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Popayan, les trésors de la ciudad blanca

Popayan, les trésors de la ciudad blanca

Mercredi 4 juillet. Réveil de très bonne heure ce matin. Nous sommes arrivés vers minuit et demi à Popayan. Cerise sur le gâteau, notre chauffeur ne connaissait pas la route de notre hôtel. Heureusement, Google Map est mon ami, et c’est grâce à son gps et à la carte que j’avais téléchargée préalablement en France que nous allons nous en sortir.
Un petit coup de fil en pleine nuit et notre hôte vient nous chercher pour nous conduire jusqu’à la réception. Hôtel plutôt sympa, mais légèrement excentré du centre de Popayan. Je laisse Léa se reposer un peu ce matin, et je file visiter Popayan, la ciudad blanca.

Juste deux petites heures pour visiter la ville. Un peu juste à mon goût. Mais c’est à ce prix seulement que nous pourrons être de nouveau dans les temps de notre voyage et arriver ce soir à San Agustin, prochaine étape de notre voyage. Et puis, cerise sur le gâteau, nous n’avions pas prévu de dormir cette nuit à Popayan… mais 200 km plus au sud, à San Juan de Pasto, où il n’y a strictement rien à voir. Du coup, je suis plutôt gagnant. La preuve, me voici devant la belle église blanche de Santo Domingo.

Pour ce qui est de cette église, pas grand-chose à dire. Et pour cause, elle est fermée à cette heure. Je dois donc me contenter de sa façade immaculée et de son portail en pierre. Autant le dire tout de suite, Popayan est au sud de la Colombie ce que Carthagène est au nord : un joyau de l’époque coloniale. La ciudad blanca comme on l’appelle est célèbre pour ses édifices aux couleurs pastel, ses églises immaculées et ses palais qui bordent la place principale.

La place principale, justement la voilà. Parque Caldas, du nom d’un des héros de l’indépendance colombienne. D’ailleurs sa statue trône en plein milieu du petit parc ombragé aménagé au centre de la plaza mayor. Un lieu très sympa où fleurissent orchidées et hortensias à l’ombre de palmiers géants et autres araucarias.

Point névralgique du Parque Caldas : la catedral basilica de Nuestra Señora de la Asuncion de Popayan. Avec sa façade immaculée, ses colonnes majestueuses et sa coupole blanche, elle ne passe pas inaperçue. Encore moins sous cet incroyable cielo azul.

Dans le prolongement de la cathédrale, se dresse l’autre grand monument de la place : la Torre del Reloj, autrement dit la Tour de l’Horloge. Celle-ci domine l’angle sud-ouest de la place. Bâtie entre 1673 et 1682, elle est surnommée le « nez de Popayan » à cause de la forme de ses deux fenêtres voûtées qui encadrent l’horloge et qui rappellent deux narines.

Tout autour de la place se dressent d’immenses palais, vestiges de la splendeur et de la richesse passées de la ville, qui abritent aujourd’hui essentiellement des banques. Étonnant, non ? Pas vraiment, hélas.

Retour à la cathédrale. Cette fois-ci, j’ai de la chance. Elle est ouverte au public, et déjà bien garnie malgré l’heure matinale. Photo prise à la sauvette. Les caméras sont interdites la plupart du temps dans les lieux de culte colombiens. Juste le temps de prendre un cliché, pas un de plus, simplement pour rappeler que cette église est passée à travers toutes les tempêtes du temps. Détruite et reconstruite trois fois après des tremblements de terre, dont le dernier, en 1983, fit chuter une partie de la grande coupole et causa la mort d’une soixantaine de fidèles.

Retour sur la place. À cette heure matinale, les rues sont encore désertées. Mais qu’on ne s’y trompe pas, dans la journée, elles sont très fréquentées, et plus encore à la tombée de la nuit quand les étudiants envahissent la ciudad blanca. C’est à la fin de l’année 1536 que les conquistadors espagnols, après avoir fondé Cartagena de Indias, au nord, s’enfoncèrent dans les terres qu’ils appelaient alors la Nouvelle-Grenada. L’Andalousie toujours.

Le 13 janvier 1537, la ville de Popayan est fondée. Sebastian de Belalcazar décide de bâtir une nouvelle ville sur le bord du rio Cauca pour en faire une étape stratégique entre Quito, au sud, et Cartagena, au nord.

Quant au nom de Popayan, il vient de l’association des mots quechua « pampa » et « yan », soit « vallée » et « fleuve ». La ville devient alors rapidement un lieu de villégiature prisé par la noblesse espagnole qui apprécie son climat agréable. Popayan devient rapidement une des villes les plus riches de l’empire colonial espagnol.

À l’ouest du parque Caldas, le long de la Carrera 9, se dresse sans doute la plus belle église de Popayan : la iglesia San Francisco. Sans doute… Car là encore, impossible de pénétrer à l’intérieur. À croire que toutes les églises de Colombie sont fermées au public !

