Panama City, au cœur du Parque Metropolitano
Vendredi 12 juillet. Dernière étape de mon grand voyage, j’ai décidé de passer ma matinée à quelques kilomètres seulement du centre de Panama City où je suis logé, dans un des plus beaux parcs du pays : el parque nacional Metropolitano, qui fait partie lui aussi du parque de la Soberania, mais plus accessible que son aîné avec ses parcours aménagés, tout en offrant normalement la même diversité naturelle.
Ce matin, je ne marcherai que trois heures au lieu de cinq, hier. Appréciable en cette fin de périple où la fatigue a pris le pas sur mes envies. Mais je me le promets, je retournerai au Panama pour découvrir toute cette faune et cette jungle tropicale. Et je me lèverai tôt, cette fois pour profiter à plein des animaux et des oiseaux.
En parlant de jungle, c’est justement la jungle urbaine qui apparaît au sommet du premier tronçon du sentier qui traverse le parc. La forêt de buildings qui recouvrent le quartier des affaires de Panama City apparaît brusquement au travers d’une fenêtre de verdure.
En un instant, on comprend le contraste et les contradictions qui agitent ce pays de l’Amérique centrale, tiraillé entre les intérêts financiers des grandes entreprises internationales qui viennent ici faire de l’optimisation fiscale et cet ancrage fort que le pays a dans son univers naturel.
Avec Rio de Janeiro et São Paulo, Panama City est la ville d’Amérique latine qui concentre le plus de gratte-ciel. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter. En visitant la ville et cette jungle urbaine, on croise des dizaines de chantiers qui sont en construction, poussant toujours plus haut cette dynamique verticale.
Après cette petite ouverture sur la ville, je retourne au cœur de la jungle tropicale, admirant au passage ces immenses nids de termites qui colonisent des centaines d’arbres de la forêt.
Plus loin, d’autres palmiers offrent en nourriture les fruits de leurs progénitures aux singes et aux autres insectes qui raffolent de leur suc.
Le parc métropolitain naturel du Panama d’une superficie de 232 ha est une zone protégée. Il a pour objectif de préserver une zone naturelle dans la ville de Panama, pour aider à maintenir l’équilibre entre l’environnement et l’habitat humain, tout en protégeant la biodiversité et en fournissant un habitat approprié pour les espèces qui nécessitent de vastes territoires.
Ce territoire est l’un des derniers refuges de la forêt tropicale sèche presque disparue du Pacifique d’Amérique centrale.
Ce parc protégé de 232 ha est le poumon vert de Panama. C’est la première partie d’un couloir biologique entre le sud et le nord de l’isthme, qui garantit aux animaux la possibilité de passer des forêts du Pacifique à celles de l’Atlantique.
C’est du centre des visiteurs que partent les sentiers Los Momótides, Los Caobos et El Roble. L’autre entrée se situe au niveau de la cabane du garde, d’où partent La Cienaguita et Mono Tití. Tous les sentiers sont balisés et communiquent entre eux.
Mais l’idéal, et c’est ce que je vais entreprendre, est de faire la grande boucle qui permet de traverser à peu près tous les sentiers.
La boucle principale se parcourt en moins de 2 heures. On y recense 227 espèces d’oiseaux dont 46 migrateurs présents ici pendant l’hiver d’Amérique du Nord.
Le parc métropolitain est réputé pour abriter de nombreuses espèces de singes et d’oiseaux, mais une fois encore, je n’en verrai pas beaucoup. Pour cela, il faut absolument se lever tôt. Très compliqué pour le couche-tard que je suis…
Parmi les oiseaux que je pourrais observer, il y a ce magnifique pic-vert, si reconnaissable au martèlement de son bec contre l’écorce des arbres. Alerté par son activité, j’ai pu le repérer à un peu plus de 400 mètres de moi. Pas assez proche pour l’immortaliser dans mon téléobjectif. Et sans trépied, obtenir une image nette de l’animal est chose tout à fait impossible.
