Casco Viejo, au large de la baie de Panama
Mercredi 10 juillet. En contournant la place des Français, en longeant la promenade encombrée de vendeurs ambulants qui étalent leurs vêtements bon marché à même le sol, on arrive tout naturellement au front de mer.
De là, on a une vue spectaculaire sur la Skyline et ses gratte-ciel qui viennent éventrer le ciel gris de cet été tropical, synonyme de saison des pluies au cœur de l’Amérique centrale.
Car depuis des décennies, depuis que le Panama a retrouvé sa pleine indépendance après le départ des troupes américaines qui gardaient farouchement l’emprise des USA sur le canal, le pays tout entier s’est tourné vers la finance internationale, la défiscalisation à outrance des entreprises internationales et des particuliers.
Pays de l’optimisation fiscale, des sociétés-écran, des bulles vides du blanchiment d’argent, le Panama en a toutefois profité pour développer le pays.
Dans la fin des années 1970 jusqu’aux années 1980, le Panama est devenu un point d’attraction bancaire, notamment dans le blanchiment d’argent. Du coup, les gratte-ciel ont poussé comme des champignons pour venir abriter toutes ces sociétés écran.
Délaissé pendant des années par les investisseurs, le Casco Viejo est depuis une dizaine d’années au centre de toutes les convoitises. Car le pays a compris tout l’argent qu’il pourrait capter en développant une nouvelle industrie : le tourisme.
Depuis, les anciens bâtiments de la vieille ville, comme la cathédrale métropolitaine et sa façade baroque ont fait l’objet de nombreuses restaurations.
En plus de l’offre de nature exceptionnelle, immédiatement accessible à quelques kilomètres de Panama City avec ses nombreux parcs naturels protégés, Panama veut ajouter une plus value à l’offre de son voisin du nord, le Costa Rica, l’architecture coloniale et l’histoire.
Cette nouvelle offre n’en est qu’à ses frémissements, mais on le sent partout dans la ville avec les nombreuses restaurations entreprises aux quatre coins du Casco Viejo. Certaines sont plutôt réussies, épousant à la perfection le style colonial espagnol du XVIIe et XVIIIe siècle, d’autres le sont moins, masquant à peine les faux stucs et les façades bétonnées.
Aujourd’hui, l’économie du Panama est axée sur les activités de service et sur le canal. La ville de Panama représente environ 55 % du produit intérieur brut du pays. 79 établissements bancaires sont recensés dans la ville. La capitale est le principal centre d’attraction du pays grâce à sa main-d’œuvre plus qualifiée que le reste du pays et ses infrastructures plus développées.
La ville de Panama compte plus de 250 gratte-ciel dont 21 de plus de deux cents mètres de hauteur. Panama est la ville d’Amérique latine qui compte le plus de gratte-ciel après São Paulo au Brésil.
Au sud, à la pointe de la péninsule où se dresse la skyline, on peut apercevoir le Corredor Sur. C’est une autoroute payante, un viaduc, qui traverse une partie du golfe de Panama et qui est chargée de décongestionner le trafic dans la partie Sud de la ville. Au Nord se trouve le Corredor Norte (Corridor Nord).
Depuis 1997, les ruines du Casco Viejo font partie du dénommé « site archéologique de Panama Viejo et district historique de Panama » inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.