Vivre le Far West à cheval au milieu du désert de Tatacoa
Samedi 7 juillet. Après la visite matinale du désert de Tatacoa, un bon déjeuner servi par notre adorable hôtesse, on passe un petit moment de détente à lire et à se reposer. Mais pas question pour autant de ne rien faire. Vers 16 heures, on repart bientôt à l’assaut du désert. Mais cette fois-ci à dos de cheval.
Deux heures de balade à travers le désert de Tatacoa. Je n’avais même pas imaginé faire tant de choses ici, en plein milieu du désert. Mais le cheval demeure une de mes passions que j’essaie de transmettre à ma fille.
Pendant un bon moment, on suit le sentier principal qui serpente à travers le désert, entre deux rangées de cactus géants. Rien de bien compliqué pour Léa. D’autant que son cheval est d’une gentillesse extrême. Moins retors que celui qu’elle montait dans la vallée de San Agustín.
Le mien est particulièrement bien dressé. Pendant ces deux heures de monte, il répondra à mes sollicitations au doigt et à l’œil. Un vrai régal.
Au passage de ces deux cactus géants, je ne peux résister à l’envie d’immortaliser ce moment qui me rappelle mes lectures d’enfance, quand Lucky Luke passait lui aussi entre deux géants à épines à la seule lumière d’un magnifique coucher de soleil. Mais il est encore tôt pour cela.
Après une petite vingtaine de minutes à remonter le sentier principal, on part enfin à travers le désert, au milieu des cactus, des arbustes et des broussailles du désert de Tatacoa.
Un pur moment de bonheur partagé avec ma fille. Le paysage est de toute beauté et la lumière du jour incroyable, tamisée par l’épaisseur des nuages qui se couvrent de toutes les nuances de gris, du métallique au gris foncé. Magique.
Au fait, je ne vous ai pas présenté notre guide : Pedro. Un peu jeune, n’est-ce-pas ? Mais à 14 ans sous cette latitude, on apprend à monter à cheval avant d’apprendre à marcher, à lire ou à écrire.
Après avoir quitté la route, on s’enfonce à travers les sentiers qui serpentent sur les plateaux du Tatacoa. Broussailles et cactus jusqu’à perte de vue. Des troupeaux de chèvres paissent ici en toute liberté.
Mon cheval est vraiment fantastique, d’une gentillesse extrême et obéit au doigt et à l’œil. Après un petit quart d’heure, je commence à prendre sa mesure et m’en vais explorer seul les bords du plateau. Depuis là-haut, j’ai une vue plongeante sur le désert.
D’être ici, au sommet du plateau, monté sur mon cheval, me procure une sensation de liberté incroyable. Au plus près de la nature. Ne faire qu’un avec elle. Un vrai moment de liberté.
Pour célébrer ce moment, notre jeune guide me prend en photo. Il est étrange comme parfois une photo en dit plus long que des mots.
Un peu plus loin, on traverse une magnifique forêt de cactus. Certains dépassent les cinq mètres de haut.
Si heureux sur mon cheval, j’ouvre la voie au groupe en suivant le sentier qui s’élève brusquement et poursuit son chemin sur une butte faite de roches volcaniques. Une fois encore, ma monture obéit à mes ordres et escalade la colline sans aucun souci. Au-dessus du plateau du Tatacoa, le ciel se couvre de mille et une nuances de gris et de bleu. Éblouissant.
Léa suit sans aucun problème. Au gré de notre parcours, nous traversons des propriétés privées gardées par des barrières de barbelés. Il faut à chaque fois ouvrir les portes et les refermer derrière nous.
Puis de nouveau sur les hauts plateaux du Tatacoa avec vue plongeante sur le désert. Aller au pas le long du ravin me procure une incroyable sensation de liberté. Qu’importe le danger. Mon cheval est sûr et je sais que je ne risque pas qu’il s’emballe ou prenne peur.
On redescend encore et on s’engage de nouveau sur le sentier qui coupe en deux le désert du Tatacoa.
Monter à cheval à travers le désert du Tatacoa est une expérience incroyable à vivre. Le sentiment de liberté est total. Autour de nous, nulle âme qui vive. La désolation jusqu’à perte de vue. Et pourtant le sentiment puissant d’être vivant, d’appartenir pleinement à ce monde qui nous entoure.
Aller jusqu’au bout du canyon, à quelques pas du vide, permet d’admirer le désert dans toute son immensité. Les herbes basses livrent un combat homérique à l’aridité du désert. Les roches noires volcaniques rappellent la proximité des grands volcans qui peuplent la Colombie et l’Équateur voisin.
Et une fois encore je me rapproche du ravin. Mon cheval n’a pas peur et se rapproche à quelques centimètres du vide. La vue est tout proprement fantastique.
Derrière moi, Léa suit au pas et profite de ce moment intense de liberté. Le paysage est puissant et quelque chose me dit qu’elle profite de chaque instant passé sur sa monture.
Juché sur mon cheval, je réalise une série de photos de ma fille. Quel bonheur de partager tout ça avec elle…
Peu à peu, on se rapproche de la fin de cette balade à cheval. On traverse une dernière fois les champs de cactus avant de reprendre le chemin de la Villa de Marquez.
Devant nous, le chemin trace sa voie sous un ciel déchiré qui laisse entrevoir une éclaircie. Cela tombe bien. Ce soir, nous allons observer les étoiles du Tatacoa.