Idem pour ces petits singes qu’un couple de Canadiens, ou plutôt de Québécois, ont repérés pour moi.
Voici la meilleure image que j’ai pu prendre de ce singe qui sautait de branche en branche et ne semblait pas vouloir tenir en place. Sans trépied encore une fois, capter ce genre d’image en toute netteté est quasiment impossible.
Finalement, les meilleures photos que j’ai prises sont celles que j’ai pu faire au cœur de la serre aux papillons située à l’entrée du parc. Alors oui, l’entrée est payante et fait bondir bon nombre de touristes qui ne veulent pas mettre le prix (3 $), mais l’occasion de croiser tant d’espèces de papillons tropicaux n’est pas si courante. Alors je me suis laissé tenter par l’expérience.
Et franchement, je ne l’ai pas regretté. Une fois à l’intérieur, c’est une profusion de papillons qui peuplent cet endroit paradisiaque.
Les papillons jouissent en toute tranquillité de cet endroit protégé. Pas de prédateurs ! Pas d’oiseaux ! Quelle aubaine pour ces sublimes morphos bleus qui se délectent du sucre de cette tranche d’ananas.
Leurs ailes repliées sont pratiquement aussi belles que lorsqu’elles sont dépliées et font admirer aux visiteurs la magnificence de leur bleu.
Les autres espèces ne sont pas en reste. Parmi elles, le polyte commun de mormon, très présent dans la forêt tropicale du Panama et du Costa Rica voisin.
Le Mormon commun est un grand papillon d’une envergure de 70 mm à 100 mm à corps noir, aux longues ailes antérieures à bord costal bossu, apex arrondi et bord externe légèrement concave, ailes postérieures à bord externe festonné avec à chaque aile une queue en massue ou non. Merci Wikipédia !
Pour les mâles, le dessus est noir avec une ligne de taches blanches, marginale aux ailes antérieures, submarginale aux ailes postérieures, le revers est semblable avec une ligne de chevrons rouge.
En l’observant de plus près, on peut même apercevoir quelques reflets bleu marine sur la robe de ses ailes.
Pendant ce temps-là, le morpho bleu tente de se faire plus discret. Mais comment faire quand on arbore une telle beauté au revers de ses ailes ?
Toutes ailes déployées, voici quelle splendeur le morpho bleu offre à la vue des visiteurs.
Mais rien ne vaut la liberté, je suis bien d’accord. Et de voir ainsi emprisonnée une telle beauté de la nature, je me dis que ces sublimes papillons seraient bien plus heureux à découvrir par eux-mêmes ce que la nature sauvage a à leur offrir.
Un peu avant la sortie du parc, une mare abrite un grand nombre de tortues. En fait, le Panama est une destination rêvée pour les amoureux de nature et d’écotourisme. En raison de sa biodiversité, le Panama possède l’une des flores et faunes les plus riches au monde entre jungle et volcans bordés par deux océans.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la portion du territoire couverte par la forêt originelle de Panamá est parmi la plus importante d’Amérique centrale, la préservation de cette richesse résultant de sa situation privilégiée ; le Panama est en effet à l’abri des cyclones dévastateurs.
La superficie des zones totalement ou partiellement protégées couvre ainsi près de 22 % du territoire de l’isthme. La forêt vierge domine la zone du canal, le nord-ouest et une grande partie de l’est. Si beaucoup s’extasient devant l’environnement naturel du Costa Rica, il faut savoir que Panama compte davantage d’espèces animales et végétales et plus de territoires protégés.
Pourquoi ? Parce que la forêt tropicale du Panama a la particularité d’être restée intacte sur la majeure partie de son territoire. C’est l’absence des terribles cyclones dévastateurs qui a permis ainsi sa conservation. La flore ainsi protégée représente une valeur exceptionnelle pour les passionnés de botanique.