on comprend pourquoi Cracovie fut la première grande ville à être inscrite à l’inventaire du patrimoine mondial de l’humanité dès 1978.

Impossible de visiter la place du Marché de Cracovie sans admirer l’exceptionnelle Halle aux Draps qui se dresse en plein milieu. L’emblème de l’ancienne ville marchande médiévale avec ses créneaux ornés de jolis mascarons de pierre.

Allongée au milieu de la place, son imposante silhouette concourt certainement pour beaucoup à la beauté de la place. Bâtie à la fin du XIVe siècle, elle fut aussitôt affectée au commerce du drap… Ça ne s’invente pas ! Mais elle fut détruite par un incendie en 1555 et reconstruite aussitôt dans un style Renaissance par Padovano qui la rehaussa par un splendide attique sculpté visant à masquer ses pignons.

Avec la basilique dans son dos en perspective, la halle donne tout son éclat à la place. À la fin du XIXe siècle, un architecte lui rajouta des arcades dans un style néogothique.

Aujourd’hui, le commerce des draps a cédé la place aux souvenirs que l’on peut acheter par milliers sous ses arcades. C’est d’ailleurs là que j’irai acheter mon nouveau bonnet après avoir oublié le mien au sommet de la tour de l’Hôtel de Ville.

La galerie centrale de la Halle aux Draps aligne les étals des boutiques touristiques et artisanales (bien trop rares !). Elle abrite aussi deux petits musées.

Face à la halle, impossible de passer à côté de l’imposante statue dédiée au poète romantique Adam Mieckiewicz (1798-1855). Pour la petite histoire, ledit poète naquit en Lituanie et ne mit jamais les pieds à Cracovie ! Mais l’auteur reste un symbole national, et 35 ans après sa mort près de Constantinople, les Polonais décidèrent de dresser sa statue en plein milieu de la place.

35 ans après sa mort, sa dépouille fut transportée en grande pompe jusqu’en Pologne et acheminée dans la crypte de la cathédrale de Wawel. Aujourd’hui sa statue demeure le point de ralliement de tous les habitants de Cracovie. C’est ici que l’on se donne rendez-vous pour aller se promener en ville.

Inaugurée en 1898 pour célébrer la naissance de Mieckiewicz, la statue en bronze est entourée par quatre figures allégoriques symbolisant le patriotisme, la poésie, l’éducation et l’héroïsme. Du coup, le monument fut l’un des premiers à être mis à bas, dès 1939, par les Nazis. La statue n’est donc qu’une copie de l’original qui fut détruit par les Allemands pendant l’occupation.

Pour compléter la visite de la place, impossible de ne pas relever les yeux vers le sommet de la tour de l’hôtel de ville, l’ancien beffroi de la municipalité. Dressée à l’angle sud-ouest de la place, haute de 70 mètres, cette tour est tout ce qu’il subsiste de l’ancien monument médiéval du XIVe siècle démoli en 1820.

Allez zou, pour une poignée d’euros, j’ai droit de monter l’étroit escalier qui mène jusqu’au sommet où se niche le mécanisme de l’horloge. Au bas de l’escalier encadré par deux lions en pierre, une plaque commémorative marque l’emplacement où, en 1794, Tedeusz Kosciuszko prêta serment à la Nation.

Au sommet de la tour, rien à voir avec celui de la basilique. Un large parapet gâche la vue. Dommage car justement, on peut avoir une vue exceptionnelle sur la basilique et ses deux tours… Si on retire tous les systèmes d’éclairage qui jalonnent le parapet.

En resserrant un peu la prise de vue, on arrive à un résultat plutôt correct, mais nos yeux ne sont pas l’objectif d’un appareil photo… Dommage !

À l’intérieur de la tour, plusieurs petits musées se succèdent aux étages, agrémentés de mannequins revêtus d’habits d’époque qui retracent les grandes heures de ville médiévale.

Direction maintenant, l’angle sud-est de la place, à l’entrée de la rue Grodzka qui permet de rejoindre le quartier de Wawel. C’est ici que fut construite la première église de Cracovie, au Xe siècle : l’église Saint-Adalbert.

Saint Adalbert se tenait ici aux alentours de 995 pour ses premiers prêches évangélisateurs. Toutefois l’édifice initial fut remplacé au XIIe siècle par une construction en pierre de style roman, laquelle fut une nouvelle fois remaniée entre 1611 et 1618 pour lui donner son apparence baroque d’aujourd’hui.

À l’intérieur, on est bien loin de la grandeur des autres églises de Cracovie. Mais à vrai dire, je préfère cet endroit plus intime, plus authentique, coiffé par une petite merveille de coupole baroque.

Laisser un commentaire