Cette église fut bâtie au XVIe siècle avant d’être entièrement détruite par le tremblement de terre de 1736, puis reconstruite en 1788. Sa façade baroque, jaune pâle, est surmontée de petites tourelles de pierre. Sa porte principale est entourée par des statues de San Francisco de Asis et Santo Domingo.

Pour ce qui est de l’intérieur que je n’ai pas vu, je n’en sais pas plus que ce que veut bien me dire mon Routard : sa chaire et son escalier de bois finement sculpté orné d’oiseaux, de vignes et de fleurs, ses autels en bois sculptés, sa représentation de Santo Cristo de la Veracruz qui contiendrait un fragment de la vraie Croix du Christ…

Mais le pus impressionnant, paraît-il, est encore son immense cloche d’or et de bronze, réputée pour être la plus grosse de tout le continent américain. On raconte que lorsqu’elle sonne, on l’entend jusqu’à 5 km à la ronde…

Retour sur la Plaza Mayor. La foule des habitants commence à grossir. Des milliers de pigeons occupent eux aussi la place.

En relevant la tête, j’aperçois plus nettement la Torre del Reloj et ses deux petites fenêtres qui encadrent l’horloge.

Cap au sud pour chercher la casa de cambio Euro-dollars situé à l’intérieur du centre commercial Rodrival. Taux largement corrects. Par contre, il m’aura fallu l’aide d’un policier municipal pour retrouver mon chemin.

De retour sur la place, je ne peux m’empêcher de lorgner une dernière fois sur la façade immaculée de la cathédrale. Popayan mérite vraiment bien sa réputation de « ciudad blanca ». C’est blanc à se fatiguer les yeux !

Je salue une dernière fois la statue du héros Caldas au milieu du parc, puis je reprends la direction de l’hôtel.

Sur le chemin du retour ver l’hôtel, je retraverse la ville en direction de l’est. Popayan étend ses maisons blanches et ses palais tout le long de la route interdite aux automobiles.

Ici se côtoient allègrement d’immenses palais, églises et hôtels particuliers, vestiges des temps glorieux de la cité coloniale, quand au XVIIe et XVIIIe siècle, la ville s’avérait être une place forte intellectuelle, religieuse et politique. The « place to be » en quelque sorte dans la Colombie coloniale.

Symbole de cette richesse, à la fois politique et religieuse, les magnifiques églises qui accueillaient toute la noblesse du Nouveau Monde. L’église Santo Domingo en faisait partie. Mais celle-ci fut détruite par le puissant tremblement de terre du 2 février 1736. La reconstruction a été menée par le maestro de Santa Fe, Gregorio Causi. Dommage que cette église soit fermée. Elle renferme, paraît-il, un maître-autel à six colonnes cannelées surmontées par quatre statues. L’autel entier est fait de cèdre.

Le séisme du 31 mars 1983 a provoqué une grave détérioration de la tour, du clocher et de l’intérieur de l’église. Le portail de l’église, sculpté en 1741, a lui aussi été détérioré par le tremblement de terre et il a fallu le reconstruire.

Le statut de ville intellectuelle de Popayan fut renforcé en 1827 par la création de la prestigieuse Universidad de Cauca, qui aujourd’hui encore accueille des étudiants venus de toute la Colombie. 30 ans plus tard, Popayan devenait la capitale de l’État du Cauca.

Si aujourd’hui, la ciudad blanca affiche avec fierté toute sa beauté, il n’en fut pas toujours le cas… Et pour cause la ville fut détruite à plusieurs reprises par de violents tremblements de terre, avec en point d’orgue celui de 1983, qui en l’espace de 18 secondes, causa la mort de quelque 300 personnes, et fit de la ville un spectacle de désolation.

Depuis, la ciudad blanca s’est relevée. Les travaux de restauration entrepris par les habitants ont été si importants qu’il n’y a aujourd’hui plus aucune trace de la tragédie. Rien à voir avec Antigua par exemple, où la belle du Guatemala présente encore les stigmates des précédents séismes.

L’hôtel n’est plus maintenant qu’à une centaine de mètres. Quel dommage vraiment que je sois si pressé par le temps. Car au-delà de Popayan elle-même, la région est paraît-il absolument merveilleuse. Popayan, du haut de ses 1.700 m d’altitude, est au cœur de la Cordillère centrale, entourée de montagnes et de volcans. Parmi eux, le volcan Puracé qui culmine à 4.670 m, dont j’espère un jour pouvoir grimper le sommet. À voir.

À voir également le parc archéologique de Tierradentro et ses tombeaux souterrains, mais également le grand marché de Silvia, un des plus pittoresques de Colombie… Bref, de quoi rester deux ou trois jours de plus. Ce sera pour une autre fois.

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