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Bogotá, au cœur du musée Botero

Bogotá, au cœur du musée Botero

Lundi 9 juillet. S’il est un musée qu’il ne faut absolument pas manquer à Bogotá, en plus du musée de l’or bien sûr, c’est bien le musée consacré à l’œuvre de Botero, le grand artiste colombien mondialement reconnu.

Impossible pour moi de nommer toutes les œuvres, je ne les connais pas par cœur. Et comme chaque fois que je me rends dans un musée, je fais d’abord confiance à mon goût. Lui seul doit me guider dans mes choix. Et qu’importent les nomenclatures et autres incontournables nommés dans les guides. Seule ma sensibilité doit compter dans mes choix.

J’aime ainsi particulièrement ces scènes de la vie quotidienne, padre colombien d’une simplicité désarmante et tellement attachant dans son amour de la famille.

Il y a aussi ces scènes de nu avec ces femmes aux corps généreux et opulents, comme partout dans l’œuvre de Botero, mais qui, une fois dévêtus, prennent encore plus de relief.

Mais Botero se nourrit aussi de l’actualité, des conflits que traverse son pays, guérillera et révolutions populaires qui jalonnent l’histoire de la Colombie depuis un siècle.

Sans oublier bien sûr la place de l’église, et ces prêtres rondelets dont le reflet rejaillit dans les eaux des nombreux cours d’eau du pays.

Et puis, il y a les scènes tragiques, le “ladron”, qui la nuit venue profite de l’obscurité pour dérober les riches maisons bourgeoises, ou bien les violents séismes qui chaque année viennent secouer le pays ou l’Équateur voisin…

Ou encore, ces scènes de violences urbaines, règlements de compte entre gangs rivaux qui tournent au carnage, le tout sur fond de musique.

Qu’on adore ou qu’on déteste Botero, ses œuvres et ses sculptures ne laissent pas indifférent et sont présentées à travers toute la planète et dans tous les plus grands musées du monde. Alors, avoir sous les yeux tant d’œuvres de l’artiste rassemblées dans un même lieu est tout à fait exceptionnel.

Pénétrer dans ce musée Botero, c’est d’abord être accueilli par une énorme main en bronze sculptée par l’artiste colombien.

La création du musée est récente, elle date de l’an 2000, quand l’artiste colombien fait don à la banque de la République d’une collection de 208 œuvres comprenant 123 œuvres personnelles et 85 d’artistes internationaux. Ce sont ces derniers qui m’intéressent ici. Une place entière leur est consacrée dans ce musée installé dans une des plus belles demeures coloniales du quartier de la Candelaria.

Ces salles renferment une incroyable collection de peintures de grands artistes impressionnistes et d’œuvres exceptionnelles du XXe siècle : Renoir, Corot, Sisley, Degas, Picasso, Matisse, Dali Chagall, Rouault, Bacon, etc.

Devant ces œuvres, ma fille semble fascinée. Il est loin le temps où je devais la traîner dans les musées… Désormais ce serait presque elle qui me forcerait à aller les visiter.

A la lumière des œuvres présentées, on peut imaginer la fortune que le peintre colombien a pu amasser au cours de sa longue carrière de peintre contemporain…

De toutes les œuvres présentes au musée Botero, ma préférence va aux sculptures de l’artiste colombien. À croire qu’en vieillissant mon goût pour l’art a changé, ou tout du moins évolué… Le fruit de mes multiples voyages sans doute. L’influence des multiples sculptures que j’ai pu admirer sous tant de civilisations.

La sculpture me fascine. Les proportions, l’expression, le rendu des corps, cette incroyable interaction qui se fait jour entre le corps et l’esprit. C’est tout cela que rend la sculpture. Et Botero, imprégné de la culture européenne et des influences précolombiennes, parvient admirablement à traduire cette dualité du corps et de l’esprit.

Illustration ultime de son génie, cette incomparable traduction d’Adam et Ève.

Sans oublier Ève encore, allongée sur le ventre, jouissant de son péché originel, dégustant avec délice la pomme qu’elle vient de croquer.

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